RÉFLEXIONS DE L’AVANT-VEILLE, par Panagiotis Grigoriou

Billet invité. Le blog de Panagiotis Grigoriou est greekcrisis.

Une crétoise, âgée de 32 ans, a « volé » jeudi (14/06) dans un supermarché d’Héraklion, trois briques de lait et une glace, causant un préjudice de 20,77 euros à l’enseigne. Depuis plusieurs jours, ses quatre enfants, étaient nourris exclusivement aux pâtes à l’eau. Prise en flagrant délit, la jeune chômeuse a été aussitôt mise en détention. Elle vient d’être libérée aujourd’hui (vendredi 15/06), et la plainte a été finalement retirée, grâce à la mobilisation de l’intersyndicale ouvrière de sa ville et aussi, grâce à la médiatisation de ce fait décidément… pas trop divers.

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L’actualité de la crise : UN « BIG BANG » SINON RIEN, par François Leclerc

Billet invité

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Avec la tenue du G20 au Mexique en début de semaine, notre perspective va se trouver modifiée, habitués que nous sommes à ne voir la crise de la dette que faussement sous son seul angle européen. Les 18 et 19 juin, les grands de ce monde vont se réunir à Los Cabos, une station touristique de la Basse-Californie du Sud, sous le double auspice de la dette et de la relance mondiales.

Afin de ne pas rester les bras croisés devant le désastre qu’il a suscité, le gouvernement britannique vient d’annoncer un plan de relance économique via le crédit bancaire, alimenté par un programme de liquidités de la Banque d’Angleterre. Des injections de l’ordre de 5 milliards de livres mensuelles (6,1 milliards d’euros) sont prévues dans le cadre d’un programme de 80 milliards. Mais la question est de savoir s’il aura les mêmes effets aussi peu probants que les injections massives de la BCE, ou bien la poursuite des prêts à taux nul (de 0 à 0,1%) que la Banque du Japon continue inlassablement de prodiguer sans plus de résultat, dont le programme de 700 milliards d’euros d’acquisition de titres privés et d’entreprises est toujours en vigueur.

Le gouvernement britannique veut assortir les prêts bancaires à des engagements précis de celles-ci, mais la cause n’est-elle pas entendue ? les instruments de politique monétaire des banques centrales permettent de gagner du temps, mais pas de régler les questions en suspens.

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FLOYD CRAMER (1933 – 1997)

Je reçois un mail ce matin d’un ami qui me dit qu’il aimerait bien me rapporter trois disques qu’il m’a empruntés en 1972.

Les vrais amis sont en effet ceux qui vous rendent les objets que vous leur avez prêtés. Vous connaissez la remarque de Jérôme K. Jérôme à ce propos : « Je hais les gens qui ne vous rendent pas les livres que vous leur avez prêtés. J’en suis à ce point la victime que les seuls livres qu’il me reste sur les rayons de ma bibliothèque sont ceux que j’ai moi-même empruntés ».

L’un de ces trois disques était l’album de Hank Locklin « Please Help Me, I’m falling » et, recherchant du coup celui-ci sur YouTube, je regarde le fameux morceau éponyme et Saperlipopète ! le tout jeune pianiste à l’arrière-plan ! et son solo, c’est Floyd Cramer !

Bon, si le nom de Floyd Cramer ne vous dit rien, ma stupéfaction vous laissera sans doute de marbre mais si la guitare est de très loin l’instrument le plus populaire du style Country & Western, quand dans les années 1950 à 70 il y avait quelqu’un au piano, c’était Monsieur Floyd Cramer.

Avec Chet Atkins

Accompagnant Hank Locklin (« uncredited »)

« Last date », avec une très sympathique présentation par Johnny Cash

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RTS – Le forum, mercredi 13 juin – Le sauvetage de l’Espagne peut-il stopper la contamination?

Billet invité. François Leclerc était l’invité de la radio suisse RTS pour débattre avec Michel Juvet, associé de la banque privée Bordier & Cie à Genève

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L’actualité de la crise : DES MARCHES TROP HAUTES POUR ÊTRE FRANCHIES, par François Leclerc

Billet invité

François Hollande est à l’offensive et Angela Merkel fermement sur la défensive, avec tous deux en ligne de mire un compromis lors du sommet de fin juin qui reste introuvable pour le moment. Quels en sont les contours vu de Paris, Berlin campant sur la proposition dilatoire d’une Union politique préalable et l’utilisation en attendant des mécanismes existants, sur la base d’une analyse voyant dans l’origine de la crise un endettement public trop élevé et une compétitivité insuffisante ?

Le dispositif principal projeté repose sur le Mécanisme européen de stabilité (MES) et sur sa capacité à renflouer directement les banques sans passer par les États, avec comme double objectif de ne pas accroître leur dette et de découpler celle-ci de la dette des banques. En parallèle, la BCE s’en verrait confier la surveillance, non pas afin de la rendre plus transparente mais pour en rendre l’exercice plus indépendant de la gestion politique des États. Une mesure déjà soutenue par Angela Merkel. Mais l’idée complémentaire est d’adopter le dispositif d’Union bancaire en le restreignant aux seuls établissements systémiques, afin de faciliter l’accord du gouvernement allemand, ce qui rapporté à la situation espagnole le rend assez surprenant.

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ET MAINTENANT ?

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

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Et maintenant ? Que va-t-on faire ? Maintenant que l’Espagne a perdu l’accès au marché des capitaux pour sa dette ?

Oui, la dégradation par Moody’s, hier dans la soirée, de la cote de l’Espagne de trois crans, de A3 à Baa3, n’a pas arrangé les affaires. Mais enfin, elle ne nous apprend rien qu’on ne sache déjà depuis le weekend dernier : avec un taux à 10 ans de sa dette souveraine, scotché au niveau des 6,75% (*), les carottes étaient de toute façon cuites pour ce qui est de financer sa dette sur le marché des capitaux.

Qu’est-ce qui s’était passé ? Les 100 milliards d’euros de plus obtenus des fonds européens par l’Espagne, et dont la nation elle-même est maintenant redevable, les règlements européens interdisant les renflouements directs de banques par leurs instances.

Vous avez remarqué que les règlements européens sont truffés de clauses de suicide programmé, dont on découvre toujours les implications comme aujourd’hui, dans l’urgence ? Certains, convaincus du pouvoir sans limite de la volonté humaine, vous expliqueront que c’est voulu : prévu de longue date pour la mise en branle un jour, du Grand Plan Secret. C’est plus banalement qu’il s’agit d’inventions humaines dans lesquelles la sélection naturelle n’a pas encore eu le temps de faire le tri.

Mais les Américains y étaient bien arrivés, à faire une grande nation avec plein de petits bouts ! Oui, mais justement : dans ce cas-là, la méthode par essais et erreurs a été utilisée à grande échelle : les États-Unis d’aujourd’hui ont dû passer par une guerre civile atroce pour clarifier un peu les choses. Et certaines cicatrices sont encore bien fraîches.

Déjà garder la Grèce dans la famille, c’est très dur. Plus le Portugal, plus l’Irlande, plus – aujourd’hui, en fin de matinée, Chypre. Mais l’Espagne, et on l’a dit tout de suite, dès la première alerte au début 2010, c’est trop à avaler pour ce qu’il restera de zone euro : ce n’est pas possible. Sans compter l’Italie très pâle elle aussi, sur une chaise dans le couloir du dispensaire.

Alors ? Et maintenant ?

Je l’avais expliqué le 5 avril 2010 – deux ans déjà ! – dans une chronique du Monde-Économie intitulée « Le fil rouge » : « Les gouvernements d’unité nationale sont pour bientôt, quand il sera devenu évident aux yeux de tous qu’aucun parti ne connaît à lui tout seul la solution des problèmes insolubles qui se posent, suivis alors de Comités de Salut Public, quand il sera clair que même tous ensemble ils n’y comprennent rien et – si Dieu nous prend alors en pitié – suivi enfin d’un nouveau Conseil National de la Résistance, au moment où il faudra, par-delà les divergences conçues aujourd’hui comme irréductiblement inconciliables, lancer une ultime tentative de sauver ce qui peut encore l’être ».

M. Hollande n’a pas encore atteint ce stade-là, convaincu qu’il est que si la croissance est ce qui convient à la France, le traitement de cheval de l’austérité convient mieux au tempérament grec. Pasok et Nouvelle Démocratie sortant vainqueurs des élections en Grèce, c’est ce qu’il souhaite aux Grecs. Et il n’a pas hésité hier à le leur dire. La reproduction en petit sans doute du couple à la Dubout France-Allemagne qui nous est offert en ce moment. La formule gagnante lui semble être celle de l’union d’un parti socialiste de droite avec un parti libéral, convaincus tous deux que mettre l’État-providence dans la naphtaline est beaucoup plus urgent que de mettre au pas la finance.

Notez que les Américains sont dans le même état d’esprit : hier M. Jamie Dimon, patron de J. P. Morgan Chase, était sur la sellette devant le Comité bancaire du Sénat américain. On lui demandait d’expliquer comment il se fait que sa banque a perdu par distraction entre 3 et 10 milliards de dollars. Les sénateurs du parti républicain ont consacré tout le temps de parole qui leur était donné à affirmer – et à vouloir que M. Dimon le confirme avec enthousiasme – que le grand souci en ce moment, c’est une réglementation trop stricte de la finance. À certaines époques, c’est comme cela, vous dis-je : le suicide programmé se retrouve absolument partout. Et je vous épargne les exemples les plus comiques.

Enfin, gageons qu’on travaille dur en ce moment-même à trouver des solutions à Bruxelles, qu’on nous concocte quelques plans astucieux qui pourront être mis en œuvre en 2014 ou en 2018. Pourquoi ces formules-miracles sont-elles toujours remises – c’est le cas de le dire – aux calendes grecques ? Pour laisser du temps au temps. Sauf qu’aujourd’hui, 14 juin 2012, c’est ça qui manque le plus : le temps précisément.

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(*) 6,974% à 10h51.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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DE CÓMO LOS CDS HABRÁN MATADO AL EURO

La traduction en espagnol de Comment les CDS auront tué l’euro. Merci à John Nash.

¿Y por qué no se habla de los especuladores de CDS (Credit-default Swaps) que no pagan impuestos? Se habla mucho de los griegos que no pagan impuestos y, en estos días, por la torpeza de algunos, se habla también de los funcionarios internacionales, en particular los del FMI, que no pagan impuestos, pero de los especuladores de CDS que tampoco pagan no se dice una palabra. Vete a saber porqué…

Hay que decir que no es fácil saber quienes son exactamente porque forman parte del shadow banking, sector financiero en la sombra. Y eso qué es? Es la finanza no regulada. ¿Por qué no se ha regulado? Porque ella es quién paga a los lobbistas que redactan los textos de ley que reglamentan la finanza (y a veces las demás) que los diputados reciben perfectamente empaquetados listos para firmar.

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FRANCE 2, Cash investigation, « Finance folle : l’attaque des robots traders », vendredi 8 juin à 22h30

« Finance folle : l’attaque des robots traders », je suis l’un des témoins interviewés sur le High Frequency Trading.

Pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu, Dominique Larchey-Wendling nous offre une vidéo de bien meilleure qualité.

INTERDIT

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L’actualité de la crise : LES MAILLONS CÈDENT, par François Leclerc

Billet invité.

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Les voix sont de plus en plus discordantes et les événements se précipitent : demande espagnole désormais inévitable à bénéficier d’un plan de sauvetage et proche reconnaissance de l’échec du second plan de la Grèce, suivie de la négociation d’un troisième, assorti de l’étalement de son calendrier, quel que soit le résultat des élections de ce week-end.

Après avoir qualifié de « victoire » un renflouement des banques espagnoles qu’il avait essayé d’éviter à tout prix, Mariano Rajoy va devoir reconnaître qu’il ne peut plus poursuivre dans le déni et accepter de se réfugier sous une protection européenne qui n’est pas adaptée à un sauvetage de ce calibre. D’autant que le MES n’est pas opérationnel et que les conditions de la ratification de sa création ne sont pas réunies en Allemagne. Le chef du gouvernement espagnol risque cependant de se faire encore beaucoup prier, et de produire des dégâts, à constater comment il essaye de ne pas reconnaître que des conditions au sauvetage des banques du pays sont en passe d’être formulées.

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CNT, Fête de l’Union Régionale, Paris, Un anthropologue au coeur de la finance, dimanche 17 juin à 14h

À 14h, le dimanche 17 juin

Confédération Nationale du Travail
33, rue des Vignoles, 75020 Paris
Métro Avron (ligne 2) ou Buzenval (ligne 9)

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L’actualité de la crise : DES MAILLONS VONT CÉDER, par François Leclerc

Billet invité

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Les financiers ont horreur du risque, tout en ne répugnant pas à le faire supporter par les autres. Ils juxtaposent les termes d’aversion ou au contraire de goût quand ils l’évoquent, mais ce n’est qu’une façon de parler, comme ils en ont tant. En réalité, ils ne supportent pas que les autres leur en fassent prendre et le font vivement savoir quand c’est le cas.

Pour avoir trop joué avec le feu, le gouvernement espagnol en fait les frais sur les marchés, tout comme les autorités européennes en raison de leurs atermoiements répétés. On ne compte plus les discrètes conférences téléphoniques à propos de la tenue des élections grecques, mais rien n’est venu lever l’incertitude qu’elles font planer. L’Italie en est prise dans la tourmente, Mario Monti obligé de démentir la nécessité d’un plan de sauvetage du pays, « même à l’avenir » croit-il devoir préciser dans sa volonté de convaincre. Trois crises sont en passe de se conjuguer et les autorités discutent toujours pour savoir qui du FESF ou du MES va renflouer les banques…

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ELINOR OSTROM (1933-2012)

Ce n’est pas tous les jours qu’il nous est donné de regretter la mort d’un prix « de la Banque de Suède à la mémoire d’Alfred Nobel », dit « Prix Nobel d’économie ». J’avais eu le privilège d’assister à l’un de ses exposés il y a quelques mois à Paris.

Elinor Ostrom se préoccupait de la relation durable pouvant exister dans le meilleur des cas entre nos économies et la planète que nous habitons. Elle avait exploré les formes multiples que peut prendre la propriété privée, aujourd’hui et aux différentes époques de l’histoire humaine, et en particulier les manifestations de propriété collective. Ses travaux constituent une base solide pour une réflexion sur la manière de changer (dans le bon sens) nos manières de vivre.

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COMMENT ON PARTAGE LE PRODUIT DE LA PÊCHE EN AFRIQUE DE L’OUEST

Ce que j’explique là vaut pour une région qui m’était devenue familière : du Sierra Leone au Nord, au Congo au Sud.

François Quesnay (1694-1774), économiste physiocrate, auteur du Tableau économique (1758).

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