Bienvenue à un confrère !

Une nouveau blog est né aujourd’hui intitulé Plus loin que Jorion, Jorion se trompe, et en plus il censure !

En voici l’éditorial :

Bonjour

L’an dernier je me suis intéressée à la monnaie (et à son origine) et j’ai tenté d’en débattre sur le blog de Paul Jorion.

Comme depuis quelques temps, et sans doute parce que je ne suis pas d’accord avec lui, mes messages sont soit modérés (et apparaissent ainsi plusieurs heures après leur postage), ou pour certains totalement censurés (je ne les vois jamais apparaître), je vais tenter ici de poursuivre avec vous les discussions sur ce sujet qui m’intéresse…

Ah; Jorion précise ” (*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite.“

Je le reproduis donc ici une fois pour toutes

Le deuxième billet de ce blog est mon billet « Le scandale des banques qui « créent » de l’argent », à la différence qu’il est signé ici « by postjorion », et que, comme promis dans l’éditorial, il n’est pas suivi par la notice « (*) Un « article presslib’ »… »

Bienvenue à un confrère !

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L’actualité de la crise : Une impuissance inavouable, par François Leclerc

Billet invité.

UNE IMPUISSANCE INAVOUABLE

Le G8 dans sa formule élargie n’est pas encore fini que tous les regards sont déjà tournés vers le prochain sommet, le G20 de fin septembre prochain, cette fois-ci à Pittsburgh (Etats-Unis). Un nouveau lieu symbolique, une deuxième ville sinistrée après L’Aquila, l’une par un tremblement de terre, l’autre par le capitalisme. Volgograd (Stalingrad) ou Dresde devraient se mettre sur les rangs.

Comme s’il était possible d’être déçu par ce qui était prévu, comme s’il était encore attendu de la prochaine étape, de la suivante de ces réunions qui se succèdent dans les formations les plus variées, autre chose que des déclarations finales servant plus à masquer les désaccords entre les participants qu’à prendre des décisions. Car constater ces désaccords serait au moins un pas en avant, mais cela serait afficher l’inavouable, c’est à dire l’impuissance.

Un premier bilan du G20 de Londres, en avril dernier, se fait ainsi toujours attendre. Il nous est offert à la place, afin de nous occuper l’esprit sans doute, un florilège de combinaisons partant dans tous les sens à propos du meilleur dispositif que les chefs d’Etat devraient adopter pour se réunir, afin d’être efficaces. Chacun y va, ou presque de sa formule. Aucune n’est pourtant satisfaisante, puisqu’il faut toujours que des invitations supplémentaires soient adressées, quelle que soit celle que l’on adopte. C’est navrant et la meilleure illustration que ces sommets, finalement, ne servent à rien. Soit parce que chacun suit, à son retour chez lui, son petit bonhomme de chemin, soit parce que les décisions semblent se prendre ailleurs et par d’autres.

Les sujets pourtant ne manquent pas, même si l’on s’en tient à une seule partie de l’ordre du jour de ce G8 élargi au deuxième jour de sa réunion, à savoir la crise financière et économique. Le FMI relève, dans son dernier « Rapport sur la stabilité financière dans le monde », que « le risque extrême d’une autre défaillance systémique comparable à l’effondrement » (de Lehman Brothers) a été réduit (bien lire : réduit), mais que « les récentes améliorations dans le domaine financier présentent un risque, en ce sens que l’on serait tenté de baisser la garde ». Une fois de plus, il réaffirme que « l’assainissement du secteur financier demeure la plus haute priorité », principalement dans les pays avancés. « Une question en suspens des deux côtés de l’Atlantique », a précisé José Vinals, directeur du département des marchés de capitaux du FMI. Observant que les Etats portaient à bout de bras l’économie, non sans manifester de l’« autosatisfaction ».

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Dans ma petite boîte à anomalies

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Je vous ai déjà fait part de mon intérêt pour l’anomalie et même si je n’en avais pas parlé, vous l’auriez deviné.

Je conserve ainsi sur mon bureau une petite boîte à anomalies. Pour le moment elle en contient trois.

La première, c’est le parlementaire américain Alan Grayson, qui demande le 5 mai à Mme Elizabeth Coleman, Inspecteur Général de la Federal Reserve, la banque centrale américaine, qui a reçu la somme dépassant le trillion de dollars (en français : billion) ajouté au bilan de la Fed depuis septembre 2008 ? Et la dame lui répond qu’elle ne sait pas et que son service n’a pas examiné cet aspect particulier de la question.

La deuxième anomalie dans ma petite boîte, c’est Mr. Joseph Facciponti, Assistant du Procureur Général américain qui déclare au tribunal le 4 juillet (fête nationale US) à propos de l’arrestation de Sergey Aleynikov, le voleur de programme de trading, que « La banque (Goldman Sachs) a mentionné la possibilité qu’il existe un danger que quelqu’un qui sache utiliser ce programme puisse l’utiliser pour manipuler les marchés de manière malhonnête », suggérant que son emploi habituel consiste à manipuler les marchés honnêtement.

La troisième anomalie nous vient de Larry Levin, un trader vedette sur les marchés à terme américains (on le voit souvent sur CNBC), à propos de la séance d’hier 8 juillet. Dans sa « Nightly Newsletter & Trading Signals », qu’il envoie à qui cela intéresse, il rapporte que la cote du contrat à terme, future, S&P500, un indice boursier, s’était effritée en séance, tombant progressivement de 888 à 875, quand quelque chose se passa soudain … Je lui laisse la plume : « … cela devint fou. Paul passa un ordre de 400 contrats [soit un notionnel de 100 millions de dollars], et un autre, et un autre… et encore un autre. Le dernier ordre ne trouva pas preneur. Qu’est-ce qui s’était passé ? Les courtiers à la corbeille avaient leur version des faits : quelle que soit l’identité de cet acheteur, rien ne l’arrêterait […] … quelqu’un était prêt à acheter pour près de 500 millions de dollars de contrats S&P à terme ». Qu’est-ce que cela signifie ? Cela veut dire que quelqu’un quelque part a à sa disposition des sommes colossales destinées à lancer sur les marchés boursiers des signes d’optimisme forcé.

Ah ! Je vois la question qui vous démange : « Et s’il s’agissait avec ces trois anomalies d’un mystère semblable à celui de la Sainte-Trinité ? »

Question intéressante mais dont je vous laisse l’entière responsabilité. C’est après tout vous qui la posez !

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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A propos de « Il faut régler le problème de la volatilité du pétrole », par Gordon Brown et Nicolas Sarkozy

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

We Must Address Oil-Market Volatility, Erratic price movements in such an important commodity are cause for alarm By GORDON BROWN and NICOLAS SARKOZY

On trouve donc une tribune libre de Mrs. Brown et Sarkozy dans le Wall Street Journal d’aujourd’hui, consacrée au pétrole et sous-titrée : « Les variations erratiques du prix d’une matière première aussi cruciale sont une raison de s’inquiéter ». Et le prix du blé, et celui du riz ? Il n’y a pas que le prix à la pompe dans la vie !

« Plus de transparence, plus de supervision », et sur la spéculation : rien ! C’est toujours la même idée : le prix juste s’obtient par davantage d’information. Mais non, Messieurs Brown et Sarkozy : les fonds de pension, les fondations universitaires, les cliniques américaines se mettent « long », acheteurs, sur le long terme, pour se protéger contre l’inflation et la baisse du dollar, parce que les États – et les États–Unis en particulier – ont décidé de faire tourner la planche à billets comme « solution » à la crise de solvabilité du secteur bancaire.

C’est bel et bon la transparence, mais quelle différence cela va-t-il faire pour un fonds de pension qui se met « long » sur des indices (des « paniers ») de matières premières, pariant que tous les prix vont augmenter ?

Réduire la volatilité sur les marchés de matières premières ? Interdisez-en l’accès aux spéculateurs, ils n’ont rien à y faire : ils n’ont rien à livrer et il n’y a rien dont ils pourraient prendre livraison. Ceux qui sont là pour se couvrir au long terme contre l’inflation ne bougeront pas d’un pouce, quels que soient les tombereaux d’information que vous leur déverserez sur la tête et ceux qui sont là pour faire de l’argent au court terme se mettront toujours du côté de la tendance, à la baisse comme à la hausse, qu’ils amplifieront. Ceux-là n’apportent que de la volatilité et leur excuse minable qu’ils procurent de la liquidité « dont les marchés ont tant besoin » (je sors mon mouchoir !) ne tient pas : ils sont toujours aux côtés de la foule qui alimente la bulle ou son dégonflement : certainement jamais du côté où on aurait besoin d’eux pour assurer la liquidité.

Mrs. Brown et Sarkozy, si vous êtes sérieux quand vous réclamez une meilleure stabilité du prix du pétrole (et, je vais être charitable : de toutes les matières premières), la solution est simple : « Ban non-commercials from commodity markets » !

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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La dimensionnalité de la monnaie (L’étape suivante)

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Merci à ceux qui ont compris ce que j’appelais mes « tentatives exploratoires » dans La dimensionnalité de la monnaie (La dimension créancière) et m’ont encouragé de leurs conseils. Aller vers une réelle « dimensionnalité » – sans se contenter d’un simple taux – est effectivement ce à quoi je vise.

La « dimension fractale » est bien entendu – et comme beaucoup l’ont deviné – ce qui me servait d’exemple. Pourquoi ? parce qu’il faut maintenant intégrer de nouveaux niveaux à la mesure, « évoquant » la notion d’auto-similarité, centrale aux fractales. Ce sont bien sûr les intérêts et le temps qu’il va falloir intégrer.

Un taux entre argent + dette et argent [ (a + d) / a ], la définition originale de ma dimension créancière atteint une valeur de 2 quand tout l’argent sert à rembourser la dette. Mais c’est compter sans les intérêts. S’il y a des intérêts à verser, ce qui sera généralement le cas, 2 (le seuil d’insolvabilité) est atteint alors que la somme d’argent est toujours supérieure au niveau de la dette. Si, a est l’argent, d, la dette, et i représente le taux d’intérêt, alors dans le cas simple d’une année, 2, le seuil d’insolvabilité de la dimension créancière est atteint lorsque

a = d x (1 + i)

Si le taux est de 5 % et la dette de 100 €, l’insolvabilité est atteinte dès que la somme d’argent disponible est inférieure à 105 €.

Quand on passe à deux ans, 2 est atteint lorsque

a = d x (1 + i)^2

et ainsi de suite, l’exposant de la parenthèse représentant la maturité du prêt.

On pourra ainsi, en fonction du montant de la dette et de l’argent disponible, calculer les combinaisons de taux maximum et de maturité maximum qui garantissent toujours la solvabilité.

On aura des surprises, parce qu’on s’apercevra alors à quel point les intérêts « bouffent » l’argent. J’ai constaté aux États-Unis que dans le cas du prêt immobilier typique : trente ans avec amortissement, la plupart des gens étaient effarés d’apprendre que les intérêts versés sur la période représentent en général une somme équivalente à celle du prêt lui-même (je viens de refaire le calcul : pour un prêt sur trente ans, un taux de 5,3% assure que la somme qui sera remboursée – intérêts et principal – est le double de la somme empruntée ; pour un taux plus élevé, les intérêts dépassent le montant du principal).

Le billet précédent tâtait le terrain, établissant les principes élémentaires d’une dimension créancière, il s’agit maintenant – comme vous l’aviez compris – de créer un véritable outil.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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L’actualité de la crise : Une journée sans particularités, par François Leclerc

Billet invité.

UNE JOURNEE SANS PARTICULARITES

Du monde entier, voici les principales informations de ce jour, mardi 7 juillet 2009, veille du G8 de l’Aquila, où il est prévu – et fièrement annoncé – que les chefs d’Etat seront évacués du lieu de la conférence si un tremblement de terre devait dépasser 4 dans l’échelle de Richter. Personne ne semblant avoir demandé aux organisateurs comment ils faisaient pour connaître la magnitude d’une secousse avant qu’elle ne se soit produite.

Laura Tyson, membre de la Commission de conseil économique de Barack Obama, était aujourd’hui à Singapour, où elle a annoncé devant le Nomura Asia Equity Forum que les Etats-Unis pourraient avoir besoin d’un second plan de relance consacré à la réalisation de travaux d’infrastructures, dont le montant pourrait être décidé à la fin de l’année, au vu des résultats du premier plan (de 787 milliards de dollars). La reprise pourrait donc avoir besoin d’un petit coup de pouce supplémentaire de quelques centaines de milliards de dollars.

Pascal Lamy, directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a adressé un message aux chefs d’Etat qui seront réunis demain en déclarant à Genève : « Le pire de la crise en matière sociale est toujours à venir, ce qui veut dire que le pire de la crise en matière politique est toujours à venir ». Au cas où les membres du G8 ne s’en seraient pas encore rendu compte par eux-mêmes.

Réunis à Bruxelles, les ministres européens des finances ont planché sur la situation du système bancaire. Suite à des discussions approfondies, Anders Borg, le ministre suédois des finances qui présidait la réunion, a indiqué en pesant ses mots que l’on avait besoin d’un « système financier plus robuste en Europe ». Charlie McCreevy, Commissaire européen en charge des services financiers, a heureusement expliqué au briefing des journalistes, qui étaient restés un peu sur leur faim, qu’une modification de la législation européenne sera proposée en octobre, afin de « soutenir l’introduction d’un provisionnement prospectif, qui consiste à constituer des provisions prélevées sur les bénéfices au cours des périodes de conjoncture favorable, en vue de couvrir les pertes attendues sur les portefeuilles de crédit ». D’ici là, il a sans doute été demandé aux banques de tenir et de serrer les dents.

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Le sens du réalisme physique : espaces abstraits de modélisation et espaces physiques objectifs, par Bernard Laget

Billet invité.

Le théorème de Bell est-il implicite dans l’objection EPR pour des photons intriqués ?

Le réel n’est jamais ce que l’on pourrait croire, Mais il est toujours ce que l’on aurait dû penser. Gaston Bachelard.

L’intrication quantique est une situation particulière à des particules, prédite par la physique quantique, sur laquelle se fonde l’objection ou paradoxe EPR, de ses auteurs Einstein, Podolsky, Rosen, daté de 1935, et a constitué pour Bohr, un temps, un embarras profond car l’objection s’appuie rigoureusement sur le formalisme quantique pour en déclarer l’incomplétude.

Einstein et d’autres physiciens, dont De Broglie et Schrödinger (qui avait prévu l’intrication) ne se satisfaisaient pas d’une réalité physique n’ayant de signification que par ce que pouvait constater la mesure prédite sous une forme probabiliste. Pour Bohr, point n’est besoin de vouloir donner un sens fort à la réalité physique, adoptant ainsi une forme de positivisme qui constituera ce qu’il est convenu d’appeler « l’interprétation de Copenhague ». On aura compris que ce qui sépare à travers cette joute intellectuelle Bohr et Einstein porte sur le sens du réalisme physique et avec lui de l’essence cognitive du réel.

Deux particules sont dites intriquées ou anticoréllées si elles emportent des attributs physiques dont les valeurs ont une somme nulle, par exemple des spins pour des électrons ou des polarisations pour des photons. Il faut des circonstances particulières à leur création pour réaliser l’intrication, telle par exemple que deux électrons soient créés de telle manière que la conservation du moment cinétique préalablement nul à leur création, impose à l’un d’avoir un spin de +1/2 et l’autre de -1/2. Dans ces circonstances la mesure du spin de l’un des 2 électrons a une probabilité de 50% d’être + ou – (1/2) au moment de la réduction du paquet d’ondes ; alors, on peut prédire avec une certitude de 100% la valeur de l’autre électron sans avoir besoin de faire la deuxième mesure.

Cette observation constitue le paradoxe EPR, car dans cette circonstance le formalisme de la physique quantique est pris en défaut ; en effet il stipule que l’on ne puisse attribuer qu’une probabilité tant que la mesure n’est pas faite.

Plus grave encore, Einstein fit valoir que la localité n’est pas respectée. La valeur que prend la deuxième particule est instantanée à la mesure de la première, donc ce processus viole l’impossibilité relativiste d’un échange simultané ; car bien que la mesure ne soit pas faite sur le deuxième électron il existe une réalité physique à pouvoir prédire avec certitude l’état de cet électron sans avoir en aucune façon pu perturber son état. Ainsi la localité relativiste semble violée.

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Sergey Aleynikov, évitez les balcons !

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Vous entendrez bientôt beaucoup parler de Sergey Aleynikov, un ex-programmeur de Goldman Sachs, qui travaillait sur les systèmes de trading que la banque – eh oui ! c’est une banque maintenant – utilise pour acheter et revendre des actions sur les marchés boursiers. Ces programmes cherchent des anomalies dans le prix des actions – pas avec un papier et un crayon et la langue coincée dans la commissure des lèvres mais à l’échelle de la microseconde – et achètent et revendent. Ils représentent aujourd’hui une part importante de l’activité des bourses : un volume près de trois fois plus élevé que l’activité des investisseurs individuels, nous dit-on.

Mr. Aleynikov a quitté Goldman Sachs et s’apprêtait à travailler pour une petite firme : Teza Technologies. Il a été arrêté pour avoir emporté avec lui le code du programme sur lequel il travaillait.

Bon, me direz-vous, mais encore ? Eh bien, je sais seulement que Mr. Aleynikov, aujourd’hui en liberté provisoire, habite dans le New Jersey, mais si j’étais lui et s’il n’habite pas un rez-de-chaussée, je ne chercherais pas à arroser les géraniums qui décorent mon balcon dans les jours qui viennent. Pourquoi ? Parce ce que Mr. Joseph Facciponti, Assistant du Procureur Général américain a déclaré le 4 juillet au tribunal, lors d’une déclaration à la presse, que « La banque (Goldman Sachs) a mentionné la possibilité qu’il existe un danger que quelqu’un qui sache utiliser ce programme puisse l’utiliser pour manipuler les marchés de manière malhonnête ».

Ah ! voilà qui est tout à fait remarquable : un programme qui aurait pu conduire Mr. Aleynikov à manipuler les marchés malhonnêtement s’il travaillait pour Teza Technologies, et qui lui permettait de gagner sa vie comme un honnête travailleur quand il travaillait chez Goldman Sachs ! Il y a là un mystère que j’aimerais bien comprendre, d’autant que le 4 juillet, c’est la fête nationale américaine : pour que la cour siège l’équivalent du 14 juillet en France, il fallait donc que le cas de Mr. Aleynikov soit jugé, c’est le moins qu’on puisse dire, affaire pressante ! Mon petit doigt me dit cependant que la justice américaine, très occupée en ce moment à punir les voleurs de poules, s’en désintéressera. La raison ? L’explication est sans doute bien simple : utilisé dans un environnement de travail approprié le programme est sûrement incapable de manipuler les marchés malhonnêtement : honnêtement seulement.

Sergey Aleynikov, si j’ai un conseil à vous donner : évitez quand même les balcons, de marcher trop près de la bordure du trottoir, et quand vous attendez le train, restez assis dans la salle d’attente au lieu de déambuler le long du quai, un accident est si vite arrivé ! Ah ! et ne restez pas seul à la maison : les arrêts cardiaques inopinés nous guettent tous, on entend des histoires comme ça tous les jours.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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Alan Grayson et Elizabeth Coleman, le 5 mai 2009

Comme certains y reviennent sans cesse. Une partie de notre discussion sur ce sujet.

iGor milhit Le 7 mai 2009

A propos d’omerta, Glenn Greenwald sur son blog chez Salon.com a posté hier un billet sur la définition de “oversight” (surveillance) en ajoutant une vidéo où l’on voit Elizabeth Coleman, Inspectrice général de la Fed témoigner devant le House Financial Services Committee (Congrès) et se faire interroger par le Rep. Alan Grayson sur la menue monnaie que la Fed à mis à disposition des banques pour les sauver, sur le soupçon d’opération hors-bilan émis par Bloomberg, et les réponses sont, pour ce que j’ai pu comprendre, édifiante, s’il l’on peut dire: Avez-vous fait des enquêtes? Non. Et pour cette histoire de hors-bilan? Et les noms des banques bénéficiaires? Où en est votre enquête, parce que cette histoire commence a durer depuis quelques mois? Ben, euh… l’enquête suit son cours, alors on n’a pas de réponse pour le moment.

CF Le 13 mai 2009

@ Champignac et Pierre-Yves D

Si vous comprenez l’américain, je vous suggère de regarder la video suivante.
Un grand moment de solitude pour la personne interviewée par Mr Alan Grayson (je pense qu’il s’agit de lui).

Peut-être Paul pourrait nous faire un topo sur ce monsieur et sur les raisons et conditions qui font que aux USA, ces auditions ont lieu et sont télévisées.

Pour ceux qui ne comprennent pas l’anglais la personne interviewée est censée contrôler les comptes et mouvements de fonds de la FED, mais ne peut pas répondre sur un montant anecdotique ….. : 1 à 2 trillions de dollars (1000 milliards) ….une paille !!

Un peu plus de 1 trillions ne serait plus dans les comptes depuis 8 mois et Mr Grayson demande uniquement qui a reçu ou où est passé l’argent….

Paul Jorion Le 13 mai 2009

Il y a deux mois, j’ai publié un billet intitulé Le 18 mars 2009 : fin du capitalisme. Toutes les bonnes nouvelles relatives au rebond de l’économie (ou tout au moins de la Bourse) au cours des semaines récentes peuvent vous conduire à vous demander si je regrette de m’être avancé de cette manière.

Il n’en est rien et si vous voulez savoir pourquoi – et si vous comprenez l’anglais – visionnez l’audition que nous signale CF. J’admire le calme de ce député américain et… non, je ne regrette rien !

Paul Jorion Le 23 mai 2009

@ rodolphe

La vidéo où l’on voit Grayson a été discutée à partir du 7 mai :

L’omerta

L’omerta

L’actualité de la crise : L’Europe rattrapée, par François Leclerc


etc.
La vidéo a été présentée ici :

L’actualité de la crise : L’Europe rattrapée, par François Leclerc


Certains sont très lents à la découvrir !

Paul Jorion Le 24 mai 2009

Personne à ma connaissance ne considère qu’il s’agisse d’un faux ;

Wikipedia : Alan Grayson

On May 5, 2009, in a Financial Services Committee question and answer session with Inspector General of the Federal Reserve Elizabeth A. Coleman, Grayson asked about the trillions of dollars lent or spent by the Federal Reserve and where it went, and the trillions of off balance sheet obligations. The Inspector General responded that she does not know and is not tracking where this money is. The exchange was posted on YouTube, receiving over 900,000 views in the first two months after posting.

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L’actualité de la crise : Sortie de crise prématurée, par François Leclerc

Billet invité.

SORTIE DE CRISE PREMATUREE

Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, déclarait encore le 26 juin dernier : « Les différents exercices de stress tests menés ces derniers mois me paraissent de nature à confirmer l’appréciation que je porte sur la solidité des banques françaises ».

Réaffirmant qu’il n’était pas favorable à leur divulgation, mais à ce qu’il a appelé « une publication agrégée par pays », il a prévenu qu’aucune comparaison ne serait possible avec les banques américaines, vu la différence des contextes comptables et prudentiels. « On parle de deux univers qui sont très différents », a-t-il insisté, voulant ainsi signifier que ces dernières étaient en mauvaise posture mais que les européennes ne l’étaient pas. A l’appui de sa démonstration, il a ajouté, afin de convaincre, que les estimations faites par le FMI, qui prévoient la nécessité de recapitaliser ces banques européennes à hauteur de 600 milliards de dollars d’ici fin 2010, reposaient sur des estimations erronées, car : « Le raisonnement est fait comme si il y avait de façon latente du subprime en France. Il n’y en a pas en France, le modèle est faux, faux, faux ».

Sans vouloir chicaner Christian Noyer sur des détails, il serait intéressant de savoir ce qu’il pense de la présence massive de CDS – des produits dérivés exposant à des risques potentiellement gigantesques – dans les comptes des banques françaises, notamment ceux de la Société Générale. Selon Global Equities, on s’attend à ce que la Soc Gen enregistre un impact comptable négatif comptable de 1,3 milliard d’euros sur des CDS dans ses résultats du second trimestre. Illustration du déni dans lequel les banques persévèrent, et justifiant sa position malgré ces nouvelles inquiétantes par ce qu’il a appelé les « solides performances opérationnelles de la banque », Frédéric Oudéa,, le nouveau PDG de la banque, a déclaré lors d’une assemblée générale extraordinaire consacrée à sa nomination : « Ce n’est pas une hypothèse de faire grimper la participation de l’Etat dans le groupe Société Générale », alors que celui-ci est déjà à 7,2%, après avoir souscrit pour 3,4 milliards d’euros d’actions de préférence sans droit de vote. Cette position sera-t-elle tenable ? Ne vaudrait-il pas mieux profiter du guichet tant qu’il est ouvert, qu’il y a de l’argent en caisse ?

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La dimensionnalité de la monnaie (La dimension créancière)

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

J’ai présenté en mai deux billets, qui s’appelaient respectivement La dimensionnalité de la monnaie (Introduction) et La dimensionnalité de la monnaie (Reconnaissance de dette et monnaie). Quand l’un d’entre vous m’a demandé récemment où était la conclusion, j’ai répondu qu’elle était malheureusement trop longue pour être présentée ici. Ceci dit, j’aimerais bien connaître vos réactions à mes tentatives exploratoires et c’est pourquoi je reviens sur ma décision et je vous en présente ici, un sommaire.

Il existe en mathématiques, une mesure que l’on appelle la « dimension de Hausdorff ». Sa définition formelle est celle-ci : « La dimension de Hausdorff est un nombre réel positif, éventuellement l’infini, associé à tout espace métrique, c’est-à-dire un ensemble au sein duquel une notion de distance entre les éléments de l’ensemble est définie ».

Ignorons cette définition formelle pour retenir qu’au cœur de la conception qui sous-tend cette mesure, se trouve la notion de distance. Je me contenterai de présenter cette notion de manière très intuitive, sans me préoccuper de rigueur mathématique.

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Trébuchons, encore et toujours, par Jean-Pierre

Billet invité.

TREBUCHONS, ENCORE ET TOUJOURS

Grâce à une approche créative de la comptabilité, les grandes banques américaines et autres institutions financières sont autorisées à camoufler de façon comptable leurs créances et dettes pourries, de sorte qu’elles ne les obligent pas à approvisionner des comptes de réserve coûteux et improductifs. Cela marche du tonnerre et permet à plusieurs de ces institutions d’enregistrer aujourd’hui des bénéfices mirobolants.

Pourtant les problèmes subsistent. S’il n’est plus nécessaire de valoriser un actif financier à sa valeur marchande aujourd’hui, l’actif, lui, quelle qu’en soit la valeur réelle, est toujours là et, tôt ou tard, arrivera à échéance. La perte, actuellement camouflée, surgira alors, avec toutes les conséquences néfastes qu’on imagine.

Alors, que faire ? Nos chers ingénieurs financiers ne sont pas nés de la dernière pluie. Ils cogitent et mettent au point de nouvelles structures. Surtout dans les pays anglo-saxons où, chacun le sait, la liberté d’action est plus importante. Ces actifs sont devenus toxiques parce que le sous-jacent sur lequel ils reposent ne fournit plus les entrées pécuniaires indispensables à leur existence. Les agences de notation chargée d’évaluer le potentiel de risque de ces actifs, analysent naturellement la solidité du sous-jacent. Et, comme annoncé par Paul Jorion et François Leclerc récemment, d’autres problèmes pointent à l’horizon dont les subprimes en étaient l’avant-goût.

Standard & Poor’s (S&P), l’une des principales agences de notation, envisage de réviser à la baisse la note de pas moins de 3.563 produits structurés issus de 217 transactions de réaménagements hypothécaires. Jusqu’à présent, ces produits jouissaient de la plus haute notation (AAA). Ils vont tous la perdre et risquent de chuter bien bas. C’est que le sous-jacent se détériore continuellement.

Cette rétrogradation aurait des répercussions funestes sur le fameux programme TALF (Term Asset-Backed Securities Loan Facility), une ligne de crédit instaurée par la Fed de New York permettant aux institutions d’obtenir un crédit bon marché pour l’acquisition de RMBS (Residential Mortgage Backed Securities, des produits structurés basés sur des contrats hypothécaires résidentiels) uniquement notés AAA et dépourvus de tout risque de rétrogradation. Si S&P passe à l’action, ce programme n’a plus aucune raison d’être et les institutions financières n’auront plus la possibilité de se débarrasser de ces actifs pourris.

Mais comme tous ces actifs reposent sur plusieurs sous-jacents à la fois, ces derniers ne sont pas tous déficitaires. Alors, comme les diamantaires anversois qui remélangent sans cesse leurs lots de diamants pour les revendre à leurs collègues qui font la même chose à leur tour, nos banquiers envisagent une procédure similaire : isoler les sous-jacents de qualité du reste et réemballer ces derniers dans de nouveaux produits structurés jouissant de la meilleure des notations. Ce stratagème n’est bien sûr pas nouveau. On connaissait déjà les REMIC (Real Estate Mortgage Investment Conduits), des conduits spécialement érigés pour rassembler les contrats hypothécaires en guise de sous-jacent aux produits que le conduit émet. Un RMBS est donc un de ces produits. Donc, aujourd’hui, pour se sortir – momentanément – de l’ornière, on « re-remic » ces produits. Morgan Stanley, l’une des banques d’affaires fautives, a déjà « re-remic » près 70 milliards de dollars de la sorte de produits datant de 2008.

Reste à savoir maintenant si les agences de notation leur décerneront la note optimale et si la Fed les acceptera dans son programme. Car, soulignons-le, un « re-remic » repose sur une série de RMBS douteux. On saucissonne ces RMBS à nouveau pour créer une nouvelle série de structures dérivées. C’est donc de la restructuration au carré !

Mais ce n’est pas tout. Si les banques (anglo-saxonnes) parviennent momentanément à éluder leur problème de solvabilité de la sorte et si elles trouvent effectivement preneurs pour leurs nouveaux produits, le risque ne leur en incombera plus. Donc, plus besoin d’approvisionner les comptes de réserves. Si le sous-jacent échoit sans valeur, ce sera le teneur du produit qui en subira la perte, plus la banque. Du moins, c’est ainsi que ces produits sont présentés aux autorités tutélaires. Accepteront-elles ce stratagème ?

A force d’emballer, de restructurer, de recomposer, de saucissonner, de réemballer, de confiner, d’adosser, de réaménager, … on finit par y perdre son latin – pour autant qu’on le connût, bien sûr. Et, en fin de parcours, les problèmes subsistent, grandissent car éparpillés, compliquant la vie de chacun. Non, franchement, on est loin de se sortir de cette ornière avec ces @#! de la haute finance.

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