AU JEU DU CHAT ET DE LA SOURIS, ON NE SAIT PLUS QUI EST QUI… par François Leclerc

Billet invité.

Sauf accident de parcours, ils ne sont pas prêts d’en avoir fini avec les Grecs ! Il serait maintenant question dans les sphères de l’Eurogroupe de décider d’une extension du plan de sauvetage en cours, qui se termine fin juin, ce qui permettrait de passer le cap de l’été et du remboursement à la BCE des titres de la dette venant à maturité. Le nez sur l’obstacle, ils finissent comme d’habitude par l’apercevoir au dernier moment. Cela donnerait également du temps avant d’engager la négociation sur la suite des opérations et permettrait auparavant au gouvernement grec d’organiser un référendum s’il en juge bon. Ce qui laisse entendre que des décisions difficiles à faire passer restent à prendre.

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LES LIMITES DE LA STRATÉGIE DE TENSION, par François Leclerc

Billet invité.

Au terme de l’interminable spectacle qui nous a été imposé, un coup de théâtre serait-il en passe d’intervenir ? L’agence Bloomberg annonce qu’Angela Merkel serait prête à avaliser un compromis, ferait son affaire de l’opposition des députés de son parti, et le justifierait auprès de l’opinion publique allemande. Elle ne s’opposerait pas à un « accord technique » intervenant au sein du « Groupe de Bruxelles », accord qui cependant reste encore à trouver.

« Nous allons voir si des possibilités de discussion se dégagent » avait commenté hier la chancelière, décidée à planter le décor du dernier acte. Avec François Hollande, qui a déclaré parler « le même langage », elle entend préparer un accord politique lors du sommet de Riga de jeudi et vendredi, car « nous devons faire en sorte que des progrès notables soient faits ». S’inscrivant dans le cadre des négociations qui se poursuivent à marche forcée au sein du « Groupe de Bruxelles », Jeroen Dijsselbloem avait précisé que l’Eurogroupe sera convoqué dès qu’un accord sera trouvé, « pour en discuter d’un point de vue politique ». Politique, le grand mot est lâché. Le président de l’Eurogroupe l’a déjà utilisé pour expliquer qu’une décote sur la dette grecque n’était pas concevable.

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Nucléaire belge – La lettre et l’esprit de la loi – L’autojustification humaine a posteriori, par Cédric Chevalier

Billet invité

Le dossier du nucléaire civil, un des sujets phares de ce blog, connaît des développements critiques en Belgique.

Pour ceux qui suivent l’actualité belge, vous aurez remarqué qu’un des dossiers chauds du moment est la prolongation ou non des deux réacteurs nucléaires civils situés à Doel (à 25 km au Nord d’Anvers en Belgique) : Doel 1 et Doel 2.

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Trends – Tendances, La main invisible d’Adam Smith n’assurera pas la survie de l’espèce, jeudi 7 mai 2015

Selon Adam Smith, auteur illustre de « La richesse des nations » (1776), l’intérêt général n’est pas assuré parce que le boulanger ou le boucher y travaillent, mais parce que chacun d’eux poursuit son intérêt égoïste. C’est là le principe de la « main invisible » à laquelle le philosophe écossais a attaché son nom.

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Ex_Machina, scénario d’une fin pour l’espèce ?, par Lazarillo de Tormes

Billet invité.

Je suis encore sous le choc après le visionnage d’Ex_Machina. Un chef d’oeuvre au contenu expansif et multidimensionnel. Plus on y réfléchit, plus on accouche de matière alimentant la réflexion.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 15 MAI 2015 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 15 mai. Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, nous sommes le vendredi – jour de l’Ascension – 15 mai 2015. Et cette fois-ci encore, je voudrais vous parler, non pas de ce comité en tant que tel, ce Haut-comité pour l’avenir du secteur financier en Belgique, mais des leçons que je peux en tirer par rapport à mon action, et en particulier mon action ici sur le blog.

Il y a un certain nombre de choses qui m’apparaissent. Nous avons des réunions plénières – il y en a eu une, c’était avant-hier – nous avons des réunions en sous-groupes, et ainsi de suite, et ce qui m’apparaît, ce sont deux choses.

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LE DÉSASTRE QUI PEUT ENCORE TOUT JUSTE ÊTRE ÉVITÉ, par François Leclerc

Billet invité.

À l’approche de l’échéance qui se précise, un désastre est désormais dans toutes les têtes, l’unité de façade qui avait été tant que bien mal préservée ne tenant plus. Le FMI a le premier dévoilé ses batteries, et des rumeurs non établies se multiplient. Il est question d’un plan Juncker d’urgence qui consisterait à verser 5 milliards d’euros à la Grèce en contrepartie de l’établissement d’un taux unique de TVA, en préservant seulement quelques secteurs et un taux de 15 % appliqué pour les paiements par carte bancaire, ainsi que la maintien de la très impopulaire taxe sur l’immobilier. Ces deux mesures seraient censées rapporter la même somme en deux ans, et les discussions sur les autres réformes devraient reprendre une fois ce cap difficile passé. Ce qui ne réglerait donc rien, car les échéances vis-à-vis de la BCE de l’été ne seraient pas couvertes. Le chaud et le froid soufflent, car simultanément l’idée d’un référendum organisé en Grèce reçoit l’appui de Wolfgang Schäuble : il n’y aurait pas mieux à ses yeux que de faire ainsi avaliser une capitulation forcée du gouvernement, les Grecs sommés de choisir entre cela ou une sortie de l’euro qu’ils ne souhaitent pas. À moins qu’ils s’y refusent et prennent la responsabilité de la sortie.

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NOS AMIES LES BANQUES… par François Leclerc

Billet invité.

À l’heure où la Société Générale fait les titres, est-il utile de dresser la liste des grandes banques européennes prises la main dans un sac ou dans un autre ? Il est plus vite fait d’établir celle des banques auxquelles rien n’est reproché ! Car ce sont toujours les mêmes que l’on retrouve dans le collimateur, chaque fois qu’un nouveau scandale apparaît.

Le scandale international du moment concerne toujours les manipulations des transactions sur le Forex, le colossal marché de gré à gré des changes, où elles ne sont pas centralisées. On ne peut qu’estimer le volume de ce haut lieu de la spéculation : 5.000 milliards de dollars quotidiennement, au bas mot.

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L’AFFAIRE, par Zébu

Billet invité

« Encore faudrait-il, avant même d’envisager d’éventuels enseignements à en tirer, que l’Affaire Kerviel commence d’en être véritablement une. »

L’Affaire Dreyfus, elle, devient une Affaire, du fait qu’un Colonel Picquart, membre de la même institution que Dreyfus (et n’ayant cependant guère de sympathie pour celui-ci), dénonce la machination contre le capitaine Dreyfus. C’est ce qui conduit à ce qu’un faux soit fabriqué (qui sera reconnu comme tel par la suite) pour masquer les véritables coupables. Ce n’est qu’alors que Zola publiera dans L’Aurore son fameux « J’accuse ! ».

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Piqûre de rappel : Le Monde, Kerviel ou le nécessaire procès de la raison d’État, originellement publié le 21 mai 2014

L’actualité me conduit à vous rappeler l’une de mes chroniques dans le journal Le Monde, publiée il y a un an.

Kerviel ou le nécessaire procès de la raison d’État

Le procès qu’il conviendrait d’instaurer maintenant n’est pas celui de la Société générale, comme l’ont affirmé certains soutiens de Jérôme Kerviel lorsque tomba le 19 mars la décision de la Cour de cassation : « Condamnation de Jérôme Kerviel à trois ans de prison ferme confirmée, mais renvoi devant la cour d’appel de Versailles pour la condamnation au versement de dommages et intérêts de 4,9 milliards d’euros », car des choses qui furent déjà dites et redites seraient répétées une fois encore. Le procès qui devrait être fait aujourd’hui, c’est celui de ce qui fut tu délibérément – en première instance, en appel et en cassation – malgré des dizaines d’heures d’explications, et du pourquoi ces mots n’ont pas été prononcés. La raison pour laquelle n’a pas été dit ce qui ne l’a pas été, c’est la raison d’État, et c’est donc le procès de la raison d’État qu’il faudrait maintenant instaurer. Or ce procès là risque fort de ne jamais avoir lieu parce que la raison d’État ne relève pas de la justice, pire encore, la raison d’État est le contraire de la justice, elle est ce qui s’exerce à sa place quand, pour des motifs d’ordre supérieur, la justice est précisément mise sur la touche. Et pas elle seulement : ce peuvent être aussi « Liberté, Égalité, Fraternité », toujours pour des raisons pratiques, et souvent très crûment, comme on le voit ici, pour de simples raisons de porte-monnaie.

L’État devrait parfois poser la question clairement au contribuable : « Préférez-vous que prévale la justice, quitte à ce que votre porte-monnaie en fasse les frais, ou bien la protection de votre porte-monnaie passe-t-elle avant toute autre, quitte à ce que la justice en sorte quelque peu cabossée, et que l’un ou l’autre lampiste se retrouve en prison ? » Et si l’État ne pose pas cette question, c’est qu’il en connaît la réponse et passe outre : il refile ainsi en douce la responsabilité du déni de justice au contribuable et à l’amour bien compréhensible que celui-ci porte à ses sous.

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Pourquoi les frappes contre Daesh ne sont-elles pas décisives ? par Cédric Mas

Billet invité.

Rappelons que par principe, les campagnes aériennes sont rarement décisives à elles seules (contrairement aux vues des théoriciens de la guerre aérienne, tels que Douhet par exemple[i]).

 Il n’existe ainsi qu’un seul cas connu au cours duquel une campagne de frappes et/ou de bombardements aériens a suffi, à elle seule, à emporter la décision : l’opération Allied Force, qui a amené le pouvoir serbe à avouer sa défaite lors de la guerre du Kosovo en juin 1999, après 78 jours de frappes (58 574 missions aériennes sur ces 78 jours d’opérations avec la perte de deux appareils américains au combat : un F-117 et un F-16). Cette campagne exceptionnelle a été étudiée en détail (par exemple dans le livre du colonel Régis Chamagne, l’art de la guerre aérienne).

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Grèce : LES EUROPÉENS JOUENT AUSSI AVEC LE FEU, par François Leclerc.

Billet invité.

« La Grèce doit faire encore plus, notamment dans l’assainissement de ses finances publiques, sur les retraites et sur le marché du travail ». Cette nouvelle injonction de Valdis Dombrovskis, le vice-président letton de la Commission, n’est pas pour surprendre et en dit long sur l’acharnement des autorités européennes ainsi que leur refus de tout compromis. Un acharnement qui a pour origine l’impossibilité dans laquelle elles se trouvent de reconnaître des prévisions d’excédent budgétaire totalement irréalistes, qui seules fondent la perspective d’un remboursement de la dette.

Alexis Tsipras a raison de rechercher un accord politique, car aucun accord reposant sur des bases économiques et financières tangibles ne peut être trouvé dans ces conditions, puisqu’il est posé comme principe que la Grèce doit à tout prix rembourser ses dettes, et qu’il est politiquement exclu de reconnaître que ce ne sera pas le cas. La dernière proposition de Yanis Varoufakis d’échange des titres de la dette grecque détenus par la BCE n’avait d’ailleurs pas d’autre objectif que de permettre aux dirigeants européens de sauver la face et de noyer le poisson, mais il y a fort à parier que la perche tendue ne sera pas saisie.

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Grèce : ILS JOUENT LES PROLONGATIONS, par François Leclerc

Billet invité.

Les propos que se sont tenus Christine Lagarde et Mario Draghi au nom du FMI et de la BCE dans le cadre d’une réunion sur la Grèce présentée comme informelle – ne prenant pas de décision – ne sont pas connus. Tout au plus peut-on se référer à l’annonce de la rencontre par Gerry Rice, le porte-parole du FMI, qui a rejeté les accusations d’inflexibilité par rapport à la Grèce et a déclaré « nous travaillons intensivement avec nos partenaires afin de trouver un accord le plus vite possible » et « nous examinons toutes les options »… Ce qui peut s’interpréter dans tous les sens, laissant toutefois poindre l’idée que les deux partenaires les plus fiables et responsables de l’ancienne Troïka ont éprouvé le besoin de se concerter à part de dirigeants européens divisés et faisant obstacle à un compromis.

Le gouvernement grec ne lâche de son côté de nouvelles concessions que petit à petit, en relançant cette fois-ci la privatisation du port du Pirée et en affirmant que la hausse de la TVA dans les iles, qui bénéficie d’un régime privilégié, n’interviendra pas avant l’été, c’est-à-dire la saison touristique qui s’annonce. Ce ne serait pas encore suffisant, comparé aux exigences qui se maintiendraient de toucher aux retraites, à la TVA en général, et de tailler dans la législation du travail. Les négociations sont présentées comme se poursuivant par téléconférence sans désemparer et le gouvernement demanderait une réunion exceptionnelle de l’Eurogroupe en début de semaine prochaine, au nom de l’urgence en raison de sa situation financière.

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AUTOUR DU POT DES TAUX, DE LA DETTE, DE LA RELANCE ET DE L’INFLATION, par François Leclerc

Billet invité.

La remontée des taux sur le marché obligataire est-elle momentanée ou l’amorce d’une tendance durable ? La question a opposé Ben Bernanke et Lawrence Summers aux États-Unis et n’est pas accessoire : la poursuite de cette hausse redonnerait de l’air à un système financier qui prend des risques et inquiètent la Fed, afin de trouver du rendement, mais elle alourdirait le poids d’un endettement public qui ne cesse de croître, après l’avoir soulagé. Dans l’immédiat, les ventes soudaines d’obligations ont pris à contrepied les investisseurs qui n’y ont pas procédé, ou ne s’étaient pas couverts, imprimant leur marque sur le marché en dépit des achats Jde la BCE. Pour la suite, l’incertitude demeure…

La Banque du Japon et la BCE vont-elles contenir cette hausse ? Cela dépendra de l’attitude de la Fed, selon qu’elle se décide ou non à augmenter son taux directeur, une perspective qui s’éloigne. Remarquons cependant que, présentée comme provisoire lors de son lancement, la politique d’assouplissement quantitatif est devenue permanente, toutes banques centrales confondues. Et s’il est prématuré de conclure que les banques centrales ont perdu le contrôle d’un marché obligataire mondialisé, elles ne parlent plus de l’assécher des liquidités qui continuent à y être déversées.

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UN MANIFESTE POUR UNE ÉCONOMIE PLURALISTE, par François Leclerc

Billet invité.

« À quoi servent les économistes s’ils disent tous la même chose ? » s’interrogent à haute voix ceux qui s’alarment de la domination à prétention exclusive des représentants de l’orthodoxie au sein de l’université française ? Le constat n’est pas propre à la France, pas plus que les réactions s’y opposant, mais le courant mainstream ne cesse de progresser. Selon le pointage des auteurs du livre, dont c’est le titre (1), les professeurs d’université pouvant être qualifiés d’hétérodoxes ne représenteraient plus que 5 % de l’ensemble du corps professoral, et leur nombre continuerait de diminuer. Or ceux-ci pilotent le renouvellement du corps, dirigent les masters, encadrent les thèses, président les comités scientifiques des revues et des colloques et sélectionnent leurs pairs.

Un « Manifeste pour une économie pluraliste » (2) est proposé à la signature, qui aurait déjà recueilli plus de 5.000 signatures, en France et à l’étranger, auprès non seulement d’économistes, mais aussi de sociologues, de philosophes, de juristes et de « simples citoyens », dans la volonté affirmée de non seulement sauvegarder le pluralisme mais aussi de décloisonner la discipline. Une association qui regroupe 600 docteurs en sciences sociales (3), dont 90 % d’économistes, a été créée sous le nom de l’Association française d’économie politique (AFEP), qui renoue avec l’ancienne appellation de la discipline, refusant de sacrifier au mythe entretenu d’une prétendue science dure des tenants du courant néoclassique, qui cherchent « à élaborer une théorie mathématique du marché pour faire de l’économie une science exacte ». Alors qu’ils n’ont rien venu venir de la crise en cours.

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Grèce : LE SURPLACE SE POURSUIT, par François Leclerc

Billet invité

Toujours déterminé à faire sortir la Grèce de l’euro, Wolfgang Schäuble refuse le principe évoqué la veille par Jeroen Dijsselbloem d’un versement partiel de fonds, car le Bundestag ne l’a pas décidé ! Faute d’opposition, il continue à donner le ton aux dirigeants européens qui se taisent.

Ni la BCE ni le FMI ne veulent cependant appuyer sur le bouton. Ce n’est pas nouveau pour la première, qui poursuit dans la même veine en décidant de ne pas augmenter la décote sur le collatéral que les banques grecques doivent fournir pour obtenir des liquidités d’urgence. Mais le FMI a de son côté accepté que la Grèce rembourse le prêt du second plan de sauvetage en utilisant ses DTS (droits de tirage spéciaux) détenus auprès de l’institution, ce qui dans les faits sinon dans la forme revient à accorder un nouveau prêt pour rembourser le précédent, ce que les banquiers appellent faire rouler la dette ! Enfin, Alexis Tsipras aurait insisté lors d’une nouvelle réunion de cabinet sur le respect des lignes rouges, et les spéculations sur une disgrâce de Yanis Varoufakis ont fait long feu, montrant le niveau de compréhension de la situation par ses homologues, qui ont pris leurs désirs pour des réalités.

Si l’issue de l’affrontement reste de plus en plus incertaine, un troisième plan est dans les limbes, au cas où. Il fait l’objet de chiffrages et il serait question de 50 milliards d’euros cette fois-ci, mais les écueils se multiplient déjà. Le FMI aurait averti que cela se ferait sans lui, et la position du gouvernement grec est de s’en tenir à une ligne de crédit, une position cohérente avec les propositions initiales de restructuration de la dette de son ministre des finances. Pour estimer l’enveloppe, en tout état de cause, cela dépendra cependant des prévisions de croissance adoptées, s’il n’est pas accepté de lier les remboursements à la croissance effective du pays. Un nouveau bras de fer sera en perspective si la question vient sur le tapis.

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