L’humanité à l’heure du choix : grande bifurcation ou grande liquidation ?, par Roberto Boulant

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Bernard Stiegler dans un tout récent entretien avec Aude Lancelin (Éviter l’apocalypse) défend l’idée que face au nihilisme d’un capitalisme nous conduisant directement à l’extinction, il faut que l’humanité construise de toute urgence (et c’est le GIEC qui le dit) une vision alternative à même de nous redonner espoir. Il ne s’agit plus de résister, de tenter de limiter les ravages humains, sociaux et écologiques du Moloch mondialisé et financiarisé, mais de renverser la domination, c’est-à-dire de faire la révolution (bifurcation) qui nous permettra de survivre. Pour cela le philosophe défend l’idée que nous devons passer du système fermé du néolibéralisme – incapable par construction d’évoluer (TINA) – à un système dynamique ouvert qui bien qu’utilisant le calcul, admet que tout ne peut pas être calculé.

Concrètement, si nous poursuivons les courbes actuelles (démographiques, physiques, énergétiques), il est clair que « tout est foutu » et que nous nous allons nous fracasser contre les lois de la thermodynamique sur notre minuscule planète. Une évidence d’ores et déjà actée par des transhumanistes et des libertariens, qui privilégient en conséquence la fuite en avant technologique où seule une poignée d’élus (comprendre les supers-riches) survivra en colonisant de nouveaux mondes. Rêves totalement inaccessibles à notre niveau de développement technologique et scientifique, mais aux effets dramatiques puisqu’ils maintiennent l’illusion d’un salut possible pour quelques milliardaires, qui s’offrent ainsi une techno-religion de pacotille leur permettant de continuer à alimenter la course à l’abîme.

Bernard Stiegler propose donc de dépasser le stade de la calculabilité capitaliste par la réinvention des réseaux du web, qui seuls permettraient de remplacer la prédation au profit de quelques-uns par une redistribution égalitaire et raisonnée, puisque dans les limites de la capacité planétaire.

Ceci étant posé, et pour appliquer la sentence de Kant rappelé par Stiegler, « vous commencerez à me comprendre quand vous commencerez à voir mes limites », reste un petit détail à régler : comment faire ?

Comment s’y prendre concrètement, trivialement, pour sortir de la cage de fer ?

Première réalité : les +5,5° annoncés d’ici à la fin du siècle signifient des zones continentales entières impropres à toute vie humaine, un génocide à l’échelle planétaire par la famine et la soif. Génocide probablement parachevé par la mise en œuvre de moyens militaires lourds pour empêcher les réfugiés de submerger les pays (relativement) préservés du basculement climatique. Autrement dit, dans ce scénario prévisible, ceux qui ne périront pas de faim et de soif seront destinés à être tués par de nouveaux Nazis dans leur tentative désespérée de conserver un espace vital diminuant inexorablement …

Deuxième réalité : la démocratie représentative étant à la démocratie ce que les républiques populaires sont à la république, celle-ci n’est pas amendable. Hormis dans les discours, aucune forme de perestroïka ne viendra amender l’Union européenne qui a détruit la Grèce et transformé son peuple en serfs, ou encore la politique de présidents et de gouvernements français perçus comme illégitimes car détruisant la société qu’ils sont censés défendre.

Troisième réalité : face à l’agression des néolibéraux, n’existent actuellement que les vieilles solutions, toutes trois promises à l’échec :

– la soumission : qu’elle prenne l’aspect du déni de réalité (le système est amendable, continuons à voter pour le moins pire), ou de la lâcheté assumée (ça me donne bonne conscience et de toutes manières je serai mort avant la fin du siècle),

– la fuite active (communautés plus ou moins survivalistes, plus ou moins structurées) et/ou passive (l’abstention pour ne pas donner l’onction démocratique au suicide collectif),

– le combat : tuons les primates qui occupent le sommet de l’arbre pour y poser à leur place nos augustes postérieurs, soit un nihilisme miroir du système. À moins qu’il ne s’agisse d’une volonté plus ou moins consciente d’abréger l’agonie en précipitant les choses par un vote extrémiste ?

Appliquer à ce bref tableau (géo)politique, la seule bifurcation réaliste aboutissant à l’instauration d’un système dynamique ouvert (c’est-à-dire évolutif par nécessité, d’une nature quasiment biologique) s’appelle la démocratie directe. C’est le seul moyen à ma connaissance qui puisse permettre aux peuples de se libérer de la corruption systémique des lobbies et des politiques suicidaires qu’ils dictent, avant l’implosion programmée de nos sociétés. Cette bifurcation en supprimant le législatif, la courroie de transmission de l’argent, en soumettant directement l’exécutif à la volonté populaire permettrait – en théorie, mais avons-nous encore le choix ?- d’échapper si ce n’est à l’extinction, du moins à un monde ressemblant à celui décrit dans le film La Route. Les deux piliers de cette révolution (la vraie, pas la contre-révolution des néolibéraux) seraient l’éducation et les IA faibles, ces nouveaux scribes qui autoriseraient les citoyens à trier et agencer les immenses masses d’informations nécessaires au vote des lois et aux orientations politiques.

Bref, l’IA faible s’occuperait du calculable et les humains du non-calculable.

En sachant que des étapes par incrémentations successives sont nécessaires pour passer de l’Éole de Clément Ader à l’A380, à quoi pourrait ressembler un processus véritablement démocratique une fois achevé ?

Prenons par exemple le cas de l’électronucléaire. Sur réunion d’un certain nombre de signatures, une consultation serait lancée pour savoir si nous devons poursuivre ou non l’exploitation des centrales à eau pressurisée. Avant le vote qui se ferait via des réseaux quantiques (en cours de développement avec pour objectif de rendre les communications inviolables), les citoyens se feraient une idée objective de la situation, non pas grâce aux lobbies ou à des décideurs plus ou moins compétents, aux intérêts plus ou moins dissimulés, mais grâce à des systèmes interactifs d’aide à la décision qui prendraient en compte l’ensemble de la problématique allant du coût réel de l’extraction à celui de l’exploitation et de la « gestion » des déchets, avec des modèles prévisionnels des résultats économiques et écologiques. Ces systèmes d’aide à la décision seraient complétés par la présentation synthétique d’arbres de décision ou chaque branche correspond à un scénario probabiliste et à son coût global. Charge à chaque citoyen d’interroger ensuite l’IA, en fonction de ses savoirs, pour avoir plus de détails si désiré (l’IA d’IBM, Watson, interagit avec nous en langage articulé).

Et si la consultation publique débouchait – à tout hasard – sur un Non, celui-ci ne pourrait pas être ensuite transmuté en Oui par un exécutif corrompu, puisque ce dernier serait révocable immédiatement en cas d’opposition à la volonté populaire.

Question pratique : comment faire dès lors pour que les politiciens professionnels acceptent d’auto-dissoudre leur caste par la démocratie directe ? Étant évident que le système partisan actuel ne sélectionne pas les plus aptes à gouverner pour l’intérêt public mais les plus féroces des arrivistes et des ambitieux, et donc les plus facilement corruptibles, comment faire pour leur imposer un rapport de force favorable, tout en évitant qu’ils ne se lancent dans de violentes provocations afin d’utiliser l’arsenal juridique qui a fait de nos anciennes lois d’exception la loi commune ? La question reste ouverte, et indépendamment du fond du sujet et de ses interprétations plus ou moins partisanes, il sera intéressant de voir l’ampleur du blocage provoqué par les gilets jaunes samedi prochain. Les réseaux sociaux peuvent-ils servir à bloquer un pays ?

Si la réponse s’avère positive, nous tiendrons-là (je ne parle qu’en mon nom, mais ce « nous » désigne l’ensemble des Français et Françaises) un moyen de nous faire entendre autrement qu’une fois tous les cinq ans, au travers d’un jeu pervers où nous sommes « démocratiquement » invités à choisir celui ou celle qui mettra en œuvre le TINA. D’instaurer un rapport de force afin que les institutions soient au service du peuple et non l’inverse. Et comme toute révolution, celle-ci ne pourra survivre qu’en se répandant ! Bref, une manière réaliste de construire enfin l’Europe véritable, celle des citoyens : un ensemble qui aura la dimension suffisante pour lutter victorieusement contre Moloch.

En ces heures de profond désarroi c’est certainement une utopie, mais si cela devait finalement arriver, ce serait sans doute plus qu’une simple révolution, une forme d’hybridation homme-machine – car c’est bien de cela qu’il s’agit ! Le réseau permettant l’apparition d’un « nous » global – signant une nouvelle étape de notre évolution. Sans le corps transformé des cyborgs et tout le fatras pompier des films de science-fiction, des hommes et femmes d’un modèle parfaitement standard pouvant connecter leur volonté le temps de prendre des décisions en commun : celles que la puissance brute des machines pourrait nous exposer dans tous leurs détails et infinies interactions, mais que seuls pourraient prendre des êtres humains.

La continuation d’une vieille histoire finalement. L’Homme et l’outil étant comme l’œuf et la poule: difficile de savoir qui a fait qui !

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170 réflexions sur « L’humanité à l’heure du choix : grande bifurcation ou grande liquidation ?, par Roberto Boulant »

  1. C’est triste mais là il n’y y’a pas le choix
    , si bifurcation il y a, elle sera accompagné de petite liquidation. Il faut s’y faire, car on ne peut pas prévoir la non violence même symbolique où punitives, en obligeant a une partie de la population à revoir ses intérêts.

    Stiegler si sérieux et émporté dans l’élan de ses pensées qu’elle soit plus ou moins fécondes, en sait quelque chose, il fut braqueur au début de sa carrière.

  2. On a encore pour habitude de dire que le nerf de la guerre, c’est l’Argent. À moins que ce ne soit aujourd’hui, le réseau! Cependant, que ce soit l’argent ou le Réseau, cela nous renvoie à la notion suprême de ‘fluidité’. Notion essentielle et vitale pour toute civilisation marchande, et pour laquelle “l’épice doit impérativement circuler!” Car notre civilisation marchande ne pourra survivre que si cette épice continue de se répandre… À moins qu’encore une fois, la nature même du réseau change… vers une troisième réalité, celle de la Gratuité! (ARG)

      1. L’homme est un réseau, le plus faible de la nature, mais c’est un réseau pensant, qui aujourd’hui est mort sans argent.
        Désolé pour cette faible pastiche du grand penseur.

      2. Certes, nous sommes d’accord.
        Le temps du réseau a considérablement accéléré la montée du capitalisme. Mais du coup, comme nous l’explique Bernard Stiegler, le réseau s’est concentré sur la vitesse, le calcul et l’argent, falsifiant à son tour le temps. Par conséquent, la vision du temps qui paraissait si vaste au début, se rétracte et s’étroitise au fur et à mesure que se massifie et se répand cette marchandisation du réseau, et ne peut aboutir qu’à une stagnation, voire à une nouvelle catastrophe.

  3. Il est clair que nous sommes face à une impasse, liée aux limites actuelles des institutions démocratiques, mais.
    pour ma part je ne porterais pas un discrédit total sur le système représentatif car il joue encore un rôle stabilisateur, comme on vient de le voir avec les élections américaines où les démocrates sont encore un contre-pouvoir. Et comme il est dit dans le billet, rien n’empêche les citoyens de se manifester en dehors des échéances électorales, ce qui constitue pour le coup une intervention directe.

    Mis à part cette réserve, je trouve que articulation démocratie-directe, intelligence artificielle, est bien expliquée.
    Une idée à creuser donc, mais à double tranchant si l »on n’y prend pas garde, car ce peut être une révolution aussi bien qu’une immense manipulation, si l’information qui est introduite dans l’IA faible n’est pas fiable.

    Cela suppose qu’une instance indépendante, totalement indépendante des pouvoirs financiers et économiques, mette à la disposition des citoyens une tel outil d’aide à la décision. Ce qui suppose également que la question de la démocratie soit déjà en grande partie résolue avant que l’on ne s’empare du nouvel outil censé remédier à l’absence de démocratie. D’où la référence complémentaire, indispensable dans ce billet à un mouvement citoyen d’envergure sans lequel aucun processus ne peut être engagé, car l’IA au service du bien commun ne tombera pas du ciel !

    1. Effectivement, le risque de manipulation des algorithmes à des fins idéologiques ou économiques existe.
      La loi fait d’ailleurs la distinction entre décision algorithmique explicable et interprétable.

      https://perso.math.univ-toulouse.fr/mllaw/home/statisticien/explicabilite-des-decisions-algorithmiques/

      Mais même ainsi, il est difficile de quantifier la part humaine de subjectivité que tout programmeur porte en lui, sans forcément en être conscient. Ainsi des chercheurs ont pu démontrer que le type d’approche prédictive utilisée par la police d’Oakland renforçait des biais sur la surveillance des quartiers noirs et augmentait la discrimination.

      https://www.lexpress.fr/actualite/societe/police-le-logiciel-d-anticipation-des-crimes-face-a-ses-detracteurs_1982812.html

      1. Roberto, supprimer l’assemblée nationale et les députés ! ça demande un temps de réflexion…

        Au moment de décider de la construction du super porte-container évoqué par N. Hulot : que pourrait bien dire l’IA ? Ton idée si j’ai bien compris, ce serait qu’à un bout de la chaîne, des citoyens donnent une note de 8/10 pour préserver la mer (1) , qu’ensuite une IA informe de façon totalement indépendante le citoyen, et qu’enfin celui-ci vote directement son soutien à un acte du gouvernement (par exemple subventionner ou non, la fabrication de ce porte-container), en fonction de ces prises de position en temps réel.

        Si l’idée est de reprendre le contrôle de l’activité (on est d’accord sur cette nécessité, je pense que ça ne fait plus débat), je crois que les choses ne sont pas simples. Il faudrait d’abord savoir si on souhaite reprendre ce contrôle autoritairement par la loi, ou incitativement par le prix. Ensuite, les décisions des gouvernements ne font pas tout, il s’agit en fait surtout de savoir, comment on pourrait influer sur les décisions des entreprises.

        Par la loi, on aurait peu de chance de réussir à mon avis, à cause de l’alternance. On voit en ce moment, comment D Trump déconstruit tout ce qu’Obama a tenté, aux USA. Par contre par l’incitation, on a peut-être justement un outil à la hauteur de la complexité de l’activité économique, avec la TVA, peut être pas dans sa forme actuelle, mais qu’on pourrait envisager de faire évoluer.

        Pourquoi la TVA ? parce qu’elle intervient à chaque stade de la fabrication d’un objet complexe, sans pénaliser le suivant (3) . Une voiture par exemple est un objet complexe, comprenant de l’acier, du plastique, du tissu (sièges), de l’électronique, de la peinture, son fonctionnement utilise de l’essence, ou de l’électricité, ou du gazole, ou du gaz, ou plusieurs de ces énergies, et en diverses quantités selon que le véhicule est lourd ou léger, aérodynamique ou non, ses résidus de pneus sont plus ou moins importants, et s’écoulent vers la mer ou dans le sol, la destruction d’un véhicule consomme aussi plus ou moins d’énergie, ce qui produit plus ou moins de carbone, etc, etc.

        Or aujourd’hui la TVA est uniforme. Le fabricant de tissu de paie 20% de TVA lorsqu’il vend sa marchandise au fabricant de siège, et ce dernier paie aussi 20% de TVA (2) lorsqu’il vend ses sièges au à Peugeot, ainsi de suite jusqu’à la Peugeot elle-même lorsqu’elle est vendue, est elle aussi taxée à 20%.

        Mais le fabricant de tissu n’est pas responsable du poids final du véhicule, pourquoi les 2 devrait-ils être taxé uniformément à 20% si la Peugeot pèse 2 tonnes ? le premier devrait être taxé à 15, le second à 25 à cause du poids.

        C’est peut-être sur ces taux de TVA qu’il faudrait intervenir. En influant sur les différents taux de TVA, on pourrait peut-être progressivement favoriser les producteurs les plus vertueux, et leurs biens ou services deviendraient alors moins chers à produire, et donc aussi moins chers à vendre, du plus simple (un pneu : gros 25%, petit : 15%) au plus complexe (une auto : lourde 25%, légère 15%).

        Je ne sais pas si ce serait la panacée, mais cela vaudrait le coup d’y réfléchir. Lorsque tout sera informatisé, je ne pense pas que des taux de tva variables présenteraient une difficulté quelconque. A voir ce qui se passe dans la finance, on y fait des calculs bien plus compliqués que ça. Paul Jorion en sait quelque chose…

        Et ce qu’on pourrait faire avec la TVA en matière d’environnement, on pourrait aussi imaginer le faire en matière sociale, pour se débarrasser des bullshit jobs, comme par exemple les centre d’appel, qu’on pourrait taxer à 35%, lorsque ces services sont vendus à une entreprise française.

        V. Rey
        findutravail.net

        (1) ou bien comment ça pourrait se passer ? le citoyen devrait s’exprimer à tout instant, sur des choses qu’il ignore ? Du « nul n’est censé ignorer la Loi », on passerait à « Nul n’est censé ignorer les détails de toute activité » ?
        (2) lorsque cela vient de France

        (3) Pour un producteur d’auto, les pneus sont un achat. Il déduira la TVA qu’il a payée sur les pneus, mais il sera assujetti à la tva sur la vente de ses voitures. Ainsi, chaque intervenant dans la chaîne est taxé sur sa propre valeur ajoutée.

      2. Bonsoir Vincent,

        Je ferai d’abord remarquer que depuis que la gouvernance, c’est-à-dire le remplacement du fait politique par la calculabilité capitaliste (cf Stiegler) s’est imposée, législatif et exécutif sont devenus des « boites noires » pour les citoyens. Leur fonctionnement réel est devenu tellement complexe et opaque que seul ses effets sont analysables pour M et Mme Toulemonde, et encore à la seule condition de parvenir à se dépêtrer du spectacle guignolesque que nous offre quotidiennement la médiasphère et son incroyable cacophonie.

        Ainsi en sommes-nous réduits à constater que s’est mis en place un ordre qui combine la verticalité absolue de l’exécutif – un PR tout puissant sans aucun contre-pouvoir – et une liberté quasi-totale pour les banques et transnationales, littéralement hors-la-loi commune. Entre mille exemples, je citerai le Pacte de Stabilité et de Croissance – le cadre juridique en acier Krupp de l’UE qui fixe des objectifs irréalistes en termes de finances publiques -, et qui a été adopté sans aucun débat, en catimini, par voie intergouvernementale. Ici je vois bien la représentativité de l’argent, mais je cherche toujours la démocratie, c’est-à-dire le pouvoir du peuple.

        Comme déjà exprimé, la démocratie directe ne peut être qu’un processus incrémental, on ne passe pas directement du planeur en bois et en toile d’Otto Lilienthal à l’A380 (ni même au Blériot XI). Les premières et indispensables bases à poser me semblent être la révocabilité des élus et la possibilité d’organiser des référendums pour bloquer des lois renégates ne correspondant à rien d’annoncer ou dévoyant gravement les objectifs des programmes électoraux. Rien de révolutionnaire dans ses bases puisqu’elles sont déjà appliquées en Suisse.

        Ensuite, que la législation des citoyens se fasse « en temps réel » grâce à de super-smartphones à liaison quantiques (on peut imaginer que chacun puisse en amont s’inscrire suivant ses intérêts et compétences à différents groupes de travail ayant pour but de présenter des propositions de lois avec l’aide des IA faibles) reste un objectif à moyen-terme, puisque la technologie en est au stade du laboratoire et des expérimentations. Mais dans un premier temps avant de pouvoir supprimer la représentation, il faudra bien sûr avoir recours à des systèmes législatifs hybrides où les députés ne votent plus la loi mais l’élabore et la propose à l’acceptation des citoyens. Cela signifiant par exemple que si nous étions sous un tel régime, toutes les lois et ordonnances passées sous la présidence Macron auraient dû être approuvées par le vote des citoyens.

        Ne pas oublier qu’un tel système rend impossible qu’un fondé de pouvoir représentant moins du quart des voix exprimées ne prenne le pouvoir, ou encore le cas d’un Trump détricotant systématiquement le travail de son prédécesseur. Ici, si les organisations partisanes pyramidales et leurs mâles dominants existent toujours, elles agissent en tant que fournisseurs de programmes, de think tanks et d’influenceurs, mais les gens votent pour des objectifs programmatiques précis avec droit de regard (et d’arrêt), et validation finale à leur main. Ce qui devrait faire chuter drastiquement l’abstention et augmenter en miroir la légitimité des décisions prises.

        Concrètement et pour reprendre tes exemples de construction de porte-container ou de TVA à taux variables, ces décisions ne seraient prises que parce que s’intégrant aux politiques industrielles et fiscales des lois organiques, elles-mêmes découlant des lois constitutionnelles. Les différences d’avec la situation prévalant actuellement étant que cela se ferait en toute transparence et sous contrôle permanent de tous, et aussi important, parce que découlant d’une vision à long terme de l’intérêt commun.
        Celui-là même qui pourrait être débattu dans les assemblées de communes, avant que leurs représentants avec mandats impératifs ne se rassemblent pour une nouvelle Constituante. Il découle de cette vision, sans fumette ni russe blanc, que seraient constamment débattues au grès des évolutions sociétales et techniques, toutes les notions fondamentales nous permettant de faire société (propriété, gratuité, communs, etc).

        Loin, très loin donc des boites noires qui nous servent actuellement de gouvernement, la politique retrouverait alors toute sa noblesse en passant du stade de mécanique rigide au service des dominants et possédants, à celui d’organisme vivant en évolution continue. Ce qui pourrait être considéré comme la matérialisation de la noosphère de Pierre Teilhard de Chardin.

        Utopie ? Très certainement, mais pas plus que ne l’étaient hier le vote des sans-dents ou le travail des femmes (enfin, je veux dire le travail rémunéré des femmes). Dans tous les cas utopie beaucoup plus réaliste me semble-t-il, que de croire que les institutions politiques qui nous ont placé au bord du gouffre (l’extinction, excusez du peu !) seront celles qui nous permettrons de nous sauver.

      3. @ Roberto qui dit « Cela signifiant par exemple que si nous étions sous un tel régime, toutes les lois et ordonnances passées sous la présidence Macron auraient dû être approuvées par le vote des citoyens. »

        Ce serait l’immobilisme Roberto. On a déjà vécu ça sous la 4ème république avec les députés, lorsqu’ils pouvaient à tout moment révoquer l’exécutif, en formant une nouvelle alliance. De plus, la démocratie directe peut mener à des emballements, sous le coup de l’émotion … je me souviens en particulier, de l’imbécillité de cette histoire de déchéance de nationalité, évoquée par F Hollande immédiatement après les attentats du Bataclan. Sur leur smartphone, les citoyens l’auraient votée comme un seul homme, sous le coup de l’émotion.

        Mais surtout, la plupart des décisions qui impactent l’environnement ne sont PAS prises par les gouvernements, mais par les firmes elles-même. Ce n’est pas le gouvernement qui décide de produire une voiture de 2,5 tonnes, et 2m de large. La démocratie directe sur l’exécutif ne pourrait avoir qu’un impact limité à l’attribution de subventions pour attirer au Havre la construction de ce porte-container, ou bien pour décider ou non de l’élargissement des routes, lorsque 80% des gens auront une voiture de cette largeur. Il n’y aurait pas là de quoi impacter la totalité de l’activité.

        Pour ces deux raisons, je pense que tu te trompes…mon idée de TVA variable n’est pas parfaite non plus, je n’ai aucune idée de comment elle pourrait s’intégrer dans un environnement international…à vrai dire je n’y ai pas encore réfléchi, et j’aurai besoin qu’un spécialiste en fiscalité m’apporte la contradiction, de sorte à avancer, parce qu’on fabrique facilement des châteaux en Espagne, mais il y a quelquefois des obstacles majeurs, auxquels on n’a pas pensés.

        Je suis certain des objectifs, qui sont :

        1 / impacter la totalité de l’activité humaine
        2 / faire en sorte que le développement ne reste pas concentré sur les pays riches (en vertu du principe que c’est aux riches que l’on peut vendre quelque chose (Audi ne doit pas s’échiner beaucoup à vendre ses chars d’assaut au Burkina Fasso !)

        Pour les moyens d’atteindre ces objectifs, je ne suis sûr de rien, en dehors du fait que c’est le moment de prendre des risques. Réformer la TVA aurait ceci d’intéressant, que l’impact sur l’activité pourrait être modulé pour ne pas être trop brutal : une TVA totalement écologique qui aurait un indice 100, rien n’empêcherait par le calcul de l’appliquer à un indice 3 pour commencer.

        V. Rey,
        findutravail.net

      4. Pas d’immobilisme, bien au contraire Vincent ! Macron – je ne vois aucune raison d’appeler Monsieur un individu qui détruit la république et le vivre ensemble -, aurait déjà été révoqué de ses fonctions. Nommons les choses : un PR qui contrôle et dirige exécutif et législatif au profit des intérêts privés n’est pas un adversaire politique, mais bel et bien un ennemi politique.

        Concernant la démocratie directe, celle-ci présuppose la mise en place d’une Constituante et la réintégration du monde financier et économique sous la loi commune. À nous de décider des limites imposées. Mais peut-être ta remarque prouve-t-elle notre degré de domestication ? Sans doute qu’une majorité d’entre nous est désormais incapable de penser hors du bocal et de remettre en doute les certitudes concernant la toute-puissance des uns et la totale impuissance des autres…

        Ramener les « élites » sous la loi commune signifie simplement pouvoir juger les actes criminels ! Derrière Lesmarchés, les transnationales, les banques systémiques, il y a des êtres de chair et de sang, des gens qui doivent répondre de leurs méfaits, qu’il s’agisse de management pathogène poussant les employés au suicide, ou de provoquer des krachs financiers en étant assurés que les peuples serviront de serpillère pour éponger les dégâts.

        Réflexion qui s’applique également à ta remarque du peuple pouvant agir irrationnellement sous le coup de l’émotion, d’un peuple finalement dangereux pour lui-même, tout comme un enfant ! Autrement dit, appartenant comme moi au peuple, tu en viens à te daigner une capacité à agir rationnellement. Une attitude nommée par les sociologues la servitude volontaire

        Servitude à laquelle il est difficile d’échapper puisque nous baignons tous dans un environnement informationnel toxique contrôlé à plus de 95% en France par les milliardaires, où les licenciements s’appellent plans de sauvegarde de l’emploi, la casse sociale les réformes, les cotisations des charges, etc.

        Puisque nous sommes au lendemain de l’itinérance mémorielle (celle-là il fallait la trouver, bravo les artistes !) de notre fondé de pouvoir du CAC40, et afin de ne pas nous noyer dans d’infinies contingences en changement perpétuels, rappelons les mots d’un grand humaniste de l’époque: « Le but, le but, toujours le but ! »

        Je rappelle que le génocide planétaire des +5,5° est envisagé d’ici 80 petites années ! Peut-être n’est-il pas encore tout à fait trop tard pour abandonner les mesures cosmétiques destinées à nous bercer d’illusions et d’entamer la grande bifurcation…?

      5. @Roberto qui dit« Autrement dit, appartenant comme moi au peuple, tu en viens à te daigner une capacité à agir rationnellement. Une attitude nommée par les sociologues la servitude volontaire… »

        Pas du tout : il s’agit simplement de préserver dans les institutions, des dispositions permettant de gouverner, sans agir tous azimuts en perdant son calme. Et on en aura besoin de telles institutions, si les choses viennent à se gâter. Il y a suffisamment de périls, pour ne pas s’attacher les bras…

        Mais je vois que tu cherches la confrontation, avec des gens que tu entends faire rendre gorge … Les brexiteurs sont en train de faire rendre gorge à l’Establishment capitaliste anglais, mais je ne suis pas sûr qu’ils vont y gagner, s’ils se trouvent à devoir régler demain, une ardoise de 40 milliards (je cite ce chiffre de mémoire, évoqué en cas de brexit dur).

      6. Vincent, je ne vois pas en quoi placer nos institutions sous un réel contrôle populaire pose un problème, c’est même l’esprit de l’actuelle Constitution non ? Bien au contraire, elles en seraient renforcées puisque n’étant plus susceptibles d’être détournées par les plus puissants des intérêts privés. Je peux t’assurer que si tu avais la moitié du quart des affaires collant aux basques de Sarkozy, qu’il y a longtemps que tu dormirais en prison !

        Et pour la confrontation, il n’est nul besoin de la chercher, elle est le principe même du TINA qui peut se traduire par, j’ordonne et m’enrichis et vous vous taisez en vous appauvrissant !
        Confrontation découlant de la dévitalisation de tous les contre-pouvoirs. Non seulement le PR ordonne réellement au 1er Ministre et à son groupe parlementaire à l’AN, mais tous les corps intermédiaires ne sont plus là que pour faire de la figuration médiatique.

        Il n’existe plus aucun moyen pour quiconque d’infléchir les décisions prises !

        C’est ce TINA triomphant, cette corruption systémique, ces fadaises néolibérales qui conduisent peuples et pays à la misère et nous mènent tout droit au chaos. Ne pas confondre causes et conséquences, Brexit ou pas, les plus pauvres des anglais resteront toujours aussi misérables et les plus riches toujours aussi riches.

      7. @ Roberto qui dit « Ramener les « élites » sous la loi commune signifie simplement pouvoir juger les actes criminels ! Derrière Lesmarchés, les transnationales, les banques systémiques, il y a des êtres de chair et de sang, des gens qui doivent répondre de leurs méfaits »

        Tu es donc pour que ce qui n’est pas criminel aujourd’hui, le devienne demain alors ?

        Des lois rétro-actives ? Ou une bonne vieille révolution bien brutale à l’ancienne ? Non…

      8. « Tu es donc pour que ce qui n’est pas criminel aujourd’hui, le devienne demain alors ? »

        Le fait d’en être réduit à expliquer des évidences prouve à quel point de lavage de cerveau nous en sommes tombés…

        Tuer des gens, les ruiner, saccager leur vie et celles de leurs enfants EST un acte criminel, aujourd’hui, comme hier ou demain. Qui a parlé de lois rétroactives ? Il s’agit de faire respecter les lois existantes !

        Le fait qu’aucun des responsables du krach de 2008 n’ait été emprisonné ne veut pas dire que la loi n’existe pas, mais qu’elle n’est pas appliquée !

        Qui pour nier que les dirigeants de Goldman Sachs qui ont plongé le peuple grec dans la misère sont des criminels par intention ? Qui pour nier qu’ils sont non seulement toujours en liberté, plus riches qu’hier, et que leur banque est devenue encore plus systémique, plus dangereuse pour nous tous ? (GS n’est qu’un exemple parmi d’autres)

        La justice n’est pas faite seulement pour punir, elle sert également à maintenir la cohésion sociale. C’est son absence qui fait prospérer les extrêmes.

      9. @Roberto qui dit Tuer des gens, les ruiner, saccager leur vie et celles de leurs enfants EST un acte criminel, aujourd’hui, comme hier ou demain

        Et alors jusqu’où tu remontes la filière du crime ? Les dirigeants de Goldman Sachs sont en haut de la pyramide, mais ils ne sont pas tout seuls ! Faut-il aussi incriminer tous les acheteurs d’actions et d’obligations, qui ont causé par leur spéculations, famine et misère ici ou là dans le monde ?

        On peut vouloir démembrer des conglomérats bancaires comme Goldman Sachs, ce serait certainement une chose très utile à faire, là dessus on est d’accord. Mais vouloir aller chercher des coupables, c’est la porte ouverte à l’arbitraire. Les américains, quoi que tu en penses, font respecter la loi (DSK en sait quelque chose). Si le Président de Goldman Sachs ou celui de Lehman Brothers ne sont pas en prison, c’est qu’il n’y avait rien à leur reprocher vis-à-vis de la loi américaine.

        Au contraire, il faut imaginer des lois qui changent le système économique en profondeur, qui transforment l’économie de marché pour la rendre vertueuse. Le tout sans brutalité, tout en douceur.

        De la douceur bordel ! dans ce monde de brutes ! 🙂

      10. « Les dirigeants de Goldman Sachs sont en haut de la pyramide, mais ils ne sont pas tout seuls ! Faut-il aussi incriminer tous les acheteurs d’actions et d’obligations, qui ont causé par leur spéculations, famine et misère ici ou là dans le monde ? »

        Là ce n’est plus de la soumission volontaire, c’est de la gourmandise Vincent ! 😉

        C’est faire porter la même responsabilité aux organisateurs du crime et aux victimes, sur le thème du tous coupables-tous responsables. Pour reprendre l’actualité du jour, le smicard qui roule en vieille Clio diesel serait aussi coupable que Total….

        Non bien entendu ! S’il y a bien responsabilité collective, il y a aussi le concept du partage de cette responsabilité, et dans cette optique il est indécent de placer la responsabilité du smicard ou du petit boursicoteur sur le même plan que celle des dirigeants de GS ou de Total. Dans le premier cas il peut y avoir condamnation morale pour le boursicoteur (mais certainement pas pour le smicard obligé de rouler dans une vieille voiture polluante), alors que dans le second, il devrait y avoir condamnation pénale pour les criminels qui dirigent les entités qui détruisent sociétés et climat.

        Et l’exemple cité de la condamnation de DSK est bien là pour infirmer l’idée de justice. Non seulement le brave homme est libre parce qu’il a pu payer pour cela, c’est pourquoi les prisons US (et pas que) sont pleines presque exclusivement de pauvres. Mais surtout il a été inquiété pour une affaire de mœurs, jamais pour la part prise en tant que patron du FMI dans le « sauvetage » de la Grèce.

        Bref, les affaires de mœurs tombent sous le coup de la justice, et c’est heureux, mais pas les crimes économiques, et ça c’est un drame ! Il est possible de détruire la souveraineté d’un pays, d’acculer son peuple à l’exil et à la misère, de provoquer une incroyable hausse de la mortalité, et tout cela sans qu’il n’y ait la moindre conséquence judicaire !

        « Si le Président de Goldman Sachs ou celui de Lehman Brothers ne sont pas en prison, c’est qu’il n’y avait rien à leur reprocher vis-à-vis de la loi américaine. »

        Es-tu vraiment si naïf ?

        Penses-tu vraiment que la loi s’applique de la même manière et avec la même rigueur aux gueux et aux « élites », aux dominés qui comparaissent en « comparution immédiate » pour l’œuf volé et aux dominants qui ont les moyens de faire trainer les choses en longueur, de se payer des escadrons des meilleurs avocats alors que les faits qui leurs sont reprochés sont sans commune mesure ? Sans oublier bien sûr que si les dirigeants de GS avaient été envoyés derrière les barreaux, il aurait fallu procéder de la même manière avec tous ceux des autres patrons qui auraient agi comme eux. Probablement que cela aurait signifié décapiter le top-management de toutes les grosses banques US. Inimaginable !

        Pour t’aider dans ta réflexion, il y a quelques semaines de cela, un journal américain (le NYT, le Washington Post ?) a publié en première page la liste des banquiers condamnés pour avoir manipulé les marchés et sciemment spéculé contre les intérêts de leurs clients, des faits pourtant largement documentés et prouvés, tombant sous le coup de la loi américaine.

        La page était blanche…

        Comme DSK, ces braves gens n’ont été condamnés qu’à des amendes ! À la différence près que dans leur cas, l’argent ne venait pas de leurs poches mais de celle de leur banque…

        Résultat de cette parodie de justice : les criminels sont toujours en place (certains ont pris une retraite méga-dorée), les banques sont devenues encore plus grosses et systémiques, et nous tous, sommes toujours désignés pour nettoyer la montagne d’excréments (dixit l’excellent Margin Call) quand tout s’écroulera à nouveau !

        Bref, la demande de douceur dans un monde sans justice où les brutes sont en liberté, est destinée à rester un vœu pieux.

    2. L’IA au service du bien commun devra avoir comme base de programmation le «droit naturel» à partir de cette réalité, indiscutable, vous aurez plus de chance de réussir à éviter toutes manipulations.

      1. Voici un extrait d’un article concernant le «droit naturel».
        «La nécessité de donner la primauté au droit naturel est assise sur un constat, lui-même issu de l’expérience historique des peuples : la nature et les principes naturels sont supérieurs aux artifices et artefacts issus des pures constructions humaines. L’option consistant à assurer, en matière législative, la primauté du droit naturel sur toute autre considération nous est dictée avant toute chose par les terribles abus des régimes politiques que nous connaissons actuellement. Aujourd’hui, la valeur fondamentale qui régit le processus législatif est concrètement, bien qu’officieusement, la loi du profit ; or cette valeur fondamentale se révèle, à l’expérience, extrêmement hostile à la pérennité de la vie
        sur terre.
        Suite ici

      2. « la nature et les principes naturels sont supérieurs aux artifices et artefacts issus des pures constructions humaines »

        Ça ne veut strictement rien dire : comment voulez-vous que l’homme dispose du pouvoir « sur-naturel » de produire des choses qui sortent de la nature ? Ce serait lui assigner une essence divine dont il ne dispose pas : rien de ce que fait l’homme n’a jamais enfreint les lois naturelles.

      3. Par contre , l’idée que le vivant devienne un sujet de « droit » de notre espèce , émise déjà , ici et là , depuis quelques décennies , mérite autant d’attention que les gratuités .En nous remettant en osmose avec notre environnement , elle nous rendrait à notre …nature autant qu’elle conforte le lien social .

        Et Aristote serait content .

      4. Les constructions humaines poussé à l’extrême détruisent les bases de la vie….
        De toutes façon le «droit naturel» ou la nature est le seule point commun qu’il y a entre toutes les espèces vivantes, humain comprit, le TINA est là et nous n’avons donc pas le choix de s’entendre sus son maintien….

      5. À propos voici le reste de l’article pré-citée
        Nous adoptons, dans le nouveau régime politique, une conception rénovée du droit naturel assise d’une part sur les avancées scientifiques et d’autre part sur les leçons de l’histoire. Il en résulte que le droit naturel est, par essence, évolutif. Son contenu dépend à la fois de l’avancée des connaissances scientifiques et de la succession des expériences politiques et sociétales ; le droit naturel n’est pas figé. Dans ce contexte, le droit naturel rénové sera composé de deux branches.

        La première branche concerne le respect des principes fondamentaux de la vie, elle-même comprise dans toute sa diversité. Il s’agit ici de respecter le fonctionnement inné des êtres vivants. Cette première catégorie du droit naturel s’oppose par exemple à la mise sur le marché (c’est-à-dire à la diffusion à titre commercial ou non commercial) de poisons pour les sols, les eaux et l’air. Il s’agit également de respecter la structure du génome humain, animal et végétal et de s’opposer à la marchandisation totale ou partielle du corps humain et de ses produits. D’une façon générale, le pouvoir politique a la charge de mettre en œuvre une législation protectrice du vivant.

        La recherche scientifique doit être strictement encadrée et contrôlée ; ses avancées ne pourront s’imposer à tous qu’une fois définitivement validées par l’expérience. Ce qui nécessite la prise en compte du facteur temps entre une découverte et sa généralisation à la société. Ce facteur temps doit être mis à profit par le corps de la recherche pour analyser tous les effets de ladite découverte sur le vivant. Notons qu’actuellement, nous sommes très loin de ce respect dû au « vivant » en particulier (mais malheureusement pas exclusivement) en raison des pratiques des compagnies pharmaco-chimiques, lesquelles imposent, dans une très large mesure, la législation en vigueur ; la recherche du profit a largement pris le pas sur le respect dû au « vivant ».

        La seconde branche du droit naturel concerne l’organisation sociale. Cette organisation sociale doit tirer des leçons des expériences sociales et politiques historiques. Dans cette catégorie du droit naturel, nous retrouvons la nécessité pour le gouvernement d’organiser et de garantir la sécurité physique, juridique et morale des individus. Le gouvernement doit aussi respecter le besoin essentiel, propre à l’être humain, de transmission ; que cette transmission soit d’ordre spirituel ou matériel. Le droit naturel impose au gouvernement de garantir l’effectivité d’un lien institutionnel permanent entre les individus, relayés par les corps intermédiaires, et le gouvernement qu’ils ont participé à mettre en place. Le gouvernement doit garantir le respect des besoins vitaux de tous ses assujettis. L’existence d’un ascenseur social, qui répond au besoin de mobilité et d’espoir inhérent à tout être humain, doit être rendu structurellement possible par l’organisation sociale mise en place par le gouvernement et les corps intermédiaires. L’équité fait partie des principes fondamentaux que le gouvernement doit respecter.

        L’organisation et le contrôle, par le gouvernement, de la monnaie en circulation sur son territoire est une autre loi fondamentale issue de cette seconde branche du droit naturel. Le gouvernement, pour être légitime, doit acter la monnaie en tant que « service rendu à la collectivité » et non, comme c’est le cas aujourd’hui et depuis trop longtemps, en tant que « marchandise » circulant sur un marché 3.

        Par ailleurs, l’expérience historique nous apprend que les droits individuels ne valent qu’inscrits dans un contexte collectif de vie en commun ; autrement dit, les droits individuels n’ont de réelles valeurs que s’ils respectent le principe fondamental, qui lui est supérieur, de la nécessité de vie en commun. Les impératifs de vie en commun se traduisent par des règles contraignantes qui priment sur la prétendue liberté individuelle. C’est ainsi, par exemple que le commerce et les échanges commerciaux ne peuvent profiter à tous que s’ils sont encadrés par des règles collectives interdisant la prédation, c’est-à-dire l’accaparement légal. La lutte contre l’accaparement est une mission essentielle du gouvernement.

        En résumé, les lois doivent respecter en priorité les nécessités sociales liées à la « vie en commun », qui fait partie intégrante de l’ordre naturel. Cet impératif se retrouve en matière de famille, de contrôle du niveau de pollution (olfactive, sonore et visuelle), qui a une acuité particulière en milieu urbain, mais qui existe de façon générale.

        Cet impératif de prééminence du collectif sur le particulier a de très multiples applications juridiques. Le respect des principes naturels imposés par la vie en commun rend obsolète toute pétition de principe, artificielle, proclamant la prééminence de prétendus droits individuels. Les lois imposant le respect de la vie en commun viendront « naturellement » remplacer les droits individuels proclamés, comme une pétition de principe, par la « Constitution ». Le commerce sera encadré de façon à interdire l’accaparement ; il faut ici préciser que l’accaparement légal (que nous connaissons aujourd’hui) est la négation explicite de l’ordre politique et du concept même de civilisation.

        Dans notre nouvel ordre politique, l’individuel se conçoit comme étant une partie du collectif. Le nouveau régime a pour fonction de garantir que l’ensemble des lois subtiles garantissant la pérennité du « vivant », compris dans sa diversité, auront une force supérieure à la « loi du plus fort » (loi de la jungle), actuellement très en vogue. Le « droit de nuire à autrui » ne sera plus une prérogative attachée à l’argent et à la possession.

        Le gouvernement, tel que nouvellement conçu, a la charge politique d’établir des règles garantissant le respect individuel dans un cadre collectif.

  4. « ….. La question reste ouverte, et indépendamment du fond du sujet et de ses interprétations plus ou moins partisanes, il sera intéressant de voir l’ampleur du blocage provoqué par les gilets jaunes samedi prochain. Les réseaux sociaux peuvent-ils servir à bloquer un pays ? …… »

    Contrairement à vous je ne suis pas sûr qu’une grande partie du « mouvement des gilets jaunes », celle du « ras le bol fiscal » acoquiné au « poujadisme », celle partisane d’une « écologie gérée par les chasseurs » équipés de silencieux, surtout le dimanche, par exemple, ait envie « …d’imposer un rapport de force favorable, tout en évitant qu’ils ne se lancent dans de violentes provocations afin d’utiliser l’arsenal juridique qui a fait de nos anciennes lois d’exception la loi commune ? … » pour parler des représentant.e.s, élu.e.s, leur ayant accordé plus d’espace-temps politique, et encore plus de soutiens armés (baisse du coût du permis…)…

    J’espère aussi me tromper dans la tragédie de cette intuition, de cette interprétation des revendications, et incohérences… des amalgames d’expressions (de la « société civile » et récupérations politiciennes) de ce mouvement… parce que par ailleurs j’adhère à vos idées.

    1. Nous verrons bien samedi. Suivant l’ampleur des blocages il devrait être assez facile de savoir s’ils sont organisés par des intérêts partisans ou si au contraire, ils relèvent d’une dynamique plus générale découlant d’un sentiment de ras-le-bol devant une politique ressentie comme injuste et méprisante.

      1. J’aurais plutôt dit suivant l’ampleur des blocages, et nombre de fois ou le discours « prise en otage », (voire l’inverse) sur laquelle les médias de masse focaliseront l’attention des « temps de cerveaux disponibles » qu’à vouer « un culte féroce » à la dictature des émotions » sondées, au « poujadisme », et à la capacité à céder aux sirènes des mesures annoncées pour désamorcer une partie du détonateur du « ras le bol fiscal » (quoi que paradoxalement les mesures, s’adressent-elles plus aux contribuables directs encore solvables, presque du moins…ou à ceux indirects, des moins solvables,alors qu’ils sont les plus nombreux à enrichir les banques et actionnaires en se sur-endettant -comme pour les « sous-primes »)… Mais attendons de voire, vous avez bien raison…

      2. C’est bien l’espoir du RN .

        Pour la FI , ça devient plus difficile à suivre avec la prise de distance de Clémentine Autain .

      3. Il semblerait que Marine Le Pen ait bien compris qu’il lui suffisait de se taire, contrairement à tous ceux et celles qui sur l’ensemble de l’échiquier politique s’essayent à récupérer maladroitement le mouvement.

      4. Ne pas confondre tentative de récupération et récupération réussie, les gens sont suffisamment instruits des petites combines politiciennes. Je pense que si Le Pen ne dit rien, c’est justement parce qu’elle sait qu’elle a tout à perdre en passant pour celle qui veut récupérer le mouvement.

        En fait, comme le mouvement est inédit, bien malin qui peut ce soir en prévoir le résultat.

      5. Pas si inédit que ça . Il y a des rave-party organisées comme ça . Ça marche bien en général , pour des publics « très motivés » .

        Pas forcément citoyens .

        PS : sauf erreur et fausse information transmise , la nana qui depuis la région a provoqué sinon organisé le mouvement , s’est vanté de n’avoir jamais voté et n’avoir jamais eu envie de le faire .

      6. Vous pouvez continuer à taper sur les gilets jaunes tant que vous voulez, chacun est libre de ses détestations. Je vous rappelle simplement mon intérêt pour la chose (que je ne force personne à partager) :

        « La question reste ouverte, et indépendamment du fond du sujet et de ses interprétations plus ou moins partisanes, il sera intéressant de voir l’ampleur du blocage provoqué par les gilets jaunes samedi prochain. Les réseaux sociaux peuvent-ils servir à bloquer un pays ? »

      7. Que ça bloque ou que ça bloque pas , ça n’a aucune importance positive .

        Par ailleurs , on sait déjà avec l’exemple de rave party qu’on peut bloquer la moitié d’un département , parce que c’est déjà arrivé .

        Et alors ?

      8. Bien au contraire c’est extrêmement important car totalement nouveau : si le blocage fonctionne il ne sera pas le fait d’un mouvement organisé, vertical, et forcément limité à un groupe d’intérêts constitués, mais il prouvera qu’une mobilisation horizontale d’une grande partie de la société, de gens sans liens, est possible en dehors des organisations partisanes et syndicales.

        Attendons de voir.

      9. La mobilisation des gilets jaunes est inédite et ne peut se comparer aux mouvements déjà connus.

        Nous verrons bien si elle ouvre une faille dans le TINA (version actuelle : j’assume et je fais de la pé-da-go-gie. Ce qui pourrait se résumer par un index levé bien haut).

        C’est bien entendu ce TINA institutionnalisé, gravé dans le marbre des traités, qui nous entraine vers le chaos (avec certes une pause à la case extrême-droite).

  5. « mais grâce à des systèmes interactifs d’aide à la décision qui prendraient en compte l’ensemble de la problématique allant du coût réel de l’extraction à celui de l’exploitation et de la « gestion » des déchets »
    Malheureusement, l’ensemble de la problématique ne peut être fait que par des spécialistes. Et on sait que ces spécialistes travail dans l’atome et son, donc, en conflit d’intérêt avec le sujet. C’est bien là le problème des lobby.
    Sur quel critère choisiront nous ceux qui rédigerons cela ? Comment s’assurer de son impartialité ? Est-ce que l’Autorité de sûreté nucléaire l’est ?

    De même, l’IA n’est pas non plus impartial, puisque faite par des humains, d’une certaine catégorie de la population (concrètement des ingénieurs homme blanc).

    Plus globalement, vous partez du principe que c’est ce que souhaite la population, permettez moi d’en douter.
    Quand je vous lis, je pense fortement à la campagne de Benoit Hamon. On a vu ce que ça a donné.

    1. Votre remarque sur la partialité, disons-le mot, la corruption des spécialistes par les lobbys est tout à fait juste, mais elle ne peut pas être généralisée : les ONG comme Greenpeace ou le réseau Sortir du nucléaire font également appel à des spécialistes hautement qualifiés et qui argumentaires et chiffres à l’appui démontent le discours de la filière électronucléaire.

      Les critères d’indépendance et de compétences sont donc les principaux points à vérifier afin de constituer ces panels d’experts dont les éléments qu’ils fourniront serviront à alimenter les algorithmes. Sortie de l’idéologie, qu’est-ce que l’électronucléaire ? Du physico-chimique, des faits calculables comme l’évolution de la ductilité d’un acier soumis à haute température à un bombardement neutronique et sa capacité à résister à un choc thermique en cas d’arrêt d’urgence. Je pense que la planète compte suffisamment de physiciens ou de métallurgistes pour trouver parmi eux des gens honnêtes (sous le contrôle de la toute puissante administration fiscale bien sûr). Une autre manière d’améliorer la résilience de ces panels d’experts à la corruption, étant de faire appel à des gens venant de pays qui ne possèdent ni centrales nucléaires ni intérêts dans les différentes filiales.

      Concernant votre très juste remarque sur la neutralité de l’IA, je me permets de vous renvoyer à ma réponse faite à Pierre-Yves Dambrine.

      Enfin, si mes souhaits de citoyen en matière d’électronucléaire sont très clairs (arrêter les frais avant de perdre une partie du territoire, et si affinité une partie de celui des pays voisins), le but de la démocratie directe n’est pas de s’assurer de l’intelligence des décisions prises, mais bien que celles-ci soient prises en toute connaissance de cause par une majorité informée (d’où l’importance de l’éducation et même si cela n’apparait pas dans le billet, de casser les monopoles et d’ôter aux milliardaires – du moins à ceux dont ce n’est pas le cœur de métier – le contrôle de la presse et des télévisions).

      1. Bien sûr que l’on peut trouver des gens que l’on décrirait comme indépendant. Le problème c’est que les français ont déjà un avis sur la question du nucléaire, qui n’est qu’un exemple, et sur tous les autres sujet (on les sonde sur tout et n’importe quoi).
        Donc les pro nucléaire vous diront que les sois disant expert de Greepeace sont des anti, et les anti nucléaire vous dirons que les sois disant expert d’EDF ou de l’ASN sont des pro.

        Penser que les gens veulent savoir la vérité est une utopie de personne cultivée, éduquée, intelligente et sensée (ce que vous devez être, et à peu près tous les lecteurs de ce blog). Les réseaux sociaux nous ont montrés que les gens veulent lire ce qui correspond à leur avis, et non la vérité.
        Je ne leur jette pas la pierre, bien s’informer est très consommateur en temps. Et il ne suffit pas de dire, qu’ils s’informent plutôt que de regarder la TV, puisque l’un est une activité cérébrale, l’autre un divertissement (qui permet de décompresser, mettre le cerveau en off).

        Pour être entouré de personne qui rentre dans ma catégorie de  » cultivée, éduquée, intelligente et sensée » (certains de droite, d’autre de gauche), je leur ai demandé, aux dernières élection, qui avait lu tous les programmes des candidats à l’élection présidentielle, ou au moins : un peu de tous ou un en entier.
        Personne…

        Et si on part sur des sujets moins scientifiques, la question des réfugiés (que cette fameuse presse de milliardaire s’est empressée d’appeler migrant), par exemple. Est-ce que l’on doit accueillir des personnes qui fuient la guerre (dont nous sommes en partit responsable, par divers biais) et faire en sorte de le faire avec humanisme et dignité ? Je réponds oui, et je ne comprends même pas comment la question peut être posé. Pourtant, combien pense l’inverse, tellement.

        Je me permets de préciser que je crois en ce que vous dite, j’aime beaucoup ce que vous proposer. Que les points bloquant, évoqués dans mon premier post et comme vous m’avez répondu, peuvent être levés. Mais ça représente un tel changement de mentalité. Pour tous les gens qui ne bougent que parce que leur plein de carburant leur coûte un euro de plus, et ils semblent être nombreux (10 millions ont votés FN au second tour), ce que vous proposez n’a aucun sens.
        Et enfin, et vous l’avez évoqué dans votre article, comment supprimer la cinquième république et tous les travailleurs qui y sont rattachés ? (Je « m’amuse » toujours à dire que la révolution française porte bien sont nom, dans le sens astronomique. On a remplacer une élite par une autre, on a fait un tour sur nous même et les hermines ont été remplacées par des costumes 3 pièces, la belle affaire.)

      2. « Donc les pro nucléaire vous diront que les sois disant expert de Greepeace sont des anti, et les anti nucléaire vous dirons que les sois disant expert d’EDF ou de l’ASN sont des pro. »

        Nous sommes-là dans le discours idéologique, celui qui par nature non seulement empêche le débat, mais relativise tout en dissolvant le réel dans une réalité alternative aussi grotesque que dangereuse. D’où l’intérêt vital d’avoir des experts indépendants qui peuvent exposer en toute transparence leurs travaux suivant les critères de réfutabilité poppériens, et d’une méthode scientifique qui permet de trancher entre les faits et les mensonges.

        Écrire « Penser que les gens veulent savoir la vérité est une utopie de personne cultivée, éduquée, intelligente et sensée » est une opinion, pas un fait démontré. Mais quand bien même cela s’avérait être la vérité pour une partie de la population, nous en revenons à la nécessité de faire reposer la démocratie sur l’éducation citoyenne (apprendre à apprendre, apprendre à réfléchir) et sur la nocivité d’une presse contrôlée en France à plus de 95% par les milliardaires.

        Et comme vous le faites justement remarquer, être cultivé et posséder des savoirs n’est pas suffisant. Après tout les individus qui nous dirigent, dont quelques-uns sont élus, sortent pour la plupart de filières éducatives « d’excellence ». Plus généralement la grande guerre civile européenne de 14-45 est là pour nous rappeler que ni la culture ni la technologie ne suffisent à nous préserver de notre barbarie.

        Il s’agit en fait comme le dit d’une autre manière Denis Monod-Broca, d’un problème anthropologique dans la résolution duquel la démocratie directe n’est qu’un outil parmi d’autres. Une sorte de monstrueuse crise de croissance, découlant du fait que les instincts sélectionnés dans notre espèce et qui ont permis notre multiplication – s’ils étaient parfaitement adaptés durant la préhistoire – se retournent de plus en plus violemment contre nous, au fur et à mesure que notre société se complexifie et se technicise.

        Pour le dire plus clairement, enchainés par nos instincts et pulsions, nous n’avons pas la force morale suffisante pour contrôler nos artefacts et nos organisations dont la puissance nous échappe et dont les effets se font sentir à une échelle désormais planétaire, impactant tous les écosystèmes et organismes vivants.

        J’en tire la conclusion provisoire que la violence est inévitable, voire que vouloir l’empêcher à tout prix consiste à visser un peu plus le couvercle sur la cocotte-minute, et qu’il s’agit non plus de l’éviter mais de réfléchir aux moyens de la cantonner à son plus bas niveau possible. Exercice délicat étant donné le penchant de l’espèce pour la montée aux extrêmes, mais auquel nous ne pouvant pas échapper, pousser par le basculement climatique et plus généralement par ce que Paul Jorion désigne sous le vocable du soliton.

        Aux échelles de temps de l’évolution des êtres vivants, il parait assez clair que notre espèce est arrivée devant un goulet d’étranglement et qu’il n’est pas du tout certain qu’elle puisse le franchir.

      3. « D’où l’intérêt vital d’avoir des experts indépendants qui peuvent exposer en toute transparence leurs travaux suivant les critères de réfutabilité poppériens, et d’une méthode scientifique qui permet de trancher entre les faits et les mensonges. »
        => J’ai bien compris votre intention, mais ça ne réfute pas ma remarque. Trouver un humain qui accepte que son avis (justifié ou non, documenté ou non) soit contredis demande des capacités, il me semble, que peux d’humain on. Et là, plus question d’éducation, intelligence, je pense que c’est une limite de notre espèce. C’est d’ailleurs plus ou moins ce que vous me dite plus loin.

        Est-ce que notre espèce est capable de se sortir de cette situation. Parce que là, on est bien d’accord que la problématique est mondial. Si par miracle, ce que vous souhaitez arrive en France, cela ne sauvera pas la planète.

        « la nécessité de faire reposer la démocratie sur l’éducation citoyenne (apprendre à apprendre, apprendre à réfléchir) et sur la nocivité d’une presse contrôlée en France à plus de 95% par les milliardaires. »
        => Une fois de plus, je suis d’accord avec vous, mais avons nous les outils / moyens de le faire ?

        « Pour le dire plus clairement, enchainés par nos instincts et pulsions, nous n’avons pas la force morale suffisante pour contrôler nos artefacts et nos organisations dont la puissance nous échappe et dont les effets se font sentir à une échelle désormais planétaire, impactant tous les écosystèmes et organismes vivants. »
        => Là je vous rejoins, on a clairement créé un monstre incontrôlable. Le cas du Brexit nous montre d’ailleurs, que les personnes concernées sont incapables de le contrôler.

        « J’en tire la conclusion provisoire que la violence est inévitable »
        => Elle n’arrivera que lorsque l’accès aux éléments de notre survie (eau potable et/ou nourriture) sera compliqué / impossible. Il sera trop tard.

        « Aux échelles de temps de l’évolution des êtres vivants, il parait assez clair que notre espèce est arrivée devant un goulet d’étranglement et qu’il n’est pas du tout certain qu’elle puisse le franchir. »
        => C’est également mon avis pessimiste de la situation. Si la guerre nucléaire est évitée, elle pourra survivre avec peut être une baisse de 99% de la population et repartir de 0 (ce qui n’empêchera sans doute pas les mêmes erreurs, mais ça prendra du temps).

      4. « Trouver un humain qui accepte que son avis (justifié ou non, documenté ou non) soit contredis demande des capacités, il me semble, que peux d’humain on. Et là, plus question d’éducation, intelligence, je pense que c’est une limite de notre espèce. C’est d’ailleurs plus ou moins ce que vous me dite plus loin. »

        Exact ! C’est bien pourquoi l’espèce a inventé la méthode scientifique et les critères de réfutabilités poppériens. Pas pour faire disparaitre ceux qui pensent que la Terre est plate ou que les arbres montent aux cieux, chose impossible à réaliser, mais pour les marginaliser grâce à des preuves scientifiques réfutables et duplicables.

        D’accord avec votre remarque que la problématique est mondiale, c’est bien pourquoi une telle révolution doit impérativement se répandre aux autres pays. Sinon l’échec est garanti.

        Avons-nous les moyens de former des citoyens et de briser les monopoles ? Nos moyens humains et financiers étant ceux d’une des plus grandes puissances économiques sur cette planète, il s’agit plus à mon sens de savoir si nous avons la volonté politique d’instaurer un rapport de force. Là également, dans un pays plutôt vieux et riche, j’aurais tendance à répondre par la négative.

        D’accord également avec vous lorsque vous écrivez que nous ne réagirons que lorsqu’il sera trop tard. Quand nous ne savons plus quoi faire, nous faisons ce que nous savons faire…

        La Grande liquidation reste l’option la plus probable.

  6. J’attends beaucoup des gilets jaunes. Les politiques sont en crise du style « si ce n’est pas toi, c’est moi ».
    Je pense qu’une guerre civile est en marche si les revendications des gilets jaunes à savoir la suppression des taxes sur le carburant .
    Il y a autre chose c’est le chômage et bien évidemment la pauvreté qui en découle.
    Les ministres du travail successifs n’ont rien faits. Ils ont géré leur politique ensemble.

  7. Des réflexions de ce type sont évidemment nécessaires. Mais la réflexion est un peu courte, un peu romantique ou un peu inexpérimentée, je ne sais comment dire. Comme PYD, je ne liquiderais pas trop vite la démocratie représentative. Oui, la démocratie élective est d’abord une façon de désigner ceux qui décideront. Mais alors la question de la Rotation des décideurs est importante (tout citoyen grec –on en sait les limites– pouvait espérer être décideur une fois tous les six ans). Ensuite il y a la question du contrôle des dirigeants suite à un exercice de Reddition des comptes à ses électeurs (imaginons simplement que les rapports de la Cour des comptes soient suivis d’un vote citoyen de confiance/défiance envers les décideurs). Mais l’action corruptrice de l’argent dans le processus électoral est très ancien.
    Par opposition à cela, la démocratie directe est une bouteille à encre, car la capacité à s’informer, la compétence, l’intérêt à s’exprimer, l’influence des peurs et des émotions sont tous inconnus et peu mesurables. La capacité à manipuler est exacerbée par les réseaux sociaux. On connaît les votations suisses.
    Plusieurs processus d’aide à la décision des citoyens ont été expérimentés, notamment en Belgique en matière de nucléaire (site de déchets, etc.). Un des problèmes est la neutralité de l’expertise (qui peut être intéressée, ou simplement orientée). Un autre est la représentativité des participants (les japonais de Fukushima participeront-ils au choix en France ?) et donc le territoire défini. Un autre enfin est l’édulcoration (qui peut être) excessive de l’émotion à mesure qu’on augmente sa compétence (cas des jurés d’assise devant l’expertise judiciaire).
    Le réseau numérique est sans doute un nouveau moyen d’animer la démocratie, mais il n’est pas un autre mode de décision, et il ne résout pas les questions classiques en les déplaçant à une autre échelle.
    Autre réflexion : nous sommes aujourd’hui confrontés au surgissement de l’homme providentiel, ce qui est sans doute lié à l’affaiblissement des parties et la corruption des élites. Il faut aussi affronter cette réalité et peut-être l’utiliser. Quels critères pour un « bon » homme providentiel ? Et quel « mouvement » en appui ? Question sûrement iconoclaste…

    1. Il est certain qu’un billet qui commence en évoquant le scénario du Giec à +5,5° et le génocide planétaire qui s’en suivrait, est d’un romantisme échevelé ! J’ajouterai même qu’il est dans la droite ligne des soap operas à l’eau de rose tel que Nuit et Brouillard de Renais.

      Plus sérieusement, je ne vois pas comment il est possible de qualifier de démocratique un régime ou un euro ou un dollar valent une voix ? Ce qui est nouveau, ça n’est pas la corruption, c’est le fait que celle-ci soit devenue systémique, intégrée dans le fonctionnement de nos institutions. La meilleure preuve étant que chaque gouvernement ces dernières années a fait pire que le précèdent, et toujours au service des intérêts des mêmes.

      Nous en sommes maintenant au point où cette corruption systémique a fait disparaitre l’idée même de politique, l’idée qu’il soit possible d’influer d’une quelconque manière sur les politiques macro-économiques dictées par de puissants intérêts privés et des gens non élus. Comment s’étonner ensuite de la montée des extrêmes?

      Vous écrivez : « Par opposition à cela, la démocratie directe est une bouteille à encre, car la capacité à s’informer, la compétence, l’intérêt à s’exprimer, l’influence des peurs et des émotions sont tous inconnus et peu mesurables. La capacité à manipuler est exacerbée par les réseaux sociaux. On connaît les votations suisses. »
      Vous soulevez le problème de l’éducation à la citoyenneté, et de l’éducation tout court, sans lesquelles ne peut fonctionner la démocratie directe. Mais qu’en est-il de nos représentants ? Pensez-vous qu’ils valent mieux que la moyenne des français qui reste un peuple avec un haut niveau d’instruction? Ne serait-ce pas au contraire nos chers « représentants » qui en détruisant le code du travail, les protections sociales ou les hôpitaux, et qui en transférant sans cesse plus d’argent vers le sommet de la pyramide sociale nous emmènent au bord du gouffre ? Quant au système de votation suisse, je laisse ceux qui nous lisent décider s’il est préférable de voter en Suisse ou bien en France où l’exercice consiste à mettre un papier dans une urne, puis à regarder passer les trains les cinq années suivantes…

      Vous écrivez également : « Le réseau numérique est sans doute un nouveau moyen d’animer la démocratie, mais il n’est pas un autre mode de décision, et il ne résout pas les questions classiques en les déplaçant à une autre échelle. »
      Si le problème de fond, celui qui nous conduit à la catastrophe, est bien la corruption systémique, alors je ne vois pas d’autre moyen que la démocratie directe pour s’opposer à la volonté des marchés et de nos amis milliardaires. Tous nos problèmes ne seront peut-être pas résolus, mais au moins ne seront-ils plus verrouillés !

      Quant à la question de l’homme providentielle, elle est tellement courante dans l’histoire de nos sociétés qu’elle n’a plus rien d’iconoclaste. C’est une variante de la soumission: laissons notre cerveau à notre bon Roi/Père, afin de continuer à brouter l’herbe verte tranquillement. Sauf que dans un scénario à +5,5°, d’herbe verte, il n’y aura plus…

  8. Les lois votées à l’Assemblée Nationale partent d’un bon sentiment et sont appliquées à l’inverse. Ces lois passent en commission pour être discutées et je dirai démolies dans leur forme.
    Enfin les taxes sur le carburant vont faire augmenter les prix. Les riches pourront payer mais les pauvres ne le pourront pas.
    Âgée, j’ai mis mon gilet jaune visible à l’avant. C’est pour moi symbolique car je soutiens ce mouvement.

  9. A R Boulant, bonsoir.
    Seule votre 1ère réalité est réelle, les 2 autres relèvent de votre mythologie.
    Vous dites: « l’Union européenne qui a détruit la Grèce et transformé son peuple en serfs, »
    C’est quoi votre définition d’un « serf »? En quoi la Grèce est elle détruite ?
    En réalité, les Grecs restent des citoyens libres (de voter pour les extrêmes – ce qu’ils ont fait). Ils souffrent « simplement » de la gueule de bois après l’orgie de crédits permise par l’€.
    Vous dites:  » face à l’agression des néolibéraux », quelle agression, comment se manifeste t elle ?

    Pour résoudre un problème il faut commencer par le définir rationnellement.
    L’effondrement qui a commencé a des causes physiques.

    Vous semblez vous servir de la 1ère réalité comme prétexte à promouvoir vos idées politiques irrationnelles.

    1. Bonsoir Hadrien,

      Vous avez parfaitement raison, un pays qui appartient à ses créanciers pour les éons à venir n’est pas détruit (cette appartenance devant répondre à votre questionnement sur ce qu’est un serf), c’est sa souveraineté qui l’est.

      Quant aux Grecs hélas, la question ne se pose pas : des gens qui meurent faute d’avoir accès à leur traitement médical, des familles entières vivant sur la maigre pension (sans cesse rognée bien sûr) des anciens, des enfants sous-alimentés comme dans les pays dits naguère du tiers-monde, l’immigration en masse des plus jeunes et diplômés, etc.

      Si vous êtes friand de détails, je vous invite à parcourir le blog greek crisis
      http://www.greekcrisis.fr/

      À cette réalité il convient bien sûr d’en rajouter une dernière, terrifiante de trivialité : entre la méditerranée transformée en cimetière, l’argent déversé sur les milices libyennes pour qu’elles « prennent soin  » des migrants, la destruction de la souveraineté grecque et le servage de sa population.., l’Union européenne est un vrai naufrage moral !

      Les faits sont têtus et les nier ne peut qu’amplifier le problème et le rendre insoluble.

    2. @Hadrien (14/11 à 17h19) écrit :
      … » Vous dites: « l’Union européenne qui a détruit la Grèce et transformé son peuple en serfs, »
      C’est quoi votre définition d’un « serf »? En quoi la Grèce est elle détruite ?
      En réalité, les Grecs restent des citoyens libres (de voter pour les extrêmes – ce qu’ils ont fait). Ils souffrent « simplement » de la gueule de bois après l’orgie de crédits permise par l’€
      « …

      …  » Angoisse de l’avenir, sentiment de déclassement, impression que l’exode est l’unique option : de plus en plus de Grecs jettent sur leur pays un regard désolé et inquiet. Entre 300 000 et 500 000 des 10 millions d’habitants, essentiellement des personnes de moins de 25 ans, ont quitté le pays depuis 2010 et le premier plan de sauvetage accompagné de son corollaire : les mesures drastiques d’austérité. L’économie s’est effondrée. Pour comprendre quel est l’impact de la chute du produit intérieur brut de 25 % depuis huit ans, un chiffre, édifiant, suffit. La moitié des 900 000 entreprises de moins de 10 salariés ont fermé. Le chômage, d’à peine 10 % en 2010, a culminé à 27,9 % en juillet 2013 ; il est certes enfin descendu sous les 20 % mais reste deux fois plus ravageur chez les moins de 25 ans. Les chômeurs ne sont maintenus hors de la pauvreté que par un fil : une indemnité chômage qui, en terre hellène, ne s’élève qu’à 360 euros, et à 504 euros pour une famille de quatre personnes. Une indemnisation versée pendant un an maximum après la perte du travail. Du coup, seuls 8 % des demandeurs d’emploi sont indemnisés. Les autres ne doivent leur survie qu’à leur famille, au système D ou à la vente de leur bien immobilier.
      Travail à temps partiel

      «Les Grecs bradent leurs biens, appartements et maisons…https://www.youtube.com/watch?v=LY1rTFekveU
      Et les étrangers les achètent à bon prix», explique Virginia, qui ajoute : «Ceux qui vendent ne le font pas de gaieté de cœur. Leurs revenus ont chuté ; ils ne peuvent plus payer les impôts ni l’entretien de leur maison.» Les revenus ont en effet considérablement chuté depuis huit ans. Les rémunérations ont diminué de 35 % en moyenne. Le salaire minimum grec, de 750 euros en 2010, a fondu à 586 euros, et même à 510 euros pour les moins de 25 ans. La plupart des emplois créés, à temps partiel ou à durée déterminée, ne permettent pas de sortir de la précarité ou de la pauvreté. Aujourd’hui, un tiers du 1,7 million d’employés travaillent à temps partiel, pour 394 euros net par mois, soit à peine plus que le seuil de pauvreté national (380 euros).

      Et difficile de se projeter ou de penser à de vieux jours paisibles, car la possibilité de prétendre à une retraite décente s’est pour le moins amoindrie. Et pour cause : le pays a connu pas moins de 27 diminutions des retraites depuis 2010. En moyenne, elles ont baissé de 45 %. La retraite minimale garantie, de 345 euros pour quinze années de cotisation, se situe sous le seuil de pauvreté. «Ma mère a cotisé vingt ans, et se retrouve avec une retraite de 400 euros, se désole Athina. Comment peut-elle vivre avec ça ?» Mais cette question en cache en réalité une autre : comment la famille peut-elle continuer à jouer le rôle d’amortisseur social qui lui a longtemps été dévolu, suppléant ainsi un Etat au bord de la faillite ? Il y a urgence car «la pauvreté est une bombe pour la cohésion sociale et l’économie grecques», prévient Savas Robolis, professeur émérite d’économie à l’université Panteion d’Athènes.
      Anxiolytiques et antidépresseurs

      Car la crise sociale tient désormais de la crise sociétale. Différentes enquêtes menées dans ce petit bout d’Europe révèlent ainsi l’explosion des phénomènes de dépression, voire de suicides depuis 2010. Ce que confirment… les eaux usées de la capitale. En effet, des chercheurs de l’Université capodistrienne d’Athènes ont constaté lors de tests sur celle-ci un boom de la consommation de psychotropes (multipliée par 35 entre 2010 et 2014), d’anxiolytiques (multipliée par 19) et d’antidépresseurs (multipliée par 11). Le pays vit une dépression collective où l’absence de perspective ajoute à l’angoisse du quotidien. Un sondage réalisé par la société Nielsen révèle ainsi que plus de 7 Grecs sur 10 doutent que le pays sorte de la crise économique dans les douze prochains mois. Résultat : ils continuent de sabrer dans leurs dépenses consacrées aux loisirs, aux sorties ou à l’habillement. Un autre sondage, mené par le Centre du travail d’Athènes, décrit la souffrance au quotidien. Ainsi, 43 % des ménages déclarent ne pas avoir les moyens de payer le chauffage de leur logement ; 52 % disent qu’ils ne pourraient pas faire face à une dépense imprévue de 500 euros, et 49 % assurent qu’ils ne peuvent partir en vacances. Enfin, «seuls» 42,5 % des salariés affirment percevoir leur salaire en retard.

      Beaucoup ont vu leurs projets brisés. Athina est retournée vivre chez sa mère. Son ancien ami est parti en Allemagne. Ses projets de mariage et d’enfants ont été remisés. D’ailleurs, le taux de fécondité, de 1,8 enfant par femme en 2010, a chuté à 1,3 en 2018. Le plus faible, et de loin, en Europe. Bien insuffisant pour assurer le renouvellement des générations. «Même si le taux passe à 1,5, la population grecque, de 10,8 millions d’habitants aujourd’hui, ne sera plus que de 8,6 millions en 2060»,explique Savas Robolis.

      Et cette baisse de la population aura des effets en chaîne sur le développement économique, sur le financement des retraites, etc. Désormais, le gouvernement espère utiliser les quelques marges de manœuvre dont il disposera pour stabiliser le marché du travail. Bref, essayer de recréer un espoir dans une Grèce éreintée. En attendant, Ta Nea, le quotidien proche de l’opposition, préfère jouer sur l’ironie : «21 août. […] Le plan d’aide est terminé. Le cauchemar continue.»Virginia et Athina ne disent pas autre chose en fermant la devanture de l’agence immobilière : «Le pays est transformé en supermarché pour les étrangers. Et nous, en main-d’œuvre bon marché.»
      (Fabien Perrier- Libération)

      Je confirme. Hélas.

      1. @Otromeros.
        Merci pour votre longue réponse que je ne conteste nullement.
        Je dis:  » Ils souffrent « simplement » de la gueule de bois après l’orgie de crédits permise par l’€ « .
        Le mot « simplement » ne signifie pas « peu ».
        J’essaye de promouvoir un vocabulaire précis. Parler de « serfs » (qui a un sens précis) pour qualifier les Grecs d’aujourd’hui affadit ce terme et l’argument de R Boulant.

      2. Serf : Sous la féodalité, Personne qui n’avait pas de liberté personnelle, était attachée à une terre (glèbe) et assujettie à des obligations.

        Exactement la situation de ceux des grecs qui ne peuvent pas fuir leur pays, condamnés à la misère ad vitam æternam par le remboursement d’une dette que chacun sait insoutenable.
        La chose est pourtant connue depuis longtemps, et fut brillamment résumé en son temps par John Adams: « Il y a deux manières de conquérir et d’asservir une nation, l’une est par les armes, l’autre par la dette »

        Et puisque vous parlez fort justement de la nécessité qu’il y a à utiliser un vocabulaire précis, employer l’euphémisme de « gueule de bois » – qui au passage fait reporter sur les victimes le crime des banques et des oligarchies locales qui ont falsifié les comptes du pays pour permettre son intégration dans l’UE – me semble totalement inapproprié concernant la situation de gens qui meurent faute d’avoir accès aux soins et traitement qui leurs sont nécessaires, ou encore d’enfants qui n’ont pas leur ration calorique quotidienne nécessaire.

        Dans le cas grec il y eut bel et bien crime, suivi du châtiment… des victimes !

        Au fait, comment la Grèce a truqué ses comptes ?
        http://www.economiematin.fr/news-grece-trucage-comptes-dette-pib-pirollo

        À la réflexion, parler de naufrage moral de l’Union européenne me semble également être un doux euphémisme. Les termes d’infamie et d’infâmes conviennent bien mieux.

  10. Chère commune, cher commun,

    Dans sa vidéo Bernard Stiegler commence par nous rappeler ce qu’est la thermodynamique.

    Il a raison car c’est l’entropie et la chaleur dissipée qui posent problème mais encore tout les KiloWatt ou esclaves énergétiques (concept de Jean Marc Jancovici) dont nous oublions la présence.

    https://jancovici.com/transition-energetique/l-energie-et-nous/combien-suis-je-un-esclavagiste/

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Esclave_%C3%A9nerg%C3%A9tique

    Toujours la même contribution,

    Nous devons diviser par quatre nos produits carbonés.

    Nous devons diviser par quatre notre kilométrage

    Nous devons diviser par quatre notre alimentation issue du pétrole pour plus de 95% et même en bio les tracteur existent.

    Nous devons diviser par quatre nos médicaments issues de la pétrochimie.

    Nous devons diviser par quatre notre chauffage et nos dépenses d’habitations.

    Alors tant que nous n’avons pas régler les moyens physique d’y arriver le reste n’est du flan.

    Un très jolie flan d’ailleurs car ici les esprit sont aviser pour parler et écrire mais ils devraient passer par ce qu’on appelle en psychanalyse

    L’eprouvé

    juste un morceau d’un plus grand texte :

     » Cette impression de « rater notre cible » se doublait du sentiment que nous faisions parfois usage de la parole dans une visée défensive (sur un mode rappelant parfois la défense maniaque) face au contact de contenus psychiques plus troublants et plus anxiogènes tels qu’ils pouvaient se déposer de façon confuse dans la séance. »

    in

    L’éprouvé corporel aux sources du contre-transfert… en psychodrame psychanalytique individuel avec l’adolescent
    parJérôme Boutinaud

    Vous retrouverez ce texte sur le lien qui suit :

    https://www.cairn.info/revue-de-psychotherapie-psychanalytique-de-groupe-2011-2-page-135.htm

    Oui comment pansé et pensé la transition vers un monde post carbone si on n’a pas éprouvé ce que signifiera le manque, le rationnement.

    Il devient selon moi impossible d’élaborer un signifiant, lequel signifiant est la structure garante de l’exercice de la transition ou dans un autre langage, la création d’un cadre avec son droit réécrit pour l’occasion qui donne la liberté d’exercice pour un autre surmoi.

    Notre surmoi est à ce jour pris dans les méandres d’un cadre physiques complétif de nos failles et inaptitudes.

    Il ne peut évoluer dans un environnement d’injonction paradoxale, qui dans les fait se traduit la « croissance » m’offre la vie d’aujourd’hui mais elle tue la vie de demain.

    La seule manière de répondre est de contournée notre raison par la notion d’éprouvé ou le corps nous enseigne nous renseigne là ou notre esprit notre rationalité est prise dans cette paradoxale injonction.

    En résumé ce n’est plus
    pensé la catastrophe pour l’éviter qui était la théorie de Jean-Pierre Dupuis dans « Pour un catastrophisme éclairé »
    C’est éprouver ou tenter d’éprouver par le corps le fait de vivre avec 50 esclaves énergétiques au lieu de 200.

    Sans cette médiation toute rationalisation par le haut échouera sauf comme toujours selon moi et d’autres si un évènement exogène (il y en a pléthore : guerre, famine, aléa climatique majeur) nous y enjoint.

    Tien c’est poétique d’enjoindre !!!

    Je vous enjoins donc de faire passer votre esprit par le corps,
    et qui c’est à force de demander esprit est tu là votre corps jubilera de tendresse,
    En prime la mienne de tendresse que je vous offre. Pierre de la tribu terre ou de l’attribut du sujet !!

    1. Oui mais , ce qui nous est proposé dans le présent billet , c’est de faire passer notre corps et notre esprit par l’IA .

      Je crois comprendre que ça n’est pas votre option ,

      De mon côté , je suis autant dans la purée avec votre proposition qu’avec le « système dynamique ouvert  » exposé dans le billet .

      Juste une sacrée trouille , quand des non physiciens manipulent des concepts qui ne sont pas les leurs habituellement .

      1. « Oui mais , ce qui nous est proposé dans le présent billet , c’est de faire passer notre corps et notre esprit par l’IA . »

        Zut alors ! Moi qui croyais avoir écrit : Sans le corps transformé des cyborgs et tout le fatras pompier des films de science-fiction, des hommes et femmes d’un modèle parfaitement standard pouvant connecter leur volonté le temps de prendre des décisions en commun.

      2. Vous connaissez combien d’hommes et de femmes standard pouvant connecter leur « volonté » ( c’est un concept qui devrait faire sursauter Paul Jorion et Libet ! ) le temps de ( combien ça dure ?) prendre des « décisions » ( qui les y a autorisé ?) en commun ( c’est une consultation referendum chaque fois ?).

        Ceci étant la démocratie la plus directe possible est une nécessité . Mais ça ne s’apprend pas en un an , ni même dix .

        Et surtout pas avec des gilets jaunes .

      3. Connecté fait naturellement référence au fait de voter sur un réseau sécurisé,

        J’emploie le mot volonté pour éviter celui d’esprit et les confusions qui s’en suivraient. Il s’agit d’intelligence collective garantie sans OGM ni augmentation quelconque,

        Prendre des décisions ? Le peuple ? Vous avez parfaitement raison de souligner l’incongruité de la chose !,

        La démocratie directe, au vu du temps alloué par les études du GIEC, nous allons devoir l’apprendre en marchant (pas de copyright !), et encore, au pas de course..,

        Pour les gilets jaunes, j’avoue bien volontiers que leurs gouts vestimentaires offusquent l’œil honnête, mais attendons au moins de voir le résultat de cette nouvelle forme de mobilisation pour juger.

      4. En somme c’est une variante de la démocratie représentative , élargie à une élite de citoyens standards pleins d’esprit , qui nous est proposée .

        Je n’ai toujours pas compris de quelles décisions l’on parle , et comment elles sont mises en œuvre .

      5. Heu… pas du tout ! Comme toute honnête démocratie-directe qui se respecte, elle concerne absolument tout le monde.

        Pour la seconde question, relire (ou lire ?) le texte.

      6. En somme un citoyen du futur , c’est un homme ou une femme 24/24 sur son ordi et omniscient ? J’ai mes chances !

        J’ai pas trouvé ( mais j’ai peut être mal cherché ) comment on applique les décisions . Chacun doit consulter les décisions du jour sur son ordi pour les appliquer , en confirmant qu’il en a pris connaissance par un clic de validation ? Comment ça se passe si on se fout de la décision et qu’on ne l’applique pas ?

        PS : comment est-on sur que celui qui s’exprime est bien celui qu’il prétend être ?

      7. Ce sont les IA faibles qui endossent le rôle d’omniscients 24/24, les humains se contentent de réfléchir… aux heures qui leurs plaisent.

        Comment applique-t-on les décisions ? Ai-je écrit que la démocratie directe signifiait la disparition de l’État et de ses administrations ?

        Pour la vérification de l’identité, vraie et importante question merci, on peut imaginer que les clefs quantiques soient envoyées tout simplement lorsque le votant se présente muni d’une pièce d’identité à son bureau de vote.

      8. Les anarchistes ne vont pas suivre alors .

        Si l’on fait un sondage sur ce fil , je ne suis d’ailleurs pas sur que les non anarchistes suivent « comme un seul homme » aussi .

        On les exclut ?

      9. Désolé, pour les exclusions ça n’est pas la bonne porte. Ici, on essaye modestement de proposer des débuts de commencements de possibilités d’alternatives, pour sortir du Yakafokonsaimer.

        Quant à sauver la planète l’humanité à moi tout seul, il faudra que j’interroge ma moman, mais je pense que ça a dû me passer vers 5/6 ans.

      10. Modeste ? A l’échelle du web et de la décision-suffrage universelle ?

        A 5 ans j’avais des idées comme ça .

        Mais l’intention est bonne .

      11. Encore une fois, ce modeste (mais génial) papier n’avait pour but que d’essayer d’ouvrir des perspectives, des espoirs dirait Stiegler. De provoquer des échanges et non un combat de coqs pour savoir quel est le plus bel oiseau du blog !

  11. Chère humain (e) s, cher cyborg,

    Ce n’est pas mon option, de toute façon nous n’aurons pas la quantité d’énergie disponible pour la réaliser, la fusion homme/IA.

    Et pour cela il faudrait que le tuyau WEB soit toujours ouvert. Regardez dans les pays en proto-effondrement comme l’Argentine ou l’Afrique du Sud. Les coupures de courants sont organisés et tournante et bien sur les pauvres ont moins d’électricité que les riches.

    Car la encore tout cela est vu et regardé comme si tout allait aller de soit, business as usual, electricité as usual, eau as usual, paix as usual et le pire c’est que ce n’est pas dans l’absolu par manque de pétrole.
    https://www.connaissancedesenergies.org/tribune-actualite-energies/les-reserves-de-petrole-ne-sepuiseront-jamais-mais-le-probleme-nest-pas-la

    En revanche transformer notre relation au pétrole est d’avenir. Sinon ce sera contraint et à marche forcé que nous vivrons rationné par les prix prohibitifs ou autres mesures autoritaire.

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018/11/13/20002-20181113ARTFIG00001-l-economie-mondiale-face-au-risque-de-penurie-de-petrole.php

    Et cela risque d’arriver beaucoup plus vite que beaucoup l’imaginent.

    http://petrole.blog.lemonde.fr/2018/11/01/minuit-et-quart/

    Nos systèmes reposent sur de la transformation de la matière par de l’énergie principalement du pétrole.
    27 millions de voitures vendue en Chine cette année.
    13 millions d’Européens travaillent pour le secteur automobile.
    Sans interprétation les chiffres sont pour moi sidérant.
    Nous devons penser la pénurie d’énergie à venir et ses conséquences économiques, d’ici peu le bouleversement de la diminution de pétrole par personne sera telle que la question de l’IA faible restera une question pour les riches.
    Et en même temps les différents effondrements s’installent dans notre quotidien. Les assureurs Suisse dise que 2018 est la pire en terme de dégât. Il est facile de mesurer ce que seront dans le budget des états et dans le budget des citoyens la part lié à l’assurance plus la part lié au pétrole plus la part lié au soliton.
    Pour moi pas de souci, pas assez d’énergie pour faire la symbiose IA/homme.
    En revanche oui pour la démocratie directe.
    Allez bonne soirée et à demain si vous le voulez bien avec toute ma tendresse mi-homme mi-IA
    Pierre de l’attribut du nous.

  12. Il devient nécessaire que les petites communes vendent leur bien pour compenser leur dette. Dans un ancrage cantonal de 18 communes, il y a 18 salles des fêtes où il n’y a jamais de spectacles ou de conférences. Ces salles des fêtes servent aux grandes réceptions communales et personnelles comme le faisait Louis XVI.

    1. Et alors? Devrait-on fermer de telles architectures, seulement emblématiques d’un modèle culturel relevant de l’époque de Louis XVI ( c.à d. sans efficience majoritairement partagée par les populations locales , comme est devenue l’église paroissiale ?) ou bien y établir ou introduire de nouvelles structures collaboratives, telles que fablabs, coopératives municipales, locaux ouverts à des associations populaires diverses, etc…

  13. ça fait 10 ans qu’il croit que le salut viendra par  » le réseau « , comment ? Mystère;;; et qu’est qu’on va lire demain dans le journal  » Donald Trump a encore frappé !  »  » le grand capital machin  » … Consternant

    1. Il suffit de lire l’article. Il ne prétend pas dire la vérité révélée, mais j’espère qu’il ouvre quelques pistes de réflexion susceptibles de répondre à votre légitime interrogation.

      Et les réseaux fonctionnent parfaitement comme le prouve celui tissé sur l’ensemble de la planète et constitué de banques systémiques, de transnationales plus puissantes que beaucoup d’états, de paradis fiscaux et juridiques et du dieu Lesmarchés. Tout cela ne fonctionne pas à l’aide de pigeons voyageurs mais d’électrons.

  14. Remplacer la démocratie représentative par la démocratie directe n’est pas à la hauteur de l’enjeu.
    Pourquoi nos sociétés modernes à la fois ne fonctionne-t-elles pas si mal que ça et ne pourront-elles en aucun cas fonctionner toujours comme elles le font actuellement ?
    J’enfonce sans doute une porte ouverte mais il me semble que Jean-Claude Michéa, inspiré d’Orwell, Hume et quelques autre, donne un bon diagnostic.
    L’idéologie qui règne en maître est « l’economisme », elle postule que les interêts privés égoïstes libérés de toute entrave convergent forcément vers l’intérêt général, sinon le bien commun.
    Si cela ne fonctionne pas si mal que ça c’est que altruisme, collaboration, désintéressement, etc. se manifestent, encore, de mille et une façons, dans nos sociétés, bien que largement soumises à l’économisme.
    Si ça ne pourra pas fonctionner toujours c’est parce que altruisme, collaboration, désintéressement, etc. supposent un sacrifice des intérêts individuels. Et donc qu’une société fondée sur les seuls intérêts personnels égoïstes, celle vers laquelle nous marchons à marche forcée, est strictement impossible.
    Une société humaine a besoin de « valeurs », de « valeurs » pour lesquelles chacun de ses membres est prêt à se sacrifier (ou au moins à faire des sacrifices). L’intérêt personnel égoïste ne peut pas être, par définition, une telle « valeur ».

    On en revient donc toujours là : quelles sont nos valeurs ? En quoi croyons-nous ?

    « Liberté, égalité, fraternité » répond assez bien à la question. À condition d’y croire, d’y croire vraiment.

    Et par exemple d’admettre que la liberté n’est ni le libertariarianisme ni le libertinage ni le libéralisme, que l’égalité n’est ni l’égalitarisme ni l’égalité des chances, que la fraternité n’est pas un vain mot, faisant de chaque homme un frère.

    S’il y a une révolution à faire, c’est celle-ci : croyons en nous, croyons en nos mots et dans les « valeurs » qu’ils expriment.

    C’est le premier pas, indispensable.

      1. Et les ressources qui portent le vivant on en fait quoi ?
        Et pour les animiste qui peuvent considérer un ordinateur comme vivants ont fait quoi ?
        Peut-être que vous l’avez expliqué auparavant.

    1. Si je partage vos idées, je pose néanmoins la question pour le second pas (tout aussi important pour ne pas se casser la figure) : comment faire pour les imposer face à des gouvernants voués à ce que vous appelez l’économisme, pour qu’elles passent du statut de belles idées à celui de réalisations concrètes ?

      1. Il n’y a que le premier pas qui coute , car c’est lui qui crée le mouvement .

        Mais si le premier pas , plutôt que la devise nationale améliorée , c’est :

        mon pognon , ma voiture , » mon » bonheur !

        ça n’est vraiment pas la peine de le faire , car le mouvement c’est une marche arrière .

      2. Comme vous le savez sans doute, le mouvement perpétuel n’existe pas.

        Quant au procès d’intention: les gilets jaunes ne seraient que de sales égoïstes (se foutant probablement de l’écologie), tout entier voués au culte de la bagnole, il ressemble furieusement à celui fait par un petit Marquis du gouvernement parlant de la France « qui roule au diesel clope au bec »…

      3. Perpétuel ? Perpétuel , vous avez dit perpétuel … Comme c’est perpétuel !

        Ça n’est pas le carburant et la mobilité par véhicules , le motif de l’appel à manifester ?

        A moins que vous n’ayez déjà la liste exhaustive et pertinente des raisons « réelles » pour lesquelles les manifestants auront manifesté ?

        Marine et Wauquiez , eux sont déjà prêts . JLM sans doute aussi .

      4. Le motif à manifester est des plus simples : « nous avons besoin de notre voiture pour travailler et si vous augmentez la taxation du carburant, nous en sommes réduits à devoir faire des choix entre des choses indispensables comme remplir le réservoir ou le frigo »

        Qu’est-ce qui vous semble inaudible là-dedans ?

      5. Il semblerait que le prix du carburant soit devenu l’indicateur (à tort ou à raison) du ressenti du coût de la vie en remplacement de celui du blé et du pain qui fut le moteur de bien des révoltes populaires.

      6. Effectivement ! Entendu quelqu’un expliquer que l’augmentation d’un produit que l’on achète régulièrement, alimentation, carburant, etc, a plus d’impact psychologique que la baisse – fut-elle beaucoup plus conséquente – du prix d’un bien ou d’un service acheté épisodiquement.

        À écouter la position de Sandra Regol, porte-parole d’EELV (à partir de 3:50)

        https://www.franceculture.fr/emissions/journal-de-22h/journal-de-22h-du-mercredi-14-novembre-2018

      7. On ne peut ni penser à la place d’autrui, ni agir à la place d’autrui. Quant à imposer une façon de penser, c’est faire exactement ce qu’on reproche aux autres de faire.
        Mais on peut se convaincre soi-même, inlassablement, et inlassablement s’efforcer de « les » convaincre.
        On peut soi-même croire…

      8. Puis-je résumer votre réponse en écrivant que vous vous refusez au rapport de force, et que vous avez la croyance qu’il est possible de convaincre par l’honnêteté, la justesse et la sincérité de ses convictions des Trump, des Bolsonaro ou des Macron, dans le court laps de temps qui nous est imparti par les projections du GIEC ?

      9. @ Roberto Boulant

        « Puis-je résumer votre réponse en écrivant que vous vous refusez au rapport de force, et que vous avez la croyance qu’il est possible de convaincre par l’honnêteté, la justesse et la sincérité de ses convictions des Trump, des Bolsonaro ou des Macron, dans le court laps de temps qui nous est imparti par les projections du GIEC ? »

        C’est à peu près cela, oui, vous résumez assez bien ma pensée, sinon que, justement, c’est en s’abandonnant aux rapports de force que nous en arrivés là où nous en sommes, et que croire que, en faisant jouer les rapports de force en notre faveur, nous échapperons au pire, c’est s’aveugler complètement.

        En d’autres termes, c’est aux rapports de force qu’il faut s’attaquer, c’est la croyance en la toute-puissance des rapports de force qu’il faut combattre.

        La « common decency » d’Orwell, ce doit être à peu près cela. C’est elle qu’il faut retrouver. Pour commencer.

      10. C’est dit sans une once d’ironie, mais j’espère vraiment que votre vision des choses se révèlera être exacte, que le rapport de force n’est pas une des caractéristiques profondément ancrées dans la psyché des primates sociaux que nous sommes, mais seulement une mauvaise pratique qu’il est possible de surmonter.

        Quoi qu’il en soit, comme nos organisations politiques sont des machines à sélectionner les plus agressifs et dominateurs d’entre-nous, les dirigeants ayant ce type de caractère sont partout au pouvoir (sphère politique et économique). Comment faire pour s’en débarrasser dans la petite douzaine d’années que nous laissent les projections du GIEC avant que tout cela ne tourne à la catastrophe pour nos enfants et au génocide pour nos petits-enfants ?

      11. Oui, sans doute, nous sommes et resterons des primates, convaincus que l’élimination du coupable désigné est la solution convenable à nos malheurs, mais nous ne sommes pas seulement cela, nous sommes aussi, un tout petit peu, des gens civilisés, des gens ayant acquis, jusqu’à un certain point au moins, conscience, savoir, et ce qui en découle, le sens de la raison, celui de la justice, des gens donc qui savent que, en éliminant sans jugement ceux qui sont accusés de faire le mal, ils ne luttent pas contre le mal mais qu’au contraire ils l’alimentent, le perpétuent, l’aggravent encore et toujours.
        Alors à nous de choisir : simplement primates ou un peu civilisés ?

      12. Je ne pense pas qu’il soit utile de le préciser, mais dans le doute…

        Primate n’est en rien une insulte mais le nom scientifique de notre ordre au sein du vivant, et donc un rappel qui se devrait incessant au fait que nous ne saurions nous réduire à notre seul néocortex. Autrement dit, que malgré tous nos efforts d’autodomestication, nous ne pouvons pas échapper totalement à notre nature.

        Et c’est bien parce que nous sommes pour une large part prisonniers d’instincts qu’il nous est très difficile de contrarier, parce que les « élites » sont parmi ceux qui reçoivent la meilleure des éducations et pour le désastreux résultat que l’on sait, que nous devons miser sur l’amélioration constante de nos structures politiques et sociales.

        Parce que les hommes, indépendamment de leur civilisation, couleur de peau, religion, langue, croyance ou époque, restent… égaux à eux-mêmes.

        Gnothi seauton, la chose est connue depuis la plus haute antiquité.

      13. J’utilise « primate » avec le même sens que vous.
        Aller contre nos instincts est difficile, cela ne me semble pas une raison suffisante pour ne pas le faire, ou tenter de le faire.
        D’autant plus que c’est la seule voie d’avenir.
        Se comporter en enfant quant on est un enfant, en primate quand on est un primate, est dans l’ordre des choses. Se comporter en primate quand on n’en est plus un, c’est être délibérément aveugle, c’est être coupable avec préméditation.

      14. « Se comporter en primate quand on n’en est plus un, c’est être délibérément aveugle, c’est être coupable avec préméditation. »

        C’est sans doute le point où nous divergeons. Je pense que nous sommes toujours des primates, et que croire que nous pouvons échapper à notre nature est une terrible illusion (partagée, mais d’une autre manière par les gourous du transhumanisme).

        Pour ne parler que de notre seule civilisation occidentale, la 1ère GM a vu le scientisme (cette croyance naïve au « progrès ») mourir dans les tranchées, et la 2nde GM a vu la culture mourir dans les chambres à gaz (l’Allemagne, un des centres de la culture européenne).

        Rien n’y fait, ni progrès technologiques ni même la culture, ne peuvent s’opposer à notre nature profonde.

        Nous ne sommes pas que la guerre bien sûr, nous sommes aussi l’amour, la compassion et plein d’autres choses formidables, mais penser que nous pouvons brimer nos instincts – quand nous n’en venons pas à les nier – c’est courir au-devant d’une énième catastrophe.

        Alors même si l’éducation et la culture sont aussi fondamentales que nécessaires pour éduquer un être humain, elles ne suffisent pas comme le prouvent les horreurs de l’Histoire (et de l’actualité !).

        Il nous faut des institutions résilientes et adaptables qui permettent et favorisent le vivre-ensemble, que ce soit à l’échelle locale ou internationale.

        Résilientes pour éviter ce qui se passe actuellement, des gouvernements légaux mais illégitimes.

        Adaptables, parce que le monde actuel peut être considéré comme une persistance rétinienne. Déjà il n’est plus.

      15. « Il nous faut des institutions résilientes et adaptables qui permettent et favorisent le vivre-ensemble, que ce soit à l’échelle locale ou internationale. »

        Je suis d’accord. C’est exactement ce que je pense. Les institutions internationales n’existent pas, pas encore, sinon de façon embryonnaire. Mais les institutions nationales, elles, existent bel et bien, institutions mais aussi principes, lois, usages… Respectons-les ! Soyons ce que nous sommes, la France, avec ses institutions, nées d’un long processus historique. Soyons ce que nous sommes, sachons ce que nous voulons, soyons, en tant que tels, ou en tant que « telle », un acteur sur la scène du monde, un acteur libre, responsable, décidé, guidé par la devise de la République.

        Je rêve, je sais, mais quelle autre voie ? sinon l’abandon au courant furieux qui nous emporte…

      16. Effectivement les institutions nationales existent bien, mais ce que j’entendais par institutions résilientes c’était qu’elles se devaient de résister à la corruption systémique inscrite dans le fonctionnement du néolibéralisme.

        Si la dictature (encore) douce du TINA a su conserver l’apparence extérieure de nos institutions, elle ne peut plus cacher que celles-ci ne fonctionnent plus pour le bien commun. Chaque pays est un cas particulier avec sa propre histoire et culture politique, mais en France non seulement il n’existe plus de séparation entre les pouvoirs exécutifs et législatifs, mais fait aggravant, ô combien, la politique budgétaire est soumise à la stupidité des règles du Pacte de croissance et de stabilité.

        Bref, nous avons un PR qui cumule « en même temps » des pouvoirs extraordinaires qui le rendent inamovible et hors de portée de la volonté populaire, et une totale impuissance quant aux orientations budgétaires qui provoquent la disparition de ce qui reste de notre état social (même si l’on ne doute pas un seul instant qu’ayant la liberté d’orienter le budget, il opterait toujours pour la rigueur, c’est-à-dire le transfert des richesses vers le haut de la pyramide sociale – la dette appartient aux riches).

        Et vive les rêveurs dont je me réclame également !!

        Nous sommes faits de la même matière que les rêves et nos courtes vies sont bordées de sommeil. (William Shakespeare)

      17. « […] la politique budgétaire est soumise à la stupidité des règles du Pacte de croissance et de stabilité. »
        Bien d’accord.
        Et la question est bien de savoir pourquoi nous nous obstinons à nous soumettre ainsi à ces règles en effet stupides.
        Retrouvons notre indépendance, notre liberté, retrouvons notre souveraineté, à commencer par notre souveraineté monétaire et budgétaire.

    2. L’individuation n’est pas l’égoïsme. Dans notre pays vivent des hommes, femmes, enfants complètement différent. Cette différence est pour moi la liberté à respecter.

  15. Je quitte mon poste numérico-citoyen pour ce soir , et même je prends 24 heures de congé .

    Essayez tous de ne pas prendre de décision violente collective en mon absence !

    Merci . Bonne nuit .

    1. Bon week-end et bonne nuit !

      Quant aux décisions collectives violentes, il n’y a pas que les black blocks:

      « comment faire pour leur (les gouvernants)imposer un rapport de force favorable, tout en évitant qu’ils ne se lancent dans de violentes provocations afin d’utiliser l’arsenal juridique qui a fait de nos anciennes lois d’exception la loi commune ? »

      1. Pas de faux espoir : je serai de retour vendredi .

        Mais si je retrouve au retour le résultat de la consultation des commentateurs du blog sur ce billet , éventuellement circonstancié et analysé par le taulier , on n’aura pas perdu notre temps .

        PS : au moins sur Ce blog , les réponses ne me parviendront pas avant que mes questions ne s’y inscrivent . La consultation numérique a des progrès à faire .

      2. S’il n’y a pas de recherche d’accord , je ne vois pas comment il pourrait y avoir un constat de désaccord .

        La  » discussion » directe mode IA , en ce que la discussion c’est « casser en morceau » et voir ce qui reste ou résiste , ça peut par contre être bon à prendre .

        Pour peu qu’on sache qui « voit » et « prend » et pourquoi .( et à quel titre « qui » s’exprime …)

      3. « S’il n’y a pas de recherche d’accord , je ne vois pas comment il pourrait y avoir un constat de désaccord . »

        Tout dépend à quoi vous faites allusion.

        S’il s’agit de la com’ gouvernementale, le doute n’est plus permis désormais avec leur stratégie (…) du j’assume qui consiste à convoquer les syndicats pour rechercher un accord, avant de mettre en application les décisions prises avant ladite convocation.

        S’il s’agit de nos échanges, je renvois les lecteurs à vos commentaires du 14/11 à 17h33, du 14/11 à 19h59 ou du 14/11 à 20h42 (entre autres exemples), prouvant que vous n’avez pas lu, ou en quelques secondes et par le travers, mon papier. Dans les deux cas effectivement, difficile d’entretenir autre chose qu’un dialogue de sourds.

        « La » discussion » directe mode IA , en ce que la discussion c’est « casser en morceau » et voir ce qui reste ou résiste , ça peut par contre être bon à prendre . »

        Même à la relecture, je ne suis pas sûr de comprendre cette affirmation. Voulez-vous dire par là que construire la démocratie directe consiste à déconstruire la démocratie représentative des lobbies ? Si tel est le cas, je confirme.

      4. Je parle bien de vos écrits et me contente de faire écho à vos seuls termes .

        Mais nos IA faibles , nos langues et nos grammaires ne doivent pas être synchro .

        Encore un os pour la démocratie directe universelle .

      5. « Je parle bien de vos écrits et me contente de faire écho à vos seuls termes . »

        Mais bien entendu, c’est pourquoi vous me faites dire ce que je n’ai jamais écrit comme :

        « Oui mais , ce qui nous est proposé dans le présent billet , c’est de faire passer notre corps et notre esprit par l’IA . » 14/11 à 17h33

        « En somme c’est une variante de la démocratie représentative , élargie à une élite de citoyens standards pleins d’esprit , qui nous est proposée . » 14/11 à 19h59

        « En somme un citoyen du futur , c’est un homme ou une femme 24/24 sur son ordi et omniscient ? » 14/11 à 20h42

        Être en désaccord avec ce que j’écris et contre-argumenter comme l’on fait d’autres intervenants qui ne partagent pas mes idées est une chose normale, c’est même le principe d’un fil de discussion où se confrontent les idées en espérant que le tout permette aux lecteurs de se faire une opinion.

        Ce qui est problématique par contre, c’est quand la contre-argumentation est remplacée par le travestissement des propos de l’auteur pour décrédibiliser ses idées, non pas avec des arguments mais avec des mensonges comme les trois exemples cités ci-dessus.

      6. C’est bien plus simple et immédiat que ça , sans aller chercher d’autres référérences .

        Vous exprimez que le « résultat  » peut être  » un constat de désaccord » , et je vous dis qu’il ne peut pas y avoir de constat de désaccord si on n’était pas en recherche d’accord .

        Même à cinq -six ans on comprend ça .

      7. Mais détrompez-vous, je comprends parfaitement (et je pense que je ne suis pas le seul) que vous n’êtes pas en recherche d’accord ! 😉

      8. Ben évidemment , puisque nous nous contentons de discuter .

        Donc je tape tous azimuts pour voir ce qui résiste , et laisser les « pas seuls  » faire le tri .

        Je suis trop vieux pour croire aux accords durables .

        D’une certaine façon , je fais le même boulot que les gilets jaunes , mais sans prêter le flan à la récupération .

        Complexe , hein ?

        PS : un « conseil » dont vous ne tiendrez en principe aucun compte: jouez franc jeu ( souvenir d’un autre ping pong) , et ne confondez pas puissance de la conviction avec véhémence du discours . Ou vos amis seront les premiers à vous trahir un jour .

      9. Je ne pense pas que dénaturer les propos d’autrui pour lui faire dire ce qu’il n’a jamais dit puisse être qualifié de « discussion » (voir les exemples de mon commentaire du 16/11 à 22h42)

        C’est au mieux le signe d’une paresse intellectuelle qui consiste à lire le texte en travers et en qqs secondes, au pire de la mauvaise foi caractérisée…

        Non seulement les faits sont têtus, mais en plus le net garde tous les écrits permettant à chacun de vérifier les dires des uns et des autres.

  16. « …/… la démocratie directe. C’est le seul moyen à ma connaissance qui puisse permettre aux peuples de se libérer de la corruption systémique des lobbies et des politiques suicidaires qu’ils dictent, avant l’implosion programmée de nos sociétés.  »
    Je vous propose la lecture de cet article de Geraldina Colotti, correspondante en Europe de Resumen Latinoamericano : « Au Venezuela, la révolution paysanne »
    https://venezuelainfos.wordpress.com/2018/11/15/au-venezuela-la-revolution-paysanne/
    Article qui illustre ce à quoi se confronte une « démocratie » directe »
    – un gouvernement de transition au socialisme mais des valeurs qui restent fondamentalement celles d’une société capitaliste, l‘Etat bourgeois reste debout.
    – des intérêts en conflit qui poussent des fonctionnaires et des magistrats sans scrupules à saboter le processus révolutionnaire, à persécuter les paysans en foulant au pied les garanties légales, pour protéger les intérêts des grands latifundistes.
    etc.

    1. « Demain n’existe pas écrivez-vous pour terminer ? C’est exactement ce que nous disent Trump et tous ceux de son espèce qui nous entrainent vers l’abîme. »

      Contrairement au nihilisme débile et hystérisant de Donald le Joker, cela signifie juste dans l’Esprit de ce qui est cité, évidemment, dans le contexte du propos de Vraiment, qu’il y a une différence nette et considérable, entre vivre dans le présent pour créer et construire son avenir en Responsabilité et en Conscience et ce tout en intégrant son passé, avec lucidité et hauteur de vue; donc penser et agir de sa place d’être vivant , certes modeste mais fort de sa capacité à coopérer en Intelligence avec le Vivant. Donc, contrairement à votre interpétation biaisée, cela ne signifie en rien « coller » aux propos des « fearmongers » ouvertement racistes et misogynes et dans le rejet de la différence, d’un manipulateur malsain nihiliste nourrissant les peurs et les bas instincts de la partie de son peuple le plus en souffrance et dans le désarroi, qu’il cherche ouvertement à Contrôler à des fins de Pouvoir démagogiques et Destructeurs. En outre , la dictature numérique, existe déjà, de fait, en Chine. Entre autres. On voit les « résultats »…
      À l’EST ou, à l’OUEST ?…

      Les « joujoux » numériques ie la camisole de demain et de fait déjà là pour eux, qu’en pensent nos zamis les chinois ?

      « Techno-dystopie chinoise
      Plus inquiétant peut-être, la Chine ne se satisfait pas de remodeler Internet chez elle mais serait en train de « refaire le monde à son image techno-dystopique », alerte le rapport. Parmi les ambitions de domination énoncées par Xi Jinping en octobre 2017 lors du congrès du Parti communiste chinois, le Président de la République populaire promettait ainsi de faire de la Chine une « cyber superpuissance ».
      https://usbeketrica.com/article/internet-comment-la-chine-et-l-autoritarisme-menacent-nos-libertes

      Liberté, égalité, fraternité, étendu au vivant !

      Les suisses , « Le Temps ».

      « Les Américains ont-ils les moyens de restaurer leur démocratie?

      « Face à l’érosion de la vérité et à la promotion de la violence politique combinées à l’effet amplificateur des réseaux sociaux, il faudra de grandes ressources démocratiques aux Etats-Unis pour se remettre de la présidence d’un Donald Trump qui se décrit comme l’Ernest Hemingway des 140 signes, de Twitter. L’Amérique est capable de nous surprendre. En bien et en mal. »

      Comment expliquez-vous l’attitude très suiviste du Parti républicain?

      « C’est un aspect de la dégradation du climat politique outre-Atlantique dont Donald Trump n’est pas responsable. Le Parti républicain est à la dérive depuis une vingtaine d’années. On est désormais à des années-lumière du parti de Rockefeller. Il est aujourd’hui la carpette du président. Le Tea Party a pris le pouvoir en 2009 avec une haine raciale incroyable sous la présidence Obama et un refus complet de l’esprit de compromis qui est pourtant l’essence même de la Constitution américaine. »
      https://www.letemps.ch/monde/nicole-bacharan-aujourdhui-faut-peur-lamerique

      1. Je fais volontiers mon mea culpa pour l’interprétation erronée du « demain n’existe pas ». Vivre comme vous l’écrivez, dans le présent pour créer et construire son avenir en Responsabilité et en Conscience et ce tout en intégrant son passé, avec lucidité et hauteur de vue, sont des propos auxquels j’adhère totalement.

        Maintenant, ne pas confondre les outils numériques qui sont nécessaires au fonctionnement de sociétés complexes (c’est aussi évident que basique, mais en ce moment-même nous échangeons grâce à eux), et leur dévoiement qui peut aboutir à la mise en place de sociétés orwelliennes tel que montré par l’exemple chinois.

        Dans ces conditions, autant se battre pour que ces outils soient mis au service du bien commun non ?

        Concernant Trump, il n’est que le résultat et non la cause d’un système électoral totalement gangréné par l’argent, où la loi permet de verser des « dons » aux partis politiques sans aucune limitation de plafond. Et comme la vague bleue des midterms n’a pas été suffisamment importante, « l’accident » Trump est devenu pour le Parti républicain le cheval à suivre pour 2020…

      2. Vraiment ? Comment éviteriez-vous cela, par exemple ?

        LE CONSENTEMENT DU GOUVERNEMENT FEDERAL LEUR ETAIT ACQUIS !!! WUNDERBAR !

        « LA Suisse est le deuxième pays le plus riche du monde. Or elle ne possède aucune matière première. Sa matière première, c’est l’argent des autres, constate Jean Ziegler dans son réquisitoire cinglant contre les banquiers suisses et leurs acolytes politiques (1). Sans leur aide financière, les assassins nazis auraient été acculés à abandonner la guerre dès 1942, affirme le sociologue et député socialiste genevois. La Suisse, pays neutre et terre d’accueil ? Nullement. En verrouillant ses frontières en 1942 — alors qu’à cette date il connaissait l’existence des chambres à gaz -, le gouvernement suisse a livré des milliers de juifs à une mort certaine. Il a été en fait un partenaire actif et silencieux au service des bourreaux nazis. Non par idéologie raciste, mais par pure vénalité. »

        « Aucun autre pays neutre — ni le Portugal ni la Suède — n’a accepté l’or volé des Allemands. Flairant des « affaires en or », les banquiers suisses ont joué les intermédiaires, les blanchisseurs de cet or provenant des banques des pays envahis ou des juifs assassinés. Le consentement du gouvernement fédéral leur était acquis. Avec les francs suisses reçus en échange de leurs lingots, le Reich a pu acheter les matières premières indispensables pour la fabrication des armes et la poursuite de la guerre. Quant aux industriels de l’armement suisses, ils livraient dès 1939 leurs engins de mort à Hitler, et ceci jusqu’en avril 1945. »
        https://www.monde-diplomatique.fr/1997/06/PATZOLD/4772

        « Le 25 novembre, on ne vote pas sur la démocratie semi-directe en Suisse »
        https://www.rts.ch/info/suisse/9964496–le-25-novembre-on-ne-vote-pas-sur-la-democratie-semi-directe-en-suisse-.html

        La Suisse, une démocratie idéale?
        « À l’heure où beaucoup de citoyens aspirent à revoir nos modèles de démocratie pour y insuffler davantage de participation, le modèle Suisse vient immanquablement sur la table. Au fil de leur histoire, les Suisses ont en effet développé un système de démocratie semi-directe très abouti qui place, entre les mains des citoyens, une série de « garde-fous » pour la démocratie parlementaire. »

        « Pourtant, ce système n’a pas empêché le populisme de se développer. Le premier parti de Suisse, l’UDC, qui compte pratiquement un tiers des voix aujourd’hui, est un parti nationaliste et xénophobe, connu pour ses campagnes chocs, notamment sur l’islam. »
        https://www.rtbf.be/info/monde/detail_la-suisse-une-democratie-ideale?id=9985605

      3. Bien qu’infiniment supérieur au système français où la séparation des pouvoirs exécutifs et législatifs n’existent plus, le système suisse n’est certainement pas « idéal ». Et je partage vos critiques concernant la Suisse qui reste fondamentalement, comme tous les paradis fiscaux, un état-voyou (quoiqu’il convienne de préciser que l’UE en particulier et le néolibéralisme en général, par la concurrence fiscale qu’ils instaurent, ont tendance à transformer tous les états en voyous).

        Je me permets de rappeler simplement deux points :

        1- La démocratie directe n’a pas pour but de changer la nature humaine ou de rendre les gens plus intelligents, mais de s’assurer que les décisions prises reflètent les souhaits de la majorité. Seule une éducation humaniste peut éventuellement nous permettre de brider quelque peu nos instincts animaux.

        2- Paul Jorion écrit que se débarrasser du capitalisme est une question de survie, le GIEC rajoutant qu’il nous faut prendre des décisions immédiatement, et je vois mal la démocratie représentative (représentative de l’argent bien sûr) agir en ce sens.

      4. « et je vois mal la démocratie représentative (représentative de l’argent bien sûr) agir en ce sens »

        Effectivement, comme vous le soulignez, favoriser l’humanisme et l’émancipation sont plus que jamais nécessaires. La démocratie représentative est certes imparfaite et susceptible d’améliorations, mais je crains que à se focaliser essentiellement sur les outils ie une ènième « solution » ie usine à gaz ne nous émancipera pas davantage. L’exemple cité précédemment prouve justement, que quel que soit l’outil d’élection démocratique , les dérives sont de fait, inévitables. Comme pertinemment évoqué par W Churchill . La Suisse ayant un système de démocartie semi-directe qui donne l’aval par le biais de son gouvernement fédéral à la participation voire qui a nourrit et soutenu de fait directement car financé ouvertement et en actes via des espèces sonnantes et trébuchantes le régime hitlérien avec des millions de morts pendant la 2ème guerre mondiale sans oublier la « solution finale », cela va amha, au-delà, bien bien au-delà d’un « état voyou » comme le Panama, entre autres .

        « Dans ces conditions, autant se battre pour que ces outils soient mis au service du bien commun non ? »

        Le bien commun. Certes. Hélas nos zamis suisses via leur expérience de démocratie semi-directe, ie leur histoire, contredisent votre optimisme relatif au médium que vous évoquez, même si l’intention, et j’en suis d’accord avec vous est « louable ». Les faits nous le confirment, la « démocratie semi-directe » suffit-elle seulement ? Je fais confiance à l’expression de la démocratie suisse pour avoir essayé de garder sa « liberté », y compris dans les moments de l’Histoire les plus sombres, notamment, grace au « Pouvoir » de leur « démocratie » « semi-directe »… quand à la lucidité du gouvernement fédéral face au péril hitlérien mais l’argent n’a pas d’odeur…,les faits sont têtus, isn’it ?

        « LA SUISSE, L’OR ET LES MORTS »
        Complicités avec le nazisme, par Brigitte Pätzold

        « Pourquoi cette complicité avec les sbires du Reich nazi ? Sauver la Suisse de l’annexion, à l’instar de l’Anschluss autrichien, est la raison la plus souvent invoquée par les responsables helvétiques. Justification inacceptable pour Jean Ziegler au vu des conséquences dévastatrices de cette collaboration. Pourquoi « l’autre Suisse », celle des gens simples, ne s’est-elle pas réveillée pour résister à la politique de sa classe dirigeante ? A cause d’une structure du pouvoir immuable et du fort consensus dont elle bénéficie, répond le sociologue. Depuis deux cents ans, l’édifice des classes n’a jamais été ébranlé ni par la guerre ni par la révolution. Sous l’apparence d’un pluralisme démocratique, la même oligarchie, les mêmes réseaux financiers, les mêmes familles régissent le pays. Pour cette oligarchie, être aux côtés des nazis était un moindre mal, c’était sauver la Suisse des bolcheviques et de la révolution. Toute velléité de résistance fut donc muselée et réprimée. L’étudiant Maurice Bavaud, auteur d’un attentat contre Hitler, à qui ce livre est dédié, fut livré par Berne à la Gestapo et décapité. Paul Grüninger, capitaine de police de Saint-Gall, fit entrer clandestinement 2 000 juifs en Suisse. Condamné, mis au ban de la société, il mourut pauvre et oublié en 1972 et ne fut réhabilité qu’en 1993. »
        https://www.monde-diplomatique.fr/1997/06/PATZOLD/4772

      5. Effectivement, quelle que soit le type d’élections, les dérives sont inévitables. Cela a toujours été le cas et tient à notre nature de primates sociaux faisant que si la coopération avec nos semblables nous est indispensable, elle se double quasi-systématiquement d’une lutte pour le pouvoir. Phénomène universel, du haut en bas de l’échelle sociale, qu’il s’agisse de conquérir la direction d’une transnationale, le bureau ovale de la Maison Blanche, ou la direction de l’amicale bouliste locale.

        Ce qui a changé par contre, c’est qu’autrefois combattue par des états en ayant les moyens, la corruption dans notre monde financiarisé et globalisé est devenue au travers du faux nez du lobbying un des piliers de nos institutions. Cela même que Nicolas Hulot a mis un an à comprendre (ou à accepter ?).

        Dès lors la démocratie directe n’apparait pas comme un énième gadget, mais bien au contraire comme la seule possibilité de contrer une corruption institutionnalisée et systémique dont les super-PACs aux USA sont la face la plus éclatante.

        Avec comme première sécurité, la possibilité de révoquer les élus ne respectant pas leur programme. Est-il nécessaire de rappeler le cas d’un François Hollande, élu sans grande conviction par une majorité croyant avoir affaire à un social-démocrate mou, et qui dès le premier jour de son mandat s’est révélé mener une politique néolibérale des plus dures, et ce pendant cinq longues années… sans que quiconque ne puisse l’en empêcher ?

        Dans le même ordre d’idée, le rôle joué par la Suisse pendant la 2nde GM, avec l’aval du régime hitlérien, mais également des USA et du RU (les faits sont têtus, I agree), prouve surtout que sans informations, quelles que soient les formes d’élections, les citoyens tenus dans l’ignorance sont dans l’incapacité d’agir (on peut raisonnablement penser que les suisses étaient aussi ignorants que les américains quant aux nombreux gentlemen’s agreement passés avec les nazis).

        Ford, fournisseur du IIIe Reich. Le groupe américain employait prisonniers et déportés en produisant pour la Wehrmacht

        https://www.liberation.fr/planete/1998/12/04/ford-fournisseur-du-iiie-reich-le-groupe-americain-employait-prisonniers-et-deportes-en-produisant-p_254762

        Et c’est justement cette possibilité d’accès à l’information, couplée à un niveau d’éducation de la population bien plus élevé qu’hier, qui peut rendre la démocratie directe vraiment efficace. C’est elle qui peut nous permettre de passer du statut de spectateurs informés mais impuissants, à celui d’acteurs informés.

        Et les exemples sont légions ! Contrairement aux suisses ou aux américains d’hier dont l’écrasante majorité pouvait plaider en toute bonne foi l’ignorance, les français d’aujourd’hui ont la possibilité de (presque) tout connaître des, comment dire, saloperies ? de leur gouvernement. Des ventes d’armes qui servent aux bombardements indiscriminés des Saoudiens au Yémen (complicité de crimes de guerre, excusez du peu !), aux ventes de systèmes de surveillance électronique qui permettent à la dictature militaire égyptienne de tenir la population sous le joug, à la fraude fiscale institutionnalisée qui fait perdre des dizaines de milliards (ou plus) par an au fisc, etc, etc. Bref, nous savons, sommes éduqués pour analyser et comprendre ce qui se passe, mais sommes réduits à l’impuissance, condamnés à subir quotidiennement les mensonges et dénis de réalité de dirigeants qui comme l’a justement fait remarquer Macron à Merkel, sont en France une fois élu, inamovibles.

        Or si hier il était impossible de s’opposer à ce qui n’était pas (ou si peu) connu, aujourd’hui l’information le permet. À une seule condition : celle de pouvoir diriger collé-serré nos dirigeants. De les transformer en simples exécutants (certes, ce qu’ils sont déjà en grande partie, mais sous l’autorité de Lesmarchés).

        Plutôt une révolution qu’un gadget non ?

      6. « À une seule condition : celle de pouvoir diriger collé-serré nos dirigeants »

        « Collé-serré » ? Ah ? Que ce soit pour un bipède ou un quadrupède ou un être humain, le coercitif collé-serré permanent ne me parait par plus convaincant et ce d’autant plus que nos si imparfaits systèmes démocratiques ont prévu la possibilité libre de s’opposer et de s’exprimer voire de Brexiter…pour le meilleur et pour le pire.

        « Plutôt une révolution qu’un gadget non ? »

        A t-on vraiment besoin pour évoluer à un autre niveau d’intégration et de plus d’humanisme et de lien profond avec le Vivant d’une énième « gadget révolution » ? Alors que des EVOLUTIONS actuelles diverses, comme mentionnées par la biologiste et journaliste Dorothée Browaeys, entre autres imposent déjà de fait par leur évidente concrétisation ces révolutions positives et constructives en cours et ce sans que nulle coercition étouffante, stérilisante et contre-productive ne soit nécessaire voire utile ?

        « Dans « L’Urgence du vivant. Vers une nouvelle économie », Dorothée Browaeys raconte comment agroécologie, chimie verte, bioénergies et inventions bio-inspirées font naître, partout, une nouvelle économie solidaire du vivant. »
        https://reporterre.net/Un-nouveau-pacte-economique-avec-le-vivant

      7. Collé-serré voulant dire maintenir les gouvernements sous constante surveillance afin qu’ils n’obéissent plus qu’à la seule volonté populaire exprimée par les votes et non aux lobbies. Rien là que de très normal dans une véritable démocratie.

        « A-t-on vraiment besoin pour évoluer à un autre niveau d’intégration et de plus d’humanisme et de lien profond avec le Vivant d’une énième « gadget révolution » ?

        À chacun de se faire une opinion. Pour ma part comme déjà exprimé, je ne vois pas d’autres moyens de survie pour l’espèce, que de casser la courroie de transmission entre argent et gouvernements.

        L’article de Reporterre prouve que les solutions existent pour nous sauver du suicide programmé et vivre en harmonie avec la nature. Mais la question reste encore et toujours la même : comment faire pour les rendre opératoires puisque les fous-furieux néolibéraux verrouillent et empêchent toute possibilité de changement ?

        La démocratie directe me parait le seul moyen susceptible d’y parvenir dans le court laps de temps qui nous reste.

      8. J’ai très bien compris ce que voulait dire collé-serré et je vous ai répondu et je ne suis pas plus convaincue par ce moyen coercitif qui n’a rien de démocratique de fait puisque corcitif de fait (collé-serré mais bien sûr…) , ni par vos zarguments relatifs à la démocratie semi-directe suisse ou pas.

        J’ai dit :
        « Alors que des EVOLUTIONS actuelles diverses, comme mentionnées par la biologiste et journaliste Dorothée Browaeys, entre autres imposent déjà de fait par leur évidente concrétisation ces révolutions positives et constructives en cours et ce sans que nulle coercition étouffante, stérilisante et contre-productive ne soit nécessaire voire utile ? »

        Effectivement, chacun se fait librement son idée et je sais que l’unique réponse « coercition » aux problèmes est toujours la plus mauvaise des solutions et le meilleur aveu d’impuissance et de médiocrité dans un monde libre et à fortiori qui se veut civilisé. Je respecte votre point de vue, mais je ne le partage pas, et je ne peux donc pas, bien évidemment, le cautionner. Il est normal que vous pensiez coercition si c’est ainsi que vous envisagez l’exercice du pouvoir démocratique pour plus de …démocratie et si vous pensez que la liberté n’a aucune importance pour qui que ce soit, représentants du peuple , ou pas… C’est votre point de vue. Je lui préfère la libre expression démocratique de nos imparfaites démocraties en évolution et notamment : Liberté, égalité, fraternité étendue au vivant. Bonne soirée.

      9. Effectivement, si vous qualifiez mes arguments de « zarguments » c’est que vous n’êtes pas convaincu. Quant à moi, je ne comprends toujours pas en quoi la notion de contrôle des gouvernés sur les gouvernants vous gêne ? Comment imaginer la souveraineté d’un peuple sans contrôle sur son gouvernement ? Comment imaginer que ce contrôle au vu des enjeux et du poids mortifère de lobbies mondialisés ne soit pas serré ?

        Que la corruption soit devenue systémique au point que nos institutions politiques sont maintenant détournées au seul profit de l’argent est bien la preuve que les hommes sont corruptibles.

        Et s’ils sont corruptibles et que vous désirez la liberté, l’égalité et la fraternité étendue au vivant, il n’y a qu’une seule solution possible : celle d’admettre nos faiblesses et de mettre en place, non pas la coercition qui est une violence, mais le contrôle qui est le gage que vos désirs pourront se réaliser.

        Bonne soirée à vous également.

  17. Sur les gilets jaunes [ou rouges, si l’on est daltonien -:) ] …je ne résiste pas…Avez-vous aperçu cette pancarte :
     »  »  » ON NE PEUT PAS , en même temps , SE SERRER LA CEINTURE et BAISSER SON FROC »  »  » …!!
    Génial.

    1. Macron pourrait dire qu’il suffit de baisser son froc avant de serrer sa ceinture .

      Mais comme on est dans la « common decency » ces temps ci , il ne dira rien .

      Sauf demander à Bercy un tour de passe passe pour financer de quoi calmer le jeu , ce qui est déjà la première nécessité , dans une politique de gribouille de près de quarante ans .

      Ce qui ne devrait pas suffire dans les délais courts que nous avons adoptés , car les solutions touchent à des inflexions d’ondes longues , telles que l’aménagement du territoire , la fonction attribué au travail , les gratuités , la motivation des déplacements , la lutte contre la spéculation pour rendre le logement décent accessible , et bien évidemment la fiscalité et la politique de redistribution .

      1. Les femmes démocrates seront des acteurs majeurs de la campagne électorale de 2020 et vont poser de vrais problèmes à Donald Trump

        « Le fait le plus marquant de ces «midterms»?
        Les femmes. Elles incarnent plus que d’autres électorats la division de l’Amérique. Les démocrates ont reconquis la majorité de la Chambre des représentants grâce à elles, des femmes éduquées, jeunes, afro-américaines, latinos, des femmes qui sont doublement considérées comme des minorités par leur genre et par leur appartenance ethnique. Selon un sondage qui vient de sortir, si l’élection présidentielle avait lieu aujourd’hui, toutes les femmes démocrates papables pour la présidentielle battraient Donald Trump à plate couture. Elles seront des acteurs majeurs de la campagne électorale de 2020 et vont poser de vrais problèmes à Donald Trump. On imagine donc mal qu’il n’y ait pas une femme dans les prétendants à la Maison-Blanche. On peut parler de la sénatrice de Californie Kamala Harris, ou celle du Minnesota Amy Klobuchar. Cette dernière a de vrais atouts, et elle vient du Midwest. Avec plus de 60% des votes obtenus mardi, elle aura sa chance. Du côté républicain, ce ne sont au contraire pas les minorités et les femmes qui font la différence, mais les gens moins éduqués, blancs issus de milieux ruraux. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour le parti républicain, qui est devenu entièrement le parti de Donald Trump. La raison: la démographie joue clairement en défaveur des républicains, même si le trumpisme va rester encore très vigoureux et durer. »

        « Cette élection a mis en relief la diversité de l’Amérique avec des élus amérindiens, musulmans et LGBT… »

        Oui, c’est toute la démographie actuelle des Etats-Unis, cette Amérique qui résiste.

        https://www.letemps.ch/monde/nicole-bacharan-lelection-normalise-partie-donald-trump

      2. @Juannessy
        Un vrai programme politique en somme !
        Ceci dit, ‘ils’ nous répondront que « l’austérité », c’est aussi de « l’économie politique »… 🙂

      3. Une voix ( et un bonhomme que j’ai croisé) toujours intéressante , car authentiquement républicaine et désintéressée , dans une émission qui , décidément , est devenue incontournable :

        https://www.franceinter.fr/emissions/le-grand-face-a-face/le-grand-face-a-face-17-novembre-2018

        PS : je m’aperçois que je l’ai devancé d’une heure à peine , pour dire ce que l’on peut et doit attendre des maires et du pouvoir quand ils aiment ceux qu’ils servent .

  18. Il faudra que nombreux soient ceux qui aimeront la liberté par dessus tout, et posséderont un idéal de dignité assez haut pour s’insurger contre le « fascisme en col blanc » qui gouverne actuellement nos vies. Inventer un nouveau monde, en retrouvant la solidarité, les vraies valeurs humaines ne se fera pas sans sacrifices. Mais peut on toujours » vivre à genoux » comme les Grecs en ce moment ? NON !

    1. Résistance, résistance, cette ardeur de vivre qui déplaît tant à Bernard Stiegler. D’autre part, j’admire les hommes et les femmes qui NE mettent pas un épais blindage entre eux et le monde. Leur hyper sensibilité devrait s’exprimer comme les poètes les plus fous, conscients de leurs humeurs. Par exemple, est-ce que la ruse de la raison n’a pas trop vite fait d’oublier le temps chez le peintre David Hockney obsédé par l’espace et la lumière ? Personnellement j’ai pas besoin de P. Lacan pour déchiffrer le canevas. Et vous savez ce que dirait ce dernier ? : ça nous empêchera pas de dormir.

  19. Que d’inepties … Consternant … Un communisme remasterisé en néocommunisme numérique … Les ultra-riches ne peuvent survivre qu’en maîtrisant complètement la technologie. Ça signifie être capable de « configurer » , coder les IA nécessaires à leur survie. Cela demande une énorme puissance humaine. Deux cas sont possibles : premier cas, les IA ne sont pas capables de se configurer elles-mêmes. Dans ce cas, il faut des mathématiciens, des scientifiques, des gens de génie pour créer et perpétuer cette société de super riches. Autant dire que la probabilité de survie pour ces super riches est nulle. Deuxième cas, l’IA est capable de se configurer elle-même. Elle n’a plus besoin des super riches et en finira avec eux. C’est la thèse d’Hawking … que je partage. Le problème des super riches ne se pose pas comme il est posé ici.
    Second point : le salut semble venir de la démocratie directe. Encore une fois quelle ineptie. Les Français acceptent pour leur sécurité d’être filmés, d’être mis sur écoute. Ils ne réagissent pas plus quand leur téléphone réagit à « Ok Google » indiquant ainsi qu’ils sont continuellement écoutés par leurs appareils. Ils adoptent les Alexa et autres Google Home sans broncher, réalisant avec enthousiasme le rêve de toute dictature. Bref, les masses sont inconscientes et, malgré le pouvoir qu’elles ont, pouvoir économique d’acheter ou de ne pas acheter, force est de constater que la masse achètent et adhèrent au modèle.
    La nature s’équilibrera toute seule … avec ou sans nous. Et franchement, est-ce grave ? Nous sommes sur une petite planète (6400km de rayon), tournant à 150 000 000km d’une étoile moyenne qui elle-même tourne dans une galaxie à quelques 30000 années lumière du centre de la galaxie. Qu’est-ce que toutes ces pensées si ce n’est l’expression d’egos humains surdimensionnés … Nous ne sommes rien et une fois que nous l’aurons accepté alors nous vivrons paisiblement l’instant présent sans véhiculer, comme le fait ce post, de peurs infondées … infondées dans le sens où demain n’existe pas et hier n’existe plus.

    1. Les Suisses qui pratiquent la démocratie directe seront donc heureux d’apprendre qu’ils sont communistes à l’insu de leur plein gré. J’en connais à Davos ou au mont Pèlerin qui vont tomber de leur fauteuil !

      Paul Jorion parle de guerre civile numérique, s’il y a guerre cela suppose que s’il peut y avoir maitrise, il n’existe pas de contrôle total mais seulement partiel. Une forme de guerre qui peut être symétrique entre états, dissymétrique entre états et organisations diverses, et asymétrique entre états et simples citoyens.

      Par définition la dissymétrie et l’asymétrie impliquent qu’un individu ou un groupe d’individus n’utiliseront pas la force brute pour s’opposer à plus forts qu’eux, mais la ruse et l’intelligence pour frapper les vulnérabilités (qui existent toujours comme l’a appris à ses dépens ce tricératops de Goliath).

      Le texte prend soin de préciser que nous parlons d’IA faibles, alors qu’Hawking parle de l’IA forte, c’est-à-dire consciente, et qui contrairement aux premières relève encore du domaine de la pure spéculation. Donc hors du sujet qui nous préoccupe ici.

      Concernant votre second point, et comme j’ai déjà eu l’occasion de m’en expliquer sur ce fil, apporter le salut – terme à connotation religieuse – n’est pas dans mes intentions (ni dans mes moyens !). Je ne fais que proposer un outil qui adossé à une éducation citoyenne de qualité peut permettre (et vous noterez le conditionnel) de nous sortir de tous les maux que vous détaillez.

      Quant à savoir si ce billet est l’expression d’un ego surdimensionné je laisse chacun juger, mais pour ma part et peut-être est-ce là l’expression d’un romantisme exacerbé comme il m’en a déjà été fait le reproche, je serai chagrin si le scénario du GIEC à +5,5° devait se réaliser en entrainant un génocide planétaire. Mon côté fleur bleue sans doute…

      Demain n’existe pas écrivez-vous pour terminer ? C’est exactement ce que nous disent Trump et tous ceux de son espèce qui nous entrainent vers l’abîme. Bienvenu au club !

      1. Les suisses ne pratiquent pas la démocratie directe .

        Tiens , au passage , l’essence et le gas oïl sont devenus plus chers en Suisse qu’en France , ce qui est une sacrée évolution de l’histoire quand on sait que depuis toujours et jusqu’à cette année , les français frontaliers allaient faire leur plein en Suisse , tandis que les suisses venaient acheter leur viande en France .

      2. Si votre lecture de la vie politique suisse ( largement plus démocratique et directe que chez nous ) est que la Suisse est une démocratie ( jusque là c’est vrai ) « directe » , ça confirme que la démocratie directe que vous nous promettez sera une démocratie délégataire élargie à l’élite des citoyens standards pleins d’esprit .

        Mais je crois que nous avons déjà « discuté » de ma suisse voisine et de là où commence et finit le direct de Bern .

        PS : j’ai fait aussi une remarque dans ce fil ( ou celui intitulé « fédérons » ,je ne sais plus ) , concernant l’intérêt et le bon usage du RIP , qui a moins attiré votre attention que mes autres coups de pioche .

      3. Vous avez naturellement le droit de contredire l’administration suisse qui écrit que le pays pratique la démocratie directe.

        Tout comme avez le droit de ne pas lire mon texte et mes commentaires où j’explique à plusieurs reprises que la démocratie directe est un processus incrémental.

      4. J’invite l’administration suisse à venir « discuter » ici avec moi .

        Je ne doute pas qu’un informaticien de formation ( je me trompe ? ) manie les processus incrémentaux avec grâce et efficacité ,mais ça peut un peu dérouter le citoyen standard ou Bernadette .

        S’il s’agit de dire que la démocratie « plus directe » ça s’apprend petit à petit , avec un emploi progressif ( et jamais exhaustif , même et surtout en Suisse) du RIP ( dont il faut aussi , chemin faisant apprendre à corriger les effets pervers ), on pourra commencer à être d’accord , sans mettre ces avancées de nos voisins sous le chapeau d’une élucubration futuriste fumeuse où l’IA faible vient faire des numéros de magies avec les citoyens forts .

        PS : dans la rubrique consultation populaire , j’ai aussi noté que de plus en plus de quotidiens régionaux ont adopté le « sondage quotidien « sur « l’actualité  » du moment . Ce sont souvent plus de 10 000 réponses à chaque fois à des questions où il faut répondre par Oui ou Non.

        Il y a quelques jours 63 % des « consultés » ont répondu qu’ils approuvaient l’imposition des blouses à l’école maternelle et primaire …

      5. J’invite les lecteurs du blog à savoir qui dit vrai entre Juannessy qui écrit « Les suisses ne pratiquent pas la démocratie directe . » et l’administration suisse qui écrit le contraire sur son site.

        Et je ne vois pas en quoi les IA faibles seraient une « élucubration futuriste fumeuse » qui viendraient « faire des numéros de magies » ? Elles sont une réalité que la plupart d’entre nous utilisons quotidiennement. Tout simplement.

        Tout comme je ne vois pas non plus le rapport entre la démocratie directe telle qu’elle est pratiquée en Suisse et… les sondages de la presse régionale ?!

      6. Banco !

        PS : je confirme que le seul rapport entre la démocratie suisse et les sondages journaleux , est très ténu , sauf à noter que dans les deux cas il y a un processus de collecte de choix .

        Alors seulement , si l’on croit que la démocratie c’est l’art des choix ( comme on dit à Privas ) , ils peuvent avoir en commun un des attributs de la démocratie , y compris directe .

      7. Comparer les sondages quotidiens de la presse régionale et la démocratie directe est une tentative aussi grossière que maladroite de dénigrer cette dernière.

        On peut être contre l’idée bien entendu, encore faut-il utiliser de vrais arguments et non des arguties ou des rapprochements incongrus à seule fin de polluer le débat.

      8. Le peuple est une feignasse ( il lit mal les textes proposés ) malpoli ( et polluant ) .

        Le peuple souverain tranchera directement ou pas .

      9. Bien, comme vous semblez être en bonnes dispositions, je vous serais très reconnaissant si vous pouviez maintenant allez dispenser vos lumières et méthodes, sur les autres posts.

      10. Non, je ne vous aurez jamais attribué le rôle que vous tenez ici (voir mes précédentes remarques) si tel avait été le cas.

    2. Roberto, il y a longtemps que Juannessy est devenu un troll un peu particulier d’une nouvelle espèce, une sorte de Troll calin/centriste insipide et tiède. C’est simplement ahurissant la quantité de posts qu’il laisse ici, dont la moyenne pondérée des idées apporte autant à la réflexion générale qu’un pet dans un ouragan . So, don’t feed the Troll ! Personnellement je ne lis plus Juannessy, y a rien à en tirer.

      1. J’ai bien essayé d’en convaincre Paul Jorion , dans un instant de vérité , mais il n’a pas voulu le croire et en tirer les conclusions nécessaires .

        Mais s’il change d’avis , le troll s’évanouit dans la minute .

      2. Allons Juannessy, nous sommes tous, enfin j’ose le croire, adultes, c’est à dire des enfants libres par eux-même, au milieu d’eux même, pas besoin d’en appeler à l’autorité entre nous, car cela te ramène à l’état de très petit enfant, voir de bébé. Ce que tu n’es pas encore redevenu !

      3. Si vous êtes déjà deux à être « d’accord » sur votre rejet de mes facéties , c’est déjà un premier accord , un peu limité, mais plus spectaculaire que l’accord qui n’a pas passionné les foules sur les facéties de ce billet .

      4. Dénaturer les paroles d’autrui pour lui faire dire ce qu’il n’a jamais dit ne peut pas être qualifié de « facétie », c’est une malhonnêteté.

      5. Je sais bien . Je suis comme ça : feignant , malpoli et malhonnête.

        Et bien d’autres choses encore .

        Tout le monde est d’accord là dessus .

      6. Nous tous, les commentateurs du blog, formons le « reality-show » que Paul l’anthropologue à plusieurs reprises a désigné comme une des meilleures sources d’étude du genre humain. Pour ma part, j’ai toujours fait en sorte de ne jamais quitter la cour d’école pour profiter de sa richesse humaine. Plutôt que d’aligner des mots pour justifier ce comportement prépubère, rien ne vaut l’observation du préau d’une école « primaire » comme on disait de part chez nous (5-10 ans). Comme j’ai eu le privilège de choisir mes collaborateurs par le passé, j’use de toute mon autorité restante pour maintenir cette pluralité.

      1. Je suppose qu’il connait la nature humaine bien mieux que moi et qu’il sait qu’il « faut faire avec »…

      2. Je confirme .

        Mais comme il fait beau ,et que je suis dans de bonnes dispositions , je m’éclipse pour aller vérifier le niveau du lac et me mêler au peuple du samedi .

        Hasta luego !

      1. « La nature aura drastiquement perdu en complexité et quelque part aura perdu son chef d’oeuvre : le VIVANT !
        Les vivants qu’Elle n’a réussi à créer que dans une fine bande de quelques kilomètres autour d’une planète perdue dans un espace sans vie suffisamment grand pour que même aujourd’hui certains estiment que ce ne peut pas être le fruit du hasard mais celui d’une volonté. C’est dire comme c’est grand et sans vie autour. »

        Live long and prosper !
        https://www.youtube.com/watch?v=Iu1qa8N2ID0

    3. « La nature s’équilibrera toute seule … avec ou sans nous. Et franchement, est-ce grave ? »

      Si c’est pour s’équilibrer prématurément à un point d’équilibre comparable à celui de Venus… Ce n’est franchement pas glorieux.
      La nature aura drastiquement perdu en complexité et quelque part aura perdu son chef d’oeuvre : le VIVANT !
      Les vivants qu’Elle n’a réussi à créer que dans une fine bande de quelques kilomètres autour d’une planète perdue dans un espace sans vie suffisamment grand pour que même aujourd’hui certains estiment que ce ne peut pas être le fruit du hasard mais celui d’une volonté. C’est dire comme c’est grand et sans vie autour.

  20. Urgence du vivant : « La bioéconomie oblige les logiques libérales à se réformer ».

    « UP’ : On oppose souvent capitalisme et écologie. Ce n’est pas votre cas. En effet, dans votre livre, vous soutenez l’idée que le débat n’est pas là, qu’il faut aller plus profond : interroger l’industrialisation, et placer les techniques financières et comptables dans cette perspective. Pouvez-vous développer cette idée et pensez-vous qu’elle soit réaliste dans le monde d’aujourd’hui ? »

    « DB : L’écologie n’est ni à gauche ni à droite. Les modèles économiques capitalistes ou socialistes visent tous les deux la productivité et la croissance. Aucun des deux ne table sur la « vérité écologique » qui nous saute au nez aujourd’hui avec une planète transformée en étuve et des espèces vivantes en extinction. J’aime citer Oystein Dahle, ex-président d’Exxon pour la Norvège et la mer du Nordqui disait « Le socialisme s’est effondré parce qu’il n’a pas laissé le marché dire la vérité économique. Le capitalisme peut s’effondrer parce qu’il ne permet pas au marché de dire la vérité écologique ». On peut dire que la raison écologique est sa planche de sauvetage ! Aujourd’hui le marché ne considère que le court terme et l’actionnaire. Mais depuis une quinzaine d’années, on cherche à reconnaitre la qualité de vie (santé, habitat, relations…), et à mesurer le progrès autrement qu’avec le PIB. La question de fond concerne ce à quoi nous tenons collectivement. Et aujourd’hui, nous ne pouvons que nous rassembler pour prendre soin du vivant. C’est le « progrès résonant et raisonnable » auquel la jeune génération aspire. Nouveaux indicateurs de richesse, nouvelles comptabilités intégrant les capitaux vivants (comme la méthode Care développée par Jacques Richard, désinvestissements du fossile et réaffectations à des projets durables… sont les leviers de cette mutation en cours. Ces outils servent les initiatives innombrables pour manger sain, partager les transports et les équipements, recycler et réparer. Il n’y a pas d’autre cap que ces transitions qui redistribuent la valeur vers les territoires. Bien sûr cela implique des risques financiers énormes que la puissance publique doit étayer. C’est le sens de l’appel pour « libérer l’investissement vert » lancé par Alain Grandjean et Gaël Giraud. »

    « UP’ : La bioéconomie pour laquelle vous plaidez veut s’inspirer du vivant et le respecter. Vous parlez de « pacte avec le vivant ». Comment cette démarche peut-elle se dérouler concrètement ? Comment le vivant peut-il être une source d’inspiration pour une innovation économique ? »

    DB : Les vannes de transformation de nos sociétés sont grandes ouvertes. Nous disposons de moyens pour transformer l’énergie des lisiers ou du soleil, extraire des cosmétiques des algues ou faire de la chimie avec des levures. High tech ou low tech, la palette des outils est vaste pour agir en synergie avec les êtres vivants. L’agriculture, la forêt, les océans ne sont plus simplement nos garde-manger, mais ils peuvent aussi nous vêtir, nous abriter, nous transporter, nous éclairer. Ainsi, le monde agricole fait figure d’éclaireur pour les industriels qui veulent convertir leurs procédés et réduire leurs externalités négatives. Il suffit que les consommateurs aient envie d’arrêter d’acheter des produits issus du pétrole, pour voir Lego décider de fabriquer toutes ses briques à partir de matières végétales à l’horizon 2030 ou Ikea annoncer que 100% de ses plastiques seront biosourcés ! Le moteur de cette dynamique vient de l’aval : Coca-Cola, Danone, Nike, Adidas demandent aux chimistes de leur fournir des matériaux biosourcés(cosmétiques, isolants, lubrifiants, colles, plastiques, composites, peintures…) que nombre de startups comme Amyris, LanzaTech, Global Bioénergies… inventent. Dès que le prix du baril de pétrole passera les 100 $ de manière durable, cette économie va exploser… Mais se faire « alliés du vivant » n’est pas seulement un enjeu économique c’est un pacte culturel. C’est exister et penser avec nos milieux (et non les surplomber comme le veut la modernité). C’est parier sur les solidarités. »

    « UP’ : Ne risque-t-on pas, en développant de nouvelles formes de productions articulées sur le vivant de refaire les mêmes erreurs que celles que nous avons faites à l’encontre de l’environnement : asservissement voire pillage de la nature, mépris pour les externalités négatives produites par les processus industriels, etc. N’est-ce pas un nouveau risque ?

    DB : C’est une question majeure : cette bioéconomie confronte les acteurs à la rareté, aux aléas de production, à l’instabilité de la matière. Les paysans le savent mieux que quiconque, produire avec les bêtes ou les plantes, c’est s’exposer à l’imprévisible. Il va falloir multiplier les négociations, les arrangements humains pour composer avec les dilemmes (manger ou rouler) et les écosystèmes (pour assurer leur régénération). D’autant que la bioéconomie peut nous affamer, si nous préférons le plein d’essence des uns au plein de nourriture des autres. Elle peut aussi surenchérir l’accaparement des terres !
    La maîtrise politique de l’usage des biomasses et leur affectation et capitale. C’est la raison d’être du Forum BioRESP sur la transition bioéconomique que nous avons mis en place en France.
    Il est clair que nous devons veiller à moins consommer, moins gaspiller et à donner plusieurs vies à nos objets : c’est l’économie circulaire qui passe par la valorisation des déchets.
    Si l’on suit la trajectoire qui doit nous amener vers 2050 à zéro émission nette de carbone, la moitié de l’économie sera issue de la photosynthèse. Pour encourager cette perspective, rien de mieux que de mettre en valeur les externalités positives : évitement des dégâts de l’extraction pétrolière (notamment de la fracture hydraulique pour les gaz de schistes), services écosystémiques, substitution de ressources naturelles qui pourraient finir par se raréfier (caoutchouc naturel extrait de l’hévéa, omega-3 issu de poissons, dérivés terpéniques extraits de plantes ou d’animaux…) par le recours aux levures ou aux bactéries. »

    « Parviendrons-nous à assumer notre autonomie, sans tout déléguer aux machines ?

    « Les pollutions, les injustices, les risques globaux ont déjà fait bouger bien des gens, qui mangent autrement, veulent participer au partage des richesses, changent leurs modes de vie. […] Il ne s’agit pas du tout d’une dynamique marginale, mais que tout est en train de se recomposer, jusqu’à nos imaginaires et nos aspirations. Parier sur les dynamiques vivantes, c’est composer avec la diversité des possibles. En embrassant… l’inconnu. […] Ce récit révèle un paysage nouveau où des gens de toutes sortes agissent dans un sens commun sans forcément le savoir. Face à la complexité et à l’incertitude, ils investissent dans la forge du vivant, celle des relations. Finis la modernité autoréférentielle, l’irresponsabilité d’une posture hors-sol, le mythe de la toute-puissance. Le vivant nous apprivoise. Voici l’homo resonans. » »

    http://www.up-magazine.info/index.php/bio-innovations/bio-innovations/7978-urgence-du-vivant-la-bioeconomie-oblige-les-logiques-liberales-a-se-reformer

    1. « Pourriez-vous dire qui sont « UP » et « DB » ? (Il faut s’abonner à une revue pour le savoir). »

      Non, pas besoin de s’abonner, il suffit de lire l’intégralité de l’article avec le lien mentionné, le nom et prénom de l’interviewée sur UP’ magazine sont Dorothée Browaeys (DB), biologiste et journaliste scientifique, qui écrit des articles pour ce m^me magazine et UP’ c’est UP ‘magazine, un journaliste qui ne s’est pas nommé mais les propos recueillis par Gérard Ayache pour UP’ magazine, comme mentionné.

  21. Ce que je trouve intéressant dans le système démocratique suisse, c’est sa structure fractal à trois niveaux, communal, cantonal et national ou fédéral. C’est aussi l’absence de président qui augmente la symétrie top-dowm et bottom-up. Le maillage fin du pouvoir insert les citoyens dans les rapports de force et les symétries fractals fondent le commun.

  22. C’est vrai , mais l’histoire et la géographie ( et le temps déjà vécu en commun ) nous apprennent que ça n’est pas forcément transposable tel quel partout , et que la résolution des enjeux transnationaux exige des constructions encore balbutiantes . Mais je garde le RIP cadré comme un des outils majeurs de la pureté garantie des nouveaux échafaudages, qu’ils participent d’ailleurs à construire correctement .

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