Histoire du système bancaire du Grand-Duché de Gerolstein (III)

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

« La titrisation ferait qu’il n’est pas important que le peuple n’ait plus d’argent ? », répéta le chancelier, incrédule. « Oui », répondit le gouverneur de la banque centrale du Gerolstein, « et von Münze va vous expliquer pourquoi ». Sur quoi le directeur de la BCG prit en effet la parole et entreprit de décrire les grand principes de la titrisation.

« Voici », dit-il, « chaque année, nous pouvons prêter l’argent qui se trouve sur les comptes de nos clients. L’argent sur les compte-courants nous pose quelques problèmes puisque nous ne savons pas combien de temps nos clients l’y laisseront et c’est pour cela que la banque centrale exige des provisions au cas où trop d’entre eux réclament le leur au même moment. C’est pour cela aussi que nous ne le prêtons pas trop longtemps. Mais les montants que nous prêtons sont limités par les sommes que nos clients déposent sur les comptes-courants et leurs comptes-épargne. Une fois cet argent prêté nous sommes obligés d’attendre qu’il soit remboursé avant de pouvoir le prêter à nouveau. Nous pourrions emprunter de l’argent par une autre formule que celle des comptes-épargne, que nous prêterions à un taux légèrement plus élevé, mais auprès de qui pourrions-nous emprunter cet argent ? »

Il s’interrompit pour boire quelques gorgées d’eau, laissant ses interlocuteurs provisoirement sur leur faim. « C’est ici qu’intervient la titrisation », reprit-il enfin à la satisfaction générale, « dans la titrisation, nous vendons la dette de nos clients et nous récupérons ainsi notre mise et cet argent retrouvé, nous le prêtons à son tour. Voici comment s’opère la titrisation : nous réunissons une collection de prêts que nous avons accordés, quelques milliers à la fois, et nous constituons à partir d’eux une énorme obligation, comme un Bon du Trésor. La structure en est très simple : les intérêts versés par nos emprunteurs sont déposés dans un grande coffre à mesure qu’ils rentrent. Une fois l’an nous vidons le coffre et versons cet argent à l’acheteur de notre titre. Même opération pour le principal : au fur et à mesure que nos emprunteurs remboursent leur prêt nous mettons l’argent qui rentre dans un second coffre et lorsque le dernier emprunteur rembourse le dernier prêt, nous vidons le coffre numéro deux, et nous remboursons le principal à l’acheteur de notre titre ».

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L’actualité de la crise : Chômage en hausse, le cours de l’or aussi, par François Leclerc

Billet invité.

CHOMAGE EN HAUSSE, LE COURS DE l’OR AUSSI

Le vote attendu du plan de relance américain par le Sénat et l’annonce des nouvelles mesures de sauvetage des banques par le Trésor US, dès lundi, sont espérés comme le Messie dans le monde entier. Car, bien que chacun des pays atteints de plein fouet par la crise financière essaye d’y faire face de son côté, dans le désordre et sans trop de succès jusqu’à maintenant, la compréhension qu’il n’y aura d’autre solution que mondiale grandit et s’impose. Que c’est aux USA, à l’épicentre de la crise, de peser dorénavant de tout leur poids. Et qu’il sera toujours temps, ensuite, de panser les plaies, longuement, et de préparer l’avenir, si possible plus rapidement.

L’ampleur des suppressions d’emploi, de la baisse de l’activité ou des commandes démontre en effet qu’il n’est plus possible de continuer à prendre son temps et de vivre au rythme des arbitrages du Sénat américain, des mesures d’urgence au coup par coup, ou bien encore des plans successifs. D’où le coup de semonce peu diplomatique à l’égard de ce dernier de Barack Obama, et l’attente. D’où, également, l’article de Martin Wolf dans le Financial Times, mon étonnant bréviaire depuis peu, fondant tous ses espoirs sur l’administration Obama devant l’impuissance britannique et la chute inexorable de la livre sterling.

Pour une fois, toutefois, je dois provisoirement quitter le monde de la finance et des banques pour celui du travail et de l’emploi.

Aux USA, 598.000 emplois ont disparu en janvier (après correction des variations saisonnières). Réactives comme elles savent l’être dans ce domaine, les entreprises américaines licencient à tour de bras, dans tous les domaines d’activité. La tendance est à la suppression d’un demi million d’emplois par mois. A l’autre bout du monde et de la chaîne financière, en Chine, plus de 20 millions de travailleurs migrants (ces émigrés de l’intérieur des pays émergents) sont désormais sans travail et rentrent forcés et contraints dans leurs campagnes et au royaume de la misère. En Russie, prise dans l’étau de la crise économique, entre la chute du rouble et celle du pétrole, les autorités se préparent à leur manière généralement expéditive à des troubles sociaux. Au Canada, 129.000 emplois ont disparu en janvier, du jamais vu depuis 30 ans. Les mesures de chômage partiel lancées par de nombreuses grandes entreprises de l’industrie allemande, Daimler, Volkswagen ou BASF, se poursuivent et ont concerné 290.600 salariés en janvier, selon le pointage mensuel de l’Agence fédérale pour l’emploi (BA). Le chômage a en Espagne atteint un niveau record depuis 12 ans, en janvier, avec 3,3 millions de demandeurs d’emplois et le taux le plus élevé de l’Union européenne.

Quand ce ne sont pas les statistiques de l’emploi qui défrayent la chronique, ce sont celles de la production qui prennent le relais. Oubliées déjà, les nouvelles désastreuses de l’industrie automobile. Place à celles de l’industrie électronique, sur laquelle tous les espoirs de croissance reposaient. Les principales multinationales de l’électronique japonaises (Sony, Panasonic, Hitachi, Toshiba, NEC, Canon et Sharp) vont sacrifier 66.000 salariés, victimes collatérales de la hausse du yen et des pertes financières prévisionnelles pour l’exercice en cours de leurs entreprises. La production industrielle allemande a reculé de 4,6% en décembre sur un mois, selon des données publiées vendredi dernier. De décembre 2007 à décembre 2008, cette même production a affiché un recul cumulé de 7,5%, selon un communiqué du ministère de l’Economie. Les carnets de commande sont sur la même tendance, augurant mal des choses. En Grande-Bretagne, la production industrielle et manufacturière a diminué de 1,7% sur le mois en décembre, pour chuter de 9,4% sur un an, selon les statistiques de l’Office des statistiques nationales (ONS).

Si l’on prend la situation sous l’angle de la consommation, les données ne sont pas meilleures. Selon la Fed, l’encours des crédits à la consommation aux USA a reculé en décembre de 3,1% en rythme annuel, enregistrant son troisième mois consécutif de baisse. Ce n’était pas arrivé depuis 27 ans. La détérioration de la situation de l’économie brésilienne, en plein boom avant la crise, est due à la chute drastique du crédit au cours du dernier trimestre 2008, qui a atteint les classes moyennes brésiliennes, très friandes de crédit à la consommation. Cela a entraîné une baisse vertigineuse de la demande interne, un des moteurs de la croissance avec l’exportation agro-alimentaire.

Toutes ces informations, faut-il le préciser, ont été publiées dans les seules et dernières 48 heures sur les fils des agences de presse.

Qui s’étonnera, dans ces conditions alarmantes, que l’or redevienne au galop une valeur refuge, sachant qu’il n’y en aura pas pour tout le monde ? Vendredi, le métal jaune a terminé à 913 dollars l’once sur le London Bullion Exchange. Les prix de l’or devraient dans les trois prochains mois se situer autour de 1.000 dollars l’once, selon Goldman Sachs. Les projections ne faisaient précédemment état que de cours à hauteur de 700 dollars l’once. L’or fait en effet office de « monnaie de dernier recours », dans un environnement où des banqueroutes d’Etats sont redoutées. Une corrélation étroite unit en règle générale la valeur du dollar et le prix de l’or, mais celle-ci a largement disparu en raison du risque financier accru que, d’après les analystes, les Etats représentent désormais. Ce n’est pas fini. Les Etats sont les prêteurs en dernier recours, l’or la monnaie en dernier recours, who’s next ?

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Le 15 septembre 2008

Le 15 septembre de l’année dernière je publiais un billet intitulé On ne va pas pouvoir rabibocher.

On a appris le 30 janvier dans une émission télévisée, à quel point on était passé près ce jour-là d’une catastrophe généralisée, d’une panique bancaire électronique sur les « money markets », des instruments de dette à court terme : 550 milliards de dollars furent retirés en un peu plus d’une heure. Le ministère des finances américain injecta alors 150 milliards de dollars avant de devoir jeter l’éponge et fermer les marchés.

La personne qui parle est le parlementaire Paul Kanjorski. Si vous comprenez l’anglais, il explique la panique à partir de la 2:20 minute dans la vidéo.

Vous noterez au moment où la vidéo commence, une petite pub en faveur de Ron Paul. Attention donc : ceux qui font la promotion de cette vidéo appartiennent à l’extrême-droite libertarienne américaine, les « anarcho-capitalistes » dont Murray Rothbard fut le chef de file – l’expression est de lui.

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Tim Hardin (1941 – 1980)

J’ai parlé hier de Loudon Wainwright, le qualifiant de grand baladin de la chanson américaine et cela m’a fait penser bien entendu à Tim Hardin. L’héroïne l’a tué quelques jours après qu’il fête ses trente-neuf ans. Je n’ai pas trouvé de vidéo de lui en live. Voilà d’abord sa voix seule.

Et puis j’ai trouvé, interprétant l’une de ses chansons les plus connues, une petite demoiselle sans prétention qui se fait appeler Lemonflower parce qu’elle n’aime pas son vrai nom, et que l’on trouve également sur Youtube chantant « Johnny Has Gone for a Soldier », et dont la voix se casse à cette évocation des soldats qui meurent à la guerre.

Bonus :

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M. Sarkozy et moi

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Mes chers amis commentateurs : vous avez, la plupart d’entre vous, quelque chose en commun, et j’ai moi quelque chose en commun avec Mr. Sarkozy. Pas, comme vous le soulignez et comme je le dis moi-même, les opinions qui nous viennent naturellement à lui et à moi, mais le fait que quand il parle c’est en tant que lui-même et moi aussi, de mon côté, c’est en tant que moi-même.

Vous vous exprimez pour la plupart sous un pseudonyme. Je ne vous le reproche pas : c’est la règle par défaut ici. Mais le fait que je m’identifie, moi Paul Jorion, à tout ce que j’écris ici, m’oblige automatiquement à un devoir de cohérence. Je sais que tout le monde ne voit pas les choses de la même manière et certains, et pas des moindres, ont fait carrière d’expliquer pourquoi ils voient les choses autrement aujourd’hui qu’ils ne le faisaient cinq ans auparavant. Comme vous le savez, cela les oblige à de grands travelings de gauche à droite, et dans le pire des cas, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche, et retour.

La chose que je redoute le plus, quand je retombe sur l’une de mes publications les plus anciennes, datant des années soixante-dix ou quatre-vingt, c’est que j’aurais changé d’avis : que j’aimerais dire aujourd’hui les choses autrement que je ne l’ai fait à l’époque. Heureusement je n’ai pas encore eu de mauvaise surprise sur ce plan-là. C’est d’ailleurs l’une des choses que j’admirais le plus chez Lacan : bien sûr, sa pensée a évolué – on lit, on réfléchit, on est convaincu par d’autres – mais quand on relit des textes au hasard dans ses Écrits, il n’est pas nécessaire de se demander si ça datait de la période rose ou de la période bleue : c’est « la pensée Lacan », comme on dit en chinois.

Plusieurs d’entre vous me reprochent d’attacher trop d’importance à ce qui est dit et pas assez à ce qui est fait. Ce qui aura été fait comptera à l’arrivée bien davantage que ce qui aura été dit. C’est bien simple : seul comptera vraiment ce qui aura été fait. Mais je vois peut–être davantage que certains d’entre vous que nous ne sommes pas aujourd’hui dans la répétition du même : nous nous trouvons à l’un de ces tournants que l’on appelle « historiques » : des événements de ceux dont on parle encore mille ans plus tard. Et c’est pourquoi, dans la situation présente, il n’y a pas de recettes toutes prêtes, il n’y a pas de solution-miracle que « tout le monde sait bien ».

En m’identifiant, en m’assimilant pleinement, à ce que je dis, je ne tends de piège à personne : je me contente de voir dans les êtres humains des êtres de raison, adhérant pleinement à ce qu’ils disent. Je n’en définis pas moins un terrain : j’établis cela automatiquement comme une norme et j’exige du coup la même rigueur de quiconque parle en face de moi, même si ce qu’il dit a été écrit par quelqu’un d’autre dont c’est le métier. Cette exigence de ma part, c’est peut-être trop demander à certains, mais cela, je ne peux le préjuger.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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L’actualité de la crise : Le Financial Times, une lecture qui pince fort, par François Leclerc

Billet invité.

LE FINANCIAL TIMES, UNE LECTURE QUI PINCE FORT

Il y a des gestes étroitement associés dans la vie de tous les jours. Ouvrir le Financial Times m’amène immanquablement à me pincer ces temps-ci. Les propos qui y sont tenus n’auraient pas avant été imaginables dans ses colonnes. Paul Jorion citait l’article de Janet Tavakoli, paru dans le FT, démontant certains mécanismes du krach financier pour déplorer qu’aucun de ses acteurs ne soit aujourd’hui devant les tribunaux. A quelques pages du même journal, j’ai lu la fameuse « lex column » commentant, hier jeudi, les décisions de limitation des salaires des banquiers annoncées par Barack Obama. Le chroniqueur faisait remarquer, pour en mettre en doute la portée, qu’ « en réalité, celles (les banques) qui ont besoin d’une aide exceptionnelle devraient déjà être une propriété publique et que leur dirigeants devraient émarger sur la feuille de paie du service public ».

Toujours dans la même prestigieuse colonne, un article sur les CDO faisait état de la descente aux enfers de leur valorisation, 350 milliards de dollars au premier trimestre 2007, virtuellement rien du tout actuellement, selon Creditflux, la société qui fait autorité en matière d’information sur les produits dérivés et les hedge funds. « The Lex column » concluait en recommandant l’utilisation de la lumière du jour comme étant « le meilleur désinfectant » pour les livres de compte des banques, ainsi qu’une « injection massive de transparence, renforcée par une réglementation » sur ces produits financiers.

A quelques pages de cette rubrique, un article de David Pilling était publié sous le titre « La Chine devrait augmenter les salaires afin de stimuler la demande », reposant sur la comparaison, à propos de la contribution à la croissance de la consommation des ménages, entre les USA et la Chine. 72 pour cent dans un cas, environ 40 pc dans l’autre. L’article s’appuyait également sur des données japonaises, comparant l’évolution des dividendes perçus par les actionnaires à celle des salaires, de 2001 à 2005. Plus 175 pour cent d’augmentation des premiers, une diminution nominale de 6 pour cent pour les derniers. Voilà la vérité toute nue, après avoir été dévoilée dans le Financial Times.

L’idée d’un nécessaire rééquilibrage global entre salaire et profit est la conséquence logique d’une analyse macro-économique comparée de deux des principales puissances économiques du monde et non pas d’une proclamation anticapitaliste que l’on ne s’attendrait pas à trouver dans cet honorable quotidien de la City. L’une structurellement endettée et l’autre débordant d’excédents. L’une bénéficiant (en moyenne) de hauts salaires, l’autre de bas revenus. L’une empruntant à l’autre, qui vend ses produits meilleur marché chez la première. Mais l’article de David Pilling aurait tout aussi bien pu s’intituler « les Américains vont devoir consommer moins ou produire à moindre coût », une perspective plus difficile à évoquer mais tout aussi envisageable dans le cadre de ce rééquilibrage. L’heure de vérité n’est pas toujours bonne à sonner.

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L’entretien du Président de la République française

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Je viens de regarder et d’écouter Mr. Sarkozy. Ce qui m’a fait le plus plaisir, c’est son « On regrette toujours les petites phrases ! », à propos de sa petite phrase précisément qu’en France on ne remarque pas les grèves. Parce que ce n’était pas simplement hautain ou condescendant de dire ça, c’était pire : c’était anti-démocratique. Parce que les gens ne font pas la grève, ne vont pas à la manif’, parce qu’ils ont simplement le sens de la fête : ils font la grève parce que ce qu’ils demandent d’une autre manière, personne ne l’entend. Ils font la grève comme une dame qu’on a vu : parce qu’il ne leur reste que 80 euros.

La France, c’est une démocratie et ça, c’est une très belle chose. Ça permet entre autres que des journalistes puissent poser au président les questions insolentes que tout le monde se pose, sans se retrouver le lendemain en prison, torturés ou assassinés. Ça n’a pas toujours été le cas, même en France, et il faut que ça continue, merci donc à tous ceux qui y veillent.

Je passe sur les questions franco-françaises et j’en viens à la finance. Je terminerai par l’économie.

Modifier la rémunération des traders, c’est du détail : si les traders touchent des millions, c’est parce qu’ils sont rémunérés à la commission sur des opérations spéculatives qui rapportent des milliards dans les salles de marché des établissements financiers. Ce qu’il faut faire, c’est interdire aux banques ces opérations spéculatives sur fonds propres et la question de la rémunération des traders s’en trouvera automatiquement réglée.

Même chose pour les agences de notation : si elles ont fait du mauvais boulot, c’est qu’en tant qu’ingénieur financier on est payé tant pour travailler chez elles et cinq fois plus pour travailler dans une banque. Qu’on ne vienne pas dire, comme l’a fait le Président, que le dimanche tel titre avait une note « AAA » et le lundi « BBB » ou « CCC » si l’événement qui est intervenu entretemps est la faillite de Lehman Brothers ! Il n’y aurait aucun rapport entre les deux ? Et les agences de notation ne devraient pas en tenir compte ? Bien sûr elles tirent des plans sur la comète, bien sûr elles ont attribué des notes à des CDO synthétiques sur la base de matrices de corrélations, bien sûr il y a des choses à améliorer, mais si on cherche des responsables, les agences de notation ne sont pas le premier endroit où il faille aller chercher.

Repenser, comme le Président français l’a dit, la titrisation et le hors-bilan, qui permettent aux dirigeants d’établissements financiers et aux actionnaires d’empocher par anticipation le prix de leurs châteaux en Espagne : excellente idée ! De même pour la régulation de tous les établissements financiers, y compris les hedge funds.

Les paradis fiscaux : ce ne sera pas une mince affaire, et il faudra à Mr. Sarkozy, et comme Alain Duhamel a eu raison de le souligner, des alliés, et des alliés de marque, pas seulement la Russie et le Brésil. Le président Obama viendra paraît-il en France en avril, ce sera le moment opportun de lui rappeler le projet de loi contre les paradis fiscaux qu’il avait déposé en 2007, à l’époque où il n’était encore que sénateur de l’Illinois.

« Banques de mauvais aloi » (bad banks), la France n’en aurait pas besoin parce que les banques françaises se porteraient mieux que les autres. Si c’est vrai, tant mieux, si c’est parce que les banques françaises ont retardé l’heure du bilan, alors ce n’aura été que reculer pour mieux sauter.

Mais le plus important, ce n’est pas la finance, et si l’on n’avait parlé que d’elle, on n’en serait pas beaucoup plus avancé. Le plus important, c’est le partage du profit : c’est le fait qu’on a bâti le château de cartes de la prospérité économique des trente dernières années sur l’endettement des ménages, c’est le fait que si tout allait bien c’était parce qu’on surfait sur la crête d’une bulle du crédit. Pour que les choses repartent, et ne repartent pas à la vitesse du bolide dans le même cul-de-sac, il faut que les ménages puissent vivre de l’argent qu’ils gagnent et pas seulement de celui qu’ils empruntent. Cela, Mr. Sarkozy affirme l’avoir entendu. Et il semble qu’il l’a non seulement entendu mais qu’il y a aussi réfléchi : trois tiers, un pour les actionnaires, un pour les salariés et un pour l’investissement. L’étape suivante sera que l’argent ne doive pas toujours être emprunté, qu’on fasse en sorte désormais qu’il se trouve au bon endroit pour commencer. Mais les trois tiers et le fait que le partage soit au menu des rencontres sociales du 18 février, c’est un excellent début : ne boudons donc pas notre plaisir !

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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Janet Tavakoli dans le Financial Times

Un excellent article de mon amie Janet Tavakoli (j’ai déjà eu l’occasion de la citer ici et dans mes livres) dans le Financial Times d’aujourd’hui. Quelques morceaux choisis :

Les banques d’affaires et les hedge funds transformèrent le risque financier en crack financier grâce à l’effet de levier.

Les huiles qui enflaient les bulles de crédit auto-attribué mirent en accusation les faiblesses des modèles. Mais l’interprétation fautive du hasard est une diversion par rapport à ce qui constituait le véritable problème : l’intention de nuire.

Les financiers ainsi que les professionnels de la finance structurée n’ignoraient pas le danger qui se cachait dans les prêts à risque. Et pourtant ils allèrent encore plus loin. Les tranches risquées – celles dont les professionnels savaient qu’elles finiraient aux profits et pertes – furent utilisées dans d’autres produits consolidés que leurs copains « géraient » d’un côté dans un fond ouvert au public et de l’autre vendaient à découvert dans leurs propres hedge funds.

Le problème ne résidait pas dans les queues des distributions statistiques (outliars) mais dans la capacité de l’industrie financière à tenir en respect la foule de ses menteurs (liars).

Il n’existe pas d’explication innocente de la plupart des titres créés et vendus par les banques d’affaires. Ils furent conçus comme des conduits pour canaliser les pertes.

Aucun cygne, de quelque couleur que ce soit ne fut impliqué.

Pendant ce temps-là le fait qu’en réalité aucun financier ne se retrouve devant les tribunaux n’a pas échappé à tout le monde. Serait-il possible que les banques chinoises se montrent moins coopératives vis–à–vis des États–Unis parce que Wall Street les a roulées dans la farine ?

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Histoire du système bancaire du Grand-Duché de Gerolstein (II)

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

« À quoi servent ces coupages de cheveux en quatre ! », s’écria von Grossmacht en colère. « Ils sont cruciaux », lui répondit von Grossgeld sans se départir de son calme, « et ceci pour la raison suivante… mais avant de poursuivre, hmm…je vois sur ce petit billet que me communique le duc de Chiva, que je n’aurais pas dû compter l’argent sur un compte de la banque centrale dans mon calcul de M1, qu’à cela ne tienne : M1 = 150 millions de florins ». Et von Grossgeld enchaîna aussitôt : « Ce qui est intéressant, c’est d’examiner ce qui se sera passé au bout d’un an ».

Il entreprit alors d’expliquer où les finances gerolsteinoises en seraient à la fin de l’année. « Il faut que vous compreniez », dit-il, « que notre banque centrale n’est pas chiche et bien qu’elle exige de la BCG qu’une fraction de l’argent déposé sur ses comptes-courants soit conservée sur un compte auprès d’elle, elle rémunère ces fonds en versant à la BCG des intérêts au prorata des fonds déposés ». Il expliqua encore que le taux d’intérêt qui s’appliquait à ces sommes était de 5%.

Vint alors le tour de parler de Günther von Münze, le patron de la BCG, qui expliqua que les emprunteurs éventuels se pressaient en foule et que sa banque prêterait sans doute au cours de l’année l’ensemble des fonds présents sur les comptes-courants de ses clients au taux très satisfaisant celui-là de 10%. Au total, la BCG se retrouverait en fin d’année avoir touché en intérêts 4,75 millions de florins, se décomposant ainsi : 4,5 millions représentant 10 % des 45 millions sur des comptes-courants prêtés à des emprunteurs et 250.000 florins représentant 5 % des 5 millions sur un compte de la BCG à la banque centrale que la BCG recevrait de celle-ci.

Le chancelier von Grossmacht se calma quelque peu à l’annonce de ces chiffres impressionnants et s’adressant à von Grossgeld, lui dit : « Je sais ce que vous allez m’annoncer maintenant : que les masses monétaires auront changé et j’aimerais que vous me disiez comment ! »

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« Je cherche un homme ! »

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Quelqu’un qui fait une très sale tête ce matin (voir la photo à la une du Wall Street Journal), c’est le président Obama : son ministre des finances, Mr. Timothy Geithner, a survécu de justesse à une salve de questions pressantes relatives à l’honnêteté avec laquelle il paie ses impôts, mais son Tsar-désigné de la réforme de l’assurance-maladie, Mr. Tom Daschle, ancien candidat à la présidence lui-même, vient de jeter l’éponge, n’ayant pas su expliquer pourquoi il avait triché de 100.000 dollars sur sa déclaration d’impôt. Exit.


© Wall Street Journal

Voilà donc un candidat qui disait : « On va réformer la politique ! On va changer les mœurs de Washington ! », et c’est ce qu’il essaie de faire – donc bon point pour lui – mais il n’y a personne pour l’aider : il se retrouve tout seul ! D’où la tête qu’il tire !

Vous savez ce que ça me rappelle ? Ma croisade contre la spéculation en finance, dont je dis qu’elle tue l’économie – ce qui est vrai, et les discussions que nous avons eues ici avec Loïc Abadie à ce sujet. Abadie et moi nous ne sommes pas d’accord. Non pas parce qu’il affirmerait que la spéculation est une grande chose mais parce qu’il dit : « Tout le monde spécule : tout le monde veut gagner de l’argent sans travailler, tout le monde préfère faire travailler quelqu’un d’autre à sa place : c’est notre mode de vie ! » et je l’imagine en Diogène moderne, la lanterne à la main, parcourant le monde et disant : « Je cherche un homme qui ne spécule pas ! »

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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L’actualité de la crise : Inconnues persistantes et questions impatientes, par François Leclerc

Billet invité.

INCONNUES PERSISTANTES ET QUESTIONS IMPATIENTES

Au fur et à mesure que le temps passe, de nouveaux gouffres s’ouvrent sous nos pieds. L’équation de la crise à résoudre n’a désormais pas moins que quatre grosses inconnues persistantes : comment relancer la machine à faire le crédit toujours grippée, comment passer le cap de la récession et de la dépression sans trop de dégâts sociaux, comment financer l’ensemble des mesures résolvant les deux inconnues précédentes, et comment ne pas recommencer tout cela, in fine ?

Toute une liste de questions supplémentaires nous attend plus ou moins patiemment. Je les formulerais provisoirement ainsi :

1/ A crise financière mondiale, solution nécessairement internationale. Comment y parvenir, chaque pays manifestant une tendance accrue à se protéger, si besoin au détriment des autres ?

2/ Une « déglobalisation » est-elle demain possible, même partielle, et comment ? Un autre modèle de globalisation peut-il lui être substitué et lequel ?

3/ Comment maintenir demain le niveau de vie des ménages, aujourd’hui très fortement endettés dans certains pays, sans revenir sur une répartition très inégalitaire des revenus ?

4/ Dans les pays émergents, comment substituer un modèle s’appuyant sur le développement du marché intérieur et du bien-être à celui qui prioritairement reposait sur les exportations ?

5/ Peut-on aussi revenir sur le phénomène de financiarisation effrénée que nous avons connu et dont nous voyons actuellement les premières conséquences désastreuses ? Ou au moins le cantonner ?

6/ Ne faut-il pas, au contraire, évacuer de la sphère marchande de nouveaux produits et services considérés comme socialement vitaux ? Lesquels ? Comment financer ce processus ?

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L’actualité de la crise : Télescopage de problèmes sans solutions, par François Leclerc

Billet invité.

TELESCOPAGE DE PROBLEMES SANS SOLUTIONS

Nous sommes toujours en « stand by », dans l’attente d’une décision américaine sur un nouveau plan de sauvetage des banques, qui semble encore retardée et est dorénavant annoncée pour la semaine prochaine. La déclaration de Joaquim Almunia, Commissaire européen aux Affaires économiques, lundi à Madrid, selon laquelle les participants à la réunion du G20 du 2 avril de Londres allaient plancher sur la possibilité de créer des bad banks n’est pas faite pour accréditer l’idée que cette question va vite être réglée. Le 2 avril, c’est dans une éternité, ou presque.

De fait, tout se passe comme si les problèmes déjà identifiés faisaient difficilement l’objet de décisions, qui tardent beaucoup – en raison de l’énormité des financements que leur solution implique – et que de nouvelles difficultés apparaissaient simultanément. D’un côté la BCE annonce qu’elle réfléchit à un cadre dans lequel les Etats de la zone euro pourraient créer des bad banks, tandis que de l’autre les tensions continuent de croitre sur les marchés obligataires et des devises, annonçant de nouvelles difficultés majeures.

A ce propos, Joaquim Almunia a eu le mérite de dire tout haut ce que beaucoup pensent tour bas, au cours du même déjeuner de Madrid, estimant que « la possibilité que des pays membres de l’UE qui ne sont pas actuellement dans la zone euro puissent remplir les conditions pour la rejoindre sont très élevées », précisant qu’il s’agit de la Grande-Bretagne, du Danemark ou de la Suède.

Nous sommes dans une période ou le « ni, ni » domine les débats. Ni augmenter outre mesure la dette publique, ni prévoir de l’effacer par l’inflation. D’où des solutions de sauvetage des banques qui tournent toutes autour de la même idée, clairement exprimée en RFA, de les faire uniquement bénéficier de garanties de l’Etat, ombrelle sous laquelle elles pourraient créer leurs propres bad banks, puis de leur demander d’aller ensuite sur le marché pour se renflouer, sans que l’Etat n’intervienne. C’est beau comme un camion Mercédès.

Ce schéma n’est pas exactement celui qui est discuté aux USA, où il semble ne pas pouvoir être fait l’impasse d’un achat des bons du Trésor US par la Fed, une solution typiquement inflationniste à laquelle les Allemands se refusent actuellement. La discussion porterait aux USA sur le niveau d’inflation admissible et sur la manière de la contrôler. Mais ce ne sont que des hypothèses, car ces débats ne sont évidemment pas publics. Rappelons la déclaration de Thomas Steg, porte-parole adjoint du gouvernement, hier lundi : « l’expérience nous a appris qu’il y a certains sujets relevant de l’Eurogroupe dont il vaut mieux ne pas discuter en public. » On touche là aux limites de la revue de presse.

Les gouvernements européens donnent en attendant l’impression de bricoler un peu. Les Espagnols réunissent leurs banques mais en restent pour l’instant aux injonctions, les Suédois annoncent, eux, des injections de capital public (4,7 milliards d’euros avec des contreparties), les Britanniques un plan de soutien aux PME avec un plan d’assurance crédit de 5,7 milliards d’euros, les Suisses lancent l’émission de bons en dollars à courte durée pour financer la bad bank accueillant les actifs « toxiques » d’UBS, les Belges voudraient bien intéresser les Chinois à l’avenir de Fortis, les Allemands envisagent la nationalisation de HRE et même, dans certains cas, des expropriations, selon les termes mêmes de Thomas Steg.

La Commission européenne a, de son côté, pour une fois pris l’initiative, spectaculairement, en proposant d’abolir le secret bancaire pour les non résidents dans plusieurs pays de l’Union Européenne qui le pratiquent. La proposition de Bruxelles prévoit que le Luxembourg, l’Autriche et la Belgique, les trois Etats de l’UE qui conservent le secret bancaire, ne pourront plus refuser de donner des informations fiscales à d’autres pays de l’UE concernant les contribuables de ces Etats. Le Premier ministre du Grand-Duché, Jean-Claude Juncker, n’a pu que répliquer que le Luxembourg était « prêt à discuter », laissant entendre qu’il souhaitait amender le projet.

La crise économique s’amplifie alors que les décisions tardent à venir. De plus en plus de secteurs économiques réclament une aide publique. La situation sociale devient sujet avoué de préoccupation gouvernemental dans de nombreux pays.

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Le Monde – Économie, lundi 2 – mardi 3 février

On se souvient de la valse-hésitation d’Henry Paulson à l’époque où il était encore le ministre des finances du président Bush : ayant très difficilement obtenu en octobre dernier que le Congrès et le Sénat votent le TARP (Troubled Assets Relief Program) : un plan s’élevant à 700 milliards de dollars visant à créer une « banque d’agrégation » ou « de mauvais aloi » où seraient stockés les produits de dette dépréciés plombant les banques, il avait changé d’avis une fois la loi votée et avait utilisé les fonds libérés pour des injections de fonds directes dans les banques leur permettant de respecter ainsi leur ratio de solvabilité. Ayant observé que les banques sauvées de justesse de la faillite convertissaient les fonds obtenus du contribuable en dividendes, en augmentations de salaires ou dans l’achat de rivales moins chanceuses dans la distribution de la manne, il avait ressuscité dans les dernières semaines de son mandat la formule de la « banque de mauvais aloi ».

Ces jours derniers, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Italie et la Belgique ont évoqué elles aussi des formules apparentées visant à la mise en quarantaine des produits de dette les plus dépréciés. Des bruits de couloir suggèrent que le président Obama envisage de relancer l’idée grâce à une rallonge portant le budget du TARP à mille milliards de dollars et dont la mise en application serait confiée à la FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation), l’organisme chargé aux États–Unis de garantir les dépôts bancaires, mais dont le rôle lors de sa création en 1933 était celui de prêteur de dernière instance, mission assurée aujourd’hui par la Federal Reserve.

La « banque de mauvais aloi » et l’injection de capitaux visent le même but : restaurer la solvabilité des banques, seule différence : la première formule les délivre une fois pour toutes du souci de gérer ce boulet dans leur bilan. Pour le reste, les participants se verraient semble-t-il obligés comme dans la seconde formule, de consentir à l’État une participation accrue au sein de leur capital.

Ceci dit, et en admettant que les deux approches, séparément ou combinées, atteignent le but fixé de garantir durablement la solvabilité des banques, la robustesse du système en serait-elle accrue ? Non : l’incendie aura sans doute été contenu mais les facteurs favorisant son retour éventuel seront toujours présents.

Souvenons-nous de l’époque où les entreprises s’autofinançaient et où les ménages ne vivaient pas au-dessus de leurs moyens. Passons sur les raisons souvent très légitimes pour lesquelles ils ont cessé de le faire et notons que nous sommes passés insensiblement d’un système capitaliste où le crédit visait avant tout des opérations exceptionnellement coûteuses et au profit aléatoire et ne servait pour le reste que de technique d’appoint, à la situation actuelle où le crédit est devenu la solution de financement par défaut et l’autofinancement, l’exception.

Il y a à cela plusieurs raisons. La première, c’est le crédit facile des dix dernières années, encouragé par la politique de la Fed qui maintint les taux courts à un niveau artificiellement bas alors que les pays d’Extrême-Orient absorbaient des quantités astronomiques les Bons du Trésor américains, assurant aux taux longs eux aussi des niveaux exceptionnellement bas. La seconde raison, ne découlant pas directement de la politique des banques centrales, est la tendance constatée au cours des trente dernières années d’une concentration sans cesse croissante du capital dans les mêmes mains, et ceci aussi bien dans le cas des entreprises que dans celui des ménages.

Il est un point sur lequel le capitalisme a toujours reconnu qu’il lui était impossible de compter sur l’autorégulation : la concurrence, dont le maintien ne peut être assuré que par un combat constant. Une répartition équitable du capital parmi les acteurs économiques est semblable sur ce plan à la concurrence, et le système capitaliste éprouve un besoin égal des deux pour assurer sa survie.

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