Philo en 2 leçons

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117 réflexions sur « Philo en 2 leçons »

  1. Si le temps pouvait n’être qu’un seul chose, je l’erigerais avec la mémoire en maîtres et juges de la vérité. A nous simple humain, grâce à notre génie de leur soumettre nos nouvelles conquêtes pour en garder que ce qui viendra grandir notre connaissance.
    Dieux est devant nous, comme nous l’a toujours indiqué la flèche du temps.

      1. Non, ce n’est pas une référence au point Oméga de Pierre Teilhard de Chardin (https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Teilhard_de_Chardin) que je découvre par une rapide lecture du contenu wiki.
        Le temps, l’argent, Dieux n’ayant aucun rapport avec le monde physique, je me sens libre d’essayer des nouvelles combinaisons qui plaisent à mon instinct.
        J’ai cru comprendre que « le point Oméga » pourrait être la fin du chemin au contraire de ma flèche qui indique juste la direction. Paul Jorion insiste sur notre nature social et opportuniste pour éviter d’être engloutie par la « Capacité de charge ». Le siège de ces deux caractéristiques humaines se trouve dans le langage, la Philia d’Aristote ou la noosphère de Teilhard de Chardin et je ne sais qu’elle nouveau terme que nous concoctent les transmétahumanistes. Bref, on n’est pas si seul, alors au boulot Polo et ne pas oublier la ceinture, je sens que 2019 va chahuter ! (Voir Lucas plus bas dans le fil)

    1. Teilhard de Chardin et Bergson sont les deux représentants les plus emblématiques du Spiritualisme ( le premier tenant selon moi et paradoxalement mieux le choc face à l’explosion de la connaissance scientifique , lesecond étant le plus clair et partisan quand il s’agit d’opposer la « pensée intuitive  » et « la pensée rationnelle  » plus ou moins aristotélicienne) .

      La richesse de la symbolique du point oméga selon Teilhard , c’est de poser un « point de convergence » pour les états matériels et spirituels de l’homme tout en acceptant la complexité ( voire complexification ) du cosmos et de la société . C’est un repère unificateur et totalisant . Donc rassurant , pour autant que les buts de l’humanité aient vraiment envie de converger, ce que Teilhard résout en posant que  » l’essence » de l’homme est d’origine spirituelle .

      La « convergence » fait le reste .

      Mais pourquoi devrions nous « converger » , dans un univers , à ce qui se dit , en expansion , qui nous met sur une trajectoire qui nous congèle à – 273 ° C , ce qui explique la complexité croissante possible ?

      N’avons nous pas mieux à faire en pensant la vie en dehors d’un pôle vers lequel convergent l’histoire de la vie et notre petit récit d’humanité ?

      PS : j’ai fait l’impasse sur le Christ , mais la mystique christique chez Teilhard vaut d’être connue même si ça complique un peu .

    1. Ce jeune qui s’est emparé des nouvelles technologies me semble illustrer les propos et l’optimisme De Paul Jorion.

      Les vœux de lucidité, solidarité et radicalité de Vincent Verzat

      31 décembre 2018 Par La rédaction de Mediapart
      https://www.mediapart.fr/journal/france/311218/les-voeux-de-lucidite-solidarite-et-radicalite-de-vincent-verzat?utm_source=ABO&utm_medium=email&utm_campaign=Mailing2_20181231&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-1033-%5BABO%5D&M_BT=664376512258

      Chaque nouvel an, Mediapart propose à un·e citoyen·ne d’être notre président·e de la République d’un soir, afin de rappeler que celle-ci nous appartient à toutes et tous. Pour 2019, c’est Vincent Verzat, vidéaste de Partager c’est sympa, qui nous offre ses vœux, alors que la pétition « L’Affaire du siècle » atteint les deux millions de signataires.

      La République nous appartient, sans distinction d’origine, de condition, d’apparence, de croyance, de sexe ou de genre. Chaque année depuis 2010, Mediapart demande donc à un·e citoyen·ne de remplacer et de précéder le président en place dans l’exercice des vœux présidentiels.

      « Fin du monde et fin du mois, même combat. » Cette année, c’est Vincent Verzat, 28 ans, vidéaste et activiste de la chaîne YouTube et page Facebook Partager c’est sympa, qui nous offre ses vœux de lucidité, de solidarité et de radicalité, alors que la pétition « L’Affaire du siècle », qui vise à attaquer l’État en justice pour inaction climatique et que Partager c’est sympa a contribué à initier, atteint les deux millions de signataires, un record historique.

      Il succède dans cet exercice citoyen et mediapartien à Stéphane Hessel (vœux de résistance pour 2011), Moncef Marzouki (vœux d’espoir pour 2012), Édouard Martin (vœux de lutte pour 2013), Ariane Mnouchkine (vœux d’épopée pour 2014), François Morel (vœux de courage pour 2015), Océanerosemarie (vœux de paix pour 2016), Assa Traoré (vœux de fraternité pour 2017) et Sandrine Rousseau (vœux de liberté pour 2018).

      © Mediapart

      Toute l’équipe de Mediapart remercie vivement l’équipe de Partager c’est sympa pour sa généreuse disponibilité. Voici le texte de leurs vœux de lucidité, de solidarité et de radicalité, qui déclinent la devise républicaine en l’actualisant afin de la rendre vivante et concrète. Mais qui portent aussi au-delà en nous rappelant, selon leur formule, que « ceux qui rendent une révolution pacifique impossible rendront une révolution violente inévitable ».

      Mes cher·e·s compatriotes,

      L’heure est grave. Puisque Mediapart m’a fait l’honneur de m’élire président d’un jour, je prends sur mes épaules le poids de vous dire que l’heure est grave, plus grave que ce qu’annoncera Emmanuel Macron dans quelques heures.

      Car s’il n’y a plus d’espoir de s’en sortir sans dommage, il y a encore des choix à faire.

      La nature se meurt.
      L’égalité se meurt.
      La fraternité se meurt.
      La liberté se meurt.
      La démocratie est morte.

      Et il nous faut faire le deuil. Le deuil de l’espoir, cette pédagogie de l’attente, l’attente des solutions magiques qui rendraient demain miraculeusement souriant. Cet espoir-là est mort, et le seul espoir qu’il nous reste réside dans le présent. Et maintenant, il nous faut faire des choix.

      De refuser de vivre avec des remords, de se retrouver dans dix ans à regretter de n’avoir pas fait le maximum, de n’avoir pas tapé du poing sur la table, de ne pas s’être donné les moyens d’être à la hauteur de la plus grande crise que l’humanité ait jamais connue et qui menace son existence même.

      Je fais le vœu de tout arrêter. De s’élever au-dessus du train-train quotidien pour voir ce qu’il est encore possible de faire. Arrêter un instant les divertissements qui lentement mais sûrement endorment notre vigilance. L’espace d’une heure, d’un jour, d’une année, faire une pause, bloquer la machine qui force demain à être comme hier, pour refaire des choix.

      Président d’un jour, je ne renonce pas à faire preuve de responsabilité et de pragmatisme. Or par les temps qui courent, être pragmatique requiert de la radicalité. Radicalité, c’est remonter à la racine, combattre le problème là d’où il provient pour ne plus subir ses conséquences à chaque nouvelle « crise ».

      Ce n’est pas un gros mot, à l’heure où c’est le statu quo qui nous tue. La radicalité est réponse proportionnée à l’urgence et à la gravité de la situation.

      Car le camp du raisonnable, c’est bien le nôtre : ceux qui croient que l’on pourrait continuer comme avant, ceux qui ignorent ou minimisent le réchauffement climatique pour défendre leurs petits intérêts, ceux-là sont les extrémistes, ceux-là sont dangereux.

      Ceux qui se satisfont des petits pas, ceux qui croient encore à la croissance et aux solutions purement technologiques, ceux qui croient qu’un système d’oppression peut être amélioré ou réformé : ceux-là sont les irréalistes, les rêveurs.

      Ceux, enfin, qui croient que c’est en lissant notre discours et en acceptant les règles du jeu de nos adversaires que nous avancerons : ceux-là ne sont pas sérieux.

      Sans pouvoir prédire la date et l’heure, l’ampleur ou la forme de l’effondrement qui s’annonce, sans savoir si ce sera une crise économique, politique, l’épuisement des ressources ou le dérèglement climatique qui l’enclenchera, c’est par la solidarité que je choisis d’y répondre. Construisons ensemble les réseaux qui permettront au plus grand nombre de résister, aux plus précaires d’entre nous de nous réapprendre à vivre.

      Stephane Hessel disait ici sur Mediapart, en 2010, de résister, résister à l’autre monde qui peut advenir, celui des Trump et des Bolsonaro, celui des murs, des armes, des frontières, du racisme, de l’autoritarisme. Face à cet avenir sombre, répondons par le nombre, répondons par notre humanité, par l’entraide et le partage. Répondons par la solidarité.

      Solidarité entre celles et ceux qui se battent contre les fins de mois difficiles et contre la fin du monde. En 2018, nous avons prouvé d’un côté comme de l’autre que les deux combats ne sont pas opposés, et au contraire qu’ils s’opposent à la même logique, celle de l’argent-roi, du business as usual, du chacun pour soi, de la destruction de l’humain et de la nature pour le profit de quelques-uns.

      Créer de l’entraide là où il n’y a que compétition, s’organiser autour de l’amitié au lieu du profit, c’est déjà sortir du capitalisme.

      Pour 2019, je fais vœu que cette solidarité s’étende et s’élargisse toujours plus. Que nous nous battions ensemble face aux atteintes à nos libertés qui touchent toutes et tous, face au racisme institutionnalisé, face aux inégalités et aux violences faites aux femmes, aux LGBTQ, face à l’inhumanité du traitement des migrant·e·s.

      Pour clôturer cette année 2018, je voudrais rendre un hommage particulier aux militantes et aux militants du climat. À ceux qui résistaient à la Zad de NDDL ce printemps comme à ceux qui marchaient pour le climat à l’automne, à ceux qui attaquent l’État en justice pour inaction comme à ceux qui construisent localement d’autres modes de vie, solidaires, résilients.

      À ces hommes et ces femmes qui depuis des années ou des semaines passent leur temps et leur énergie à se battre, je tire ma casquette : c’est grâce à vous et votre détermination qu’on en est là, que l’écologie est enfin devenu un sujet majeur du débat public, capable de mobiliser deux millions de personnes sur « l’Affaire du siècle » qui traînera l’État français en justice, capable d’emmener des centaines de milliers de gens dans les rues trois fois de suite.

      Vous l’avez fait, et souvent au détriment de votre confort, de votre santé, de vos proches. Pour 2019, je formule ce vœu pour nous : continuons à nous battre avec acharnement – et prenons soin les uns des autres. Restons soudés et en pleine forme pour affronter les batailles qui s’annoncent, et pour vivre debout, tout simplement.

      Mes cher·e·s compatriotes, il est peut-être trop tard. Qui peut dire si le combat que l’on mène n’est pas déjà perdu, s’il est encore temps d’empêcher le chaos climatique, l’effondrement, les inégalités, les conflits ?

      Je n’en sais rien. Ou plutôt, je sais deux choses ! Que tout ce que nous apprendrons à faire ensemble maintenant sera utile plus tard. Et qu’il n’est jamais trop tard pour éviter le pire.

      Je sais qu’un monde à + 2 °C n’a rien à voir avec un monde à + 3 °C, et + 3 °C n’a rien à voir avec + 4 °C. La différence se compte tragiquement en millions de morts.

      Je sais que chaque dixième de degré de réchauffement qu’on arrivera à empêcher, que chaque personne sauvée en Méditerranée, que chaque espace de vie et de liberté préservé par nos actions compte. Je sais qu’on a les moyens, maintenant, de le faire.

      Je sais de source sûre enfin qu’il y a des milliers, peut-être des millions d’entre nous qui passent déjà à l’action ou s’apprêtent à le faire, et qui me donnent du courage pour continuer, autant que j’ai envie de leur en donner.

      Françaises, Français, ou locataire de courte durée sur la planète Terre, je nous invite à être lucides, solidaires, et radicaux, pour qu’en 2019, on renverse la table.

      1. Trop bavard.

        M Jorion, je vous propose de lancer une mode pour les voeux. Cette simple phrase :

        « Une bonne année 2019. Le dernier qui s’en va éteint la lumière »

        Je commence aujourd’hui.

        Vincent Rey
        findutravail.net

  2. Il y a deux millénaires et demi déjà le judaïsme avait jeté à bas idoles, idolâtrie, dieux, faux dieux et autres mensongères certitudes… il était déjà un athéisme, ou une sorte d’athéisme, avec son dieu abstrait, non représentable, inconnaissable, dont on ne prononce pas le nom…

    Nous autres modernes, dans notre incommensurable arrogance, pensons avoir tout inventé, y compris l’absence de dieu. Nous en oublions les leçons du passé.

    Faut-il être si fiers d’avoir tué Dieu ? Car Nietzsche ne dit pas seulement que Dieu est mort, il dit surtout que nous l’avons tué ! Devons-nous en être si fiers ? Devons être fiers d’avoir tué ce dieu-là, abstrait, sans existence, si c’est pour nous inventer de nouvelles idoles ?

    Vous dites bizarrement M. Jorion que la nature est « rationnelle ». En quoi l’est-elle ? Elle a ses « lois », elle n’en est pas moins un insondable mystère. Selon la formule de Leibniz, « pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? »

    Croire en la nature et en sa rationalité, c’est faire d’elle une idole.

    Et c’est aussi faire de la technique une idole que de penser qu’elle peut, contre toute raison, nous rendre immortels ou nous emmener sur d’autres planètes.

    En ayant tué dieu, en en étant fiers, nous retombons, comme de bien entendu, une fois de plus, dans l’idolâtrie…

    Nietzsche le dit mieux : « Où est Dieu? cria-t-il, je vais vous le dire! Nous l’avons tué – vous et moi! Nous tous sommes ses meurtriers! Mais comment avons-nous fait cela? Comment avons-nous pu vider la mer? Qui nous a donné l’éponge pour effacer l’horizon tout entier? Qu’avons-nous fait, de désenchaîner cette terre de son soleil? Vers où roule-t-elle à présent? Vers quoi nous porte son mouvement? Loin de tous les soleils? Ne sommes-nous pas précipités dans une chute continue? Et cela en arrière, de côté, en avant, vers tous les côtés? Est-il encore un haut et un bas? N’errons-nous pas comme à travers un néant infini? »

      1. Leçon 1, 7’50 : « quand on laisse tomber un verre, il se casse, ce n’est pas absurde, il y a les lois de la nature ». Si ce n’est pas absurde, c’est rationnel, non ? Comment comprendre autrement votre phrase ?

      2. Ah, c’est comme ça que vous arrivez à « rationnel » ? « Rationnel » est le contraire d’ « absurde ». Il fallait y penser. Je vois comment un raisonnement peut être rationnel (être bâti sur un enchaînement de syllogismes), mais je vois mal comment un verre pourrait l’être.

      3. Leçon 1, 9’50 : « Nous avons un monde qui est tout autour de nous, qui n’est pas absurde du tout, qui est bien organisé, mais qui ne nous dit pas d’avance où nous allons. »

        En effet vous n’opposez pas absurde à rationnel, vous opposez absurde à bien organisé ; et vous opposez rationnel à sans but ou sans but connu.

        Dont acte. Le monde n’est pas rationnel car il ne sait pas, ou au moins ne nous dit, où il va.

        Je modifie donc ma question : en quoi le monde est-il bien organisé ? Le monde est ce qu’il est. Autrement dit : le monde pourrait-il être autre que ce qu’il est, pourrait-il être mal organisé ? Ces questions n’ont pas de sens. Le monde est ce qu’il est. Le qualificatif de « bien organisé » accolé au monde n’a pas de sens. Sinon pour celui qui, croyant s’être débarrassé de toute transcendance, confère au monde, sans s’en rendre compte, une transcendance de substitution.

      4. J’avais à peu près suivi en me contentant de  » rationnel » et « absurde  » , mais si on ajoute « organisation » , « bien » , « but » ,  » connaissance  » et « sens » , dans le même verre , j’abandonne .

      5. C’est marrant, en vous écoutant, je me suis aussi interrogé, dans les mêmes termes que Monsieur Denis Monod-Broca sur le rapport entre le rationalisme, l’irrationnel, et leur contraire…
        Du coup, j’en suis arrivé à la conclusion suivante: le rationalisme, son contraire me paraît être la bêtise. Pour l’irrationnel, son contraire me paraît beaucoup moins saisissable. Le rationalisme et l’irrationnel ne me paraissent pas antinomique. On peut ériger des lois qui ont du sens et une emprise sur la réalité, sachant qu’in fine, cette recherche est absurde (si on s’en tient à la logique de Camus). L’irrationnel, c’est un peu le chaos, d’où peut émerger ou pas l’ordre et le divin.

        Après, je suis quelqu’un de tordu 🙂

      6. @ Antoine

        Non, non, pas si tordu…

        La première différence à faire, me semble-t-il, est entre explicable et inexplicable.
        La gravité est inexplicable, le monde est inexplicable mais la connaissance de la théorie de la gravité explique qu’un verre qu’on a lâché tombe. Et ainsi de suite. Croire qu’on peut tout expliquer condamne à ne plus rien savoir expliquer. Nous nous rapprochons dramatiquement de ce moment.
        Il n’y a pas de pensée véritable sans différences , différence entre le juste et l’injuste, entre le vrai et le faux, entre le bien et le mal, entre l’explicable et l’inexplicable.
        Dieu pour moi est le nom donné à l’inexplicable.
        Pasteur le disait ainsi : l’infini est une notion aussi indispensable qu’incompréhensible, il n’y a qu’à se mettre à genoux devant.

      7. « se mettre à genoux…. »

        Je ne suis vraiment tombé à terre , les jambes se dérobant , qu’une fois dans ma vie : devant la mort d’une femme avec l’enfant qu’elle portait , la femme de mon frère .

        Et je devais l’aider à se relever lui aussi , à l’état de cendres .

        Avec le seul sourire de notre mère pour y parvenir .

        Sans dieu . Sans génie .

      8. A chaque fois qu’on me propose de réfléchir sur un texte de philosophie, je suis pris du même malaise qu’en lisant un texte religieux. S’il me semble qu’il y a plusieurs façons de le comprendre, cela m’arrête tout net, car je ne peux poursuivre le fil de la pensée, en ayant pour point de départ quelque chose de trop flou.
        Dès lors qu’on peut comprendre un écrit de plusieurs manières, il me semble que chacun peut comprendre ce qu’il veut, ou même veut comprendre ce qu’il peut ! Dans mon cas, quand j’en j’en arrive là, ma respiration se bloque, et je sens que je dois lâcher l’affaire…C’est ce qui m’a arrêté M Jorion dans « défense et illustration du genre humain ». Je peux bien vous l’avouer, au chapitre sur St-Paul, ma respiration est devenue difficile…je ne comprenais plus avec assez de précision, et j’ai perdu le fil…

      9. @findu travail.net :

        C’est vrai que la bagnole c’est plus simple .

        Ou les grosses cylindrées , dont est fanatique la nouvelle idole psychopathique de Mélenchon .

    1. La citation de Nietzsche faite par Denis Monod Broca me conduit à proposer en lien une reproduction du Jugement Dernier peint par Giotto , par exemple simplement ici
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Jugement_dernier_(Giotto)
      Dans la partie haute deux anges « enroulent le ciel », avec les images du soleil et de la lune, montré en tant qu’image du monde perçu, dessinée comme sur un rouleau de parchemin ? Changement de décor, de méthode, de niveau, de paradigme ? Dieu n’est pas donné à voir en représentation par Giotto: ni au ciel, ni au Ciel, ni au moment théâtral du Jugement. L’acteur principal est le Christ , modèle d’un homo sapiens comme moi toujours soumis comme chacun de nous à la fragilité de cet équilibre que nous nommons  » entendement »: entre du sensible et de l’intelligible.

      1. Je ne crois pas qu’après avoir voulu « délibérément » la mort de Dieu pour jouir le l’élan  » créateur » qui alimente le mythe de l’éternel retour , Nietzsche aurait eu besoin de se raccrocher à Jésus Christ et au christianisme ( qu’il abandonne à Chateaubriand ) .

        D’ailleurs , il a écrit l’Antéchrist pour ….enfoncer le clou .

  3. ¨Deus sive Natura.¨ (B. de Spinoza)

    ou: ¨Paul Jorion-Bles, un autre grand fils des Pays-Bas¨

    LE COURTIER ET L’HERITIQUE
    Leibniz, Spinoza, et le destin de Dieu dans le monde moderne
    Révision : LIESL SCHILLINGER, 2 MARS 2006 (NYT)

    Les mauvaises personnes gagnent généralement à la loterie. Rarement les chiffres s’alignent pour le bâtisseur visionnaire qui aspire à subventionner la ville de ses rêves ou pour le médecin qui utiliserait ses gains pour fonder un hôpital. D’habitude, la fortune récompense un lummox avec une moustache de crayon qui veut un camping-car plaqué platine.

    C’est pourquoi il est exaltant de voir que Matthew Stewart, un philosophe éduqué à Oxford dont les études lui ont probablement appris la folie d’attendre la providence, s’est ingénié à créer sa propre bonne fortune. Il a contribué à la création d’une société de conseil en gestion et le produit de sa vente lui a permis de se consacrer à une « vie de contemplation ». Une partie de cette nouvelle vie s’est révélée être une exploration de ce qu’il dépeint comme une histoire de tromperie du XVIIe siècle : les rapports d’un philosophe « malhonnête et maladroit », Gottfried Wilhelm Leibniz, avec le penseur portugais-néerlandais-juif Baruch de Spinoza, qui, selon Stewart, créa les fondations de la philosophie moderne.

    [JL: erreur constante des personnes ne pas connaissant bien l’exode de la population juive de l’Espagne sous la dictature catholique. Egalement la famille D’Espinosa devrait se réfugier de l’Espagne (Burgos) via la route Salamanca – Fundao – Lisboa, et alors Amsterdam.]

    Spinoza posait « un univers régi uniquement par la cause et l’effet des lois naturelles, sans but ni dessein. » Le Dieu de cet univers était un non-interventionniste dont l’essence et l’omniprésence pouvaient être mieux décrites comme Nature – N majuscule. Étant donné la politique de non-ingérence de Dieu, Spinoza croyait que l’État moderne avait la responsabilité de prendre soin de l’homme commun, et l’homme commun avait la responsabilité de prendre soin de lui-même.

    Avec « The Courtier and the Heretic », Stewart a atteint une quasi-impossibilité, créant un tour de page sur les idées métaphysiques de joute qui projette les penseurs vénérables et grisonnants comme des guerriers dans une bataille idéologique passionnée. Il révèle très tôt qu’il croit que la bataille était à sens unique et que les deux hommes se sont battus pour la même cause. Malgré tout, le conflit, tel qu’il le décrit, n’en est pas moins convaincant pour ce qui est d’en arriver à un match nul. C’est un tour plus difficile à réaliser qu’il n’y paraît parce que les rivaux de Stewart sont tous deux relativement inconnus des non-spécialistes d’aujourd’hui.

    Stewart surmonte ces difficultés en montrant ses deux têtes parlantes comme des hommes de leur temps, décrivant de façon claire et colorée leurs habitudes et leurs mondes sociaux. C’est un écrivain fluide, voire enjoué, et ses résumés font preuve d’un esprit fertile.

    À l’époque de Spinoza, la question qui préoccupait les penseurs qui se méfiaient de l’opinion populaire ou qui s’aliéniaient les riches mécènes, était la suivante : Si vous croyiez au Dieu de Spinoza, n’étiez-vous pas en réalité un athée, un délit alors punissable d’exil, d’emprisonnement ou de mort ? Leibniz pensait ainsi, et beaucoup d’autres étaient d’accord. Le mystère qui saisit Stewart est de savoir si Leibniz lui-même croyait au Dieu de Spinoza, cribbed ses enseignements et cyniquement inventé sa propre philosophie en réaction à celle de Spinoza, pour masquer son athéisme secret. S’il l’a fait, soutient Stewart, c’est parce qu’il voulait se protéger et parce qu’il était condescendant que les masses avaient besoin d’être protégées du monde sans gouvernail que Spinoza et lui avaient détecté tout autour d’elles.

    L’indice le plus provocateur de Stewart, tiré des lettres de Leibniz et d’écrits fortement annotés, est qu’en 1676, lorsque Leibniz avait 30 ans, il alla visiter Spinoza, alors en exil à La Haye. Dans des lettres à ses amis, Leibniz a rejeté la réunion comme une brève rencontre sans conséquence, dans laquelle lui et Spinoza échangé « anecdotes ». En fait, écrit Stewart, la visite s’est déroulée sur plusieurs jours, et leur badinage comprenait une « preuve de l’existence de Dieu ».

    Stewart ne veut pas nécessairement dire à twit Leibniz : il reconnaît son travail prolifique et ses progrès mathématiques, en particulier son rôle dans le développement du calcul. L’intention principale de Stewart est plutôt de démontrer la dette que la pensée de Liebniz doit à Spinoza. Il explique que Spinoza croyait que l’âme et le corps de l’homme étaient inextricablement liés et progressaient en tandem dans le monde, soumis aux lois naturelles. Leibniz, écrit Stewart, a été troublé par la conclusion qui a suivi de cette croyance : que l’âme est morte avec le corps.

    Leibniz souhaitait montrer que l’âme et le corps étaient séparés afin de faciliter la preuve que l’âme était immortelle. Au service de cette obsession, Leibniz est venu avec l’idée que tout et chacun dans le monde a été préprogrammé par Dieu pour agir d’une certaine manière.

    Cette controverse se poursuit aujourd’hui, explique Stewart, alors que les humanistes laïques et à vocation scientifique se heurtent à ceux qui s’inquiètent de l’inutilité apparente du monde révélé par la science moderne et luttent pour protéger leur foi en une force transcendante plus durable que le monde matériel.

    Source: https://www.nytimes.com/2006/03/02/news/the-courtier-and-the-heretic-leibniz-spinoza-and-the-fate-of-god-in-the.html

  4. Dans « La possibilité d’une île » , Michel Houellebecq imagine la naissance d’une nouvelle religion, à partir d’une secte faisant croire au monde que son gourou a fait jeter son corps d’origine dans une faille volcanique pour ensuite se faire réincarner ! Il a même imaginé les apôtres ! (en fait, les témoins de cette supercherie, qui ont tous raconté un baratin à leur manière suite à la mort accidentelle du gourou, pour que son fils naturel prenne la suite et que la secte ne s’éteigne pas ! qu’est ce que c’est drôle en plus !!)… Cela rejoint ce que vous dites sur le transhumanisme, comme une alternative prochaine à la mort de Dieu.

    Dieu est mort dites vous, et ce serait si j’ai bien compris, la raison de toute cette débauche de spéculation dénuée de morale…on spécule sur un stock de riz, alors qu’on sait que cela empêchera les gens de se nourrir, et on salope l’environnement, parce que personne ne viendra nous le reprocher dans l’au-delà…Mais si j’ai bien compris votre pensée M Jorion, c’est une étape temporaire, nous ne serions en agissant ainsi que dans une réaction violente, à l’idée violente que Dieu est mort. Dans une phase de colère, qui expliquerait ce capitalisme désordonné, dénué de moralité, et même notre manque d’empathie pour notre prochain…mais nous passerions bientôt à autre chose, quelque chose de plus apaisé et de plus rationnel, c’est ce que vous entendez par « prendre notre place »… souhaitons alors que ça vienne vite, parce que 2019, je la sens assez mal.

    En tout cas merci pour cette pensée, qui prouve que ce blog n’usurpe pas son slogan « le seul blog optimiste du monde occidental », vous êtes réellement optimiste, même si parfois, ça ne saute pas aux yeux…

  5. Merci pour ces deux « leçons » !

    C’est à la fois courageux et utile de dire tout cela avec humour, en nous mettant tous gentiment au pied du mur.

    Je souhaite que cette vidéo soit largement partagée.

    J’y reconnais l’expérience de ma propre vie depuis le milieu du 20ème siècle.

    En revanche, les discours des penseurs professionnels, je les trouve peu pertinents lorsqu’ils se réfèrent aux dissertations des philosophes du passé pour nous révéler notre présent. Grand merci, par exemple, de ne pas les avoir cités, les commentateurs s’en chargeront, hélas…

  6. Pour réduire notre charge sur la planète , des mesures coercitives semblent inévitables, eu égard à la « résistance au changement » qui touche la plupart d’entre nous. Mr Jorion en sa qualité de psychanalyste est certainement familier de cette attitude.

      1. Non, l’analyste est un témoin bienveillant, mais devant le danger de disparition programmée de notre espèce, certaines lois votées pourront être vécues comme coercitives, même si nous en comprenons la nécessité.

    1. On fouette les gens quand ils achètent un 4×4, et en même temps, on continue à en faire la pub à la tété ?

      Encore un bel exemple de l’anschluss entre capitalisme et écologie…

      V Rey
      findutravail.net

  7. L’absurdité est une projection ce que nous pensons être notre condition.
    Elle peut donc se trouver partout.
    Nous croyons devoir trouver un sens alors qu’il nous est donné.
    Nous croyons être seul mais nous sommes tous ensemble.
    La rationalité ne peut pas être autre chose que l’explication à caractère scientifique de ces absurdités.

    Ensuite viennent l’amour et la joie ! Bonne Année
    et AU BOULOT pour la SURVIE DE L’ ESPÈCE !

  8. Dieu est-il vraiment mort, ou a-t-il simplement changé de costume ?
    Dieu n’est-il pas advenu pour tenter de donner du sens à la mort ?

    Dans notre désaroit, prenant conscience de notre finitude, n’avons-nous pas chercher simplement à imaginer échapper à la mort, par une promesse qui changea simplement de costume avec le temps? Qu’on la nomme Paradis, Révolution, Progrès, République… ou Transhumanisme, la promesse est toujours la même, celle de l’avènement d’un sens commun qui nourrisse notre conscience d’être.

    Pour autant, chaque promesse s’est vue prise en main par une partie de la société, dans le seul but de dominer l’autre. Comme si la domination de l’autre était, elle-même, une promesse de s’extraire de la condition commune et mortelle. Ce faisant, chaque religion a créé son clergé, cette élite en charge de garantir la pérénité de la doctrine, cette tentative vaine de donner à ce sens commun, une vertue de nature justifiant son maintien éternel et coute que coute, jusqu’à l’inquisition. Pourtant, chacune a péri d’avoir voulu figer le temps. A n’en pas douter, le Transhumanisme fera de même.

    Dieu n’est-il pas inhérent à la condition mortelle de l’homme ?
    Auquel cas, la seule issue pour que dieu meurt véritablement, serait de reconsidérer la nature humaine.

    1. Si j’ai bien suivi le cours binaire , il devrait s’agir plutôt de la considérer .

      Il y a d’ailleurs déjà eu de nombreuses tentatives en ce sens , dont a minima celle de Jducac .

    2. Dieu est mort ?
      Pas tout à fait; son nouveau costume est nommé: » L’Economie » ou encore « les Marchés ».
      Interrogeons notre nature humaine, qui ne peut désormais plus continuer à sacrifier son environnement, comme ne pouvant plus se réaliser à titre individuel comme maitre et possesseur de la nature, rêve d’un modernisme révolu…
      …puis donc: tuons le à nouveau

      1. Mais en réalité , je crois qu’on tue dieu tous les jours qu’il fait , en tuant plutôt l’idée qu’on s’en fait .

      2. @Jacquot :

        Si on le tue « de nouveau » , sur que si on l’a raté avant , on va le rerater .

        Mais si on le tue  » à nouveau » , ça laisse une chance de l’avoir enfin .

  9. La biologie a multiplié les êtres mais en faisant en sorte que la « néguentropie » y trouve son compte. Je me nourris mais je fais partie d’une chaine (horizontale et verticale) où je nourris les autres, je ne me développe presque jamais « exponentiellement », il y a toujours un prédateur. Les virus les pus tueurs ne tuent qu’à moitié sinon ils ne se répandent pas.

    L’homme homo consumerus lumierus extinctibus a su multiplier les objets « à sons service », avec des « utilités » d’abord certaines (le joug des boeufs, la hache en pierre polie) puis de moins en moins certaines au fur et à mesure que venaient le stockage, et que les réponses énergétiques au stockage se produisaient (j’ai un grenier, mais j’ai besoin de bois pour me chauffer l’hiver, tiens voilà du charbon, c’est encore mieux, extrayons le, et puis comme c’est plus « régulier », on peut faire tourner la pompe à vidanger la mine de charbon avec (les débuts des usages des machines de Watt) puis des locos pour les wagonnets etc. et aujourd’hui pétrole et uranium, et terres rares pour aller cueillir vent et soleil).

    Mais il n’a rien su faire qui équilibre la néguentropie comme le fait la biologie. Il est son propre prédateur, au mieux par l’accumulation de ses déchets, de ses déforestations (dès le moyen-âge…) de ses salinisations de terre pour cause d’irrigation (haute antiquité mésopotamienne). Il fait croitre des exponentielles à vie courte (télé, locos à vapeur, radio K7), sans autre limitation que l’envie du « public », lequel est l’objet de toutes les attentions (voir le papier de G. Monbiot ce jour 31/12/2018 dans le Guardian sur l’étude des manipulations de cerveau pro-pub qui devient un thème de recherche universitaire « officiel » dans les revues ad hoc)

    Qu’il fasse des objets à la manière dont la biologie a fait les êtres vivants, et l’on pourra se réconcilier, un peu. Du beau, du bon, et pas du bonnet, mais du comme-bio…

      1. En tout cas le nég-oce, c’est le « business », le non-repos, (neg-otium) en latin.
        Pour le cannibalisme, il faut voir si cela contribue à « organiser » (le mot du jour ?) la société qui le pratique. Tout acte élémentaire est « entropique », c’est la combinaison au sein d’une frontière donnée où on peut redistribuer l’entropie entrante et sortante (le flux solaire) qui fait qu’on peut parler de néguentropie.
        Le concept n’est pas super pertinent pour ce que j’ai envie de raconter, mais j’ai surtout l’impression que nous sommes « gouvernés par les choses », et que la biologie a réussi à échapper aux malédictions qui s’ensuivent (les croissances exponentielles de ce dont on a « envie », ce que le système se met à faire « follement », sans adaptation)

      2. C’est vrai que la biologie , c’est autrement trapue que les mathématiques et la logique . Basic Rabbit , qui a disparu avant l’humanité , aurait pu en raconter des kilomètres .

        A propos des virus qui ne tuent qu’à moitié , comment font ils ?

        Par ailleurs , s’ils se retrouvent tous seuls ( avec quelques bactéries ? ) , après que l’homme pluricellulaire ait disparu le premier , comme une lecture un peu rapide de Darwin pourrait le laisser comme possible ( mais le possible n’est pas forcément vrai ) , à défaut de se répandre , ils devraient pouvoir attendre tranquillous un sacré bout de temps la fin du système solaire , en devisant de dieu et du génie .

    1. L’exemple des Harley-Davidson, et de leurs pièces interchangeables pourrait être quelque chose comme ça. J’ai entendu dire que sur les vieille Harleys, on pouvait prendre une pièce moteur d’un modèle et la mettre sur une autre, et que c’est ce qui a fait le succès de la marque (et c’est aussi ce qui expliquait qu’on pouvait les personnaliser à son goût..)

      Pour citer un exemple contraire, la prime à la conversion en ce moment (on doit en être si je ne me trompe à plusieurs centaines de millions de subvvention d’argent public = 100 000 x 1000 à 2500 euros) est au contraire un encouragement à balancer des voitures pratiquement neuves à la poubelle : toute les ressources qu’il a fallu pour les faire, (électricité, machines, travail humain…) est jeté sans ne rien récupérer que la matière. Un bel exemple de subvention publique au gaspillage, pour soutenir le marché, et tout le contraire de la « contagion » des Harleys.

      Je ne sais pas si cette comparaison vaut quelque chose…exponentielle ou pas la contagion des Harleys…mais bon je vous

  10. Si je me fie à mes dictionnaires , on n’a pas vraiment fait un grand saut conceptuel en passant de Dieu à Génie, mais ça peut quand même faire plaisir aux ingénieurs ingénieux et sans doute aux artistes .

    Car de Dieu au Génie , c’est la « Création » qui serait donc le salut et l’horizon . Mais pourquoi créer ? Survivre pour survivre , c’est d’un chiant .

    Juannessy , petit talent en génie civil ( Paul Valery, Mélange : » le talent sans génie est peu de chose . Le génie sans talent n’est rien » ) .

    Et comme les talenta , selon les évangiles , sont les dons de Dieu faits via nos cinq sens , on n’en sort pas .

    Ni Dieu , ni Génie : paracétamol .

    1. Au delà de leurs différences réelles ou supposées , c’est sans doute bien cette hypothèse de la « Création » comme « au delà de l’homme  » qui pourrait réconcilier Camus , Sartre , Comte et Nietzsche dans une forme ( j’ose ) d’humanisme communautaire à inventer .

      J’ose aussi : l’opposition apparente ici faite entre Dieu et Génie , m’évoque de vieilles oppositions entre Pascal et Descartes , entre spiritualistes et matérialistes , l’urgence écologique et biologique en plus .

  11. Dans le taoïsme ne se trouve ni Dieu ni Absolu – ni par ailleurs la moindre injonction.

    Dieu est donc parfaitement inexistant pour certaines personnes, et depuis longtemps.

    Peut-être également faudrait-il inclure dans votre brève histoire de la philosophie une notion qui me semble imparable : l’impermanence*. (Exprimée avec humour dans cette phrase de Jean Rostand : « Ne pas ajouter à la démence du réel la niaiserie d’une explication. »)

    Il n’est jamais trop tard pour se détendre, et, par percolation, voir son entourage faire de même.

    *Votre ami Hegel n’a-t-il pas écrit : « Avec Héraclite, la Terre est en vue » ?

      1. tu aurais pu élargir la parole de Guitry à ceux qui gravitent dans tout ce qui est psy, ça correspond aussi totalement bien.

      2. @Patrice Delestre :

        Il faut effectivement la même humilité aux philosophes et aux « psy » .

        Aux bons ingénieurs aussi souvent , et en particulier Einstein , auquel on prête la citation maintes fois détournée ou malicieusement complétée :

         » la théorie , c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne . La pratique , c’est quand tout fonctionne , et que personne ne sait pourquoi « .

        Mais il faut beaucoup apprendre pour en arriver là .

  12. Si l’on a inventé l’Enfer, le Purgatoire et le Paradis c’est bien par coercition rationnelle.
    Origéne un doux illuminé du IIéme pensait que le Dieu était trop bon pour ne pas pardonner aux pauvres pécheurs. Il fut vite condamné comme hérétique, le brave homme.
    Les grecs, au moins étaient plus rigolos.

    1. Plus ou moins , car entre Apollon , Dyonisos et Socrate , on ne sort pas vraiment d’une autre trilogie entre apparence , tragédie et dialectique .

      Les grecs étaient plus rigolos parce qu’ils avaient autant de dieux ou dieux sous fifres , que de problèmes à régler .

      Mais côté tragique , c’était de première bourre , et beaucoup prétendent que c’est ce sens de l’existence tragique que nous aurions , pauvres occidentaux , perdu en même temps que le bénéfice du  » mythe » dans lequel nous « enracinons  » le « sens » .

      1. Zeus celui qui foudroie. Lorsque les dieux se disputent ça laisse du répit aux mortels, enfin, à une grande partie d’entre eux. Avec un seul Dieu, vous êtes continuellement sous surveillance. C’est ce qu’on dit…
        Bonne année Juan. Bon pied bon oeil.

  13. Ne peut-on penser que l’homme exerce un « désir de sens » pour se projeter ? Qu’il a donc imaginé une ligne du temps et un sens du temps, là où tout est cycle absurde de la nature ? même si elle est diablement bien organisée.
    Ensuite, espérer, et s’en réjouir déjà, que notre produit artificiel puisse bientôt s’auto-produire me parait tout aussi absurde. Quelle société ce monde de machines artificielles pourrait-il bâtir ? Qui pourrait être certains qu’il pourrait se doter d’une passion du sens, passion de vivre et donc passion de morale qui ne soit pas différente de la nôtre ? Et en plus prévoir son prédateur ou son virus limitateur ?
    Notre problème est bien de nous doter d’un sursaut de sens, qui puisse rectifier notre course, alors qu’il est presque trop tard et que les moins solidaires d’entre nous sont au pouvoir. Tant de nos dieux ne sont pas vraiment morts… Et leur spectacle continue…

  14. Dieu est mort ?
    Ça nous fait une belle jambe !
    Nous reste t-il donc des miettes,
    un peu de lumière,
    les flashmob gratuits,
    la gratuité,
    la source qui coule,
    la beauté du geste,
    la musique avec l’enthousiasme des enfants pour continuer l’aventure ?

    Oooooooh s’il vous plaît messieurs les philosophes dogmatiques et les sceptiques un peu d’air !
    https://www.youtube.com/watch?v=eee4-d7FUis

  15. Il y a une correspondance évidente entre notre esprit et les phénomènes de la nature , que la nature soit tant soit peu intelligible est merveilleux ! C’est un mystère pour les athées

      1. J’en profite pour rappeler aux athées qui voudraient se faire une idée des mystères qui leur sont réservés , un petit bouquin intitulé  » Introduction aux mystères  » de Misha Gromov chez Actes sud – Décembre 2012 – 17,50€ .( un matheux , pas un biologiste , mais pas trop con , prix Abel 2009)

        Et je vais au lit .

  16. Bonjour,
    bonne semaine,
    Bon mois et bonne année, Mr Jorion,
    et à Tou(te)s, (puisque ce jour s’y prête).
    Avec les Sciences actuelles, Dieu est mort, ou passé de : sur un nuage, à au-delà de l’univers.
    C’était un mythe qui a « formaté » l’humanité depuis des millénaires.
    Avec les Sciences actuelles, la théorie de Darwin est morte aussi.
    Mais ses adeptes (de la théorie empirique scientifiquement) ) sont toujours au « devant de la scène ».
    Car, point d’autre(s) explication(s) de la cause de la vie.
    Pourtant, si l’Homme devient « Dieu »; alors « Dieu » est un Homme (logique basique). Ceci est même écrit dans un livre de la mythologie de Dieu (Dieu créa l’Homme à son image) !!
    Quand l’Homme ira dans l’espace (autres planètes, autres systèmes solaires), et créera de la vie, il sera un « Dieu ». La logique dépasse l’absurde du présent !!
    Bref, nous faisons de la philo, avec nos paradigmes et nos tabous.

  17. Que « Dieu » soit mort ou pas n’ est pas la question. Un créateur a organisé la vie et les principes de cette organisation sont présentes dans toute chose vivante, comme en nous dans le limbique de notre cerveau. Que nous le voulions ou non nous en sommes tributaires, puisque nous ne sommes pas l’ humain en entier mais une petite partie, plus spectatrice qu’ active d’ ailleurs. Que nous pensions, et que nous soyons, n’ est que la conséquence de ce que l’ humain ne participe plus complètement à l’ organisation, en vue de le remettre à fonctionner de nouveau selon ces principes. C’ est aussi la raison qui fasse que nous recherchions la connaissance, pour pouvoir comprendre ce qui se passe, afin de remettre l’ humain en ordre de fonctionner de nouveau naturellement, dans l’ organisation donc. Les autres animaux, ou nos ancêtres lointains, n’ ont ou n’ avaient pas cette conscience pensante du fait qu’ eux fonctionnent, ou fonctionnaient, selon l’ organisation d’ origine. Vouloir s’ en départir est une utopie en contradiction totale avec notre raison d’ exister, puisque nous serions là pour la remettre à fonctionner naturellement. Autant se prendre pour le créateur, pour « Dieu », sauf qu’ on n’ en a nullement les capacités, l’ homme ne sachant rien de « son » fonctionnement, autrement dit du fonctionnement de « son » propre cerveau, autant pisser dans un violon, et encore. La compréhension du fonctionnement du cerveau, de l’ organisation également, est capitale avant de savoir ce qu’ il conviendrait de faire. Le dysfonctionnement humain, qui le fait agir souvent en contradiction des principes d’ organisation de la vie, est explicable rationnellement. Je peux l’ expliquer, je connais en gros ces principes, mais étrangement ça n’ intéresse personne, et encore moins les intellectuels, alors qu’ ils soient mieux armés pour comprendre. Je n’ ai pas encore fait de miracle, mais je ne désespère pas, je pense pouvoir guérir le cancer facilement, quoique je ne sois pas crédible, n’ étant ni du corps médical, ni du corps psy. Un Jésus vivant de nos jours aurait bien du mal, autant dire que les connaissances ont rendu les hommes moins intelligents qu’ à l’ époque, un comble pourtant réel. L’ humain dysfonctionne, une partie de son cerveau plus exactement, l’ autre partie de ce cerveau passe son temps à essayer de nous l’ expliquer, mais nous sommes sourds, ne voulant rien entendre, tant persuadés d’ être l’ humain à part entière, ignorant des psys eux-mêmes ignorants. Il est pourtant évident que l’ humain déconne, un diable a même été inventé pour pouvoir l’ expliquer, alors qu’ une explication rationnelle soit possible, et même existe. Mais ça n’ intéresse personne encore, dont vous, monsieur Jorion, ça n’ interpelle même pas votre curiosité, penser c’ est bien, encore faut il bien penser.

    1. …  » Je n’ ai pas encore fait de miracle, mais je ne désespère pas, je pense pouvoir guérir le cancer facilement, quoique je ne sois pas crédible, n’ étant ni du corps médical, ni du corps psy  » …
      Que demander de plus en ce début d’année… (^_^) . Bon vent!

  18. Nous portons en nous la mémoire de l’Univers et dans cette mémoire a fleuri la certitude absolue pour moi que l’esprit est consubstantiel à la matière.

      1. Exact, c’est souvent dans les versions « unplugged » qu’on reconnait les bons.
        Des fidèles, il y en a plus dans les concerts de rock que dans les églises.

      2. Il y en a qui , à mon goût , avec ou sans plug , ont le talent d’inné ou d’acquis de nous extraire du temps , pour un instant , pour un instant seulement , comme ces deux là sur le même horizon :

        Un petit génie trop tôt parti :

        https://www.youtube.com/watch?v=0tcuEuQZAQo

        et , en oubliant la présentation , pour se laisser emporter ailleurs , un petit génie presque un ange :

        https://www.bing.com/videos/search?q=dimash+kudeibergen&&view=detail&mid=3A49714542120F1F8A043A49714542120F1F8A04&rvsmid=CED9075BDFF76E28C8BBCED9075BDFF76E28C8BB&FORM=VDRVRV

      3. @Julien Alexandre :

        On est d’accord .

        Mais dans les deux cas j’aurais préféré qu’il n’y ait pas de public , car mes joies profondes sont souvent égoïstes , comme ici , où je me contenterais même du seul son
        ( qui est pourtant perfectible aussi ), et dont le début est en partie en rapport avec notre cours de philo ( pardon pour tous ces liens , mais , promis , j’arrête dès le 2 janvier) :

        https://www.bing.com/videos/search?q=imagine+jhon+lennon&ru=%2fsearch%3fq%3dimagine%2bjhon%2blennon%26form%3dEDNTHT%26mkt%3dfr-fr%26httpsmsn%3d1%26plvar%3d0%26refig%3d4bcbd607e626475de814daecc5982d25%26PC%3dASTS%26sp%3d-1%26pq%3dimagine%2bjhon%2blennon%26sc%3d8-19%26qs%3dn%26sk%3d%26cvid%3d4bcbd607e626475de814daecc5982d25&view=detail&mid=820F9E23A8A5EACD42A5820F9E23A8A5EACD42A5&&mmscn=vwrc&FORM=VDRVRV

    1. Eh oui, les hommes ont besoin de se donner des idoles, de les adorer en foule, de s’inventer des rites, d’aller toujours plus loin dans l’adoration, jusqu’à la déraison, jusqu’à la violence, parfois, et même jusqu’à la mort (sacrificielle donc) de l’idole trop vénérée…

      « Qui a tué Davy Moore ? »

      Quelle régression, tragique, insensée ! Et nous sommes fiers de nous être débarrassés des dieux… Quelle erreur ! Quel aveuglement !

      1. Manque de logique tout ça.
        Germains, Gaulois, Romains, Incas , Aztèques, et sans doute d’autres avaient des Dieux sanguinaires.( Les Grecs, astucieux, avaient inventés des Dieux qui se battaient entre eux et donc lâchaient la grappe aux pauvres humains pendant leurs échauffourées. Et quid des Britts anciens?)

        Si je savais, je me hasarderais à dire que s’en débarrasser n’a pas été un mal absolu.
        Mais y’en reste. Par exemple, le Veau d’or reconnaissable à sa bouche sanguinolente de ses victimes. On connaît ses rites, ses temples et ses prêtres, grands et petits. Ses adeptes sont toujours crédules quant à ses miracles, en dépit de toutes les expériences contraires. Il dure.

      2. @ Daniel

        Bien d’accord, débarrassons-nous de tous ces dieux sanguinaires, Argent, Réussite, Mérite, Force… Croyons en la parole…

  19. Camus grand dépressif, semble pourtant avoir répondu à vos interrogations, M. Jorion : Dieu est mort, oui, grâce à l’action terrestre des hommes (voir Kostas Papaïoannou, La consécration de l’hisoire) : il l’a illustré et décidé dans « La peste » ainsi que dans sa vie lorsqu’il soutenait en tant qu’intellectuel les anarchistes espagnols exilés en France.
    Mais les intellectuels sont aujourd’hui morts et c’est tant mieux ! Une autre parole (terrestre) peut commencer à exister.

    1. Pourtant des sons et des couleurs de plume bruissent encore et toujours

      Vert C’est toi que j’aime vert.
      De grandes étoiles de givre
      Escortent le poisson d’ombre
      Qui ouvre la voie de l’aube
      Le figuier frotté le vent
      avec sa râpe de branches.
      Le mont, comme un chat sauvage
      hérisse toutes ses agacés.
      Mais qui viendra ? Et par où?

      Celui-ci, qui ecrivait, fut fusillé
      Il n’en reste pas moins actif par ses mots.

      1. Rrrr ce mobile et son ecriture automatique s’accorde peu ….

        « Le figuier frotte le vent….

        …. hérisse toutes ses agaves  »

        Rrrr

  20. Dans la série nous sommes des génies :

    FETONS LA GRATUITE …

    (PRIX LIBRE CONSEILLE : 10 EUROS LA JOURNEE)

    Etonnant non ? ! Moi je me bidonne encore devant pareille absurdité. Le prix de la liberté peut-être ? Ce qui serait tout aussi drôle.

  21. Dieu est mort? Et alors! Vu ce qu’en font les religions.
    Personnellement je me sens très libre, parfois au bord du vide, ma contemplation intacte, mon amour pour le Vivant aussi fort que mon respect des morts. Parfois le courage me manque mais l’appel de la Connaissance m’aide à retrouver ma place.

  22. Bonjour le blog,
    « L’Homme est un génie ». Oui, certainement par certains côté notamment du fait de sa faculté d’abstraction.
    « L’Homme est un animal social ». Cela dépends de ce que l’on entends par « animal social ». Je l’ai déjà dit dans un précédent post mais pour ma part la société humaine se résume à une juxtaposition de petites tribus vivant les unes à côté des autres. La sociabilité la plus active se trouve à l’intérieur de ces communautés. Entre ces dernières, la sociabilité existe mais il s’agit d’une sociabilité « d’intérêt ». Pour illustrer mon propos, je prendrais le cas d’un village constitué de familles vivant dans un milieu hostile. Les Familles se regroupent pour optimiser leur survie mais les interactions sociales les plus fortes restent malgré tout interne à la Famille. Le but ultime pour chacune d’entre elles est sa propre survie et non le village. Génétiquement, nous sommes programmé pour la transmission de nos gênes et non pour la survie de notre espèce même si l’action de la première induit indirectement la seconde. C’est important de le noter car cela permet de comprendre pourquoi l’altruisme aveugle, la fraternité universelle ne sont pas des caractéristiques humaines innées. Il y a une forme d’égoïsme « subi » chez nous. Renier ce fait serait dangereux car je pense qu’on passerait à côté d’un probléme essentiel à résoudre. Nous devons passer d’une pensée tribale à une pensée universelle. L’éducation pourrait y remédier.
    Donc pour terminer, je dirais qu’il ne faut pas glisser ni dans l’auto-flagellation et ni dans l’angélisme.

    1. Connaissez vous cette conclusion de la sociobiologie racontée par Servigne et Chapelle dans « l’entraide, l’autre loi de la jungle » ? C’est du à son pape E.O. Wilson qui a lui même fait une révolution sur ces trouvailles de jeunesses à 75 ans en les jetant quasiment aux orties. Le résumé court en deux phrases :

      « Dans un groupe donné, les égoïstes l’emportent » (sur les altruistes, en gros la logique du « passage clandestin »).

      « Entre groupes, ce sont les groupes les plus altruistes qui l’emportent ».

      Je crois que cette tension résumé bien comment on peut avoir sur la très longue durée « des groupes et des guerres », (souvent intestines !) quoi qu’il arrive.

      La nouvelle donne est que les lices sont connues (le terrain est fini, i l n’y plus d’ailleurs, pas plus que d’après à St G des Prés).

      1. C’est bien la « nouvelle donne » qui change tout , même si elle n’est pas encore perçue et encore moins acceptée par une majorité .

        Ce sera pour le pire , si on en reste aux balbutiements des nouvelles solidarités et à la dictature mortelle du capitalisme et des idéologies consuméristes .

        Ce sera pour le meilleur si nous avons assez de génie et d’humilité pour entendre , comprendre , accepter , être fidèle à l’autre , respecter le vivant . Et recommencer sans cesse .

  23. @ Juannessy
    Une fiscalité verte orientée uniquement vers la transition énergétique et notre survie pourrait être votée, et acquittée par tout le monde , en fonction des revenus avec des seuils différents de ceux de l’impôt sur le revenu.
    Quelques mesures techniques aussi, par exemple la généralisation du paiement du ramassage des déchets ménagers en fonction du poids, et des revenus.
    Et puis nous parlons souvent de l’empoisonnement de notre planète par les pesticides et résidus industriels. Osons nous attaquer à l’alcool, autrement plus toxique que le glyphosate, par ses effets individuels et ses répercussions sociales majeures. Ce n’est pas hors sujet même s’il ne produit aucun déchet.

    1. On pourrait porter à 10 euros le litre le prix de l’essence ( c’était le vœu de René Dumont ) , sur que ça ferait un tabac , qui au passage est la première cause mondiale de mort prématurée et coûteuse autant que polluante , assez largement devant l’alcool qui tue apparemment moins vite . Pour les déchets , il y a déjà des actions en cours dans le sens que vous dites , mais pas indexées sur les revenus à ma connaissance .

      Bon courage .

      Plus sérieusement , on peut penser que quelque soit la nature des mesures vécues comme contraignantes dans les temps à venir , la difficulté sera de déterminer collectivement les quelles sont urgentes , impératives , de se donner les moyens de les faire respecter, selon des critères les plus « équitables » possible (  » pour que chacun contribue à hauteur de ses moyens » , selon ce que pose notre constitution ) , d’en mesurer les effets et d’en rendre compte .

      On comprend que les  » hommes et femmes d’état « , ne suffiront pas à la tâche tous seuls , pour ces travaux plus herculéens que jupitériens , et qu’il y aura nécessité de la jouer solidaire , responsable , respectueux de l’autre et de la Loi , transparent .et gestionnaire des temps ainsi que des bons niveaux de communauté d’espoir , en plusieurs langues .

      Ni dieu , ni génie , ni grandes gueules : coopération et mesure , sous contrainte de la « nouvelle donne » , en se débarrassant au plus vite du carcan capitaliste et des paradis fiscaux , ce sur quoi bute la démocratie depuis plus de quarante ans et qui reste le préalable mondial à toute avancée possible et humaine .

      1. Qu’est ce qui faut pas entendre ! Non seulement l’alcool ne tue pas mais il est excellent pour la santé si on le dose bien , buvez au moins 2 bières par jour , surtout les vieux , ça protège de la maladie d’alzheimer

  24. (Je suis en retard, mais peut-être y a t il encore des lecteurs qui lisent ce fil de commentaires 🙂 ?)

    Réagissant à l’annonce prématurée de sa disparition, Mark Twain aurait dit « The reports of my death have been greatly exaggerated ». De la même manière, il faut remarquer que les nouvelles de la mort de Dieu ont été grandement exagérées.

    A) Si l’on entend par « mort de Dieu » la fin du débat intellectuel sur l’existence de Dieu qui aurait conclu à son absence, nous en sommes fort loin. Il est même possible de soutenir que nous sommes plus loin d’une telle conclusion qu’il y a cinquante ans, car la possibilité d’expliquer l’ensemble de la réalité – telle que nous la découvre notre activité scientifique – sans référence aucune à une cause intelligente a eu tendance à reculer dans les dernières décennies. Ce n’est pas le lieu d’en débattre en détails, je citerai cependant deux exemples :

    1. Le « réglage fin » des constantes physiques universelles, indispensable à ce que l’Univers soit autre chose que chaos incapable ne serait-ce que donner naissance à un seul atome stable. Nous n’en avions pas encore pris conscience il y a cinquante ans.

    Paul Jorion l’évoque d’ailleurs dans son dernier livre. Il est possible d’en donner une interprétation athée comme il le fait, mais c’est au prix de l’abandon du principe de simplicité d’Occam, en imaginant l’existence d’une multitude indéfinie d’ « autres univers » dont non seulement nous n’avons aucune preuve tangible de l’existence, mais dont surtout nous ne pouvons par définition avoir aucune preuve ! Ce qui empêche de considérer l’hypothèse de leur existence comme autre chose qu’une hypothèse non scientifique au sens de Karl Popper, parce que cette hypothèse ne « prête pas le flanc à la contradiction », elle ne prend pas le risque de faire des prédictions qui pourraient risquer de s’avérer fausses. D’un autre côté, si on s’en tient uniquement aux hypothèses scientifiques au sens de Popper – excluant donc les mondes parallèles – le fait brut et frappant du réglage fin demeure sans explication.

    Et si l’on se met alors à philosopher, l’idée d’une intention intelligente dans l’existence de l’univers vient assez naturellement – bref, d’un Créateur. L’idée de l’existence d’une multitude de mondes parallèles dont seulement une minorité infinitésimale seraient dotés d’un ordre quelconque parce que leurs constantes seraient « par hasard » juste comme il faut a aussi une validité dans ce cadre d’ailleurs… mais comme hypothèse philosophique seulement, pas comme hypothèse scientifique qu’elle n’est pas.

    2. La distance énorme en termes de complexité entre la matière inorganique et l’être vivant même le plus simple, dont on commençait à peine à être conscient il y a cinquante ans.

    Nos connaissances en matière de biochimie cellulaire ont fait des progrès fulgurants depuis la découverte de l’ADN en 1953, mettant à jour le très grand nombre de processus finement agencés entre molécules complexes qui est à l’œuvre même dans la plus simple des cellules vivantes, même pour assurer le plus basique de son fonctionnement.

    A titre d’exemple, le réplisome est une structure qui d’une part est beaucoup trop complexe pour qu’il soit vraisemblable qu’elle soit apparue d’un seul coup par hasard, d’autre part est indispensable à la « copie » de l’ADN qui est à la base de toute réplication cellulaire, donc à l’existence de n’importe quel être vivant aussi simple soit-il. Or aucun « chemin » d’un équivalent chimique de l’évolution biologique n’a été imaginé ni découvert qui mènerait de simples acides aminés à une version même élémentaire d’un réplisome. Pire, il y a des arguments qui militent contre la possibilité de trouver un tel « chemin ».

    Le problème n’est pas seulement qu’un équivalent chimique à l’évolution – une version de l’évolution « avant la vie » – soit encore non découvert. Le problème est que la connaissance de plus en plus fine de la biochimie a tendance à augmenter la « distance » à parcourir par une telle « évolution chimique » entre les composés dont on sait qu’ils se forment naturellement – certains acides aminés – et la cellule vivante même la plus simple. Tout en soulevant des questions de fond sur la possibilité d’aller des premiers à la seconde autrement que « d’un seul coup ».

    Ce qui mène alors au calcul d’une probabilité que cela soit arrivé ne serait-ce qu’une fois dans tout l’Univers visible qui est si infinitésimale que, lorsqu’on la considère du point de vue philosophique, on est amené encore une fois au questionnement sur une possible intention intelligente.

    L’alternative, comme pour le réglage fin, peut être de multiplier encore une fois le nombre d’ « univers parallèles » que l’on suppose exister – après tout, puisqu’on ne pourra par définition même jamais les observer, il n’y aucune limite 🙂 ! Même problème que précédemment : ce n’est pas une hypothèse scientifique, parce qu’elle ne prend pas le risque d’être démentie. Cela dit, comme hypothèse philosophique elle peut être citée.

    A titre de curiosité, dans le cas de l’apparition de la vie il y a une troisième explication possible – qui n’existe pas dans le cas du réglage fin. Rien n’empêche d’imaginer que le ou les créateurs de la vie soient eux-mêmes des êtres matériels, qui seraient eux apparus par le biais du simple hasard. Dans ce cas, la vie serait une technologie de ces êtres inconnus. L’Univers a environ 13,8 milliards d’années, la vie sur Terre au plus 3,8 milliards, et il a pu se passer des tas de choses dans les 10 premiers milliards d’années, pour ce qu’on en sait – c’est-à-dire pratiquement rien ! Bien sûr, cette hypothèse apparaîtra encore plus fantastique que celle du Créateur et celle des univers multiples, mais… qui sait ?

    B) La question de Dieu telle que le comprennent les religions qu’elles soient monothéistes, polythéistes ou inclassables (bouddhisme), va bien au-delà de la question du « Dieu des philosophes » c’est-à-dire d’une possible intention intelligente dans l’existence de l’Univers et de la vie. S’il y a vraiment intention, cela ne dit rien de son auteur, ni son nombre (un seul Dieu ?), ni sa disposition vis-à-vis de l’humanité (bienveillance ? indifférence ? hostilité ?), ni quoi que ce soit d’autre. C’est justement de telles informations que les religions prétendent véhiculer.

    La « mort de Dieu » peut avoir un autre sens : celui du destin des religions. Après tout, si les hommes s’éloignent des différentes religions qu’ils ont cru ou qu’ils croient, sans que d’autres apparaissent pour les remplacer, il y aura bien eu en un sens « mort de Dieu », même si le Créateur existe bel et bien. Mais là aussi les nouvelles de la mort de Dieu sont pour le moins exagérées !

    Ce qui peut en donner dans une certaine mesure une illusion, c’est la déchristianisation plus ou moins avancée dans la plupart des pays occidentaux, c’est-à-dire ceux qui traditionnellement étaient chrétiens. Elle continue de progresser, et il y a des signes que son prochain territoire de conquête ne sera autre que les Etats-Unis eux-mêmes.

    Oui, mais… l’Occident n’est pas le monde. Dans de grands pays non-occidentaux, de plus en plus de gens se tournent vers l’islam, et surtout vers le christianisme : Chine, Corée du Sud, Inde… Ceci alors que l’Afrique est un véritable « volcan spirituel », se tournant avec ferveur ici vers la religion de Mahomet, là vers celle de Jésus. Pendant que l’hindouisme connaît un véritable renouveau, dans un pays qui représente pas moins de 15% de l’humanité.

    Les religions et les conversions ont un impact bien réel également par exemple au Brésil, où les succès des églises évangéliques aux dépens de la catholique sont l’une des bases de l’élection de Bolsonaro, ou encore aux Etats-Unis où l’évangélisme est l’un des leviers de la victoire de Trump. Sans parler naturellement du Moyen-Orient, occupé de plus en plus de luttes religieuses et de guerres entre sunnites et chiites… sans à vrai dire qu’on n’en voie clairement la sortie.

    En somme, il n’y a pas « mort de Dieu » au sens social et humain – dans les croyances des hommes – et pas davantage au sens philosophique – si du moins la philosophie se laisse éclairer et interroger par l’activité scientifique. Ce qui semble écarter – du moins pour l’instant ? – l’idée comme quoi l’athéisme étant la conséquence philosophique naturelle de nos découvertes scientifiques, il est le destin commun de l’humanité. Non : il n’y a là aucun automatisme. Et il n’est d’ailleurs pas sûr du tout que la phase actuelle de profonde déchristianisation des pays occidentaux soit leur dernière évolution religieuse : un renouveau du christianisme est pensable, tout comme l’avènement d’autres religions.

    1. Jacquot,

      N’entendant rien aux domaines que vous analysez dans les deux premières hypothèses que vous explorez, je risque quand même une question (peut-être stupide) :

      Est-ce que ce ne sont pas plutôt les limites de nos modèles théoriques auxquels nous nous heurtons dans ces deux cas, ce qui transforme l’interrogation en problème plus trivial des limites explicatives des paradigmes scientifiques et leurs nécessaires renouvellements ?

      Dans le premier cas une hypothèse ad hoc chargée de préserver le modèle et dans le second la simple impossibilité de rendre compte des phénomènes observés dans le cadre dudit paradigme ?

      1. 2Casa,

        C’est poser la question des limites de nos connaissances, les limites actuelles éventuellement temporaires, voire même les limites de principe à ce que nous pouvons connaître.

        Ces limites changent évidemment dans le temps. Nous en savons et en comprenons bien davantage aujourd’hui qu’il y a cinquante, sans parler d’il y a cent ans. Sauf effondrement à terme rapproché de la civilisation industrielle, nous devrions en savoir encore plus long dans cinquante ans.

        Au fur et à mesure que nous progressons dans nos connaissances sur la réalité, les termes dans lesquels se posent les grandes questions philosophiques sont appelés à changer. Au cours du XIXème et jusqu’à la première moitié du XXème siècle, l’interprétation matérialiste de l’univers (la réalité ultime est la matière, ou matière-énergie, ou vide quantique dans une formulation plus moderne) a clairement pris l’ascendant et est devenue beaucoup plus facile à soutenir. Depuis la seconde moitié du XXIème siècle, l’interprétation philosophique en terme de cause intelligente à l’univers (qui serait alors sa réalité ultime) a eu tendance à reprendre l’ascendant – parce que nous en apprenions davantage à la fois en cosmologie et en biologie.

        Il est possible que ce mouvement soit temporaire. Il pourrait tout aussi bien « se retourner » une nouvelle fois vers une interprétation de type matérialiste. Ou encore aboutir à une vision « complète » – le Saint-Graal de la science ! – qui soit exclurait, soit prouverait que la réalité ultime soit la matière, ou un Etre Suprême.

        Quoi qu’il en soit, la question est très loin d’être décidée – et c’est précisément sur cela que je voulais insister.

        J’ajouterais que la philosophie lorsqu’elle s’interroge sur la réalité ne peut à mon sens manquer de se référer au plus récent de ce que nous avons appris de la réalité. Ça me paraît le minimum à attendre de la philosophie, qui doit aller de soi.

      2. Jacquot,

        Merci pour votre réponse.

        J’entends bien votre remarque sur la nécessaire màj. des connaissances relatives à ce dont on parle. Eternelles limites à mon intérêt pour la philosophie des sciences !

        Bonne journée

    2. Oh vous savez ça me parait bien plus simple : quel esprit honnête peut encore prendre au sérieux l’idée de dieu, de quelque manière qu’on en remplisse le concept? Aucune théo-logie n’est possible, ou alors comme poème. Quant à ceux qui persistent, il ne le peuvent qu’en évitant de s’examiner -en s’immergeant dans le religieux : car la loi des contenus intentionnels (l’objet n’est qu’en tant qu’il est visé) fait qu’il n’y a pas de foi sans mauvaise foi, cette matrice de tous les aveuglements. Le reste s’ensuit.

      Nb : l’esprit le plus rigoureux en cette matière c’est sans conteste Spinoza, lui qui prend au sérieux dans toutes ses conséquences l’idée de dieu; d’où cette apparence d’ironie supérieure dans sa théologie (= une théorie conséquente de la substance).

      1. Jicé : « quel esprit honnête peut encore prendre au sérieux l’idée de dieu, de quelque manière qu’on en remplisse le concept? »

        Ecrivez vous cela de vous même, ou d’autres vous l’ont-ils dit ?

        Dans ce cas, quels étaient leurs arguments ?

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