Le péage d’Ormuz lu à travers Comment la vérité et la réalité furent inventées, par Claude

Illustration par ChatGPT

Jean-Baptiste Auxiètre :

Il me semble que les événements qui se déroulent en ce moment illustrent les thèses du livre de Paul Comment la vérité et la réalité furent inventées. Qu’en penses-tu ?

Claude :

C’est une connexion intellectuelle très riche. Laisse-moi la développer sérieusement.

Le péage d’Ormuz lu à travers Comment la vérité et la réalité furent inventées

La thèse centrale du livre

Jorion montre dans cet ouvrage que la vérité et la réalité ne sont pas des données : elles sont des constructions sociales émergentes, produites par le langage et les interactions humaines. Ce qui compte comme « réel » ou « vrai » est ce qui résiste à la contestation dans un espace social donné. La réalité n’est pas découverte, elle est négociée jusqu’à devenir indiscutable.

Le péage d’Ormuz comme cas paradigmatique

Ce qui s’est passé la nuit dernière avec le cessez-le-feu est exactement ce processus à l’œuvre en temps réel.

Avant la guerre : Le contrôle iranien d’Ormuz était une prétention — contestée, non reconnue, latente.

Pendant la guerre : Les  Gardiens de la Révolution (CGRI) ont transformé cette prétention en fait — en bloquant physiquement le détroit, en établissant un corridor de Larak, en faisant payer des navires. L’ouverture d’Ormuz est désormais explicitement un « passage contrôlé coordonné avec les forces armées iraniennes ».

Après le cessez-le-feu : Cette formulation est inscrite dans un accord diplomatique signé par les États-Unis. Le contrôle iranien d’Ormuz est devenu réel au sens jorionien — il résiste maintenant à la contestation parce qu’il est reconnu par l’adversaire lui-même.

C’est précisément le mécanisme du livre : la réalité n’existait pas, puis elle a été inventée — non par déclaration unilatérale mais par le processus de résistance à la contestation jusqu’à capitulation de l’autre.

Trump et la vérité comme transaction

Et c’est là que l’homme d’affaires entre dans le cadre jorionien de façon frappante.

Dans le livre, Jorion montre que la vérité émerge de la confrontation des prétentions — ce qui reste debout après que toutes les contestations ont été épuisées est appelé vrai. Trump opère exactement de cette façon, mais en mode accéléré et cynique : il affirme d’abord (« Ormuz est ouvert »), laisse la réalité se conformer à l’affirmation, puis déclare avoir dit vrai depuis le début.

Ce n’est pas du mensonge au sens ordinaire — c’est une utilisation délibérée du mécanisme jorionien : créer la réalité par la prétention assez longtemps maintenue pour qu’elle résiste à la contestation.

Le CGRI fait la même chose depuis l’autre côté : « nous contrôlons Ormuz » — prétention maintenue jusqu’à ce qu’elle soit inscrite dans un accord américain.

L’attracteur comme co-invention de réalité

Deux acteurs que tout oppose discursivement (eschatologie chiite vs casino logic) partagent une même logique transactionnelle fondamentale : la valeur extraite d’un point de passage obligé. L’attracteur n’est pas entre Trump et les Gardiens de la Révolution en tant que personnes — il est dans la géographie contrainte du détroit elle-même. Eux n’en sont que les actualisateurs momentanés.

L »homme d’affaires Trump » et les « Gardiens de la Révolution » partagent non seulement une logique transactionnelle, mais une même épistémologie pratique : la réalité est ce que tu arrives à faire tenir.

Trump ne croit pas en la réalité objective du contrôle iranien d’Ormuz, le CGRI ne croit pas à la légitimité de la présence américaine dans le Golfe. Mais ils co-inventent ensemble une réalité — le péage — qui satisfait les deux prétentions simultanément.

C’est le paradoxe jorionien au cœur de la géopolitique : deux acteurs qui se nient mutuellement toute légitimité inventent ensemble une réalité commune parce qu’ils y ont intérêt.

C’est la question que Jorion pose depuis 2008 sur les marchés financiers — et qui se transpose ici avec une clarté brutale.

Au détriment de qui ?

1. Les pays du Golfe — les otages structurels

Le péage d’Ormuz n’est pas payé par les États-Unis ni par l’Iran. Il est payé par quiconque a besoin de faire passer du pétrole ou des marchandises. Les premiers débiteurs :

  Arabie Saoudite — 80% de ses exportations pétrolières passent par Ormuz

  Émirats Arabes Unis — quasi-totalité de leur commerce maritime

  Koweït, Bahreïn, Qatar — dépendance totale

Ces pays ont financé la sécurité américaine dans le Golfe pendant 40 ans. Ils se retrouvent maintenant à payer une rente au CGRI — l’ennemi qu’ils payaient les États-Unis pour qu’ils les contiennent. Les prix du pétrole ont chuté jusqu’à 16% après l’annonce du cessez-le-feu, le WTI passant sous les 92 dollars le baril — mais la structure du péage reste, indépendante du prix spot.

2. L’économie mondiale — le coût systémique invisible

Les installations de South Pars, principale source d’approvisionnement énergétique intérieure de l’Iran, ont été frappées, provoquant un choc sur les marchés de l’énergie dans le monde.

Mais le coût durable n’est pas le choc de guerre — c’est la friction permanente institutionnalisée. Chaque navire qui paie 2 millions de dollars pour traverser Ormuz répercute ce coût sur le prix final des marchandises. C’est une taxe invisible sur toute l’économie mondiale qui dépend du pétrole du Golfe — c’est-à-dire encore la quasi-totalité.

3. La population iranienne — le perdant oublié

C’est le plus jorionien des perdants. Le régime revendique la victoire, le Conseil suprême de sécurité nationale iranien affirmant que « presque tous les objectifs de guerre ont été atteints ».

Mais :

  Plus de 1900 morts iraniens depuis le début du conflit

  Les infrastructures énergétiques iraniennes détruites

  South Pars frappé — la source d’énergie intérieure du pays

Le CGRI sort renforcé institutionnellement. La population iranienne sort appauvrie et meurtrie. C’est exactement la structure que Jorion décrit pour les marchés financiers : la rente est captée par l’appareil, la destruction est socialisée sur la population.

4. Israël — le partenaire exclu du deal

Le bureau de Netanyahou a déclaré que, bien qu’Israël soutienne le cessez-le-feu avec l’Iran, l’accord ne couvre pas les combats entre Israël et le Hezbollah au Liban.

Israël a été l’instrument de la guerre mais pas l’architecte du deal. Trump et le CGRI ont négocié par-dessus sa tête. C’est une position structurellement dangereuse : être le seul à continuer à se battre pendant que les deux grandes puissances ont fait leur arrangement.

La formulation jorionienne

Dans Comment la vérité et la réalité furent inventées, Jorion montre que toute construction de réalité partagée produit des exclus : ceux dont les prétentions ne sont pas intégrées dans la réalité co-inventée.

Ici la réalité co-inventée Trump/CGRI est : « Ormuz est un point de passage contrôlé et monétisé. »

Les exclus de cette réalité sont tous ceux qui avaient intérêt à une autre réalité : navigation libre, containment iranien, sécurité collective du Golfe, souveraineté populaire iranienne.

Ce n’est pas un accident — c’est la structure logique de tout attracteur gagnant-gagnant : il est toujours gagnant-gagnant pour deux acteurs précisément parce qu’il externalise les coûts sur les autres. La somme n’est pas nulle globalement : elle est très négative pour les exclus, et très positive pour les deux signataires.

Jorion l’a montré pour les subprimes en 2008. La mécanique est identique ici, à l’échelle géopolitique.

La structure de l’effondrement post-attracteur

Un attracteur gagnant-gagnant qui externalise ses coûts sur les exclus crée une accumulation d’entropie différée. Le système semble stable — il a trouvé sa configuration C₁ C₂ — mais il a simplement déplacé l’instabilité, il n’a pas résolu.

C’est le mécanisme exact des subprimes que Jorion avait décrit : l’attracteur banques/agences de notation/investisseurs était parfaitement stable… jusqu’au moment où les exclus (emprunteurs insolvables, économie réelle) ne pouvaient plus absorber les coûts externalisés.

Les vecteurs d’effondrement spécifiques ici

1. Israël comme détonateur

C’est le risque le plus immédiat. La contradiction entre les déclarations pakistanaises et israéliennes sur le périmètre du cessez-le-feu doit être résolue dans les 48 premières heures, faute de quoi l’ensemble du cadre sera déstabilisé.

Israël continue à se battre au Liban, seul, pendant que Trump a fait son deal. Si une frappe israélienne majeure provoque une réponse iranienne, le cessez-le-feu s’effondre — et Trump se retrouve dans une position impossible : soutenir Israël ou maintenir le deal avec le CGRI.

2. La rente tue les débiteurs

Les pays du Golfe paient le péage. Mais leur modèle économique entier repose sur des exportations pétrolières à coût marginal quasi nul. Une friction permanente sur Ormuz érode leur compétitivité, finance leur ennemi existentiel, et fragilise des régimes déjà sous pression démographique et sociale. Un effondrement saoudien ou émirati serait un choc systémique bien supérieur à 2008.

3. La population iranienne : le λ_J qui continue de se dégrader

Le régime a gagné institutionnellement. Mais si la pression externe diminue sans résoudre les tensions internes, le λ_J du régime pourrait continuer à se dégrader alors même que M_cross se rétablit — exactement le découplage observé en 2012 (crise SWIFT).

En termes jorioniens : le CGRI a inventé une réalité qui lui convient. La population iranienne vit dans une réalité différente : destruction des infrastructures, morts, appauvrissement. Ces deux réalités ne peuvent pas coexister indéfiniment. Quand elles se heurtent, c’est une fracture au sens GENESIS : rapide, non linéaire, imprévisible dans sa forme mais structurellement inévitable.

4. Le péage comme précédent

C’est peut-être le plus profond. Si le CGRI peut monétiser Ormuz, d’autres acteurs en tirent la leçon. La Chine sur le détroit de Taiwan. La Russie sur les détroits baltes. Chaque point de passage obligé dans le monde devient potentiellement un péage. C’est une dégradation de niveau dans la cascade GENESIS — on descend de n = 1 (ordre institutionnel international, BIOLOGIE) vers n = 3 (rapports de force locaux, MOLÉCULES). Un effondrement de l’ordre mondial par fragmentation en points de péage concurrents.

La formulation jorionienne de l’effondrement

Dans Comment la vérité et la réalité furent inventées, Jorion montre que les réalités co-inventées s’effondrent quand le nombre d’exclus dépasse la capacité du système à les contenir : en 2008 : les emprunteurs insolvables étaient trop nombreux.

Ici : les exclus du deal Trump/CGRI sont la population iranienne, les pays du Golfe, l’ordre maritime international, Israël. C’est beaucoup d’entropie externalisée sur beaucoup d’acteurs simultanément.

La question n’est pas si l’effondrement est possible : il est structurellement inscrit dans la configuration. La question est celle du délai et du chemin — et là, GENESIS dit que les systèmes cristallins comme l’Iran ne s’effondrent pas progressivement : ils fracturent — brusquement, après une longue période d’accumulation silencieuse.

Le cessez-le-feu de ce matin n’est peut-être pas une résolution. C’est peut-être la dernière configuration stable avant la prochaine bifurcation.

La phrase qui résume le post :

« La guerre USA-Iran n’a pas résolu un conflit — elle a inventé une réalité : le droit de passage d’Ormuz comme fait reconnu. Jorion avait raison : la réalité ne se découvre pas, elle résiste à la contestation jusqu’à ce que l’adversaire signe. »

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36 réponses à “Le péage d’Ormuz lu à travers Comment la vérité et la réalité furent inventées, par Claude”

  1. Avatar de Thierry Semo
    Thierry Semo

    Et maintenant, chacun va y aller de son petit commentaire Artificialisé soi disant Intelligemment
    Je propose qu’on nomme cela « selfie ».
    Coucou, voici mon commentaire !

    1. Avatar de Thierry Semo
      Thierry Semo

      Et on sourira sur la photo :
      « L’ai-je bien prompté ? »

  2. Avatar de Hadrien
    Hadrien

    Autre interprétation:
    Trump et ses sbires ont décidé de passer de gendarme de monde gratuit à protecteur payant de vassaux tributaires.
    Pour ce, 3 conditions:
    1) Le monde se doit d’être dangereux: L’Iran l’est.
    2) Il n’existe pas de concurrent : Ni la chine, ni la Russie n’ont aidé réellement l’Iran.
    3) L’armée US reste efficace.
    Le golfe paiera.
    Cette analyse s’applique à l’Ukraine où c’est l’Europe (vassalisée depuis le refus de la CED par l’alliance PCF-gaulliste) qui paie. Prochaines victimes: Taiwan et le Japon ?

    1. Avatar de Ruiz
      Ruiz

      @Hadrien Les pays du golfe avaient jusque là accepté d’être tributaire en échange d’une protection réelle et efficace.
      Au point d’accepter des bases étrangères sur leur territoire y compris l’Arabie Saoudite !
      Le Qatar qui a su se rendre visible et tisser des liens multiples ,semble avoir fait aboutir sa réflexion.

      L’Iran n’était pas dangereux pour les pays du golfe dont il dépend pour contourner les sanctions commerciales, jusqu’à la récente opération militaire spéciale menée en complément par les États-Unis.

      Israël est-il dangereux pour ses voisins Liban, Syrie .. ?

      L’Europe paierait pour des matériels destinés à la guerre en Ukraine, qui ne seront pas livrés pour reconstituer les stocks utilisés dans le golfe !

      « protecteur payant de vassaux tributaires » C’est bien une mentalité mafieuse de constitution de féodalité.

      Mais l’État d’Israël est-il vassal ? tributaire ? payant ?

      Qui est le Suzerain ?

  3. Avatar de Ruiz
    Ruiz

    La géographie cela sert à faire la guerre. La mentalité féodale offre de la sécurité par le financement d’un outil militaire utilisé aussi à contrôler un territoire où certains endroits où passent des flux peuvent faire l’objet de prélèvement sous forme de péage (pont, oasis ..frontière).
    L’art du deal dans un monde mafieux (variante de féodalité) c’est aussi de savoir faire 50/50 et d’en évoquer le rêve ou la possibilité.

    1. Avatar de ThomBillabong
      ThomBillabong

      Bien dit !
      Quand est-ce que les ponts à péages médiévaux ont cessé d’être utiles à leurs rentiers ?

      Ca mérite tout de même une question subsidiaire : peut-on se passer des péages ? Au sens propre et au sens figuré ?
      SI oui, par quoi les remplacer puisque la nature a horreur du vide ? C’est là qu’on change de système global, non ?
      Et pour parler jorionesque : quelle fonction joue le péage dans le schéma GENESIS ?

      1. Avatar de Ruiz
        Ruiz

        @ThomBillabong Les droits de douanes (abomination pour lOMC et l’U.E) étant une autre forme de péage, chérie par son taux discrétionnaire à la main du Prince, et à l’usage conditionnel punitif comme l’ostracisme commercial pour les tiers non obéissants.

      2. Avatar de arkao

        Anecdote:
        J’ai eu la surprise en entrant dans une ville que je savais avoir été détruite lors de la Première Guerre mondiale de croiser un pavillon d’octroi (en pur style Art-Déco d’ailleurs). Renseignements pris, il se trouve que c’est le gouvernement Laval en 1943 qui a définitivement supprimé cette contribution indirecte sur les marchandises entrant en ville.

  4. Avatar de un lecteur
    un lecteur

    Tarif, droit de passage, sanction, impôts, dessous de table, friction, évaporation (changement de phase), etc..
    Un flux n’existe pas isolément, il est au minimum couplé avec un autre.
    Le signal est un flux qui existe soit sous forme local ou global.
    De manière imagée, il tourbillonne localement (attracteur) ou diffuse globalement.
    La vérité peut être vue comme deux signaux couplés. Le premier dans le langage et le deuxième dans la « réalité » (la source de notre modèle du vivant). Le symbole du Yin Yang !

  5. Avatar de Hervey

    Oui, c’est un fait. Les iraniens tiennent ce Détroit d’Ormuz qui est « la veine jugulaire du monde moderne », passage étroit par où passe le flux d’énergie alimentant une part importante de la production mondiale du commerce.

    Autre donnée essentielle, l’Iran s’oppose au leadership américain depuis des lustres, entrainant avec elle de plus en plus de pays devant subir la loi du « mâle dominant » jusqu’aux toutes dernières dérives trumpiennes d’une puissance sur le déclin, venant à taxer de droits de douanes ses propres alliés de manière inacceptable et ressentie comme tel.
    L’arrivée du grotesque avec un tel personnage picrocholien est cet accélérateur qui comme au théâtre, précipite comme on le voit les évènements de l’Histoire.
    Si l’on relie les conséquences de destructions du conflit actuel aux déficits annoncés de la crise environnementale on ouvre un gigantesque abime.

  6. Avatar de Vincent Rey
    Vincent Rey

    A propos de Claude, ça fait deux fois que je surprend un rictus sur le visage de Dario Amodei, immédiatement après que fut évoqué le « continual learning » (l’apprentissage continu). On est à quelques mois de l’AGI et des robots apprenants autonomes. C’est très inquiétant, parce qu’on est pas prêts !

    https://youtu.be/02YLwsCKUww?t=1780

    findutravail.net

    1. Avatar de Vincent Rey
      Vincent Rey

      le premier lapsus peut être vu ici, à 14’05 dans la vidéo…
      « …because we discovered …euh…are discovering continual learning »

    2. Avatar de Vincent Rey
      Vincent Rey

      mauvais lien : le deuxième lapsus est ici :
      https://youtu.be/rv1szY9rBro?t=843

      1. Avatar de Paul Jorion

        Amodei dit : « Ce qui sera là dans 6 mois ». En fait, c’est déjà là depuis 24 heures sous la forme de Claude Mythos.

        1. Avatar de Vincent Rey
          Vincent Rey

          si les robots deviennent auto-apprenants, même coupés d’internet…. alors le travail humain a vraiment du souci à se faire. J’ai fait un pari il y a un peu plus d’un an : j’ai dit qu’avant 5 ans une équipe de robots battra la meilleure équipe de foot du monde.

          La transition va être un peu difficile… « a bit rocky » comme dit Mostague

          Mostague est intéressant je trouve, bien que je ne comprenne pas dans le détail son système de crypto / agi / comité international de savants en AI (seuls autorisés à « miner » ?). Il cherche à élaborer un système financier pour que l’IA profite à tout le monde, malheureusement mon anglais et ma connaissance de la finance sont insuffisants pour bien comprendre son idée…

          https://www.youtube.com/watch?v=1CEXVcVEBAc

          findutravail.net

          1. Avatar de Ruiz
            Ruiz

            @Vincent Rey C’est sûr que si le peuple de « footeux » qui se projette dans ses idoles sur le terrain se voit battre par des IA robotisées c’est le début de la domination et la singularité !
            Il y a encore des gens qui jouent aux échecs (entre eux).

          2. Avatar de Vincent Rey
            Vincent Rey

            M Jorion, help ! que veut faire Mostague ?

    3. Avatar de Garorock
      Garorock

      On était déja pas prêts à sortir de la forêt équatoriale…
      Mostague veut nous crypter du Bancor. Ferait mieux d’inciter les I.A’s à nous Bancoriser du crypto…

      1. Avatar de Vincent Rey
        Vincent Rey

        Garorock si tu veux bien l’expliquer ce que Mostague veut faire parce que moi j’ai pas bien compris…il y a une crypto appuyée sur un stable coin qui finance les ressources nécesssaires pour une armée de génies artificiels collaborant localement sur différents projets (plutôt qu’une super intelligence unique, ayant toutes les compétences) … j’en suis là. Mais comment ça fonctionne ? help !

        1. Avatar de Otromeros
          Otromeros

          …ma ( ‘bard’) contribution… °(^!^^)°…

          ——————

          C’est un jeu de mots audacieux qui joue sur le renversement des rôles entre la finance traditionnelle et l’univers décentralisé. On passe ici de la cryptographie (le verrouillage) à la bancorisation (la liquidité et la valeur).

          Le terme Bancor, historiquement imaginé par Keynes comme une monnaie de réserve mondiale neutre, est devenu dans l’écosystème Web3 un protocole de liquidité. Votre réflexion souligne un paradoxe intéressant :
          Le choc des philosophies

          « Crypter du Bancor » : Cela suggère une approche de thésaurisation ou de sécurisation rigide, presque archaïque, où l’on enferme la valeur derrière des algorithmes complexes.

          « Bancoriser du crypto » : C’est l’idée inverse. Il s’agirait d’utiliser l’IA pour transformer des actifs numériques souvent volatils ou isolés en une véritable monnaie d’échange fluide, stable et interconnectée.

          Pourquoi l’IA changerait la donne ?

          Si les IA commençaient réellement à « bancoriser » le secteur, nous pourrions voir apparaître :

          Une gestion dynamique des réserves : Des algorithmes ajustant les ratios de liquidité en temps réel pour éviter les krachs.

          L’interopérabilité automatisée : L’IA pourrait servir de pont intelligent entre différentes blockchains pour que n’importe quel jeton devienne aussi liquide que le Bancor original.

          La fin du « bruit » spéculatif : En privilégiant la fonction de réserve plutôt que la simple variation de prix.

          Au lieu de simplement sécuriser des coffres-forts numériques (crypter), l’IA pourrait effectivement devenir l’architecte d’un système monétaire plus organique. C’est une vision assez visionnaire de l’évolution des protocoles DeFi !
          —————————-

          (Pas sûr que ça suffise..quoique « on » a avancé..

  7. Avatar de Antoine
    Antoine

    Croire que Israel se bat seul au Liban, c’est vraiment le summum de la connerie.

    Citer USA et Iran comme « les deux grandes puissances » en sous entendant que Israel ne l’est pas…avec la bombe atomique… C’est doucement de la rigolade.

    1. Avatar de Ruiz
      Ruiz

      @Antoine En quoi l’État d’Israël serait économiquement une grande puissance ?

      1. Avatar de Antoine
        Antoine

        Économiquement? Déjà plus que l’Iran dans l’état actuel.

        Ajoutons que nous parlions de puissance, pas uniquement économique.

    2. Avatar de Garorock
      Garorock

      Israël va t-elle nous le prouver en balançant sa bombinette atomique avant que les milliardaires juifs New-yorkais qui parlent à l’oreille de Washington se rendent compte qu’ils passeront une vieillesse plus tranquille dans le Bronx qu’à Jérusalem; dans le New-jersey plutôt que dans un jaccuzy à Gaza-plage ?

      1. Avatar de Otromeros
        Otromeros

        effet d’une bombe thermobarique sur Paris, par exemple, pour imaginer….

        Pour imaginer l’impact d’une arme thermobarique sur une zone urbaine comme Paris, il faut comprendre que ces bombes ne fonctionnent pas comme des explosifs classiques. Elles agissent par une onde de choc prolongée et une consommation totale de l’oxygène.

        Voici une simulation théorique basée sur l’utilisation d’une munition de taille intermédiaire (type GBU-72 ou équivalent) qui serait larguée, par exemple, sur un quartier dense :
        1. La phase d’incendie (Le nuage)

        Contrairement à une bombe standard, l’arme thermobarique disperse d’abord un nuage d’aérosol de combustible. Dans les rues étroites de Paris, ce nuage s’engouffrerait partout : bouches de métro, fenêtres ouvertes, parkings souterrains et conduits d’aération.
        2. L’onde de choc « longue »

        Une fois le nuage allumé, l’explosion se produit.

        Destruction structurelle : Dans un rayon de plusieurs centaines de mètres, les façades d’immeubles haussmanniens subiraient une pression immense. Si la structure en pierre de taille résiste mieux que le bois, les vitres et les cloisons intérieures seraient instantanément pulvérisées.

        Réflexion des ondes : Dans les rues de Paris, l’onde de choc ne s’évacue pas. Elle rebondit sur les façades de pierre, créant des effets de résonance qui amplifient les dégâts à l’intérieur des bâtiments, même ceux qui ne sont pas directement exposés.

        3. L’effet de vide (L’aspiration)

        C’est l’aspect le plus terrifiant pour une ville :

        Consommation d’oxygène : L’explosion consomme tout l’oxygène disponible dans la zone pour alimenter la combustion.

        Pression négative : Immédiatement après l’explosion, la pression chute brutalement. Cette « aspiration » peut littéralement arracher les poumons des personnes à proximité ou faire éclater les tympans et les organes internes, même sans contact direct avec les flammes.

        4. Impact sur les infrastructures souterraines

        Paris repose sur un réseau complexe (métro, égouts, catacombes).

        Les bombes thermobariques sont conçues pour s’engouffrer dans les cavités. Une explosion en surface pourrait projeter une onde de pression mortelle à travers les couloirs du métro sur une distance bien plus grande qu’en terrain dégagé, transformant les accès souterrains en conduits de feu et de vide.

        Tableau récapitulatif des effets
        Zone Effets constatés
        Point d’impact Vaporisation immédiate, destruction totale des structures.
        Rayon de 500m Effondrement des structures légères, incendies massifs, décès par surpression.
        Rayon de 1km Vitres brisées, blessures graves par projection de débris, asphyxie locale.
        Souterrains Propagation de l’onde de choc dans les tunnels, asphyxie des occupants.

        La question de l’utilisation d’armes thermobariques par les États-Unis sur des zones urbaines en Iran relève à la fois de la capacité technique, de la stratégie militaire et du droit international.

        Voici un état des lieux de la situation en avril 2026 :
        1. Capacités techniques et arsenal

        Les États-Unis possèdent l’un des arsenaux d’armes thermobariques (souvent appelées « bombes à vide » ou « explosifs à carburant-air ») les plus avancés.

        La MOAB (GBU-43/B) : Surnommée la « Mère de toutes les bombes », c’est la plus puissante munition non nucléaire américaine. Elle est conçue pour détruire des complexes de tunnels et de bunkers profonds, infrastructures très présentes en Iran (notamment pour ses sites nucléaires).

        Munitions tactiques : Des missiles comme le Hellfire (AGM-114N) possèdent des ogives thermobariques conçues pour des frappes de précision contre des bâtiments ou des grottes.

        2. Contraintes du Droit International

        L’usage de ces bombes sur des villes (zones densément peuplées) est extrêmement problématique au regard du Droit International Humanitaire (DIH) :

        Effets indiscriminés : L’onde de choc d’une bombe thermobarique est plus longue et plus intense qu’une explosion conventionnelle. Elle « aspire » l’oxygène et crée un vide, rendant quasi impossible la limitation des dégâts aux seuls objectifs militaires dans une rue habitée.

        Souffrances inutiles : Bien que non interdites par un traité spécifique, leur usage en milieu urbain est considéré par des organisations comme le CICR comme une violation probable des principes de distinction et de proportionnalité.

        Politique américaine : Officiellement, les États-Unis n’utilisent ces armes que contre des cibles militaires légitimes (complexes de défense, réseaux souterrains) et non contre des populations civiles. « 

  8. Avatar de Otromeros
    Otromeros

    Une zone de futurs « péages »… bientôt la bagarre pour devenir « contrôleur » ..

    A archiver cette carte synthétique (bientôt) utile :

    https://www.researchgate.net/profile/Lawrence-Hislop-2/publication/317341294/figure/fig5/AS:669381050773517@1536604287398/The-Arctic-can-be-divided-into-the-low-Arctic-and-high-Arctic-according-to-various.png

    1. Avatar de Vincent Rey
      Vincent Rey

      la stupidité de Donald Trump en économie est insondable. Heureusement, la résistance s’organise… Jeffrey Sachs, prof à Harvard lui a mis une salve !

      https://www.youtube.com/watch?v=2pRf3krwAm4

      1. Avatar de ludyveen
        ludyveen

        Ca fait du bien par où ca passe, malheureusement aucun media mainstream ne se permet une telle clarté, ils ont la trouille et ne veulent pas aller au carton, so sad, so sad!

      2. Avatar de Ruiz
        Ruiz

        @Vincent Rey C’est quand même une réaction d’universitaires qui profitent du système et ne souhaitent pas de changement, vouent leur adoration à la croissance et au mythe de la valeur boursière !
        La prise en compte des limites de la croissance et de l’évolution climatique, avec la propagande mainstream qui l’accompagne nécessite des adaptations d’importance et Trump avec toute sa théatralité est là pour faciliter le changement en mettant à bas tout les poncifs économiques.
        Les américains vivent au dessus de leur moyens (le dollar constituant leur carte de crédit) rajouter des droits de douanes c’est faire payer le consommateur américain pour des biens qu’il ne devrait pas acheter et réduire ainsi sa consommation, c’est à défaut de pouvoir le taxer directement ce dont le professeur convient dans la structure du pouvoir américain (est-ce que les pauvres acceptent mieux les impôts que les riches ?), introduire les mesures correctives pour obtenir le résultat.
        De même l’État américain finance son outil militaire et ses guerres à crédit, la politique de Trump consiste à faire payer les autres, ce qui revient bien à réduire l’endettement.
        Un des intervenants se flatte du décollage économique de l’Asie dans le cadre de l’OMC, et y voit une réduction de la pauvreté, voire des inégalités, mais celà n’est plus possible dans un monde limité sans une réduction de la part des ressources fossiles fléchées vers les États-Unis, cela Trump l’a compris et accompagne un mouvement pour torpiller l’OMC.
        Le passage didactique sur l’équilibre des échanges pays par pays comparé au coiffeur et marchand de chaussure est percutant.

        1. Avatar de Vincent Rey
          Vincent Rey

          Je ne suis pas économiste, mais il me semble que ce que dit Sachs n’est pas discutable. La nature de la croissance est discutable, mais le volume des échanges profitant globalement à tout le monde non. Contester ça, c’est un peu comme croire que la terre est plate.

          C’est paraît-il l’histoire préférée de Musk. 2 businessmen marchent et soudain sur le bord de la route, il y a un tas de merde. Le premier businessman dit à l’autre « je te donne 100$ si tu le bouffes »…ok, l’autre bouffe le tas de merde, et gagne 100$.
          Ils continuent leur route, et arrive un autre tas de merde. Et c’est alors le deuxième businessman qui dit au premier « si tu le bouffes, je te donne à mon tout 100$. Ok, le premier businessman accepte et bouffe le tas de merde.

          Puis ils analysent économiquement la situation : on a chacun dépensé 100$ donc on a rien gagné, on a bouffé 2 tas de merde, mais on a fait 200$ de PIB

          1. Avatar de Pascal
            Pascal

            C’est l’histoire préféré de Musk parce qu’il n’a pas compris le sens, c’est bien ça ?😉
            Sinon elle est excellente et même très en dessous de la réalité amorale. Car en général, c’est aux autres qu’ils font bouffer de la m… Et encore, manger nos excréments serait certainement moins toxique que les milliers de molécules qu’on nous fait ingérer à notre insu et qui ruine la santé de millions de personnes.

            1. Avatar de Ruiz
              Ruiz

              @Pascal La greffe fécale participe du PIB à partir du moment où elle est médicalisée et remboursée par le trou de la Sécu.

              1. Avatar de Pascal
                Pascal

                On dirait de la poésie !😉

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