La démocratie en petite forme, le 5 octobre 2019 – Retranscription

Retranscription de La démocratie en petite forme, le 5 octobre 2019

Bonjour, on est le samedi 5 octobre 2019 et ma vidéo s’intitulera « La démocratie en petite forme ».

Je vais parler essentiellement de 3 pays. Je vais parler de la France. Je vais parler de la Grande-Bretagne et je vais parler des États-Unis. Ça ne veut pas dire qu’il ne faudrait pas parler des autres. Je pourrais parler de la Belgique où on a encore essayé de constituer des gouvernements, en tous cas un gouvernement fédéral. Les autres, on a trouvé la solution. Je veux dire les régionaux.

En France, ce matin, je ne peux pas m’empêcher de sourire devant la politique gadget. On demande à 150 Français tirés au hasard de résoudre les problèmes du réchauffement climatique à l’échelle de la nation. J’ai voulu le mentionner tout de suite. J’ai appelé ça « Comme ceux qui savent dérangent, demandons à ceux qui ne savent pas ». C’est ce que disent aussi d’ailleurs certaines des personnes qui sont là, dans l’article du Monde. D’autres de l’extérieur disent comme moi : « Mais on connait les solutions. C’est simplement un manque de volonté politique de les mettre en application ! », comme [Jean-François] Julliard le dirigeant de Greenpeace que je connais, d’autres personnes.

La politique gadget, la « société du spectacle » : on va demander à des gens qui ne savent pas. Donc, on va d’abord devoir leur apprendre de quoi il s’agit. Je ne veux pas dire que les gens n’ont pas une idée sur le fait que ça chauffe ou ça ne chauffe pas mais figurez-vous que, même sur le blog de Paul Jorion, il y a des gens dans les commentaires qui viennent dire : « Il faudrait d’abord déterminer si le réchauffement climatique est dû à l’action humaine » et là, je réponds à cette personne qu’on se moque des Byzantins qui discutaient du sexe des anges au moment où leur ville était assiégée et que les robots qui nous survivront, dans ce cas-là, feront la même chose, ils se diront : « Ils se posaient la question de savoir, alors que la température montait de 5-7°C peut-être pendant un siècle. Il y avait des gens qui disaient qu’il faudrait peut-être d’abord déterminer si c’est nous ou si c’est autre-chose qui détermine ça ». Comment est-ce que les gens peuvent tomber aussi bas dans le degré de la réflexion ? C’est le degré 0.

Bon alors, on va donc demander à 150 personnes qui n’y connaissent rien mais, ce qu’on va leur dire quand même – là je l’ai vu tout de suite -, c’est de ne surtout pas toucher à l’idée de la taxe carbone ! C’est-à-dire que le cadre qui empêche qu’on trouve une solution, lui, il ne faut surtout pas y toucher ! C’est l’approche du Grand débat : « Sachant qu’il ne faut surtout pas remettre en question ni le profit, ni le bénéfice des entreprises, ni la manière dont elles gèrent leurs affaires, etc., etc., proposez les solutions pour la France ! ».

Naïveté ou rouerie ? Il y a des tas de gens dans une administration, à mon avis, qui à titre personnel doivent se placer quelque part entre le faux-jeton absolu et celui qui ne comprend rien et qui croit que c’est comme ça qu’il faut faire. Non : « La taxe carbone, c’est quand même une bonne idée. Il ne faut pas y toucher », c’est quoi ? Qu’est-ce que ça veut dire ? « C’est le capitalisme qui va nous permettre de sauver la planète! ». Non, messieurs-dames, j’ai écrit un livre qui s’appelait Se débarrasser du capitalisme est une question de SURVIE. C’est une question de survie !

Je suis en train d’écrire un nouveau livre avec Vincent Burnand-Galpin. Le message sera le même. On fera une analyse beaucoup plus détaillée, plus systématique, parce qu’il faut convaincre les gens, leur montrer que ce qui ne va pas, c’est X, Y, Z, etc., et que ça, on ne pourra pas le résoudre en-dehors d’un cadre qui ne soit PAS fondé sur le versement des intérêts, des dividendes et des coupons. C’est une machine à concentrer la richesse !

Ça nous mène au cadre de la démocratie. Nous vivons, dans les pays comme les nôtres, heureusement, dans un cadre démocratique. C’est une démocratie censitaire. Effectivement, le pouvoir que vous avez dépend de l’argent que vous avez et on ne fait absolument rien pour casser la machine à concentrer la richesse, ce qui fait qu’on a des chiffres de plus en plus déplorables.

Il y a une étude… en fait, ce ne sont que des tableaux produits par un ministère américain qui vous montrent que la part de la richesse créée qui va aux salaires n’a pas arrêté de baisser depuis les années 70, la disparition totale de la classe moyenne et donc une accumulation de gens sans moyens et de très riches au sommet. Tant qu’on ne touche pas à ça, tout le reste, c’est du n’importe quoi ! Ça ne sert à rien !

Vous connaissez mon opinion sur ce sujet-là : il faut commencer par ça. Il vaut mieux une démocratie censitaire que pas de démocratie du tout. Il vaudrait quand même mieux que l’on ait un système qui marche véritablement et pas des gadgets comme tirer les gens au sort sans se poser la question de l’expertise. Si. Et après, il faut d’abord leur apprendre ce que les experts vont leur dire pour les faire venir au niveau des experts et, ensuite, ils auront une opinion d’expert. Pourquoi ne pas demander aux experts tout de suite ?

Et quand je dis « expert », il ne faut pas utiliser l’expression de la manière dévoyée dont on fait maintenant comme un synonyme de « lobbyiste ». Non, le lobbyiste, c’est autre chose. Je vous l’ai dit pour ne pas qu’on mélange tout : les lobbys, c’est le système, c’est le corps diplomatique des entreprises. Ça ne fait pas des gens qui sont là-dedans des « experts ». Il se peut que, par hasard, un jour, on recycle un expert ou une experte à l’intérieur du système diplomatique du lobbyisme mais n’appelons pas « expert » tous les gens qui sont des lobbyistes : en général, ils ne le sont pas : ce sont des idéologues qui défendent le point de vue de leur boîte. Ils sont payés pour ça. Démocratie censitaire !

Une petite remarque : j’ai reçu ça [P.J. montre le livre La ligne jaune]. Il me l’a envoyé, c’est très gentil. François Boulo, qui nous parle de la démocratie en France. Il est avocat, vous le savez. C’est un représentant des gilets jaunes, très actif autour de la région où il se trouve, c’est-à-dire à Rouen. Il intervient un peu partout. On le fait parler. C’est quelqu’un qui peut présenter ses positions de manière, je dirais, extrêmement rationnelle. Il dénonce dans ce petit livre les dérives du système, de la répression qui a été tout à fait disproportionnée dans le cas des Gilets jaunes. J’en ai parlé au fur et à mesure. Je reviens dessus parce que, dans ce petit livre, c’est bien traité. Les dérives de la justice aussi, où on traite de manière expéditive et, je dirais, industrielle, des gens pour des infractions qui sont liées à des choses qui étaient permises autrefois. On modifie les lois pour les rendre, je dirais, moins démocratiques. Appelons les choses par leur nom. Il faut dénoncer cela.

Pour ce qui est du reste du petit livre de Boulo, je ne suis pas d’accord avec son analyse. Il nous explique que l’Europe, c’est affreux parce qu’il n’y a pas véritablement d’union des peuples européens et puis, il nous dit que le souverainisme, c’est une excellente chose. Alors que la critique qu’il fait sur l’Europe en disant qu’un fédéralisme n’a pas de justification, vu le fait que les gens sont très différents, il s’applique tout aussi bien à l’intérieur des nations telles qu’elles sont maintenant.

Vous le savez, moi, je suis Belge de nationalité. Je sais que les pays se sont constitués de bric et de broc mais c’est aussi vrai pour la France que pour le reste. J’en parlais hier à quelqu’un. Où se trouvent les Jorion en France ? Ils se trouvent essentiellement dans le département du Nord, un peu dans le Pas-de-Calais, un peu dans les Ardennes et quelques-uns à Paris et un en Bretagne : les Francs se sont installés dans la région où ils sont toujours. Ils ont envahi tout le pays. Ils ont pris le pouvoir. Ils ont donné leur nom à un pays qui n’était pas du tout le leur et ainsi de suite. Ils ont unifié tout ça. Il y avait le Duché de Bretagne dans lequel je me trouve. Ça n’a jamais été facile. La France a été déchirée par les querelles entre les Armagnacs et les Bourguignons [P.J. Qui a besoin de Game of Thrones quand nous avons eu ça ! « Nous » : parce que ma ville natale Bruxelles était alors la capitale de la … Bourgogne !] Après, on est passé à la guerre de religion entre les protestants et les catholiques. On a ajouté les Basques d’un côté. On a ajouté des Italiens du côté de Nice et ainsi de suite. Vous ne m’en voulez pas ! Et ainsi de suite. Et on nous dit : « Voilà, ça, c’est une base solide ! À partir de là, on peut faire les choses dans ce cadre-là. C’est un cadre qui se justifie ! ». Pas plus que les autres ! Tout ça est artificiel ! Les gens n’ont pas arrêté de bouger. Les gens sont venus d’endroits différents. Les gens sont là avec des religions différentes, c’est-à-dire des représentations du monde tout à fait différentes. Ce n’est pas moins artificiel que l’Europe ou que n’importe quoi, ou qu’un gouvernement mondial. Tout ça est du même niveau de bricolage et on ne pourra pas faire autrement, mais il faut adapter le cadre dans lequel on travaille aux problèmes qui se posent. Le nuage de Tchernobyl, chers amis, sur une base souverainiste, on ne peut pas le traiter parce qu’il s’est déplacé dans le ciel. Des choses de cet ordre-là… Le réchauffement climatique : ce ne sera pas un pays qui le résoudra tout seul en mettant des murailles à la Trump autour du pays pour empêcher les nuages de bouger. Non, ce sont des choses qu’il faut que l’on résolve maintenant tous ensemble !

Je continue : je passe à la Grande-Bretagne. Il est quand même étonnant, quand on parlait de craquements dans les démocraties : que des pays risquaient de glisser vers des systèmes autoritaires – parce que je vous l’ai dit tout à l’heure, « démocratie de type censitaire » ! Comme on est là, dans nos pays à nous, tant qu’on ne s’attaque pas à ça, on ne pourra pas parler, je dirais, véritablement de démocratie. Ce sera toujours un peu « démocratie » mais, comme je l’ai dit aussi, une « démocratie » même censitaire, veut mieux qu’un système autoritaire.

On ne s’attendait pas à ce que des pays comme le Royaume-Uni et les États-Unis soient pris dans une dérive où il faut craindre pour leur caractère démocratique. Quand il s’adresse à la Cour et que 16 juges lui disent qu’il faut absolument respecter la proposition Benn, c’est-à-dire qu’on ne passe pas un Brexit sans accord, M. Johnson dit : « Oui, oui, tout à fait, c’est ce qu’on va faire » et puis, quand il s’adresse à ses électeurs, disant :  « Ne vous inquiétez pas, je dis ça pour la galerie : en fait, le 31 octobre, on sort d’une manière ou d’une autre ».

Vous avez vu ces scènes qui sont quand même assez désolantes d’affrontements. Ce n’est pas une question de personnes mais d’affrontements entre le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif. Quand il y a des dérives de type mafieux, de type « passer à une république bananière », l’exécutif essaye bien entendu de se débarrasser du législatif et du judiciaire qui sont des contre-pouvoirs : c’est écrit dans les constitutions. Et même quand il n’y a pas de véritable constitution, comme en Grande-Bretagne où elle n’est pas écrite, c’est de la jurisprudence, il y a quand même un cadre : les Britanniques savent qu’ils sont à l’intérieur d’une démocratie avec des contre-pouvoirs, etc. L’exécutif, dans le cas de Johnson, essaye de se débarrasser du législatif. Il s’attache à ce vote qui a donné 51,89 % pour les gens qui voulaient qu’on sorte de l’Union européenne et il va le faire de toute manière. Il n’écoute pas ce qu’on dit sur le Blog de Paul Jorion : attirer l’attention sur le fait que la chose n’est pas possible, qu’elle est tout simplement impossible. J’ai donné quelques chiffres l’autre jour. Il faudrait, dans la journée, reformuler 759 traités internationaux. Il y aurait immédiatement 10 millions d’agneaux qu’il faudrait tuer parce qu’il n’y aurait plus d’acheteurs et qu’on ne saurait pas où les mettre et qu’il faudrait soit les brûler, soit les enterrer. Il faut qu’on commence à s’habituer à l’idée qu’il y a des impératifs, qu’il y a des limites, qu’il y a des choses qui sont de l’ordre du donné. Le fait que le Brexit soit impossible, c’est un donné. C’est là. Comme je l’ai dit déjà plusieurs fois, dire que « Oui, mais les gens ont voté », à ces deux choses que sont le nécessaire et l’impossible, les gens peuvent voter comme ils veulent : ça ne fera jamais aucune différence.

Je passe aux États-Unis. Si on doit craindre un peu pour le Royaume-Uni, pour les Etats-Unis, là, on doit être véritablement inquiets parce que ce qui apparaît dans les jours récents, la déclaration du fameux lanceur d’alerte qui nous disait : « Attention, il y a un trio de M. William Barr, ministre de la Justice, M. Rudy Giuliani, avocat de M. Trump et M. Trump lui-même qui ont essayé de kidnapper la politique extérieure des États-Unis et qui, en particulier, à trois, essayent de régler certaines questions avec l’Ukraine en faisant un chantage à l’aide militaire pour obtenir des renseignements négatifs sur M. Joe Biden qui est un candidat à la présidence du côté démocrate ». Ce qui est apparu les jours derniers, c’est que l’infiltration d’une organisation mafieuse était plus étendue.

Il y a un certain M. Kurt Volker qui est venu expliquer qu’il a été pris la main dans le sac, lui, comme une sorte d’envoyé à jouer un rôle dans cette organisation. Il a vendu la mèche. Il a expliqué comment ça marchait. Il a montré en particulier qu’il y avait un certain M. Gordon Sondland, qui est un ambassadeur pour l’Union européenne des États-Unis et qui, en fait, est un type qui… c’est un proprétaire d’hôtels de luxe qui était un grand donateur du financement de la campagne de M. Trump [de manière cachée : par le biais de trusts] et qui a reçu le titre d’ambassadeur pour l’Union européenne. Qu’est-ce qu’il est allé faire en Ukraine ? On ne sait pas trop parce que ce n’est pas dans l’Union européenne mais, en tout cas, il est là et il y a des mails qui sont visibles maintenant, et des SMS, où il dit à M. Bill Taylor qui est le véritable diplomate qui se trouve là-bas : « Non, non, il faut attendre », etc. Ce monsieur est en train de… voilà, de faire le chantage au nom de Trump si bien que ce M. Taylor dit : « On ne va quand même pas subordonner l’aide militaire à l’Ukraine au fait de trouver des données compromettantes sur M. Biden ! » et l’autre lui dit « Parlons plutôt de ça au téléphone ». C’est-à-dire, ce type qui n’a aucune compétence, c’est un affidé, comme on dit, c’est un sbire de Trump, et c’est le bonhomme qui décide de la politique vis-à-vis de l’Ukraine. Alors, ce qu’on découvre maintenant c’est qu’il y a des gens comme ça qui ont été placés par Trump un peu partout et qui essayent d’entraîner l’État entier dans une dérive mafieuse.

Le « deep state » réagit [rires]. J’aime bien cette expression parce que, comme je vous l’expliquais l’autre jour, quand on respecte la loi, on est complice du « deep state ». Quand on l’enfreint « au nom du peuple », que le peuple veut autre chose, bien entendu, il faut dénoncer le deep state.

Je vous ai raconté ça, je vous l’ai raconté plusieurs fois d’ailleurs, et c’est dans la préface du premier tome qui va paraître de La chute de la météorite Trump, premier volume qui s’appelle « Un objet populiste mal identifié ». Je vous expliquais sa tendance, quand il était gosse et adolescent, à faire des erreurs, à ne jamais reconnaître – le jeune Donald Trump – son erreur au point d’un remettre une couche et de continuer à insister que c’est lui qui a raison et que le reste du monde se trompe. Il n’en a rien à ficher. Comme maintenant, il est complètement coincé dans cette histoire d’Ukraine où il est très fier de la conversation qu’il a eue avec le président (c’est d’ailleurs lui qui a dû insister pour qu’on montre la lettre tout de suite tellement il était conscient et convaincu qu’il n’y avait rien à lui reprocher là-dedans).

Quand il dit au gars : « Vous allez quand même nous faire une petite faveur, hein… On pourrait quand même regarder un peu cette histoire de M. Biden avant que nous, on lâche les fonds ». Il ne le dit pas comme ça, c’est entre parenthèses, mais tout le monde sait que c’est le cadre dans lequel la conversation a lieu. Alors, qu’est-ce qu’il fait quand on lui dit que ce n’est pas possible ? C’est un article d’impeachment, demander à une puissance étrangère d’intervenir dans les élections. C’est high crime selon la Constitution, donc vous ne pouvez pas faire ça.

Alors, qu’est-ce qu’il fait ? Dans une conférence de presse… Ce n’est même pas une conférence de presse. Il va monter dans un hélicoptère et on lui pose la question. On dit : « Alors, vous assumez vraiment le truc que vous avez raconté ? ». Il dit : « Oui, oui, d’ailleurs, il faut demander à la Chine. Je vais demander à la Chine de faire pareil, aussi de trouver des trucs sur Biden ». Voilà, il en remet une couche.

Ça, ce n’était peut-être pas la chose à faire parce qu’on pouvait encore, en regardant cette liste, cette retranscription, on pouvait encore dire : « Oui, mais le contexte n’est pas entièrement clair, etc. », et en fait, il ne dit pas : « Je vous mets mon fusil ou mon revolver sur la tempe ». Il ne le dit pas explicitement, etc., etc., mais là, devant tout le monde – et la plupart des Américains ont dû le voir -, M. Trump dit : « En fait, je vais faire la même chose. Je vais demander à la Chine de me trouver des trucs dégueulasses sur Biden ». Là, il le dit devant tout le monde. Ce n’est pas une interprétation d’une retranscription d’une conversation à laquelle personne n’a vraiment assisté, sauf M. Mike Pompeo. Il le dit là.

Et là, qu’est-ce qu’on voit ? On voit pour la première fois… L’autre jour, la dernière fois que j’ai parlé, je vous ai dit que je n’étais pas très convaincu du flottement que les gens voyaient dans les sondages mais là, maintenant, si. Qui est-ce qui bouge ? Ce n’est pas tellement les Démocrates. Bon, les Démocrates, leur opinion est faite. Ce qu’on voit, c’est qu’il y a encore un peu plus de Démocrates. Il y en avait déjà 75 % qui étaient en faveur d’un impeachment. Les gens qui se disent Démocrates, il y en a un peu plus, ça augmente un petit peu. Il y a une baisse de 7 % des Républicains qui sont pour Trump. Il y a quand même une baisse de 7 %. Mais, c’est surtout ceux qu’on appelle les indépendants aux États-Unis. C’est des gens qui, quand on leur demande : « Est-ce que vous vous situez comme Démocrate ou Républicain ? », ces gens-là disent : « Non, je me situe comme indépendant ». C’est là que le glissement est en train de se faire. C’est là que les gens, maintenant, se rallient du côté des Démocrates et, finalement, ce n’est pas tout à fait étonnant parce que ces gens qui se disent centristes, ce sont des gens qui, en tout cas, croient en la démocratie et ils voient, du côté Républicain, une dérive d’extrême-droite. Ils voient un glissement du pays dans une république bananière et, donc, ce sont eux, ce sont ces personnes-là qui… Il y a 10 % véritablement de déplacements et c’est essentiellement ces gens qui se disent centristes, qui ne se disent ni Démocrates, ni Républicains, que le changement est en train de se faire et qui fait que, même l’institut de sondage Rasmussen… (quand vous regardez la côte de popularité de M. Trump au fil des mois, il y a toujours une différence d’à peu près 10 % dans les sondages Rasmussen. Opinion favorable pour M. Trump dans l’ensemble : 43 %, chez Rasmussen 53%), et ce qu’on voit maintenant, c’est que MÊME chez Rasmussen, les opinions défavorables à M. Trump sont supérieures à celles qui sont favorables. Je regardais des chiffres. -16 % pour l’ensemble de différence entre ceux qui l’aiment bien et ceux qui l’aiment pas et -2 % du côté Rasmussen.

Dans les sondages aussi, une chose très intéressante. Mme Warren est en train de dépasser M. Biden. On a appris hier, dans la nuit, que, oui, comme certains l’avaient compris, comme certains l’avaient cru, comme certains l’avaient vu de leurs yeux vu, oui, M. Bernie Sanders a bien eu un infarctus. C’est bien une crise cardiaque qu’il a eue, M. Sanders. Ça ne va pas encore trop aider M. Sanders dans les sondages. M. Biden est quand même plombé par le fait qu’on n’arrête pas de dire son nom du côté des Républicains comme étant, en fait, la personne à abattre, comme étant la personne contre laquelle on se défend véritablement et ce qui permet, ce qui justifie le fait de mettre entre parenthèses toutes les institutions républicaines puisque M. Joe Biden, c’est celui qui a commencé. Voilà. Mais, je vous l’avais dit tout de suite, ça m’étonnerait qu’il s’en sorte vraiment indemne de toute cette histoire. En particulier, il n’a sans doute pas fait de véritable malversation. On voit bien que, quand il fait pression pour qu’on enlève un certain procureur en Ukraine, il est simplement sur une liste de l’ensemble des pays européens aussi qui demandent exactement la même chose parce qu’il y a des cas de corruption tout à fait flagrants mais le fait que son fils soit là simplement à encaisser des jetons de présence alors qu’il n’a aucune qualité particulière, sauf d’être le fils de son père, ça ne va pas l’aider dans l’opinion et on le voit maintenant. L’écart d’ailleurs se creuse assez rapidement. Les opinions favorables à Mme Warren dépassent maintenant, selon les sondages, de 2 points ou même de 6 points j’ai vu, ceux pour M. Biden.

Alors, voilà où on en est. Démocratie en petite forme. Ce n’est pas aussi grave dans certains pays que dans d’autres mais la tendance est inquiétante, du truc de l’ordre du gadget ou de la Société spectacle, c’est moins dangereux. Le seul problème de ce côté-là, c’est le fait qu’on a l’air de nous dire qu’on travaille sur le problème alors que c’est simplement de la mise en scène comme le Grand débat où, en fait, le cadre est défini. Vous pouvez tout changer sauf tout le cadre qu’on vous a défini par avance et qui est qu’il ne faut surtout pas que ça change. C’est bidon. C’est se moquer des gens. Ce n’est pas sérieux. Ce n’est pas dangereux : ça n’envoie pas de gens en prison, il faut faire la différence ! mais ce n’est pas une bonne chose non plus.

On ne s’attaque surtout pas à la concentration de la richesse qui est le problème majeur. Pourquoi est-ce que la concentration de la richesse a atteint un tel degré maintenant ? On le sait bien. C’est parce que ce sont les guerres en général qui ramènent un tout petit peu d’ordre là-dedans. On n’a jamais utilisé de véritable solution pour essayer de traiter ça. Je rappelais l’autre jour que c’était déjà très bien dit par un certain Jésus-Christ dans sa parabole des talents ou parabole des mines, sauf que personne n’a jamais lu la conclusion qui disait : « À celui qui a, on lui donnera encore davantage, jusqu’à même qu’il atteigne l’abondance, et à celui qui n’a rien, on lui ôtera encore le peu qu’il a ». C’est, Messieurs-Dames, la conclusion de la parole des talents. C’est écrit noir sur blanc. Ce n’est pas moi qui l’invente même si personne avant moi ne l’a lue de cette manière-là. Si, il y a un prêtre latino-américain qui a dit quelque chose du même ordre il y a, je ne sais pas, une dizaine d’années ou une vingtaine d’années.

Voilà, j’arrête là-dessus. La démocratie en petite forme, c’est à nous de taper du poing sur la table, d’essayer non seulement de la maintenir dans les clous qui sont ceux actuels mais de faire d’une démocratie censitaire une véritable démocratie.

Voilà. Allez, à bientôt !

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