• Les Jones ont plus de chance que les Sanchez

    Sous la plume de Vincent Remy, un excellent article tirant le meilleur parti de l’information contenue dans mon « Vers la crise du capitalisme américain ? »

    Télérama n° 2991 – 12 Mai 2007
    L’économie américaine va-t-elle s’effondrer ?
    Vincent Remy


    N’empêche, pour [Emmanuel Todd], la messe est dite : « Qu’est-ce que cette économie dans laquelle les services financiers, l’assurance et l’immobilier ont progressé deux fois plus vite que l’industrie entre 1994 et 2000 ? » Les services comptabilisés dans le PNB américain, sans valeur d’échange sur les marchés internationaux, sont « lourdement surestimés ». Conclusion : « Nous ne savons pas encore comment, et à quel rythme, les investisseurs européens, japonais et autres seront plumés, mais ils le seront.… Lire la suite…


  • L’homme qui n’en revenait pas

    J’ai un projet de livre en tête (*). C’est l’histoire d’un type qui est amnésique mais qui souffre d’une amnésie d’un genre très particulier. Dans le cas ordinaire, le malade a perdu la mémoire de son histoire personnelle mais le contexte général lui demeure familier. Mon héros au contraire se souvient parfaitement de qui il est et de tout ce qui lui est arrivé, mais il n’a plus le souvenir du monde au sein duquel toute cette histoire s’est déroulée et ce qu’il vit lui est étranger. Du coup, tout l’étonne, et le plus souvent lui déplaît, voire même l’écoeure ou lui répugne carrément.… Lire la suite…


  • La tache d’huile (de moteur)

    Surprise ! Avec un prix de l’immobilier résidentiel en baisse, les Américains ont perdu deux sources de fonds favorites pour les dépenses de consommation des ménages : l’argent frais que procure le refinancement de son prêt hypothécaire par un nouveau d’un montant plus élevé (cash–out), et le Home Equity Line of Credit (HELOC) qui consiste à emprunter en mettant en gage la plus–value de la valeur de la maison depuis son achat.
    Résultat : l’évolution des ventes des compagnies automobiles au cours des deux derniers mois (mars et avril 2007).

    General Motors : – 9,3 %
    Ford : – 13,0 %
    Daimler–Chrysler : + 1,6 %
    Toyota : – 4,3 %
    Honda : – 9,1 %
    Nissan : – 18,0 %

    Les économistes s’accordaient sur une baisse probable de 3 %.… Lire la suite…


  • L’escapade

    J’ai deux ou trois ans, la scène se passe dans la maison de ‘s Gravenweg à Rotterdam, où il est désormais possible de se rendre à nouveau en train. C’est l’âge où l’on ne peut se soustraire à la vue des adultes que quelques minutes à la fois, parce qu’aussitôt une voix se fait entendre qui dit « Paul (Pa-ol, en hollandais), wat ben je aan ‘t doen ? » : « Paul, qu’est-ce que tu fais ? » Je parviens quand même à m’esquiver régulièrement, je sors de la salle à manger, je prends le corridor vers la droite, je dépasse les portes vitrées du sas qui le séparent de la porte d’entrée (on est dans un pays froid), et je me rends dans la petite pièce qui possède une penderie pour les manteaux des visiteurs, et où se trouve aussi le téléphone, et je reste là indéfiniment, du moins jusqu’à ce que résonne le fatidique « Paul, qu’est-ce que tu fais ?… Lire la suite…


  • Se souvenir de sa naissance

    On dit des Esquimaux qu’ils prétendent se souvenir de leur naissance et l’on présente cela comme une curiosité culturelle. En fait il est possible de se souvenir de sa naissance : cela relève de l’anamnèse dans la cure psychanalytique. Cela ne fait pas partie des buts recherchés, cela s’obtient en sus : en prime !

    Une psychanalyse permet de remonter dans son histoire personnelle, d’étape en étape, et dans les stades finaux, de jour en jour. Ce chemin à rebrousse-poil peut se parcourir sur l’entièreté du trajet. J’imaginais la chose impossible, mais non : il est possible de parvenir jusqu’aux minutes qui précèdent la naissance.… Lire la suite…


  • Bloguer en deux langues

    Je suis « né » bilingue. J’entends dire par là que j’ai entendu parler concurremment – et j’ai parlé moi–même – deux langues dans mon univers familial, du moment de ma naissance jusqu’à la mort de mon grand–père alors que j’avais seize ans. Mon père parlait français et c’est en français que je suis allé à l’école ; ma mère et mon grand–père – qui habitait un autre appartement du même immeuble – parlaient le hollandais : le néerlandais. On parlait français à la maison quand mon père était là et hollandais quand il était au bureau.

    L’anglais, je l’ai appris plus tard.… Lire la suite…


  • Le sanctuaire

    Ma mère est morte en janvier 2003. Deux semaines plus tôt je l’avais vue pour la dernière fois, impuissante, dans sa chambre de réanimation à l’hôpital de Vannes. Et donc ce matin-là où j’ai appris la nouvelle, j’escaladais et je dégringolais les rues de San Francisco avec l’envie de prier, cette envie qui transcende dans ces moments-là le fait que l’on croie ou non en Dieu, que l’on aie une religion ou que l’on n’en aie point. Et je suis passé dans Columbus Street, devant la librairie City Lights.

    Quand on connaît la boutique, on finit par s’y retrouver dans sa configuration labyrinthique.… Lire la suite…


  • D’où viennent les petits enfants ? (le point scientifique sur la question)

    La réponse à la question, « D’où les petits enfants viennent-ils ? » est, comme on le sait, en général laissée en suspens par ceux à qui on la pose, si bien qu’elle se repose chaque fois dans les mêmes termes, sans que l’on progresse jamais vers une authentique élucidation. Je vais donc faire le point sur ce problème, en résumant en quelques mots ce que la science nous autorise à dire.

    Au départ il y a le néant, un néant de qualité inférieure cependant : grumeleux. Ses irrégularités font qu’à la moindre incitation il se sépare (du moins provisoirement) en contraires : en « matière » et « anti-matière ».… Lire la suite…


  • Ma naissance se perd dans la nuit des temps

    Je crois que Socrate fut le premier à demander pourquoi on se préoccupe du temps qui suit la mort et pas de celui qui précède la naissance. (*) Une réponse possible est que, si l’on a des enfants, on voudrait pouvoir continuer à veiller sur eux et qu’en mourant on perd évidemment ce pouvoir. Je crois qu’il y a une autre explication bien que j’ignore si mon expérience là correspond à celle de tout un chacun. Ce qui me fait douter que mon sentiment soit partagé, c’est que j’entends dire par certains que la vie est courte. Est–ce là véritablement leur expérience vécue ?… Lire la suite…


  • Le second tour

    L’expression « l’aventure » possède deux sens selon qu’on l’entend dans la bouche d’un candidat du passé ou dans celle d’un candidat ou une candidate de l’avenir : « l’anarchie » pour le premier, « la prochaine étape » pour le second ou la seconde. Pourquoi cette peur devant l’inconnu alors que le passé est lui connu pour ce qu’il a été, jusque dans le présent : rien d’autre qu’une liste interminable d’abominations ?
    Le drame de 2002 avait été dans le choix obligé entre deux candidats ayant pour modèle de l’avenir, deux versions du passé : l’une simplement exécrable, l’autre visant à ressusciter délibérément l’abomination sous sa forme la plus achevée.… Lire la suite…


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