Paul Jorion pense tout haut aux 3 derniers jours, le 17 février 2019 – Retranscription

Retranscription de Paul Jorion pense tout haut aux 3 derniers jours. Ouvert aux commentaires.

Bonjour chères Amies et chers Amis, je vais donner à ma petite causerie d’aujourd’hui un nom qui ne vous dira pas grand-chose au départ parce que je vais appeler cela « Mes 3 dernières journées », « Paul Jorion pense tout haut à ses 3 dernières journées ». Mais, il s’est passé un certain nombre de choses qui vont me donner un fil conducteur.

La première de ces journées, vous l’avez vu, j’ai annoncé cela : j’ai été invité au titre d’expert en Intelligence Artificielle sur la question de « L’intelligence artificielle et l’avenir de l’élevage ». Je suis arrivé à temps de ma petite province bretonne pour entendre la fin des exposés assez techniques dans la matinée mais, l’après-midi, je faisais partie d’un panel qui a pris la plus grande partie de l’après-midi, où nous avons parlé d’Intelligence Artificielle mais en rapport avec les questions pratiques d’utiliser cela dans l’agriculture, dans l’élevage, etc. Et, je viens de lire sur la revue « Terrestres » une déclaration – c’est une revue en ligne récente – d’un groupe qui est allé interrompre un colloque du même style que celui auquel j’ai participé il y a 3 jours, qui était là consacré à la robotique agricole. Il y a une déclaration par ce groupe qui a interrompu pendant 45 minutes le déroulé des évènements. Le ton du discours, c’est un discours du type que j’appellerai néo-luddite, de dire que l’agriculture, et c’est vrai, l’élevage est un domaine où l’on pourrait créer des tas d’emplois très intéressants dans une transition vers un retour à une planète organisée en vue de la survie des êtres humains plutôt que de la recherche pure du profit.

La recherche pure du profit, c’est la thèse que je développe depuis un certain nombre d’années, étant contradictoire avec la survie de l’espère, d’où le titre d’un de mes livres « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie ». Le discours qui a été tenu par ces personnes est intéressant. C’est inspiré par une certaine réaction contre la technologie. Cela ressemble fort aux arguments de Ted Kaczynski, Unabomber, cette personne qui a, il y a pas mal d’années [de 1978 à 1995], tué un certain nombre de personnes et a fait chanter un certain nombre de journaux américains en les obligeant à publier son manifeste contre la technologie. Ce manifeste contre la technologie a des sources d’inspiration du côté hippie, dans les travaux de Jacques Ellul, s’inspirent de Mme Rachel Carson qui avait dénoncé l’usage des pesticides et des insecticides il y a quelquestemps. Si on avait écouté davantage Mme Carson, nous n’en serions pas à dire, comme on le dit aujourd’hui, « Est-ce que les insectes auront disparu entièrement en 2050 ? ».

Quelle autre source d’inspiration, The Unabomber ? M. Schumacher, l’auteur de « Small is beautiful », ce qui est petit est mieux, un penseur d’inspiration keynésienne, il faut le souligner. J’avais participé il y a quelques années. On m’avait fait participer là-aussi à un colloque à la mémoire de M. Schumacher. J’avais fait une contribution aussi dans ce sens-là. Je viens de regarder par curiosité qui d’autre on considère comme inspirateurs de Kaczynski, Unabomber, et on attire l’attention sur le fait qu’il fait référence à certains des titres importants de la réflexion de Sigmund Freud, en particulier le Malaise dans la civilisation et L’avenir d’une illusion. C’est vrai.

Ce qui a attiré aussi mon attention dans ce texte sur la revue « Terrestres », c’est la manière dont les auteurs du texte ont semble un peu désarçonnés et, ils le laissent transparaître, par la réaction positive, encourageante, de certaines personnes dans la salle, y compris des organisateurs de ce colloque sur la robotique dans l’agriculture, qui ont dit à ces interrupteurs qu’on les aurait volontiers invités, qu’ils auraient eu le droit de parler comme tout le monde, qu’on les aurait écouté avec attention, qu’il y avait une part de malentendu dans ce qu’ils dénoncent par rapport à ce que l’on essaye de faire et, vous le savez, c’est l’ambigüité que je souligne chaque fois que je parle du transhumanisme. Dans l’évolution de la technologie, qui est simplement le processus, je dirais, qui a parfois allure de rouleau compresseur, il y a parfois simplement déroulement de ce génie humain qui nous a fait inventer les outils et qui nous a fait inventer la machine. Mais, il y a autre chose et c’est pour cela que je recommandais l’autre jour de distinguer clairement les choses quand on parle de lobby. On dit « Oui, les lobbys sont contre nous ». De la même manière, dans ce manifeste de personnes contre la robotique, il y a un mélange de considérations, je dirais, par rapport à la technologie quand ses usages sont mauvais et, simplement, des querelles que nous avons avec un certain nombre d’entreprises parce que nous sommes en guerre avec ces entreprises et qu’il vaudrait mieux dire carrément que nous, en tant qu’individus, en tant que citoyens, nous sommes en guerre envers ces entreprises plutôt que de parler en termes vagues du pouvoir des lobbys et des choses de cet ordre-là.

Ça, c’était ma journée d’il y a 3 jours. Discussion, après, dans les couloirs très intéressante sur des projets déjà en route, de connecter l’ensemble du cheptel français, de confier la gestion des choses avec les meilleures intentions du monde, de rendre le traitement des animaux plus humain par rapport à nous, de pouvoir sauver dans la minute un petit porcelet qui crie parce qu’il va être écrasé dans les minutes qui viennent, de pouvoir soigner une vache dans les minutes, de ne pas attendre que l’on s’aperçoive 3 jours plus tard qu’elle était très malade parce qu’elle ne fait plus assez de lait, de voir dans l’immédiat que cette vache est malade et de la traiter puisque nous finirons par la manger un jour de toute manière. Ça, c’est une autre question. Et, il y a ce débat mené par Paul Ariès, en ce moment, de savoir si les végans sont des gens simplement en lutte contre une activité légitime, qui est celle de l’élevage. Je ne vais pas parler de cela aujourd’hui. Cela mérite en soi un petit exposé.

Le jour suivant, avant-hier, 2ème réunion de la classe de Mme Dautreppe en 1952, 2nde réunion de ceux qui se sont trouvés dans la même classe d’école primaire en 1952, la 1ère année où ils allaient véritablement à l’école et, là, c’est toujours passionnant parce que, bien entendu, nous n’avons pas tous fait la même chose, parce que cela fait plaisir de nous revoir, cela nous fait plaisir de réfléchir à quel était le nom du chien que nous avons offert à Mme Dautreppe, parce qu’il se faisait qu’elle prenait justement sa retraite juste après nous avoir eus en CP. C’est Youki. Cela ne vous apprend pas grand-chose mais nous avons retrouvé le nom quand même ! C’est le plaisir de confronter des vies, dont il faut bien dire qu’elles s’achèvent. Entre la réunion d’aujourd’hui et la précédente, nous avons subi des pertes. Ne nous attristons pas. Ne nous attardons pas sur ça et ne nous attristons pas davantage. C’est des choses, bien entendu, qui vont arriver de plus en plus.

Dans la journée d’avant-hier aussi, on a appris que M. Trump avait signé l’accord qui permettait de relancer, enfin d’empêcher que le gouvernement soit à nouveau obligé de mettre la clé sous la porte mais que, parallèlement, il annonçait une urgence nationale. Il a déclaré l’état d’urgence sur la nécessité de construire une muraille entre les États-Unis et le Mexique. Je vous avais déjà expliqué que cette muraille, c’est une histoire de cowboys et d’indiens et que c’est essentiellement parce que ce sont essentiellement des populations amérindiennes qui essayent d’entrer en ce moment aux États-Unis et que c’est une vieille histoire… M. Trump et ses amis ne veulent pas de ça.

Vous avez peut-être vu que Mme Ann Coulter, qui est une éditorialiste d’extrême-droite sur la chaîne Fox News, a dit à M. Trump, et à l’intention de la nation, « Il n’y a qu’un seul état d’urgence, c’est le fait que nous avons un idiot comme Président ». Pourquoi est-ce qu’elle a dit cela alors que, sur l’échiquier politique, elle est tout à fait du même avis que M. Trump ? C’est parce qu’elle est convaincue qu’il s’est laissé simplement berner, que son état d’urgence, on va le lui interdire tout de suite. Lui, il l’avait prévu. Il a dit : « Oui, on va l’interdire une première fois puis une autre cour va l’interdire encore une fois de plus » mais, finalement, cela remontera à la Cour Suprême où – il ne l’a pas dit comme ça mais, moi, je vous le dis – il laissait entendre « Je viens de nommer deux types qui sont dans mon camp ». Elle a dit « Non, cela ne marchera pas votre truc et, simplement, vous vous êtes laissé berner ».

On pourrait dire que c’est ça l’évènement aux États-Unis, en rapport avec M. Trump, mais en réalité non. Il y a des choses plus importantes qui se sont passées.

Je ne vous parle pas de la petite histoire, qui sont les déclarations de M. Trump, les décisions qu’il prend, ses initiatives. Comment on appelle ça ? quand un président saute par-dessus les pouvoirs, le pouvoir législatif… Cela a un nom, cela s’appelle… C’est une ? Cela me reviendra peut-être avant la fin [par ordonnances, par décrets]. Cela n’a pas d’importance. Je continue, parce que la chose importante par rapport aux États-Unis qui s’est passée dans la journée, c’est deux choses : on a appris que Mme Sarah Huckabee Sanders avait été auditionnée par la commission Mueller. Je vous rappelle, c’est le porte-parole officiel de la Maison-Blanche, une personne à qui les commentateurs, depuis qu’elle a pris son poste, ont dit « Si vous ne voulez pas trop d’ennuis, un jour ou l’autre, il vaudrait mieux que vous démissionniez avant que cela ne se termine tragiquement toute cette histoire ». Voilà. Je suppose que M. Mueller lui a rappelé qu’elle a dit telle et telle chose dans ses déclarations officielles, au nom du Président, alors que les documents sont là, « Vous saviez parfaitement que ce n’était pas le cas. Pourquoi avez-vous fait ça ? ». On a appris aussi que M. Paul Manafort qui avait prétendu collaborer avec la justice, dont une cour, un tribunal sous la direction du juge Mme Amy Berman Jackson, avait dit que « Oui, les plaintes de la commission Mueller étaient recevables. Oui, il avait apparemment menti ». Et c’est cette dame aussi, je vous le rappelle, je vous avais parlé de ça, qui avait dit que les discussions à ce sujet-là auraient lieu à huis-clos parce que « des choses importantes par rapport à l’avenir de la nation sont en jeu. » Il ne faut pas avoir fait la Sorbonne, comme on dit, il ne faut pas être docteur en Sorbonne pour deviner que cette expression veut dire : il s’agit de questions d’espionnage. M. Manafort risque 24 ans maintenant en prison. On lui a fait comprendre qu’il a joué un jeu dangereux, c’est-à-dire qu’il a menti dans l’espoir d’obtenir un pardon de M. Trump et on lui a fait comprendre que M. Trump n’est plus tout à fait en position de pouvoir pardonner qui que ce soit, même pas lui-même la semaine prochaine. Donc, voilà, rappel de ça.

Et, par rapport à M. Roger Stone, dont vous vous souvenez qu’il a protesté vigoureusement, et d’ailleurs toute l’extrême-droite a protesté vigoureusement contre le fait qu’on l’avait arrêté au milieu de la nuit chez lui avec des policiers nombreux et armés, etc. et que la déclaration du gouvernement avait été de dire que cela avait été fait parce que ce monsieur, non seulement, aurait pu détruire des preuves dont il disposait mais que ce monsieur, d’après les nouvelles que l’on avait, était prêt à essayer d’échapper, à quitter le pays clandestinement. Tout cela a été mis entre parenthèses par l’extrême-droite qui n’a pas pris cela au sérieux, bien entendu, qui a considéré que c’était un prétexte supplémentaire pour avoir déployé l’armée, etc. – non en fait le FBI, pour arrêter M. Stone. Mais une déclaration avant-hier, issue de ce même tribunal de Mme Jackson, fait entendre que, à la demande de la commission Mueller, ce sera elle le juge qui jugera à la fois la question de l’inculpation, si j’ai bon souvenir, de 18 fonctionnaires russes appartenant aux services secrets GRU de la Russie et qui traitera aussi de la question de M. Roger Stone ultérieurement, et en particulier de ses liens éventuels avec la Russie.

C’est-à-dire qu’il y a un message là aussi que l’affaire du gouvernement russe impliqué dans une tentative réussie ou ratée d’ingérence de la politique américaine, que ce que l’on reproche à M. Roger Stone n’est pas simplement d’avoir menti devant une commission ici ou là, mais c’est quelque chose qui est en rapport direct avec la tentative russe. Et, il est dit dans le texte assez clairement que la commission Mueller a en sa possession des documents prouvant un rapport direct de M. Roger Stone avec ce qui s’est passé du côté de la Russie. Là, c’est aussi important. Pourquoi est-ce que c’est important, plus important que les histoires de muraille du Mexique ? Eh bien, c’est parce que cela rejoint ce que, moi, j’avais lu immédiatement quand, en juillet 2018, l’année passée, quand avait eu lieu l’inculpation de ces fonctionnaires russes, que je vous avais dit, chers Amis et Amies, en lisant ce document, il est écrit en filigrane dans ce document « Haute trahison ». Il est écrit qu’il y a non seulement collusion, qu’il y a conspiration en plus mais que ce document – ce n’est pas mon opinion à moi – parle d’une relation directe entre la Russie et l’équipe de M. Trump, sans se prononcer sur le fait de savoir s’il s’agit de M. Trump lui-même.

Alors, il ne me reste qu’à vous parler de la journée d’hier. La journée d’hier était intéressante pour moi aussi. Je ne vais pas vous dire exactement où l’on m’a demandé de faire une déposition sur le revenu universel et sur mon idée de gratuité. Ce n’est pas qu’il s’agisse d’un grand mystère mais, en fait, c’était une réunion privée. Vous ne tomberiez pas de votre chaise si je vous disais de qui il s’agit, mais voilà, je respecte le cadre dans lequel on m’a dit de venir. C’était un petit cénacle. Je ne vous en ai pas parlé officiellement non plus parce que si vous étiez venus sonner à la porte, on ne vous aurait pas laissé entrer. Mais, j’ai pu défendre devant des personnes qui peuvent agir en fonction de ce que j’ai dit, j’ai défendu le dossier de la gratuité par rapport à celui du revenu universel. Ce que je vous dis là vous fait comprendre qu’en haut lieu, on réfléchit sérieusement à ces choses, ce qui est une bonne chose en soi.

Et dernière chose dont je voudrais vous parler : c’est la fin de ma journée. J’ai dû partir du quartier où je me trouvais, qui était un quartier dans la rive droite. J’ai dû, avec ma petite valise mais néanmoins relativement lourde, et ma grosse mallette bourrée d’ordinateur portable et de livres que je lis en ce moment, me rendre de cet endroit-là à la gare Montparnasse pour rentrer chez moi. Alors, cela a été une expérience épique parce que, à cause des Gilets jaunes bien entendu, j’ai commencé par prendre un taxi, vu mon encombrement. Ce taxi a fini, après avoir serpenté lentement dans une grande partie de la rive droite, par jeter l’éponge en disant « Monsieur, je vous suggère de trouver une solution par vos propres moyens », ce qui était raisonnable dans la bouche de ce taximan. Alors, je suis allé en direction de la Seine, la rivière la Seine, pour la traverser et me retrouver de l’autre côté. Et là, j’ai trouvé un autre taxi de bonne volonté qui m’a emporté et qui, là, s’est mis à faire des méandres, à rouler longuement à l’intérieur de la rive gauche pour essayer de me faire parvenir à la gare Montparnasse, ce qu’il n’est pas parvenu à faire non plus. Et il m’a, là, débarqué au beau milieu du Boulevard de Port-Royal, en me disant qu’il me souhaitait bonne chance. Ce qui m’a conduit à marcher un bon kilomètre de concert avec, à ma gauche, les forces de l’ordre, bien armées, et, à ma droite, les Gilets jaunes.

Je vous le dis tout de suite, si je suis là, c’est que je n’ai pas été pris à partie. J’ai bien marché sur mon trottoir. Je ne suis pas allé me promener avec ma valise et ma grosse mallette au milieu de la manifestation mais je me suis trouvé sur la lisière, entre les deux parties qui étaient là, et, pendant ce kilomètre, nous avons marché de concert. J’ai beaucoup réfléchi. J’ai réfléchi en particulier à la chose suivante : et si, tout à coup, je m’étais trouvé dans une situation différente : la situation tout à fait malheureuse, que je regrette, dans laquelle s’est trouvé [au même endroit] M. Finkielkraut ? J’aurai des choses à dire aussi là-dessus mais, aussi, séparément. Ne mélangeons pas tout. Je me suis trouvé dans une situation très différente, entre deux mondes, entre deux mondes qui étaient là, chacun pour ses raisons et, dans le cadre du fonctionnement d’une société humaine, je dirai que, dans les deux cas, les raisons étaient des raisons sinon bonnes, du moins justifiables et justifiées. Mais, j’ai pensé aussi que si j’étais soudain, au lieu de garder ma valise à la main, monté sur ma petite valise en criant, à l’égard des Gilets jaunes : « Je suis Paul Jorion et ceci, cela, etc., et nous nous trouvons dans une situation comme ceci, comme cela », la tension était suffisante pour me dire que, là aussi, il y aurait eu, au minimum, ce que l’on aurait qualifié ensuite d’« incident ».

C’est là-dessus que je veux terminer. Je peux faire des analyses sur ce qui se passe aux États-Unis et dire que la situation est difficile pour telle et telle raison, mais j’habite aussi, en tant que résident, ce n’est pas de nationalité mais en tant que résident et en travaillant dans ce pays – la preuve, j’étais à Paris pour deux raisons différentes les jours précédents ou le même jour – je travaille dans le cadre de l’Université catholique de Lille, je paye mes impôts depuis 10 ans, mes Amis, en France. Nous sommes dans une société où les ambivalences, les ambigüités, les problèmes importants mis entre parenthèses et pas véritablement résolus ou résolus de manière trop maladroite pour que l’on aille vers des solutions, posent des questions en soi.

Je voulais terminer là-dessus, j’ai déjà dit beaucoup de choses. La seule chose que je peux dire en conclusion, c’est que nous vivons une époque qui est une époque troublée et dont il n’est pas certain qu’elle sera moins troublée demain qu’elle ne l’est aujourd’hui. Les problèmes de fond du genre humain et de la société humaine se posent aujourd’hui avec une acuité tout à fait considérable. Nous avons une responsabilité : ou bien nous repoussons cela, la poussière sous le tapis, et les choses vont aller très très mal, ou bien nous prenons les choses à bras le corps, nous prenons le taureau par les cornes et nous essayons de résoudre ces problèmes qui sont des problèmes cruciaux, pas seulement même pour nous mais pour la survie de toute forme de vie à la surface de la terre. J’ai commencé par les vaches et les cochons et que nous les traitions un peu mieux que nous les traitons maintenant. J’ai évoqué Unabomber. J’ai évoqué Sigmund Freud. J’ai évoqué la question de la séparation nécessaire, maintenant, du travail et de sa rémunération. J’ai parlé des tensions dans nos sociétés, que l’on laisse se polariser avec beaucoup d’irresponsabilité. Nous avons du pain sur la planche !

A bientôt.

Partager :

16 réflexions sur « Paul Jorion pense tout haut aux 3 derniers jours, le 17 février 2019 – Retranscription »

  1. Les tensions posés, l’histoire est en marche, d’une certaine manière les influences qu’on pouvait faire sont déjà là, le reste ne serait de nous plus qu’apparat, c’est maintenant les vacances pour les intellectuels visionnaires

      1. Bon c’est déjà mieux que de prendre le taureau à bras le corps et la poussière par les cornes !
        C’est un début encourageant!

        (Maintenant il vous faut attendre le moment où la poussière va être sur le taureau !)

  2. Étrange absence de mon commentaire d’hier-nuit…
    Peut-être formuler autrement..?? Ainsi:
    Lire ce que P.J. dit :  » Ce qui m’a conduit à marcher un bon kilomètre de concert avec, à ma gauche, les forces de l’ordre, bien armées, et, à ma droite, les Gilets jaunes.
    Je vous le dis tout de suite, si je suis là, c’est que je n’ai pas été pris à partie. J’ai bien marché sur mon trottoir. Je ne suis pas allé me promener avec ma valise et ma grosse mallette au milieu de la manifestation mais je me suis trouvé sur la lisière, entre les deux parties qui étaient là, et, pendant ce kilomètre, nous avons marché de concert. J’ai beaucoup réfléchi. J’ai réfléchi en particulier à la chose suivante : et si, tout à coup, je m’étais trouvé dans une situation différente : la situation tout à fait malheureuse, que je regrette, dans laquelle s’est trouvé [au même endroit] M. Finkielkraut ? J’aurai des choses à dire aussi là-dessus mais, aussi, séparément. …(…)… Mais, j’ai pensé aussi que si j’étais soudain, au lieu de garder ma valise à la main, monté sur ma petite valise en criant, à l’égard des Gilets jaunes : « Je suis Paul Jorion et ceci, cela, etc., et nous nous trouvons dans une situation comme ceci, comme cela », la tension était suffisante pour me dire que, là aussi, il y aurait eu, au minimum, ce que l’on aurait qualifié ensuite d’« incident
    ».
    Concevoir que tout peut aussi être différent de ce qu’on appréhende, en proposant cette courte vidéo (12′) de semblable rencontre, bien instructive… https://www.youtube.com/watch?v=KUbcChsxr-w … en particulier à partir de la minute 7′. Moi, ça me donne (beaucoup) à réfléchir.

    1. Dites nous vos réflexions ! En attendant je vous livre la mienne : que finkelkraut ignore chouard m’étonne, mais j’ignorais aussi chouard avant de prendre connaissance de débats sur la monnaie sur ce blog. Bon, Jorion à écrit un bouquin, et pas chouard. Le Ric n’est pas une invention de chouard.

      1. @Rosebud1871(20/2 à 20h10)
        … » que finkelkraut ignore chouard m’étonne  » … et moi donc!!
        … » mais j’ignorais aussi chouard avant de  » … moi aussi…mais ni vous ni moi ne sommes aussi gigantesques que Finkielkraut médiatiquement, là où, et de loin, les(ses) opinions/orientations contribuent à façonner l’histoire républicaine, et pas que contemporaine!
        Or Chouard est incontournable sur le RIC.. Sans ré-évoquer le bégaiement climatique, ajoutez le TINA économique et concluez vous-même !

      2. @Julien Alexandre(20/2 à 21h13) écrit :
        … » sur tous les sujets, le personnage le plus contournable et dispensable qu’il soit « .
        C’est votre point de vue, et, en tant que tel, tout à fait respectable.
        Et sur François Boulo, vous avez quel avis?

      3. C’est le seul point de vue raisonnable et rationnel

        Boulo ? L’avocat comique d’office qui traîne ses guêtres sur RT et qui a lancé la grande grève illimitée ? Dans le même sac que Drouet et Nicolle.

      4. Otrosmeros 20 FÉVRIER 2019 À 20 H 43 MIN
        Passée ma surprise, ce monsieur se doit d’être informé de ce qui se passe dans le monde puisqu’on le consulte pour qu’il dise médiatiquement (votre terme) quoi en penser. Donc sans le connaître, la vidéo le montre à l’aise comme un pingouin au Sahara. Faut dire qu’en ambiance manif vu son expérience nuit debout, il peut se sentir pas à sa place. Dans cette option, au su de la rumeur d’antisémitisme de chouard, dire connait pas, c’est éviter un risque d’affrontement scabreux.

        Je comprends pas cette formule qui traîne partout, qu’un point de vue comme tel est respectable. Soit il inspire du respect parce qu’il fait autorité soit c’est le point de vue de la pelouse qui demande d’être respectée avec le soutien du gendarme. Ça fait autorité aussi mais pas la même et dans le rapport de force. En arts martiaux, il y a des politesses avant de se foutre sur la gueule, et après aussi, mais c’est du jeu sur scène fut elle olympique, et sur la scène des idées pourquoi dire qu’on respecte quand on les combat. Surtout que toutes les idées n’inspirent pas du respect, suffit d’ouvrir le journal…

      5. OTROMEROS
        Pour faire de l’explication de texte d’un autre : on vous dit : « C’est le seul point de vue raisonnable et rationnel » injonction d’autorité indiscutable, met le récepteur en position d’esclave.
        « L’avocat comique d’office qui traîne ses guêtres sur RT et qui a lancé la grande grève illimitée ? Dans le même sac que Drouet et Nicolle » .
        Ici c’est le mépris que les puissants ont pour les avocats commis d’office, qui défendent les sans dents.
        Traîner ses guêtres = flâner, un oisif,
        RT un média d’opinion de l’œil de Moscou,
        « dans le même sac » une seule poubelle pour divers déchets.

        Avec ce faiseur d’opinion, vous voilà bien éclairé.

        Très très bien le Boulo, l’a l’expérience des pretoires, semble t il, de la scène juridique à la scène médiatique. Dupont Moretti fait dans le théâtre. Comment convaincre le public, d’acquitter, d’acquérir d’applaudir. À chaque scène ses enjeux.

  3. Bonjour,
    Quelques mots à propos du combat de Paul Ariès contre le véganisme: c’est un combat rétrograde et réactionnaire comme il y en a toujours eu dans l’histoire.
    Oui, l’abolition de l’exploitation animale entraînera des reconversions économiques (comme d’autres abolitions ont entraîné d’autres reconversions).
    Non, ces reconversions n’induisent pas nécessairement une intensification de l’agriculture industrielle, au contraire. L’agriculture végane est fonctionnelle et il existe déjà de nombreux exemples qui ne devraient d’ailleurs pas être découragés, mais subventionnés. Au fait, pourquoi ne pas envisager la gratuité de produits bio et véganes. Il y a bien des pistes à explorer, comme par exemple la fonctionnarisations de ce genre de maraîchers, non?
    La mauvaise foi des « carnistes », leur propension à utiliser des sophismes pour justifier leur petit bifteck est patent et d’une grande tristesse.
    Le véganisme est un nouveau paradigme et il va malheureusement probablement falloir attendre un changement de génération pour véritablement le comprendre (cf. Thomas Kuhn).
    Je fais donc confiance aux prochaines générations qui vont prendre le relais et acter le fait que consommer des produits animaux n’est plus nécessaire depuis la synthèse de la B12 et est donc devenu un scandale éthique (ceux qui ne prennent jamais de médicaments ou de compléments alimentaires peuvent me jeter la pierre).
    En attendant, ne lisez pas que l’avis des défenseurs aigris de la barbaque. Cultivez vous, lisez au moins quelques livres comme par exemple « L’imposture intellectuelle des carnivores » de Thomas Lepeltier, ou encore de l’inventrice du mot « carniste », Melanie Joy, « Pourquoi aimer les chiens, manger les cochons et se vêtir de vaches » avant de vous en remettre à l’avis forcément biaisé étant donné la dissonance cognitive de mangeurs de viande qui aiment leur animal de compagnie…
    Pour ceux qui doutent encore de la viabilité du régime végétalien à cause de vastes campagnes de désinformation, surtout en France, je conseille par exemple le site nutritionfacts.org où les principales études sur le sujet sont systématiquement décortiquées et commentées.
    Avant de me tomber dessus et afin d’avoir une chance de sortir de votre paradigme « carniste », lisez au moins deux ou trois livres écrits par des véganes. (Le terme « végan » reste à mon sens encore trop dans l’ancien paradigme « carniste »).
    Pour ce qui est de l’IA dans les élevages, ça me fait très peur: mais qu’est-ce qu’on n’invente pas pour se donner bonne conscience.
    Bonne lecture, bonne culture.
    Ps: j’ai été carniste convaincu pendant 45 ans, je connais donc vos « arguments », merci. Heureusement, j’ai rencontré Empédocle, Derrida et Llored sur ma route.

    1. Meuh oui.
      Ces gens sont logiques. Se vêtir de chien et prendre un cochon pour animal de compagnie… Le poisson rouge est autorisé? Promis, je le boufferai pas. Et pas de chat.

      Fraternité étendue au vivant, au moins à sang chaud! Promesse du siècle suivant: Fraternité étendue à Phyton! Que Noé l’ai négligé en dit long sur les préjugés des rédacteurs de la Bible.

      Une histoire de courage ou d’inconscience et de vaches. Gauloise ou brassensienne. Peut-être apocryphe (?):
      Un fourgon de livraison serpente péniblement sur une route d’Auvergne. A un carrefour, contrôle de la Gendarmerie. Le chauffeur se gare à l’endroit indiqué.
      Simple vérification des papiers du conducteur et du véhicule, la routine. Les gendarmes sont très polis ( ils le sont toujours). Tout est en règle. L’ambiance se détend. Quelques plaisanteries sont échangées. Avant de faire signe au chauffeur que la voie était libre, un gendarme demande au chauffeur :  » Au fait, que transportez vous? » Le chauffeur, sans trop réfléchir, répond: « vos uniformes ». Un gendarme ouvre la porte arrière et découvre des peaux de vache. Procès-verbal, tribunal d’instance, 15 jours de prison avec sursis.

      https://fr.wiktionary.org/wiki/phyton
      http://www.parolesmania.com/paroles_jacques_bertin_15372/paroles_brassensienne_1538235.html

    2. C’est la route du tchékisme et des petits commissaires, le ton de chiottes des avant-gardistes (agitez l’index, désignez l’ennemi, peu importe la cause, seuls comptent le drapeau et la tribu!); quant au ridicule du lexique et des concepts… Y aurait pas comme un grand délire qui s’empare de l’époque en ce moment?

  4. @Marko(20/2 à 12h20) écrit :
    … » Je fais donc confiance aux prochaines générations qui vont prendre le relais et acter le fait que consommer des produits animaux n’est plus nécessaire « …
    et
    … » j’ai été carniste convaincu pendant 45 ans  » …
    Justement… attendez la génération suivante des « vegan/intégraux » depuis la naissance jusqu’à leurs 45 ans…et on en reparle.. °(^!^)° …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.