Les atouts de la France

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

La France s’en sortira plutôt mieux que les autres en raison de la résistance qu’elle a opposée au grand mouvement de dérégulation et à l’esprit de laisser-faire. Une des raisons principales : le fait que la proportion de fonctionnaires au sein de la population soit plus importante qu’ailleurs (9,1 % de la population contre 4,9 % pour les Allemands). Autre raison : un niveau de dépenses publiques plus élevé (52,4 % du PIB en France en 2007, contre 37,4 % aux États–Unis).

Je n’ai pas trouvé ça ce matin dans L’Humanité mais dans le Wall Street Journal sous la plume de Sebastian Moffett, qui fait essentiellement reposer son analyse sur des chiffres du FMI et de l’OCDE.

Seul point noir, selon Laurence Boone de Barclays Capital, cité par Moffett : lorsque les affaires reprendront, la France émergera plus lentement que les autres : « Lorsque l’économie mondiale repartira finalement (eventually)… » « Finalement », le mot est bien choisi : ce n’est en effet pas demain la veille !

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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L’actualité de la crise : Crédit pas tout à fait mort, par François Leclerc

Billet invité.

CREDIT PAS TOUT A FAIT MORT

Plusieurs récentes enquêtes réalisées en France et en Europe auprès des directeurs financiers et des chefs d’entreprises viennent d’être rendues publiques. Elles apportent un éclairage instructif sur la crise du crédit. Sa recherche devient en effet, non sans surprise, la première préoccupation de ceux-ci. Ils s’appliquent beaucoup, également, à en limiter le besoin, vu sa rareté et son coût. Avec deux méthodes principales, la renégociation du crédit fournisseur et la réduction du crédit client. Avec les conséquences en chaîne que l’on devine.

A l’autre extrémité de la chaîne, dans le monde des consommateurs, le crédit revolving, si dénoncé et pourtant toujours aussi florissant, continue de faire ses ravages. Il continue d’être massivement promotionné, se révélant un important argument de vente de biens de consommation comme l’électroménager. Concourant toujours autant au surendettement des ménages à faible revenu. Une histoire de la même famille que celle des subprimes américaines.

D’un côté on coupe les crédits, de l’autre on cherche à les maintenir, il ne s’agit pas des mêmes, mais dans les deux cas cela va amplifier la crise.

Toujours dans le crédit, on se rappelle que de plus en plus de plus en plus de grandes entreprises ont créé des filiales spécialisés dans le financement des acquisitions de leur production par leurs clients, et on remarque qu’elles les renflouent ces temps-ci autant qu’elles le peuvent, car elles sont vitales pour elles. On se souvient également que l’activité de crédit, consenti ou imposé suivant les cas, est souvent à l’origine de l’essentiel des marges financières réalisées dans de nombreuses activités de production ou de distribution, non financières, considérées à faible rendement.

Profondément atteint, le système du crédit expose actuellement ses faiblesses et met ainsi en évidence le rôle de plus en plus élargi qui lui a été attribué pour contribuer au bon fonctionnement de l’économie. La fausse justification finale de l’activisme financier qui vient de s’écrouler à bout de souffle.

Les sénateurs français envisagent de déposer un projet de loi en faveur du « crédit social », afin d’offrir une alternative au credit revolving. Un crédit qui n’en connaîtrait pas les tares en terme de coût final et qui serait plafonné à 3.000 euros, réservé aux ménages « les moins fortunés », selon l’absurde expression qui évite de dire « pauvres ». Restera encore à trouver, si cette loi qui serait un progrès indéniable devait être adoptée, les moyens qu’auront les mêmes ménages de rembourser leur « crédit social ».

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ContreInfo

Dernière mise à jour : 19/2/09

Philippe Barbrel et moi avons eu un échange dont nous sommes convenus que la teneur resterait privée. Il affiche désormais sur le site de ContreInfo : « Le site est temporairement suspendu pour raison de santé ».

J’ai pris mes dispositions pour que la continuité soit assurée ici, je veux dire sur le blog de Paul Jorion et que vous soyez informés en permanence d’interruptions éventuelles.

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L’actualité de la crise : Première éclaboussure, par François Leclerc

Billet invité.

PREMIERE ECLABOUSSURE

Il est des périodes où ce qui devrait rester confidentiel est révélé au grand jour. Ce n’est probablement que le commencement.

James Crosby, vice-président de la Financial Services Authority (FSA), l’organisme britannique de supervision des banques, vient de démissionner mercredi, au cœur d’un scandale qui atteint également le gouvernement. Un épisode qui accroît les suspicions sur l’absence d’indépendance de cet organisme vis-à-vis des groupes financiers qu’il est censée superviser, alors que son impuissance à prévenir la crise était déjà critiquée.

L’affaire, qui vient d’éclater, remonte à 2005, du temps où James Crosby était directeur général d’HBOS, une banque que le gouvernement britannique a dû dernièrement secourir d’urgence, avant d’être rachetée par sa concurrente, Lloyds TSB. LBG, le groupe issu de ce rachat est détenu à 43,4% par l’Etat britannique.

A l’époque, encore en pleine période euphorique à la City, le responsable du contrôle des risques de HBOS, Paul Moore, avait alerté la direction de la banque contre des prises de risques excessives, pour se retrouver licencié par James Crosby, qui prétend aujourd’hui que le licenciement était sans rapport avec le cri d’alarme poussé par Moore et résultait en réalité d’une réorganisation de routine.

Paul Moore, alors que son aventure était restée peu exploitée dans les médias, a finalement écrit à ce sujet à la commission parlementaire des Finances, qui s’est saisie et a interrogé à ce sujet, lors d’une audition télévisée, deux autres anciens patrons de la banque, qui ont tous deux démenti sa version. La presse s’est néanmoins emparée immédiatement de l’affaire. Puis l’opposition a réclamé une enquête officielle, avant que James Crosby, tout en réaffirmant son innocence, ne se décide à démissionner, afin de ne pas nuire, a-t-il dit, au bon fonctionnement de la FSA.

L’affaire a pris une tournure politique, Gordon Brown étant finalement mis en cause directement, en raison de ses liens avec James Crosby.

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La belle époque où l’on pouvait encore collectiviser les pertes

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Le rejet de la vente de Fortis à la BNP par ses actionnaires est intéressant à plusieurs points de vue. Le premier, c’est la révolte d’investisseurs contre l’intervention d’un État tentant de sauver les meubles. Le second, c’est la mise en évidence du caractère démesuré qu’ont pris les empires financiers par rapport aux États qui les abritent. On pense d’abord à l’Islande engloutie en raison de son secteur bancaire hypertrophié, ou de la Belgique, poids plume financier quand on la compare à sa banque Fortis, mais il s’agit aussi de la Grande-Bretagne désormais incapable de porter à bout de bras son secteur financier, il s’agit enfin des États–Unis qui reculent devant la tâche de mettre en place une banque de défaisance qui mettrait en quarantaine la masse de ses produits de dette aujourd’hui trop dépréciés.

Les pertes causées par les bulles financières quand elles éclatent dépassent désormais en taille la capacité d’absorption des États et le monde découvre les conséquences à long terme de la privatisation des profits alors que l’issue de secours si pratique autrefois de la collectivisation des pertes a disparu de l’horizon des possibles.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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Histoire du système bancaire du Grand-Duché de Gerolstein (IV) – Conclusion

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L’histoire bancaire du Grand-Duché de Gerolstein simplifie sans doute de manière caricaturale le processus de création monétaire mais son but n’était pas d’apparaître réaliste de ce point de vue là. Ce que je visais à l’aide de cette illustration était d’un autre ordre : j’entendais décrire l’évolution d’un système bancaire au sein du microcosme d’une petite société où les questions d’argent ne se posent pas de manière purement abstraite et dans un vide social mais dans le cadre des relations qu’entretiennent effectivement les trois grands groupes qui constituent nos sociétés : les capitalistes ou investisseurs, les entrepreneurs ou dirigeants d’entreprises et les salariés, et en focalisant l’attention sur le rôle très spécial que jouent les banquiers à l’articulation de ces groupes, non pas du fait de leur fonction d’intermédiation mais en raison du rapport d’emblée déséquilibré qu’entretiennent ces trois groupes dans nos sociétés.

Après avoir créé un cadre très simple, centré sur une banque commerciale où les citoyens ordinaires peuvent déposer sur un compte-courant l’argent dont ils n’ont pas un besoin immédiat, et dans un deuxième temps sur un compte-épargne, je mets en évidence comment ce système évolue du fait que ceux qui empruntent l’argent déposé sur ces comptes doivent s’acquitter d’intérêts. Je montre enfin comment – d’une manière a priori invraisemblable – l’endettement croissant d’une partie de la population peut apparaître par un processus pervers comme enrichissement de la nation toute entière. L’astuce réside ici dans le processus de la titrisation, c’est–à–dire dans la marchandisation de la dette des emprunteurs individuels, titrisation qui crée une machine à générer de la « pseudo-richesse » mais qui conduit la banque centrale du Grand-Duché à traiter ces créances comme ce qu’elles feignent d’être, à savoir une richesse authentique.

Bien entendu l’argent n’a pas été inventé avec ce type de processus en vue : il s’agit avec la concentration du capital et la nécessité du versement d’intérêts que celle-ci entraîne, et ensuite avec le titrisation, de dévoiements, par ceux qui leur ont découvert des modes de détournement possibles, des principes qui présidaient initialement au fonctionnement de l’argent : du coup, le loyer de l’argent et les reconnaissances de dette apparaissent comme les équivalents d’une richesse véritable, et leur engendrement comme celui d’une nouvelle richesse.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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Ex nihilo et… quoi encore ?

Julien Alexandre a bien fait d’attirer mon attention sur le fait que certains tentent d’entraîner le débat relatif à la création monétaire « ex nihilo » sur le terrain du racisme et plus particulièrement de l’antisémitisme.

Je me suis ouvert dans différents billets sur le fait que mon grand-père maternel était juif. Certains commentateurs sur d’autres sites pensent – et ne se privent pas de le dire – que la raison pour laquelle je considère que les banques commerciales ne créent pas de l’argent ex nihilo est due à mon ascendance ou comme ils le disent avec beaucoup de tact, à ma « sensibilité ». Ce serait donc par « solidarité avec un groupe ethnique » (qui ne considère pas – soit dit en passant – que j’en fasse partie) que j’adopte ce point de vue.

Je défends l’opinion que les banques commerciales ne créent pas d’argent ex nihilo parce que c’est un fait. J’ai examiné avec patience tous les documents qui m’ont été soumis qui tendraient à prouver le contraire.

Certains d’entre vous m’ont dit en privé – et d’autres l’ont dit ici – que la thèse de l’argent ex nihilo est un mythe urbain d’inspiration antisémite et je leur ai dit que je ne le pensais pas. Ceci dit, j’ai suivi bien des liens qui m’ont été proposés dans ce débat et je suis tombé le plus souvent sur des sites américains antisémites du courant « milicien ». Cela ne m’a pas empêché de continuer à penser que les défenseurs de l’ex nihilo étaient dans leur majorité de bonne foi et je le pense encore. Le moment est cependant venu pour eux de faire un sérieux tri parmi leurs alliés.

Je n’ouvre pas ce billet-ci à la discussion parce qu’il s’agit ici d’une déclaration de ma part et non d’idées que je soumets au débat.

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L’actualité de la crise : Autour du pot, par François Leclerc

Billet invité.

AUTOUR DU POT

Avec les déclarations de Timothy Geithner de ce jour, l’administration Obama donne l’impression d’augmenter la mise, avec des effets d’annonce destinés à impressionner, mais elle continue en réalité de tourner autour du pot. C’est également le cas des Européens, au sortir de la réunion de Bruxelles des ministres des finances de l’Union européenne, à propos des modalités d’encadrement d’éventuelles bad banks, une perspective évoquée pour le moment en Grande-Bretagne, RFA et Belgique.

Aux USA, il est dorénavant annoncé une enveloppe pouvant aller jusqu’à 1.000 milliards de dollars, au lieu des 200 initiaux acquis dans le cadre du TALF, afin d’aider le crédit à la consommation et aux petites entreprises. Vraisemblablement sous forme de garanties de la Fed, à l’exception, sans doute, d’une petite partie prise en charge par le Trésor. Le curseur de la création monétaire semble donc avoir été relevé par rapport à ce qu’annonçait ces jours derniers la presse américaine.

De nouvelles injections de fonds fédéraux sont prévus dans le système bancaire, sans que les montants et les conditions d’attribution n’en aient été précisés. On a seulement appris qu’un trust (une fiduciaire) allait regrouper les prises de participation de l’Etat.

Nouveauté également, une structure à capitaux mixtes public/privé, dotée de 500 milliards de dollars, serait crée en vue d’inciter les investisseurs privés à acheter les actifs douteux des banques.

Enfin, un plan logement destiné à éviter de nouvelles saisies immobilières continue d’être à l’étude et sera prochainement annoncé.

Au final, l’impression qui se dégage du plan est qu’il exprime beaucoup d’intentions, mais celles-ci devront se concrétiser. Et que les mécanismes complexes qui sont prévus devront être précisés pour devenir opérationnels. Et, enfin que la Fed se révèle comme prévu, très largement mise à contribution, afin que le Trésor ne le soit pas.

Auditionné mardi par la Chambre des représentants, Ben Bernanke, président de la Fed a d’ailleurs simultanément justifié l’importance des engagement pris par la banque centrale en déclarant que « les risques financiers inhérents aux crédits accordés par la Réserve fédérale ont été, d’après moi, largement dépassés par les risques auxquels le système financier et l’économie auraient été confrontés si nous n’avions pas agi ».

Du côté européen, les très grandes lignes de mécanismes d’encadrement du rachat des actifs douteux on été annoncés lors d’une conférence de presse à l’issue de la réunion des ministres des Finances de Bruxelles. Il appartiendra à la Commission européenne de les concrétiser dans les semaines à venir, a-t-il été précisé. Un double objectif a été poursuivi, éviter les distorsions entre Etats et réduire les coûts qu’ils pourraient avoir à supporter. D’où l’idée de règles communes et d’une valorisation des actifs douteux selon une « approche correcte et cohérente ». Les commentateurs traduisent cette dernière formule en parlant de l’adoption de valeurs au plus près de celle du marché, ce qui n’est pas très explicite dans le contexte actuel, sauf à dire qu’elles seraient valorisées selon à un très bas niveau. Impliquant des dépréciations de la part des banques, puis des recapitalisations. On n’en sort pas. Il va falloir attendre pour en savoir plus, là aussi.

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Rideau !

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Le message que l’on recevra demain de la bouche de Mr. Geithner, le nouveau ministre des finances américain, c’est que le salut ne viendra pas des États–Unis. Il nous annoncera une myriade d’initiatives insignifiantes représentant une poussière d’intérêts particuliers et où tous les méchants seront amplement récompensés : hedge funds, paradis fiscaux, spéculateurs à la petite et à la grande semaine et financiers véreux. « Everybody knows the good guys lost », tout le monde sait que les bons ont perdu, chantait déjà Léonard Cohen. On aurait pu espérer un New Deal à la Franklin D. Roosevelt, manque de pot, ce coup-ci cela aurait coûté beaucoup trop cher et on se tourne plutôt vers les rustines : ça tiendra ce que ça pourra !

On s’inquiétait déjà à la vue de l’équipe qu’Obama entreprit de constituer au lendemain de son élection et où l’on retrouvait les survivants les plus éclopés de l’équipe Clinton, et dont le meilleur exemple est Larry Summers : les convertis les plus récents à l’ultralibéralisme et donc les plus dangereux. Geithner accusant la Chine de manipulation de sa devise lors de sa confirmation devant le Sénat, le 21 janvier, donnait le ton : pas de gratitude à attendre des États–Unis envers la Chine pour le sauvetage du consommateur américain durant la période 2002-2007. Ce sera désormais chacun pour soi : si les Chinois ont été assez bêtes pour acheter à coup de dizaines de milliards de dollars les titres adossés à des prêts hypothécaires américains, tant pis pour eux !

Quand le communisme s’écroula en 1989, il existait un plan B : s’il mourait de sa belle mort, c’est qu’il avait eu tort et le capitalisme raison, et plus on prendrait de celui-ci, mieux on se porterait. Comme on le sait maintenant, le doublement de la dose a précipité la mort du patient. Petit problème cependant pour nous en 2009 : le capitalisme s’écrase en flammes, et il n’existe pas de plan B.

Alors ce sera le repli sur soi, le protectionnisme à tout va, l’apparition de seigneurs de la guerre : plus-radical-que-moi-tu-meurs ! (Madame Merkel en héritera probablement d’un en provenance de Bavière dans les jours qui viennent comme ministre de l’économie : bonjour les dégâts !) Les pays les plus malheureux tomberont dans la guerre civile, les plus heureux constitueront des gouvernements d’unité nationale mobilisés contre leurs voisins (qui sont les responsables évidents de leurs déboires) : Israël et Iran, l’Inde et le Pakistan (à coups d’armes nucléaires), que sais-je encore, l’imagination en cette matière sera certainement au pouvoir : le Venezuela et la Colombie ?

Un aspect positif cependant : tout cela devrait nous laisser un peu plus de temps, entre deux coups de canon et de bombes atomiques, pour réfléchir au plan B qui nous permettra de résoudre les vrais problèmes que nous devrons bientôt affronter : quand nous aurons en 2050 épuisé le pétrole, l’eau potable et l’air respirable.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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Rions un peu – Les paradis fiscaux (II)

L’un des programmes du plan américain pour tenter de sortir de la crise est le Term Asset-backed Securities Loan Facility, ou TALF, au budget de 200 milliards de dollars. Le programme prêtera des fonds aux institutions disposées à acheter des titres adossés à des prêts étudiants, des prêts automobiles, des dettes de PME ou sur cartes de crédit. Les meilleurs candidats sont des hedge funds. Malheureusement, la plupart sont domiciliés dans des paradis fiscaux. Le Wall Street Journal en date d’hier nous apprend que la nouvelle administration a trouvé le moyen de tourner cette difficulté.

Ouf on respire ! Nul doute que la solution se trouvait dans le projet de loi déposé en 2007 par Mrs. Levin, Coleman et Obama en vue de l’élimination des paradis fiscaux en question !

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L’actualité de la crise : Un plan qui fait de nécessité vertu, par François Leclerc

Billet invité.

UN PLAN QUI FAIT DE NECESSITE VERTU

Apprécier un plan qui n’a pas encore été dévoilé officiellement est un exercice un peu scabreux. Mais de nombreuses informations ont « fuité » dans la presse américaine, permettant de se faire une idée des grandes lignes des mesures qui devaient initialement être annoncées par le Trésor US demain lundi, avant report à mardi, il y a moins d’une heure. D’ores et déjà, si l’on ne peut évidemment pas prévoir les chances de succès de ce nouveau plan, dont la mise au point finale pose visiblement problème, on peut apprécier les considérations qui nécessairement l’inspirent.

C’est un programme déjà adopté en novembre dernier, le TALF (Term Asset-backed Securities Loan Facility), qui est semble-t-il destiné à jouer un rôle vedette, avec la contribution financière de la Fed et le soutien technique d’une palette d’organismes, sous tutelle ou administration de l’Etat : Fannie Mae et Freddie Mac (organismes de refinancement hypothécaire), ainsi que l’organisme fédéral d’assurance des dépôts bancaires (FDIC).

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Histoire du système bancaire du Grand-Duché de Gerolstein (III)

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« La titrisation ferait qu’il n’est pas important que le peuple n’ait plus d’argent ? », répéta le chancelier, incrédule. « Oui », répondit le gouverneur de la banque centrale du Gerolstein, « et von Münze va vous expliquer pourquoi ». Sur quoi le directeur de la BCG prit en effet la parole et entreprit de décrire les grand principes de la titrisation.

« Voici », dit-il, « chaque année, nous pouvons prêter l’argent qui se trouve sur les comptes de nos clients. L’argent sur les compte-courants nous pose quelques problèmes puisque nous ne savons pas combien de temps nos clients l’y laisseront et c’est pour cela que la banque centrale exige des provisions au cas où trop d’entre eux réclament le leur au même moment. C’est pour cela aussi que nous ne le prêtons pas trop longtemps. Mais les montants que nous prêtons sont limités par les sommes que nos clients déposent sur les comptes-courants et leurs comptes-épargne. Une fois cet argent prêté nous sommes obligés d’attendre qu’il soit remboursé avant de pouvoir le prêter à nouveau. Nous pourrions emprunter de l’argent par une autre formule que celle des comptes-épargne, que nous prêterions à un taux légèrement plus élevé, mais auprès de qui pourrions-nous emprunter cet argent ? »

Il s’interrompit pour boire quelques gorgées d’eau, laissant ses interlocuteurs provisoirement sur leur faim. « C’est ici qu’intervient la titrisation », reprit-il enfin à la satisfaction générale, « dans la titrisation, nous vendons la dette de nos clients et nous récupérons ainsi notre mise et cet argent retrouvé, nous le prêtons à son tour. Voici comment s’opère la titrisation : nous réunissons une collection de prêts que nous avons accordés, quelques milliers à la fois, et nous constituons à partir d’eux une énorme obligation, comme un Bon du Trésor. La structure en est très simple : les intérêts versés par nos emprunteurs sont déposés dans un grande coffre à mesure qu’ils rentrent. Une fois l’an nous vidons le coffre et versons cet argent à l’acheteur de notre titre. Même opération pour le principal : au fur et à mesure que nos emprunteurs remboursent leur prêt nous mettons l’argent qui rentre dans un second coffre et lorsque le dernier emprunteur rembourse le dernier prêt, nous vidons le coffre numéro deux, et nous remboursons le principal à l’acheteur de notre titre ».

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L’actualité de la crise : Chômage en hausse, le cours de l’or aussi, par François Leclerc

Billet invité.

CHOMAGE EN HAUSSE, LE COURS DE l’OR AUSSI

Le vote attendu du plan de relance américain par le Sénat et l’annonce des nouvelles mesures de sauvetage des banques par le Trésor US, dès lundi, sont espérés comme le Messie dans le monde entier. Car, bien que chacun des pays atteints de plein fouet par la crise financière essaye d’y faire face de son côté, dans le désordre et sans trop de succès jusqu’à maintenant, la compréhension qu’il n’y aura d’autre solution que mondiale grandit et s’impose. Que c’est aux USA, à l’épicentre de la crise, de peser dorénavant de tout leur poids. Et qu’il sera toujours temps, ensuite, de panser les plaies, longuement, et de préparer l’avenir, si possible plus rapidement.

L’ampleur des suppressions d’emploi, de la baisse de l’activité ou des commandes démontre en effet qu’il n’est plus possible de continuer à prendre son temps et de vivre au rythme des arbitrages du Sénat américain, des mesures d’urgence au coup par coup, ou bien encore des plans successifs. D’où le coup de semonce peu diplomatique à l’égard de ce dernier de Barack Obama, et l’attente. D’où, également, l’article de Martin Wolf dans le Financial Times, mon étonnant bréviaire depuis peu, fondant tous ses espoirs sur l’administration Obama devant l’impuissance britannique et la chute inexorable de la livre sterling.

Pour une fois, toutefois, je dois provisoirement quitter le monde de la finance et des banques pour celui du travail et de l’emploi.

Aux USA, 598.000 emplois ont disparu en janvier (après correction des variations saisonnières). Réactives comme elles savent l’être dans ce domaine, les entreprises américaines licencient à tour de bras, dans tous les domaines d’activité. La tendance est à la suppression d’un demi million d’emplois par mois. A l’autre bout du monde et de la chaîne financière, en Chine, plus de 20 millions de travailleurs migrants (ces émigrés de l’intérieur des pays émergents) sont désormais sans travail et rentrent forcés et contraints dans leurs campagnes et au royaume de la misère. En Russie, prise dans l’étau de la crise économique, entre la chute du rouble et celle du pétrole, les autorités se préparent à leur manière généralement expéditive à des troubles sociaux. Au Canada, 129.000 emplois ont disparu en janvier, du jamais vu depuis 30 ans. Les mesures de chômage partiel lancées par de nombreuses grandes entreprises de l’industrie allemande, Daimler, Volkswagen ou BASF, se poursuivent et ont concerné 290.600 salariés en janvier, selon le pointage mensuel de l’Agence fédérale pour l’emploi (BA). Le chômage a en Espagne atteint un niveau record depuis 12 ans, en janvier, avec 3,3 millions de demandeurs d’emplois et le taux le plus élevé de l’Union européenne.

Quand ce ne sont pas les statistiques de l’emploi qui défrayent la chronique, ce sont celles de la production qui prennent le relais. Oubliées déjà, les nouvelles désastreuses de l’industrie automobile. Place à celles de l’industrie électronique, sur laquelle tous les espoirs de croissance reposaient. Les principales multinationales de l’électronique japonaises (Sony, Panasonic, Hitachi, Toshiba, NEC, Canon et Sharp) vont sacrifier 66.000 salariés, victimes collatérales de la hausse du yen et des pertes financières prévisionnelles pour l’exercice en cours de leurs entreprises. La production industrielle allemande a reculé de 4,6% en décembre sur un mois, selon des données publiées vendredi dernier. De décembre 2007 à décembre 2008, cette même production a affiché un recul cumulé de 7,5%, selon un communiqué du ministère de l’Economie. Les carnets de commande sont sur la même tendance, augurant mal des choses. En Grande-Bretagne, la production industrielle et manufacturière a diminué de 1,7% sur le mois en décembre, pour chuter de 9,4% sur un an, selon les statistiques de l’Office des statistiques nationales (ONS).

Si l’on prend la situation sous l’angle de la consommation, les données ne sont pas meilleures. Selon la Fed, l’encours des crédits à la consommation aux USA a reculé en décembre de 3,1% en rythme annuel, enregistrant son troisième mois consécutif de baisse. Ce n’était pas arrivé depuis 27 ans. La détérioration de la situation de l’économie brésilienne, en plein boom avant la crise, est due à la chute drastique du crédit au cours du dernier trimestre 2008, qui a atteint les classes moyennes brésiliennes, très friandes de crédit à la consommation. Cela a entraîné une baisse vertigineuse de la demande interne, un des moteurs de la croissance avec l’exportation agro-alimentaire.

Toutes ces informations, faut-il le préciser, ont été publiées dans les seules et dernières 48 heures sur les fils des agences de presse.

Qui s’étonnera, dans ces conditions alarmantes, que l’or redevienne au galop une valeur refuge, sachant qu’il n’y en aura pas pour tout le monde ? Vendredi, le métal jaune a terminé à 913 dollars l’once sur le London Bullion Exchange. Les prix de l’or devraient dans les trois prochains mois se situer autour de 1.000 dollars l’once, selon Goldman Sachs. Les projections ne faisaient précédemment état que de cours à hauteur de 700 dollars l’once. L’or fait en effet office de « monnaie de dernier recours », dans un environnement où des banqueroutes d’Etats sont redoutées. Une corrélation étroite unit en règle générale la valeur du dollar et le prix de l’or, mais celle-ci a largement disparu en raison du risque financier accru que, d’après les analystes, les Etats représentent désormais. Ce n’est pas fini. Les Etats sont les prêteurs en dernier recours, l’or la monnaie en dernier recours, who’s next ?

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Le 15 septembre 2008

Le 15 septembre de l’année dernière je publiais un billet intitulé On ne va pas pouvoir rabibocher.

On a appris le 30 janvier dans une émission télévisée, à quel point on était passé près ce jour-là d’une catastrophe généralisée, d’une panique bancaire électronique sur les « money markets », des instruments de dette à court terme : 550 milliards de dollars furent retirés en un peu plus d’une heure. Le ministère des finances américain injecta alors 150 milliards de dollars avant de devoir jeter l’éponge et fermer les marchés.

La personne qui parle est le parlementaire Paul Kanjorski. Si vous comprenez l’anglais, il explique la panique à partir de la 2:20 minute dans la vidéo.

Vous noterez au moment où la vidéo commence, une petite pub en faveur de Ron Paul. Attention donc : ceux qui font la promotion de cette vidéo appartiennent à l’extrême-droite libertarienne américaine, les « anarcho-capitalistes » dont Murray Rothbard fut le chef de file – l’expression est de lui.

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Tim Hardin (1941 – 1980)

J’ai parlé hier de Loudon Wainwright, le qualifiant de grand baladin de la chanson américaine et cela m’a fait penser bien entendu à Tim Hardin. L’héroïne l’a tué quelques jours après qu’il fête ses trente-neuf ans. Je n’ai pas trouvé de vidéo de lui en live. Voilà d’abord sa voix seule.

Et puis j’ai trouvé, interprétant l’une de ses chansons les plus connues, une petite demoiselle sans prétention qui se fait appeler Lemonflower parce qu’elle n’aime pas son vrai nom, et que l’on trouve également sur Youtube chantant « Johnny Has Gone for a Soldier », et dont la voix se casse à cette évocation des soldats qui meurent à la guerre.

Bonus :

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*Le seul Blog optimiste du monde occidental*